La famille de Tournemire est une famille noble française subsistante d'extraction chevaleresque, sur preuves de 1259, originaire d'Auvergne.
Elle compte parmi ses membres des capitouls, des officiers, des croisés.
Historique Origine Tournemire est un toponyme qui désigne plusieurs communes dans l'Aveyron, le Cantal et en Aquitaine. Il est devenu le nom d'une famille de seigneurs de Tournemire dans le Cantal mentionnée en Auvergne sur l'ancien oppidum de Bézaudun où se trouvaient plusieurs tours et logis nobles en indivision, ainsi qu'en contrebas, une chapelle castrale qui est devenue l'église paroissiale de TournemireRoger Grand, Une race, un château, Anjony, 1952..
Selon Charles Nodier, dans ses Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France., information romanesque reprise par Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, le château fort de la famille de Tournemire, situé dans le village du même nom et aujourd'hui disparu, aurait été assiégé par Pépin le Bref en 767..
Avant le , on trouve mention de plusieurs personnages portant ce patronyme mais sans preuves de rattachement à l'actuelle famille de ce nom. Odon de Cluny, troisième abbé d'Aurillac en 920, signe une donation faite à l'abbaye d'Aurillac par le bienheureux Pons de Tournemire. Rigaud, seigneur de Tournemire, fit donation à l'abbaye de Conques du mas du Chier, en Auvergne, par charte datée du règne de Henri Ier (Cartulaire de l'abbaye de Conques).. Le même Rigaud de Tournemire fut présent avec, entre autres, Armand de Mauriac, à une donation faite par Ebles I, vicomte de Comborn, de Turenne et de Ventadour, à l'abbaye d'Uzerche, en Limousin, toujours sous le règne de Henri I, roi de France, en l'an 1030 (Cartulaire d'Uzerche)..
Pierre de Tournemire, seigneur de Tournemire en Auvergne, vivait en 1077 et fait un don au monastère de Tulle pour partir pour Jérusalem. En 1102, Jacques de Tournemire accompagne en Terre-Sainte Guillaume VII, comte d'Auvergne, avec les principaux seigneurs du pays comme Arnaud de Bréon, Arnaud d'Apchon, Jean de Murat, Léon de Dienne, Louis de Montmorin. Une épine de la couronne du Christ, supposément rapportée par Rigaud de Tournemire, croisé lui aussi après l'appel du pape Urbain II à Clermont en 1095, repose aujourd'hui encore dans le reliquaire de l'église romane du village de Tournemire.... Enfin Bertrand de Tournemire fut du nombre des chevaliers d'Auvergne qui accompagnèrent Saint Louis lors de la Septième croisade, en 1249. - comme l'atteste une charte datée Saint-Jean-d'Acre et de l'an 1250 par laquelle le chevalier emprunte 230 livres à un marchand de Sienne.
Dans un acte de collation en 1197 d'une prébende au chapitre noble Saint-Julien-de Brioude, Pierre de Tournemire, est qualifié noble et issu de noble race (ex nobili genere ex legitimo matrimonio procreatus.).
Au , plusieurs membres de la famille de Tournemire apparaissent dans les actes de donations à l'abbaye de Sylvanès entre autres en 1140, 1151, 1155, 1164 et 1169. A la même période, Guillaume de Tournemire fonde le prieuré de La Valette, dépendant de Tulle..
L'actuelle famille de Tournemire est d'extraction chevaleresque sur preuves depuis 1259, écrit Régis Valette dans son Catalogue de la noblesse française au .
Au commencement du , les tours de Tournemire étaient, comme les tours de Merle ou de Carbonnières, possédées en indivisions par plusieurs lignages nobles portant soit le nom de Tournemire, soit celui d'autres familles comme les Via et les MontalArnaud de La Vie (1304-1382), seigneur de Villemur, fils de Pierre Via, chevalier, neveu du pape Jean XXII, et de Bernarde del Mas, et Vésian de Montal, fils de Géraud de Montal, seigneur de Saint-Martin-Valmeroux, et de Yolande de Carbonières.. À cette époque, les lignages nobles portant le nom de Tournemire formaient déjà plusieurs familles qui avaient fait souche dans plusieurs châteaux comme la tour de Marzes à Saint-Cernin (avant le ), la tour de Leybros (en 1330)., la tour de Muret à Polminhac
Raoul de Warren écrit dans le Grand Armorial de France :
Selon Daniel Cornet, un Tournemire aurait participé au siège et à la libération de Montargis des Anglais en 1427 aux côtés de Jean de Dunois, dit le batârd d'Orléans , et d'Étienne de Vignoles, dit La Hire..
Affirmant que la Bête du Gévaudan avait sévi en Auvergne, l'abbé François Fabre écrit qu'un membre de la famille de Tournemire, alors subdélégué à Mauriac, participa à l'enquête ainsi qu'à la traque de l'animal le ..
Rattachement incertain Pierre Joseph de Tournemire, seigneur de Malartic, est créé comte par lettres patentes de 1765, sous Louis XVDominique de La Barre de Raillicourt, Les titres authentiques de la noblesse en France, Perrin, Paris, 2004, 458 pages, ..
En 1778, son fils, Gabriel-Joseph-Hector de Tournemire (1744-1820) est admis aux honneurs de la Cour par Louis XVI.
Anecdotes
Affaire Aymerigot Marchès (1390-1391) Au cours de la guerre de Cent Ans, le château de Tournemire est le théâtre de la capture d'Aymerigot Marchès, l'un des plus redoutés capitaines de routiers du parti anglais en Auvergne et en Limousin.
Originaire du Limousin, fils aîné d'Ayméric Marchès, seigneur de Chalus-Marchès, Aymerigot tient depuis la forteresse de La Roche-Vendeix, près de La Bourboule, une compagnie qui rançonne la région malgré les trêves conclues entre la France et l'AngleterreJean Froissart, Chroniques, livre IV.. En 1390, Charles VI fait assiéger la place ; Marchès parvient à s'en échapper avant sa reddition pour aller chercher des secours.
Cherchant un refuge, il se rend chez son cousin Jean de Tournemire, dont il a été autrefois le commensal, comptant sur les liens de parenté unissant les deux maisons. Jean de Tournemire, qui avait lui-même des excès à se faire pardonner, y voit l'occasion de rentrer en grâce auprès du roi : il fait enfermer son hôte dans la grosse tour du château et le garde étroitement, restant sourd à ses protestations, à ses appels à la parenté et à sa promesse de restituer le fruit de ses pillages. Le duc de Berry, lieutenant du roi en Auvergne, est aussitôt averti ; le prisonnier est remis au représentant royal Jean de Blaisy et une somme de 4 500 livres est allouée « pour la tradition et délivrance de Mérigot Marchès », d'après une quittance citée par Deribier.
Le sénéchal d'Auvergne, Pons de Langeac, conduit ensuite Marchès à Paris ; un acte du 5 juin 1391 atteste l'accomplissement de cette mission. Jugé par le Parlement de Paris, le routier est décapité aux Halles en juillet 1391, son corps écartelé et ses quartiers exposés aux quatre principales portes de la capitale. Les pièces de son procès sont conservées aux Archives nationales (Y 10 531).
Deribier du Châtelet souligne à cette occasion que, contrairement à une idée reçue, Marchès n'était pas auvergnat et qu'aucun noble d'Auvergne ne fut capitaine de routiers ; l'épisode vaut aux Tournemire d'apparaître comme les artisans de la fin d'un des chefs de bandes les plus notoires de la guerre de Cent Ans.
La rivalité entre les Tournemire et les d'Anjony La branche aînée de la famille de Tournemire qui portait le titre de seigneur de Bezaudun et de Tournemire, fut durant deux siècles en rivalité avec la famille d'Anjony. En 1351, Bernard Johanni (plus tard d'Anjony), riche marchand pelletier d'Aurillac, avait acquis d'Arnaud de Lavie de Villemur, un quart de la tour de Tournemire et des droits féodaux au lieu de l'Armandie, sorte d'éperon en contrebas du village. Il en fit reconnaissance à Rigal de Tournemire, et épousa une de ses nièces. Ses descendants deviennent riches, puissants et contracteront de grandes alliances. Ils y font construire en 1439 l'actuel château d'Anjony, à côté de l'ancien château de Tournemire - qui cessera d'être habité en 1543 - et de sa chapelle castrale, devenue église paroissiale.
Après deux siècles de rivalité et d'un duel perdu par les membres de la famille de Tournemire, celle-ci doit quitter son fief et n'est plus représentée sur la paroisse à la suite du mariage en 1643 de Michel II d'Anjony avec Gabrielle de Pesteils, héritière des Tournemire.
Liens de filiation entre les personnalités Branche de Tournemire
Branche subsistante d'Estillols La branche d'Estillols est la branche cadette des seigneurs d'Estillols à Jaleyrac, fixée à Moussages au début du .
Branche de Marzes Seigneurs de la tour de Marzes à Saint-Cernin (avant le ).
Branche de Muret à Thiézac Antoine de Tournemire, seigneur de Muret à Thiézac, a été décapité en 1574.
Branche de Leybros On sait peu de choses sur la descendance de cette branche qui commence avec Aymeric de Tournemire, seigneur de Ruzols, marié avec Marguerite de Mazerolles, dame de Leybros. En 1595, le château-tour de Leybros passe par héritage à Anet de Tournemire, fils de Pétronille de Nozières et d'une branche cadette, et ensuite à sa fille unique Louise de Tournemire, dont hérite son fils Claude de la famille de Ferrières de Sauvebœuf. Ils portent comme armes « une tour d'argent sur champ d'azur ».
Branche de Pouze, Malartic et Toulouse (rattachement incertain)
Descendance contemporaine Guillaume de Tournemire (1901-1970), propriétaire du domaine de Pierrefitte, commandeur dans l'ordre national de la Légion d'honneur, directeur du mouvement des Compagnons de France en 1941, fondateur et membre dirigeant du sous-réseau de renseignement Druides au sein du réseau Alliance en 1943, épouse Magdeleine Marie Anne de Secondat de MontesquieuBottin mondain, édition 1969, . en 1932. Ils ont pour fils Guillaume de Tournemire (1936-), ingénieur de l'école polytechnique de Zurich, marié en 1968 à Hélène de Gourcuff (1939-2023), qui anime la base généalogique Pierfit, la plus importante de Geneanet. Gabrielle de Tournemire, autrice. Clémence de Tournemire (1980), chanteuse de musique jazz sous son nom de naissance et auteure-compositrice-interprète sous le nom de scène « MiMüNiZ ». Sylvie Octavie de Tournemire (1972Registre du commerce et des sociétés.), directrice exécutive des cérémonies des Victoires de la musiqueSite de France Télévisions. depuis 1996 et co-créatrice avec le saxophoniste Pierrick Pédron du festival Hunaudays..
Tournemine et Tournemire
Le nom de famille a été Tournemine et Tournemire. Au , Jean Alfred, né « de Tournemine », transmet le nom de famille de Tounemine.
Châteaux La famille a possédé plusieurs châteaux au cours des siècles, dont : le château-Vieux supérieur de Tournemire, dont les premières traces remontent à Pépin Le Bref, puis partiellement tombé en ruines au , en 1351, dont subsistent l'église Saint-Jean-Baptiste de Tournemire ainsi que le logis ; le château de Tournemire à Malartic (à partir du ) ; le château de Leybros à partir de 1351 le château de Pierrefitte à Bort-les-Orgues depuis 1835.
Alliances Les principales alliances de cette famille sont : 1050 Malemort. - 1258 Dienne - 1269 Scorailles - 1273 Crestes - Brezons - 1299 Hébrard de Saint-Sulpice - 1311 Gourdon-Saint-Cirq - 1330 Mazerolles - 1341 de Saint-Chamans - 1347 Beauclair - 1351 Adhémar de Grignan - 1369 Roland de Cromières - 1394 Sartiges.- 1405 Ribier - 1488 Puybusque. - 1490 d'Ussel - 1495 Méallet - 1495 Gontaut-Biron - 1525 Bérail - 1587 Montal. - 1630 du Busquet - 1631 du Fayet - 1645 Nourry - 1676 Quinsac - 1707 Montaut - 1717 Murat - 1739 Sarrazin. - 1781 Loppin de Montmort - 1793 Bort - 1894 Descubes du Châtenet. - 1909 Viénot de Vaublanc - 1932 Secondat de Montesquieu - 1968 Gourcuff - 2024 Barbara de Labelotterie de Boisséson..
Armes, blason, devises Les armes de la famille sont D’or à trois bandes de sable au franc-quartier d'hermine à la bordure de gueules chargée de onze besants d'orArnaud Clement, La Noblesse française, édition 2024, , ..