Christian Forestier, né le à Aubière (Puy-de-Dôme) et mort dans la nuit du 11 au à Teilhet (Puy-de-Dôme), est un haut fonctionnaire français. Homme influent au sein de l'Éducation nationale où il effectue toute sa carrière, il est politiquement marqué à gauche et est proche de Laurent FabiusAlain Auffray, « Un conseiller anti-Jospin à l'Éducation », 30 mars 2000, Libération.
Biographie Formation Après des études au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, Christian Forestier suit une formation d'ingénieur en électronique à l'Institut national des sciences appliquées de Lyon, puis il obtient en 1971 un diplôme d'études approfondies (DEA) en physique, et il travaille comme maître auxiliaire tout en préparant son doctorat en sciences (doctorat d'État) de spécialité physique et électronique, obtenu en 1981 à l'Université Claude-Bernard-Lyon-I. Activiste de Mai 1968 et membre de l’Union des étudiants communistes, pendant toute sa vie professionnelle il partage les idées de la gauche contre l'élitarisme dans l'enseignementLise Bollot, Christian Forestier, quand l’école joue son rôle d’ascenseur social, VousNousIls, l'é-mag de l'éducation, 23 novembre 2007.
Enseignant-chercheur et président d'université Après deux ans de professorat au lycée Étienne Mimard de Saint-Étienne, Christian Forestier entre comme enseignant-chercheur à l’Institut universitaire de technologie (IUT) de Saint-Étienne, qui venait d'être fondé en 1967, c'est-à-dire à l'université de Saint-Étienne, créée officiellement le . Il y participe à la mise en marche et exerce ensuite plusieurs responsabilités administratives. Il est en 1976-1977 directeur de l’IUT de Saint-Étienne, d'abord ad interim, puis confirmé par le conseil de l'IUT, mais pour des enjeux politiques, il en est écarté par le secrétaire d'État Alice Saunier-SeïtéL'IUT de Saint-Étienne a 50 ans, Forez info, 20 mars 2017. De 1975 à 1978, il occupe le poste de vice-président de l’université de Saint Étienne et de 1978 à 1981 il est président de l’université de Saint-Étienne.
Recteur et fonctions au sein de l'Administration centrale de l'Éducation nationale En 1981, le socialiste François Mitterrand est élu à la présidence de la République. Le nouveau ministre Alain Savary choisit Christian Forestier comme recteur de l'académie de ReimsLégifrance — nomination politique. Il est, au moment de sa nomination le , le plus jeune recteur en FranceLe Recteur Christian Forestier, élu président de la Fondation fsef.net, 4 juillet 2014Louis Liard est nommé recteur de Caen en 1880 à l'âge de 34 ans]. Il alterne ensuite les fonctions de recteur d'académie avec des postes au ministère de l’Éducation Nationale.
Il contribue à la mise en place de nouveaux lycées à Reims et Sainte-Savine près de Troyes, à la création de plusieurs Brevets de technicien supérieur (BTS) et à la création de diplômes universitaires de technologie en informatique Les recteurs de l'Académie de Reims de 1808 à 2008 : Christian Forestier (1981-1983).
Après Reims, il est recteur de l’académie de Dijon du Légifrance à 1985, au moment de l'introduction de la loi Savary sur la réforme des universitésHistoires d'universités : Christian Forestier Président, Recteur, juillet 2004..
De 1985 à 1986, au sein de l'administration centrale, il est d’abord chargé de mission pour l’enseignement technologique supérieur au cabinet du secrétaire d’État à l’Enseignement technique et technologique Roland Carraz, et de 1985 à 1988 inspecteur général de l’Éducation nationale, groupe « sciences et techniques industrielles ». En 1985, il aide le maire de Roanne Jean Auroux à créer, contre l'avis du Gouvernement, un IUT à Roanne grâce à des turbo-profs faisant la navette entre Saint-Étienne et RoanneStéphane Domur, « La création de l’IUT a été une lutte épique, mais personne ne le regrette aujourd’hui », Le Progrès, 21 janvier 2016.
Il est ensuite recteur de l’académie de Créteil de 1989 a 1992. Il met l'accent sur la formation des chefs d'établissement et l'enseignement professionnel. En 1991, il ouvre la première math-sup en Seine-Saint-Denis, et l'université à Marne-la-ValléeChristine Mateus, L'académie fête les 15 recteurs qui l'ont dirigée, Le parisien, 29 mai 2008.
Dans un second temps, il est de 1992Légifrance à 1995 directeur des lycées et collèges du ministère de l’Éducation nationale, et de 1995Légifrance à 1998 directeur général des enseignements supérieurs du ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Dans ces fonctions, il est membre du conseil de l’ordre des Palmes académiquesLégifranceLégifrance et à partir de membre du conseil d'administration de l'École nationale d'administrationLégifrance. Il réactive en 1995 les Conseils d'établissement, créés par un de ses prédécesseurs au ministère, le recteur Armand Frémont (1989-1991), mais qui étaient « mis en veilleuse » par le ministre François Fillon (1993-1995).
De 1998Légifrance à 2000, il est pour la quatrième et dernière fois recteur d'académie, dans l’académie de Versailles.
En 2000, Jack Lang, nommé par Lionel Jospin ministre de l’Éducation nationale en remplacement de Claude Allègre, le choisit comme directeur de cabinetLaure Dumont, « Jack Lang, manip et marketing », [L'Expansion], 20 février 2002.. Il occupe cette fonction jusqu'à l'arrivée au pouvoir du Gouvernement Raffarin IH.H., La Fossilisation de l'éducation nationale : le cas de Christian Forestier, archives.polemia, 15 novembre 2003. Il quitte alors le ministère.
Administrateur général du Cnam
En Légifrance, Christian Forestier est nommé administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)Christian Forestier, administrateur général du Cnam emploipro.fr, 2 septembre 2008 par décret du président de la République Nicolas Sarkozy. En 2010, après le tremblement de terre de janvier à Haïti, il initie une aide d'urgence et ouvre en Haïti des cours gratuits pour 600 étudiants haïtiensEducation: Le Cnam ouvre en Haïti quatre cursus bac+2 pour 600 étudiants Haïtiens, in: Haïti en marche, 27 sdeptembre 2010. Christian Forestier développe par ailleurs au CNAM une stratégie de partenariats avec d'autres établissements d'enseignement en France et en dehors de la FranceSylvie Lecherbonnier, La stratégie de Christian Forestier pour restructurer le CNAM, EducPro, 3 juin 2010 avec SafranSafran signe une convention de partenariat avec le Cnam pour développer les compétences de ses collaborateurs en France et à l’international, Safran-group, 3 avril 2012, avec la Fédération française des services à la personne et de proximité Signature Convention de partenariat Cnam-Cne / Fédésap, Fédésap, 26 décembre 2012, au LuxembourgAmbassade de France au Luxembourg, Signature de l’accord de partenariat entre le CNAM et l’Université de Luxembourg (19 décembre 2011), 11 janvier 2012 et au MarocAmbassade de France à Rabat, Visite au Maroc du recteur M. Christian Forestier, Administrateur Général du Conservatoire National des Arts et Métiers, 17 juin 2011Sanaa Eddaïf, Le Cnam s’investit dans l’Oriental, l'économiste, 2 avril 2013. À la fin de son mandat, en 2013, il est remplacé à la tête du CNAM par Olivier Faron.
Conseiller d'enseignement De 2002 à sa retraite de haut-fonctionnaire en 2013, Christian Forestier cumule ou alterne plusieurs fonctions.
En 2000, le ministère Jack Lang avait créé le Haut conseil de l’évaluation de l’écoleSophie Coignard, Le Pacte immoral, Albin Michel, 19 janvier 2011 (sans pagination), et Christian Forestier va en être (en LégifranceEmmanuel Davidenkoff, « Il faut pouvoir expérimenter à l'école », [Libération], 4 avril 2003]) le deuxième président, succédant à Claude ThélotXavier Pons, L'évaluation des politiques éducatives: « Que sais-je ? » n° 3914, Presses Universitaires de France, 2011. De 2005 à 2011, il est l'un des neuf membres de ce conseil, renommé Haut Conseil de l'éducation. Dans cette fonction, il publie avec son prédécesseur le livre Que vaut l'enseignement en France ?, dans lequel il . Il est en 2007 membre de la Commission sur l'évolution du métier d'enseignant (commission PochardLivre vert sur l'évolution du métier d'enseignant).
De 2002 à 2008, il est professeur associé à l'Université Paris-Est-Marne-la-Vallée, où il est chargé d'un rapport sur la stratégie de l'universitésite web letudiant.fr.
De 2004Légifrance à 2013, il est président du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (CEREQ) et depuis 2004, il est membre du comité directeur du groupe de réflexion Institut Montaigne et conseiller d’Agir pour l’école. Cet organisme, créé en 2010 par l'Institut Montaigne, groupe de réflexion et l'enseignement expérimental d’Agir pour l'école ont inspiré Emmanuel MacronMarie-christine Corbier, À l’école d’Emmanuel Macron, Les Echo's, 5 juillet 2017.
En 2010-2011, il copréside avec Odile Quintin, le comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, installé par le ministre Luc ChatelChristian Forestier présidera le comité de pilotage, Le Parisien, 07 juin 2010. À la suite de cela, le ministre Vincent Peillon l'installe en membre du comité de pilotage pour la concertation sur la refondation de l'école française. Il défend le raccourcissement des congés d'été de huit à six semaines, et le rallongement de la semaine scolaire de . Que les départements ont la responsabilité des transports scolaires, nécessiterait selon lui aussi une approche globale école-collège-lycée au niveau départementalRythmes scolaires « "La semaine de 4,5 jours n'allège pas suffisamment la journée scolaire" », (chat animée avec Christian Forestier), Le Monde, 27 février / 5 mars 2013.. Pour la semaine de , confronté avec une opposition d'enseignants, il se fâche et insulte les enseignantsArnaud Gonzague, Rythmes scolaires : "Un concentré de mauvaise foi et d’hypocrisie !", Le Nouvel Observateur, 14 novembre 2013. ce qui sera l'un des facteurs qui fera basculer les enseignants à rejeter la réforme des rythmes scolairesLaurent Frajerman, Comment les enseignants sont passés du soutien ambivalent au rejet de la reforme des rythmes, Slate.fr, 31 août 2017..
Retraite À l'approche de sa retraite d'Inspecteur général de l'enseignement en Légifrance, Christian Forestier accepte quelques fonctions en marge de son travail : en 2012, il devient président du comité d’organisation des expositions du travail (COET), comité chargé de l’organisation du concours « Meilleur ouvrier de France ». De à , il est président de la Fédération des AROÉVEN (Association régionale des œuvres éducatives et de vacances de l'Éducation nationale), fonction qu'il avait exercé déjà de 1989 à 2000R.T., FOÉVEN, du nouveau à la direction, Aroéven Lyon, 6 septembre 2014, fonction qu'il avait exercé déjà de 1989 à 2000.
Depuis sa retraite, il occupe différentes fonctions toujours liées à l'enseignement. De 2013 à 2014, il a une mission interministérielle sur la formation professionnelle (Affaires étrangères, Éducation nationale, Enseignement Supérieur et Recherche, Travail et Emploi). En 2013, il est nommé conseiller chargé de la formation professionnelle auprès de la Conférence des présidents d'université (CPU).
En 2014, il est président et rapporteur du Comité Champollion 3.0, qui prépare le changement de statut de l'université Champollion d'établissement public administratif en établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel[ Vincent Vidal, Champollion en route pour changer de statut, La Dépêche, 18 décembre 2014].