Roger Walkowiak, né le à Montluçon et mort le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à Vichy, est un coureur cycliste français, d'origine polonaise par ses parents.
Il a été professionnel de 1950 à 1960 après avoir été tourneur en usine. À l'issue de sa carrière professionnelle et après avoir été un temps indépendant, puis patron d'un bar, il reprend l'activité de tourneur.
Il a remporté le Tour de France 1956, à la surprise d'une partie des observateurs. Cette victoire est à l'origine de l'expression « Tour à la Walkowiak » pour désigner une victoire née de circonstances de course inattendues.
Toutefois, cette façon d'envisager sa victoire dans le Tour 1956 n'est pas partagée par une partie des spécialistes de la course cycliste, qui considèrent au contraire que Walkowiak est « allé chercher » sa victoire et, à ce titre, la mérite pleinement.
Sa carrière professionnelle compte également deux victoires d'étapes sur le Tour d'Espagne, une place de second à Paris-Côte d'Azur 1953 et une autre seconde place obtenue lors du Critérium du Dauphiné libéré 1955.
Une cyclosportive à son nom est organisée chaque jeudi de l'Ascension, chez lui à Cusset.
Biographie
Origines, jeunes années et débuts cyclistes
Roger Walkowiak est originaire du quartier des Marais de la ville de Montluçon... Ses parents, Thomas Walkowiak (né à Lublin en Pologne en 1896) et Berthe Lecocq (originaire de Préveranges à de Montluçon) se sont rencontrés à Montluçon au début des années 1920.. Son père travaillait pour les aciéries Saint-Jacques. Ses parents se marient le ; Thomas Walkowiak obtient la nationalité française le .. En 1925, naît Yvonne, la sœur aînée de Roger Walkowiak. Le 2 , c'est la naissance de Roger, au domicile de ses parents, rue Pierre-Leroux.
À la suite d'un accident professionnel, Thomas Walkowiak, initialement ouvrier, devient concierge de l'usine Saint-Jacques : toute la famille Walkowiak habite alors un logement situé à l'entrée de l'usine. Après avoir quitté l'école, Roger Walkowiak devient apprenti-tourneur. En dehors du travail à l'usine, Roger Walkowiak pratique le cyclisme avec un de ses amis, Roger Colas, qui a déjà obtenu quelques succès au niveau local. Par l'entremise de ce dernier, il intègre en 1943, le club de l'EDS Montluçon.. En 1944, il participe à l'éliminatoire régional du Premier pas Dunlop, très importante pour Montluçon, car la grande finale s'y dispute (en raison de la forte présence de Dunlop dans cette ville). Il se classe huitième et n'accède donc pas à l'épreuve principale. À partir de 1946, il remporte quelques courses régionales.. En 1948, à son retour du service militaire (qu'il effectue à Clermont-Ferrand), il est engagé comme mécanicien chez un marchand de cyclesLe marchand de cycles chez lequel il est engagé comme mécanicien, se nommait Rastaud.. Toujours en 1948, il se voit proposer une licence d'aspirant dans l'équipe Riva SportÀ titre d'exemple, en 1949-1950, l'équipe Riva Sport-Dunlop est celle du vainqueur du Tour de France 1947, Jean Robic.. Au cours de la saison 1949, il devient champion d'Auvergne et termine second de l'éliminatoire du GP Wolber. À la fin de la saison, il devient professionnel au sein de l'équipe Riva Sport-Dunlop..
Carrière cycliste professionnelle
Premières saisons
vignette|Route du col de l'Épine, où Walkowiak passe en tête lors du Circuit des six provinces 1951.|alt=Route du col de l'Épine, où Walkowiak passe en tête lors du Circuit des six provinces 1951.
À cause de maladies à répétition, aucun résultat sportif d'importance n'est à mettre au crédit de Roger Walkowiak en 1950.. : en effet, il contracte cinq angines en six mois. Sa saison 1951 débute par de bonnes prestations réalisées sur le Circuit des six provincesLe Circuit des six provinces a fusionné avec le Critérium du Dauphiné libéré en 1969. : lors de la seconde étape entre Montélimar et Aix-les-Bains, il passe en tête le col de l'Épine pour finalement terminer second de l'étape, battu au sprint, par Gilbert Bauvin. Lors de la cinquième étape, il est à nouveau second à Montceau-les-Mines. Il termine finalement treizième au général et s'adjuge le Grand Prix de la montagne.. Jean Bidot, alors sélectionneur de l'équipe de France déclare au sujet de Walkowiak :
vignette|left|upright=0.75|André Leducq (ici en 1931), chroniqueur dans But et Club en 1951, lors du Circuit des six provinces.|alt=André Leducq. De son côté, André Leducq (double vainqueur du Tour) écrit dans But et Club : . Ainsi considéré comme un espoir du cyclisme français, Walkowiak participe à son premier Tour de France au sein de l'équipe « Ouest Sud-Ouest » : il semble avoir réussi à « se montrer » dans les Pyrénées ainsi que dans l'avant-dernière étape Genève - Dijon ; il finit à la au général.
En 1952, Walkowiak intègre l'équipe cycliste Peugeot.. Comme la saison précédente, il s'illustre sur le Circuit des six provinces, cette fois en portant le maillot de leader. Cela s'avère insuffisant pour décrocher une place dans une équipe pour le Tour de France 1952. Après ce Tour dont il n'est pas, il se concentre sur l'édition 1952 du Tour de l'Ouest.. Il parvient à s'échapper avec Félix Bermudez., lors de la sixième étape Lorient - Quimper. L'échappée parvient à terme et Walkowiak bat Bermudez, au sprint, s'adjugeant ainsi sa première victoire professionnelle. Lors de l'étape suivante entre Quimper et Brest, profitant d'un incident technique subi par Jean Bobet (également bien placé au général), il s'attache à rouler pour le distancer, ce qui lui permet, à Quimper, d'endosser le maillot de leader.. Lors de l'étape suivante (l'avant-dernière) entre Brest et Saint-Brieuc, Walkowiak perd son maillot de leader au profit de son coéquipier de chez Peugeot, Ugo Anzile.. Il termine finalement à Rennes, second de ce Tour de l'Ouest, derrière Anzile.
Quelques places d'honneur
En 1953, Roger Walkowiak participe à Paris-Côte d'Azur avec une équipe montée pour l'occasion (Peugeot ayant décidé de ne pas s'aligner) : l'équipe « Pschitt ». dans laquelle il retrouve Anzile. Il est quatrième de la seconde étape, troisième respectivement des étapes 3a. et 3b. et il est quatrième de la dernière étape parvenant à Nice. Il est toutefois battu au classement général final par Jean-Pierre Munch. et termine second de l'épreuve. Toujours en 1953, il participe en mars à Milan-San Remo où il se classe huitième juste derrière Robic.. Ses bonnes performances lui permettent d'être cette fois retenu dans une équipe, pour le Tour de France 1953. En l'occurrence, c'est l'équipe « Nord-Est - Centre » dirigée par Sauveur Ducazeaux. À Caen, au soir de la cinquième étape, Roger Hassenforder (membre de l'équipe Nord-Est - Centre et donc coéquipier de Walkowiak) devient maillot jaune. ; il le conserve durant trois étapes. Walkowiak de son côté, parvient à se montrer lors de l'étape dite « du cinquantenaire » (la huitième), entre Nantes et Bordeaux, longue de .L'étape dite « du cinquantenaire » est tellement longue, que les signatures des feuilles de départ s'effectuent à Nantes, à partir de quatre heures du matin.. En effet, il est de la bonne échappée au et parvient à accrocher la cinquième place de l'étape. À Paris, Walkowiak est et participe ainsi à l'obtention de la troisième place par équipes de Nord-Est - Centre, derrière les Pays-Bas et la France..
Il traverse la saison 1954 dans un relatif anonymat : comme en 1952, il n'est retenu dans aucune équipe pour le Tour de France. Il parvient tout de même à obtenir la troisième place au classement général du Tour de l'Ouest. (sur lequel il s'était déjà distingué en 1952). En fin de saison, il quitte Peugeot et signe pour l'équipe Gitane dirigée par Raymond Louviot.
vignette|Sommet du mont Ventoux, emprunté par le Critérium du Dauphiné libéré 1955. C'est dans l'étape du Ventoux que Walkowiak récupère la seconde place du classement général final.|alt=Sommet du mont Ventoux.
En 1955, le Critérium du Dauphiné libéré lui donne l'occasion de se montrer à son avantage.. Il attaque dès la seconde étape Saint-Étienne - Lyon, en compagnie de Pierre Ruby et de Camille Huyghe. Huyghe l'emporte au sprint et Walkowiak est troisième de l'étape.. Lors de la cinquième étape Aix-les-Bains - Gap, Walkowiak s'accroche : il passe en sixième position le col du Cucheron, à du groupe « Bobet » qui est en tête.. Au col de Porte, Walkowiak est toujours dans la course et maintient le faible écart avec le groupe de tête. Au niveau de Grenoble, il parvient à revenir sur le groupe de tête et se classe finalement cinquième de l'étape ce qui lui permet de prendre la seconde place du classement général.. À l'issue de la seconde section de la sixième étape en contre-la-montre, Walkowiak est quatrième du général après avoir été quatrième de cette demi-étape. Dans l'étape du Mont Ventoux, Walkowiak parvient à reprendre définitivement sa seconde place au général, derrière l'intouchable Louison Bobet. C'est en tout cas, la vision de Pierre Chany qui écrit dans L'Équipe que (Bobet). Il ajoute également que Walkowiak (alors patron de l'équipe de France). L'hypothèse d'un Walkowiak en équipe de France est d'autant plus crédible que Bobet lui-même y va de sa déclaration :
Malgré cette déclaration d'intention, le , Walkowiak apprend qu'il ne sera pas de l'équipe de France alignée sur le Tour qui part le .. Par contre, « Nord-Est - Centre », toujours dirigée par Ducazeaux, l'accueille à nouveau. Malgré une neuvième place lors de l'étape Briançon - Monaco, Walkowiak ne peut que difficilement défendre ses chances à cause d'une infection à une blessure ancienne à la selle.. Celle-ci de plus en plus problématique, le contraint à l'abandon au cours de la onzième étape.
La consécration
Si Roger Walkowiak est passé sous les couleurs de l'équipe Saint-Raphaël-Geminiani, c'est sous celles de l'équipe de France (dirigée pour l'occasion par son directeur sportif de « Nord-Est - Centre », Sauveur Ducazeaux) qu'il prend le départ du Tour d'Espagne, fin .. Il connaît une défaillance dès la seconde étape Santander- Oviedo.. Lors de la première section de la dixième étape à Barcelone en contre-la-montre par équipes, il remporte l'étape avec l'équipe de France. Il s'impose ensuite dans la seconde partie de la treizième étape, entre Irun - Pampelune, apportant alors la seconde victoire de la journée pour l'équipe de France, après celle de Claude Le Ber, la matin même. Par la suite et consécutivement à l'abandon du chef de file Louison Bobet, l'équipe de France se désagrège petit à petit, pour des motifs plus ou moins bien reçus par Ducazeaux : ainsi, Eugène Telotte et Louis Bergaud ne se présentent pas au départ un matin ; puis Jean Bobet, Claude le Ber ou encore Jean Dotto abandonnent également, suivis par Roger Walkowiak.. Cet abandon aux raisons douteuses provoque la colère de Ducazeaux qui pense même, un moment, l'exclure de l'équipe qu'il dirige pour le Tour de France.
vignette|Federico Bahamontes (ici en 2005) est l'un des favoris du Tour 1956 (il finira quatrième). Il est également le vainqueur du Tour de France 1959.|alt=Federico Bahamontes.