Le Rideau déchiré (titre original : ) est un film américain réalisé par Alfred Hitchcock sorti en 1966, tirant son nom du rideau de fer. Le scénario est écrit par Brian Moore.

Synopsis En 1965, le chercheur en physique nucléaire, le Professeur Michael Armstrong (Paul Newman), arrive à Copenhague pour une conférence avec sa fiancée et assistante, le docteur Sarah Sherman (Julie Andrews).  Après avoir reçu un mystérieux message, Armstrong annonce se rendre à Stockholm mais part pour Berlin-Est. Sarah le suit. Elle pense qu’Armstrong trahit son pays mais, en réalité, il part rencontrer le professeur Lindt (Ludwig Donath) à l’Université Karl Marx de Leipzig pour lui soutirer sans qu’il s’en doute des informations mathématiques précieuses liées à une recherche. Armstrong y parvient mais il est découvert et doit revenir à l’Ouest avec Sarah, ce qu’ils parviennent à faire non sans quelques péripéties.

Fiche technique Titre : Le Rideau déchiré Titre original : Réalisation : Alfred Hitchcock Scénario : Brian Moore Musique : John Addison Photographie : John F. Warren Montage : Bud Hoffman Production : Alfred Hitchcock (non crédité) Société de production : Universal Pictures Pays de production : Format : couleurs (Technicolor) - 1,85:1 - 35 mm - mono Genre : thriller, espionnage Durée : 122 minutes (2 heures 2 minutes) Dates de sortie : États-Unis : France :

Distribution Paul Newman (VF : Marc Cassot) : Le professeur Michael Armstrong Julie Andrews (VF : Martine Sarcey) : Le docteur Sarah Louise Sherman Lila Kedrova (VF : Renée Régnard) : La comtesse Kuchinska Hansjörg Felmy (VF : Charles Renier) : Heinrich Gerhard Tamara Toumanova : La ballerine Wolfgang Kieling (VF : Henry Djanik) : Hermann Gromek Ludwig Donath (VF : René Bériard) : Le professeur Gustav Lindt Günter Strack (VF : René Lebrun) : Le professeur Karl Manfred Robert Boon (VF : Philippe Mareuil) : Le professeur Winkelmann David Opatoshu : Mr. Jacobi Gisela Fischer (VF : Jacqueline Ferrière) : Le docteur Koska Mort Mills (VF : Marcel Lestan) : Le fermier Carolyn Conwell : La femme du fermier Arthur Gould-Porter : Freddy Mischa Hausserman (VF : Jacques Degor) : Le jeune homme brun au fond de l'autocar

Production

La préparation du film voit la perte de deux des collaborateurs les plus importants d'Hitchcock sur lesquels s'étaient construits ses plus grands succès américains : le monteur George Tomasini et le chef opérateur Robert Burks. Mais la perte la plus mesurable pour le film reste le rejet par Hitchcock, et par Universal, de la musique écrite et enregistrée par Bernard Herrmann, mettant un terme à une longue et prolifique collaboration. La musique est alors composée par John Addison, tout juste oscarisé ; la musique d'Herrmann a depuis été montée sur certains plans à des fins documentaires. La partition rejetée a été éditée dans son intégralité sur CD avec comme visuel l'affiche du film en 1998 par le label Varèse Sarabande.

Générique Un soin particulier est apporté au générique. L'illustration succède à l'abstraction. Des photogrammes du film recadrés sur les visages (ou des détails de visage) sont montés image par image (à vitesse variable, en boucle…) en surimpression sur de la fumée produite par une fusée dont la flamme rouge occupe la partie gauche de l'écran.

Casting et caméo

Caméo : à la minute, Alfred Hitchcock assis dans le hall de l'Hôtel d'Angleterre avec un bébé joufflu, accompagné par un insert dans la musique de la signature du thème de la série Alfred Hitchcock présente.

À la différence de ses précédents films, Hitchcock n'eut pas la possibilité de choisir ses comédiens principaux, l'échec de Pas de printemps pour Marnie l'obligeait à accepter l'acteur et l'actrice qu'Universal Pictures voulait pour les deux premiers rôles.. À l'origine le réalisateur désirait reconstituer le couple de La Mort aux trousses à savoir Eva Marie Saint et Cary Grant, mais le studio lui imposa Julie Andrews et Paul Newman.

En 1965 Julie Andrews était avec Doris Day une des actrices classées en tête du box office, fort du succès des deux films précédents où elle tenait le rôle principal Mary Poppins et La Mélodie du bonheur. Hitchcock n'était cependant pas convaincu par l'actrice dans le registre d'une assistante d'un physicien, la considérant comme une actrice de films musicaux. ; selon lui : D'autre part, les obligations de l'actrice, appelée sur d'autres projets, eurent pour conséquence d’accélérer le tournage..

Les deux hommes ne travailleront plus jamais ensemble.

Pour le rôle de Hermann Gromek, l'agent de la Stasi mâchant du chewing-gum, chargé de surveiller le professeur Armstrong, et qui est assassiné par celui-ci, Hitchcock choisit l'acteur allemand Wolfgang Kieling qui s'était fait remarquer dans Le congrès s'amuse. À l'origine, Kieling devait incarner à la fois Gromek et son frère jumeau. Dans une scène qu'Hitchcock a coupée au montage, Newman devait annoncer à son frère la mort de Gromek..

Le Gustav Lindt est interprété par Ludwig Donath. Ce sera son tout dernier rôle au cinéma avant son décès, le .

Scènes marquantes Parmi les scènes où le savoir-faire du réalisateur s'affirme clairement, on retient généralement la filature dans le musée pour son travail sur le son, la fuite en bus, et la scène du meurtre. Cette dernière, l'élément le plus mémorable du film, est directement tirée de Cape et Poignard (1946) de Fritz Lang, comme l'a démontré Jean-Loup Bourget dans son ouvrage Fritz Lang, Ladykiller, PUF , 2009, page 223) et illustre la tendance qu'aura le réalisateur, avec les années, à tendre vers une représentation naturaliste du crime (qui aboutira par la strangulation au moyen d'une cravate et la représentation d'un cadavre sans « noblesse » dans Frenzy).

Ce film illustre la propagande anti-soviétique durant la guerre froide par la présence de divers clichés et exagérations : bâtiments administratifs luxueux avec vue sur les tas de décombre et les ruines de Berlin dans les années 1960, bandits de grand chemin attaquant les bus dans les campagnes, comtesse polonaise déchue cherchant à fuir à tout prix, mauvaises cigarettes et mauvais café pour la population mais cigares Havane et cognac pour les apparatchiks, ambiance étouffante, délation généralisée et police toute-puissante et omniprésente...

Distinctions

Classement Classé dans le top 10 des meilleurs films de 1966 par les Cahiers du cinéma

Nomination Satellite Awards 2005 : classique exceptionnel sur DVD

Notes et références

Annexes Bibliographie . .

Liens externes

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