vignette|Une chorale dans la Chapelle Sixtine en 1905 La schola cantorum était l'école de formation des chantres (c'est-à-dire des choristes) du pape, mais le terme désignait en même temps le chœur papal lui-même, durant le Moyen Âge..
Origines La date de création de cette école n'est pas certaine. Le premier chœur aurait été fondé par le pape Sylvestre (334)selon l'article italien : Schola cantorum, à savoir après l'édit de Milan en 313. Auparavant, pendant au moins les trois premiers siècles, la liturgie de l'Église était tout à fait assurée par les solistes..
Ce qui est certain, c'est qu'au la schola existait à Rome, car le pape Benoît II († 685) était ancien chanteur de la Schola cantorumBenoît II. Par ailleurs, durant la papauté byzantine, le pape Vitalien († 672) établit une schola cantorum pour former les chanteurs de cérémonie ; ce chœur était en fait presque entièrement copié sur le modèle byzantin. Certes, selon la légende, la création de la schola était très fréquemment attribuée au pape saint Grégoire († 604). Pourtant, un décret en 595 signé par ce saint Grégoire indique que la schola y existait déjà (traduction complète en français du décret par Dom Daniel Saulnier, professeur de l'Institut pontifical de musique sacrée).
Si cela reste hypothétique, la création de la Schola cantorum à Rome pourrait remonter au . En effet, des études approfondies nous renseignent que les répertoires de la schola existaient certainement auprès des basiliques de Milan à la fin du Jean Claire, Saint Ambroise et la psalmodie, dans la revue Études grégoriennes, tome XXXIV 2006/2007, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2007 : « Certes, il s'agit surtout, à la fin du siècle, du « répertoire du psalmiste » où le soliste alterne avec le peuple, tandis que dans nos livres du , nous trouvons plutôt des pièces du « répertoire de la schola ». Ce répertoire peut d'ailleurs remonter à Milan à la fin du , époque où l'archéologie découvre la preuve de l'existence de la « schola » dans les basiliques. Les fouilles ont montré l'existence dans des basiliques du et même du , d'un emplacement pour la schola, et parfois même de deux, l'un pour la schola des virgines, l'autre pour celle des clercs. (Cf. E. T. Moneta Gaglio, Introduzione, - 96). ». De plus, le futur pape Célestin était un témoin qui s'aperçut qu'Ambroise de Milan faisait chanter son hymne Veni Redemptor gentium, lors de son séjour dans cette villeDaniel Saulnier, Le chant grégorien, , Abbaye Saint-Pierre, Solesmes, 2003.
Histoire Le chant religieux est importé du rituel judaïque. Il s'instaure dans une des étapes de création du rituel de la messe chrétienne. Le chantre fait son apparition au .. Le chœur liturgique, issu de la Schola cantorum apparaît vers le . Les célébrants appartiennent à l'élite intellectuelle, sachant lire et écrire. En 520, est créée l'école des chantres (scola cantorum) : elle se compose d'un directeur (prior ou primicerius), de trois sous-directeurs et d'une vingtaine de garçons, encadrés d'une dizaine d'adultes.. Il s'agit d'une école de chœur composée de jeunes hommes qui accompagnent les cérémonies religieuses dans l'Église catholique. Cette caractéristique, ensemble constitué des chanteurs chevronnés et des jeunes élèves en formation., se conserve toujours dans la tradition, même de nos jours, par exemple le chœur de la chapelle Sixtine (chanteurs chevronnés) et (élèves en formation).
Au , l'existence du schola était plus explicite. D'une part, lorsque le pape Étienne II en exil fut accueilli à l'abbaye de Saint-Denis en 754, le souverain pontife amenait deux personnages particuliers, Ambrosius primicerius et Bonifacius secundicerius. Ces titres, primicerius et secundicerius, signifiaient les premier et deuxième chantres du schola cantorum.. D'autre part, selon l'Ordo Romanus primus, rédigé entre la fin du et le début du Anne Baud et Joëlle Tardieu, Organiser l'espace sacré au Moyen Âge, 2005 , le pape devait appeler la schola, avant de commencer sa messe : Schola [dit le pape] ; Adsum (je suis présente) ; Quis psallet ? (Qui va chanter le psaume ?).. Donc, la dénomination schola était effectivement établie dans ce document papal. D'ailleurs, ce dernier précisait encore que la schola se composait de chanteurs masculins et d'enfants de chœurOrdo romanus primus, paragraphe suivant (article 8, dans cette publication en 1905).
Ce chœur aurait joué un rôle important et controversé dans la transmission du chant romain à la cour carolingienne de Charlemagne, où la fusion du chant romain et du Chant gallican évoluent en Chant messin puis en ce qui existe actuellement comme le chant grégorien F. Schneider, Rom und Romgedanke im Mittelalter (Munich, 1926), cited in H. St. L. B. Moss, The Birth of the Middle Ages (Oxford, 1935), ..
Entre les années 876 et 1073, le prieur de la Schola est cité pour avoir exécuté une danse curieuse avec des origines clairement païennes sous le nom de Cornomania, le samedi suivant Pâques, sur la place du Latran à Rome. Il portait une couronne avec des cornes sur sa tête, balançait un hochet avec des cloches, jetait des feuilles de laurier en criant dans une langue inconnue,
Au regard du répertoire, la Schola cantorum auprès du Saint-Siège conservait toujours le chant vieux-romain, même après la création du chant grégorien au , et malgré son évolution dans toute l'Europe. Le chœur du pape le gardait jusqu'à ce que Innocent III adopte enfin complètement le chant grégorien au début de . Un chanoine Bernhard de la basilique Saint-Jean-de-Latran écrivit au :
Plusieurs institutions ont repris le modèle de la Schola médiévale, telles que la Schola Cantorum de Bâle et la Schola Cantorum de Paris.
Controverse La biographie de Grégoire le Grand, écrite par Giovanni Diacono à la fin du Daniel Saulnier, Session grégorienne 2004, (avec texte intégral)., affirme que le pape avait unifié les textes des chants chrétiens (devenus le grégorien) dans un Antifonarium Cento et avait fondé la Schola Cantorum dont la tâche était de répandre et conserver les chants du répertoire sans contamination : .. Ce n'est que récemment que la critique historique a démontré le caractère erroné de ces attributions : les premiers essais de notation musicale sont postérieurs de deux siècles à la mort du pape Grégoire et, selon certains, aucune école n'existait lorsqu'il fut nommé pontife. Selon Duchesne, la schola cantorum découlerait de la schola lectorum (formation des clercs, sous Grégoire )..
Notes et références
Bibliographie
Articles connexes Papauté byzantine Chant vieux-romain
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