Le siège de Saint-Martin-de-Ré est une tentative manquée de prendre l'île de Ré par les forces britanniques venues apporter leur aide à la rébellion huguenote de La Rochelle. Cet échec marque le début du siège de La Rochelle par les forces royales et catholiques de Louis XIII, sous le commandement du cardinal de Richelieu. Ce siège est un épisode historique de la guerre de Trente Ans.
Contexte La mésentente entre la catholique Henriette-Marie de France, sœur de Louis XIII, et l'anglican Charles d'Angleterre, depuis leur mariage () et le couronnement de ce dernier peu après, devient très conflictuelle, et Louis XIII prend fait et cause pour sa sœur.. En 1626, ce conflit tourne en agression du fait de George Villiers, de Buckingham, favori de Charles . Après s'être emparé de vaisseaux français sur les côtes de la Manche, il fait route vers La Rochelle avec quatre-vingt-dix vaisseaux et environ six mille hommes. La ville est, à cette époque, un foyer de résistance huguenote au roi et se trouve plus ou moins menacée par les troupes royales.
Le débarquement Le , une flotte anglaise forte d'une centaine de navires et de , sous le commandement du duc de Buckingham, arrive face à l'île de Ré.. Les troupes anglaises débarquent sur la plage de la pointe de Sablanceaux, avec pour objectif de contrôler les approches à La Rochelle, et d'encourager la rébellion protestante dans la ville. Le duc de Buckingham tente de saisir le Fort La Prée et la ville fortifiée de Saint-Martin-de-Ré. Le mestre-de-camp du régiment de Champagne, Jean de Toiras commande la défense de l'île de Ré, à la tête de et 200 cavaliers. Ils arrêtent, depuis l'arrière des dunes, les forces anglaises. Malgré la perte de douze officiers et de cent hommes, la tête de pont anglaise résiste.
Durant les jours suivants, le duc de Buckingham consolide sa tête de pont, et Toiras prend toutes les dispositions disponibles sur l'île et renforce les défenses de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré avec un millier d'hommes. Le duc de Buckingham s'efforce d'établir un siège autour de la citadelle, mais la situation s'avère difficile, car l'ingénieur anglais s'est noyé lors du débarquement, de plus les canons sont trop peu nombreux et trop petits, enfin par la suite, la maladie se répand parmi les troupes anglaises, qui perdent par semaine. Le siège de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré se poursuit jusqu'en . thumb|Victoire française sur les troupes anglaises sur l'île de Ré en 1627. thumb|Le comte Henri de Schomberg présentant des prisonniers anglais au roi de France. thumb|Plaque commémorative en l'honneur du Maréchal de France, Toiras.
Les renforts Côté britannique Le duc de Buckingham attendait l'arrivée éminente de plusieurs renforts. Ces derniers s'avérèrent insuffisants.
Des troupes irlandaises fortes de débarquèrent sous le commandement de Sir Ralph Bingley, le . Une autre flotte, plus petite, sous le commandement de Sir William Beecher, arriva avec seulement 400 soldats.
Une flotte écossaise composée de 30 navires, avec à son bord , était en route en , mais a été interrompue par une tempête au large de la côte de Norfolk.
Enfin une flotte de secours hollandaise, partie le , arriva trop tard.
Côté français Malgré le blocus de l'île de Ré par la flotte britannique, les Français conduits par l'amiral Claude de Razilly réussirent durant la nuit du 7 au , à faire passer 29 navires de ravitaillement sur un total de 35 bateaux. Le suivant, des renforts français, au nombre de , débarquent sur l'île, sous les ordres du comte Henri de Schomberg, qui rejoint le commandant Louis de Marillac à La Prée.
Dénouement Le , le duc de Buckingham se présente à nouveau devant Saint-Martin-de-Ré, mais il est mitraillé et canonné et ne tente pas le débarquement ..
Le , le duc de Buckingham tenta une dernière attaque désespérée sur Saint-Martin-de-Ré, mais se heurta à un nouvel échec. La forteresse de Saint-Martin-de-Ré s'avéra imprenable, et les échelles anglaises étaient trop courtes pour escalader les murailles des fortifications. Le duc de Buckingham, finalement, replia ses troupes vers la partie nord de l'île, avec l'objectif de se lancer à l'assaut du village de Loix. S'ensuivit la bataille du pont du Feneau, défaite décisive pour les Britanniques. Au total, les troupes du duc de Buckingham perdirent plus de sur dans cette campagne militaire.
Conséquences Après cette défaite, les Rochelais se soulevèrent ouvertement contre le pouvoir royal. Le roi de France, Louis XIII, ordonna alors de commencer le siège de La Rochelle sous le commandement du cardinal de Richelieu.
En Angleterre, la défaite accentue le rejet de Buckingham par l'opinion publique, au point que son assassinat l'année suivante est célébré.
Notes et références
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