Paul Ollendorff, né le . à Paris et mort le à Choisy-au-BacIn Chronologie de l'édition française de 1900 à nos jours, en ligne., est un éditeur et un libraire français. Il a créé une maison d'édition, très active à la fin du .
Biographie Origines Paul Ollendorff est le deuxième fils d’Heinrich Gottfried Ollendorff, émigré juif de Pologne, et auteur d'un ouvrage pédagogique à succès intitulé Nouvelle Méthode pour apprendre à parler, écrire une langue en six moisAdoptée par les collèges, cette méthode fut déclinée pour l'allemand, l'anglais, l'italien, le latin, etc., et même le français à l'usage des étrangers. Éditée à compte d'auteur à partir des années 1840, l'adresse mentionnée est le 67 rue de Richelieu à Paris.. Paul, son frère Gustave., sa sœur Mina et leur mère Dorothéa Ollendorff-Pincus vivront dans un premier temps des revenus éditoriaux du père, vendant les méthodes rue de Richelieu : c'est au 28 bis de cette rue qu'en 1875 le jeune Paul Ollendorff ouvre sa propre librairie, avec comme fonds de départ des pièces de théâtre.
Les éditions Ollendorff L'éditeur Ollendorff accueille Georges Ohnet, qui vient d'être refusé par Calmann Lévy : Le Maître de forges (1882) sera le premier grand succès d'Ollendorff, qui est désormais un éditeur en vue. Bientôt, Guy de Maupassant lui confie près d'une dizaine de textes, dont Le Horla (1887), mais aussi Octave Mirbeau, qui lui donne ses deux premiers romans, Alphonse Allais, qui lui confie ses cinq premiers livres, Paul Adam, Jean Lorrain, Paul Féval fils, Abel Hermant, Willy, Jules Renard, Fernand Vandérem… soit plus de D'après . La navette de la BNF propose, quant à elle, plus d'un millier d’occurrences sur son site. présents au catalogueLes ouvrages paraissaient sous le nom de Paul Ollendorff, éditeur. en 1896. Certains ouvrages font appel à des illustrateurs très marqués par le style art nouveau.
En 1898, fort de son succès, Paul crée avec quelques associés la Société d'éditions littéraires et artistiques, en complément de La Librairie Ollendorff, avec un capital annoncé de 1 million de francs. On trouve au conseil d'administration les noms d'Auguste Pellerin, Bernard-Martin Chan, Isidore Mendel (administrateur principal), et Alfred Humblot (gérant). Pierre Valdagne est nommé conseiller éditorial et quittera la maison en 1907. Les locaux se situent désormais au 50, rue de la Chaussée-d'Antin. Colette ou André Theuriet se laissent séduire par cette nouvelle maison. Quant à Paul Ollendorff, il possède 5 % des parts et près de francs de revenus sur sa maison..
En 1899, il entreprend l'édition illustrée des Œuvres complètes de Maupassant dont il confie toute la gravure sur bois à Georges Lemoine. Il lance la même année la collection « Les Minutes parisiennes », revisitant les physiologies, avec la complicité d'auteurs et d'illustrateurs contemporains.
Alors qu’en , Ollendorff annonçait la publication d'une nouvelle collection reliée à en la présentant comme une nouvelle forme d'édition, sa gamme de « romans populaires illustrés » ne prend pas, sans doute concurrencée par des ouvrages bien plus alléchantsDont les feuilletons illustrés de la Librairie Nilsson par exemple.. La Librairie Ollendorff semble péricliter à partir de 1904. Désireux de prendre de la distance quant à ses associés, il rachète ensuite avec ses parts le journal Gil Blas, en partenariat avec Antonin Périvier (première publication sous sa direction le .), qu'il abandonne en 1911. En 1903, il lance Drames vécus ! Plus de fictions : la réalité, un périodique de récits illustrés dirigé par Félix Le Héno (Jacques Dhur).
Après 1903, « Paul Ollendorff, éditeur » continue son activité. La maison décroche le prix Goncourt de 1905 avec Les Civilisés de Claude Farrère, un véritable best-seller, puis lance plusieurs nouvelles collections à bas prix. En 1904, elle entreprend l'édition de l'œuvre complète de Victor Hugo dite « de l'Imprimerie nationale », qui prendra plus de quarante ans, et sera terminée par Albin Michel« Œuvres complètes de Victor Hugo, édition dite de l’Imprimerie nationale », sur Wikisource..
Début 1913, Alfred Humblot (1861-1921), directeur des éditions, refuse le manuscritComment débuta Marcel Proust, in: Inactuel / Séguier., pourtant recommandé par Louis de Robert, des premiers tomes d'À la recherche du temps perdu en écrivant à ce sujet à Marcel Proust que : . Dépressif, Humblot se suicide trois ans après fin de la Première Guerre mondialeJ. H. Rosny (aîné), Mémoires de la vie littéraire. L’Académie Goncourt, les salons, quelques éditeurs, Paris, G. Crès, 1927, .Vosges Matin, 28 juillet 2024..
Fin de vie et succession Quand Paul Ollendorff meurt en 1920. , laissant un patrimoine immobilier important., la maison qu'il avait créée, désormais dirigée par André Delpeuch, est quelque peu endormie. Elle perd en 1923 ses droits d'exploitation de l'œuvre de Guy de Maupassant détenus par Jean Ossola. Les éditions Albin Michel récupèrent une partie du fonds en 1924 (« Fonds Ollendorff »).. La Société d'éditions littéraires et artistiques dépose le bilan en .
Galerie
Illustrateurs Paul Ollendorff, qui fut le premier éditeur français de Frans Masereel, fit appel à de nombreux artistes pour illustrer ses publications :
Récipiendaire En ., à la demande de son frère Gustave, Paul Ollendorff se voit décerner le titre de chevalier de la Légion d'honneur.
Vie privée et famille En secondes noces, Paul Ollendorff épouse en 1911 Suzanne Stéphanie Noëlle Destrem (1861-1939) ; leur fille Jeanne est la mère. de Gilbert Grandval, résistant et ministre du Travail sous la présidence de Charles de Gaulle.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Catherine Noblet, Paul Ollendorff et la librairie de Minuit, Paris, université de Paris-X, 1991. . Notice de Pierre Michel sur Paul Ollendorff, in Dictionnaire Octave Mirbeau, en ligne. Parue dans « Mirbeau, Ollendorff et les droits d’auteur », Cahiers Octave Mirbeau, (2005) et (2007).
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