Le musée Jean-Léon-Gérôme, appelé musée Georges-Garret jusqu'en 2024, est un musée d'archéologie et des beaux-arts situé à Vesoul dans l'est de la France (Haute-Saône).

Créé en 1882, le musée est initialement consacré aux beaux-arts. Installé dans une chapelle du couvent des Annonciades, le musée se développe rapidement, notamment grâce aux donations de bourgeois et de peintres vésuliens. En 1938, le musée est transféré dans les bâtiments de l'hôtel de ville. À la suite d'importantes découvertes archéologiques sur le sol du département, une section archéologie est ouverte en 1964. Au début des années 1980, le musée est transféré dans l'ancien couvent des Ursulines, rénové à cet effet.

, le musée expose plusieurs centaines d'œuvres situées dans quatorze salles (neuf salles des beaux-arts et cinq salles d'archéologie), réparties sur deux niveaux. L'établissement comprend une riche collection de stèles funéraires ainsi que la plus importante collection artistique mondiale du peintre et sculpteur vésulien Jean-Léon Gérôme et de ses disciples qui ont formé ce qui est appelé aujourd'hui « l'école haut-saônoise » (Dagnan-Bouveret, Muenier, Courtois, Prinet). Musée municipal, l'établissement porte le label « Musée de France ».

Histoire Origines du musée thumb|left|upright|Victor Jeanneney, fondateur du musée. Les premières idées de création d'un musée à Vesoul émanent de Claude-Basile Cariage, artiste né à Vesoul en 1798. Professeur de dessin au collège Gérôme durant et premier professeur de Jean-Léon Gérôme, Cariage œuvra au cours du pour la fondation d'un musée dans sa ville mais ne put bénéficier de subventions municipales et le projet échoua. Il meurt finalement sept ans avant l'ouverture du musée. Par délibération du conseil municipal en date du , il est décidé d'affecter la somme de pour l'achat d'œuvres d'art, considérant que la création du musée serait utile à la villeLes Amis du musée Georges-Garret, Musee Georges-Garret, 2003, 96 pages</ref>.

Jean-Léon Gérôme porte alors un grand intérêt à la création d'un musée à Vesoul. Le 17 décembre 1879, il échange avec le maire de Vesoul :

Le musée de Vesoul est officiellement créé en 1882 par l'artiste bisontin Victor Jeanneney, professeur au lycée de Vesoul et directeur de l'école municipale de dessin de Vesoul. Arrivé à Vesoul en 1864, Jeanneney avait déjà réuni plusieurs œuvres d'art en vue de la création du musée..

En 1882, Vesoul est une petite cité d'environ .

1882 à 1938 : installation dans la chapelle des Annonciades

Les dons de Gérôme Les premières collections du musée sont réunies par Jeanneney puis déposées dans une chapelle du couvent des Annonciades. Jeanneney donne au musée en 1882 l'un de ses tableaux (La Chute du Todeur), ce qui en fait historiquement l'une des premières œuvres du musée. Le premier catalogue des collections du musée est édité en 1885 : il mentionne déjà pas moins d'une centaine d'œuvres.

thumb|upright|Gérôme fit don de son vivant de plusieurs de ses œuvres au musée. Les collections sont rapidement enrichies par Gérôme lui-même. Au cours des années 1880, il fait don au musée de plusieurs de ses œuvres, notamment : Anacréon, Bacchus et Amour en 1882, Nominor Leo en 1885 et Cave canem en 1886. Le capitaine Henri Leblond lègue en 1885 au musée l'un de ses portraits, réalisé par Jean-Léon Gérôme. Une œuvre de Pierre Georges Jeanniot (Les Flanqueurs) est acquise par le musée en 1886 à la suite d'un dépôt de l'État. De plus, l'artiste local Henri Blandin offre au musée en 1887 deux de ses œuvres représentant la ville de Vesoul.

Dans les années 1890, le musée développe considérablement ses collections. En 1890, la société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône offre deux pierres tombales sculptées en bas-relief, provenant d'églises situées dans la région de Vesoul. En 1892, un nouveau tableau de Jeanniot arrive au musée (Le Moineau de Lesbie). En 1895, à la suite d'un don des œuvres d'un peintre anonyme (Le Frappement de rocher et L'Adoration du veau d'or) viennent même enrichir les collections. Par le biais du fonds national d'art contemporain, l'État donne, en 1897, au musée La mort d'Abel, un tableau d'Émile Schuffenecker réalisé en 1884. En 1897, Jules-Alexis Muenier lègue au musée de Vesoul deux de ses œuvres (La Conversation et Sur la porte), œuvres de naturalisme paysan.

En décembre 1897, la presse locale déclare l'existence d'un projet de transférer le musée de Vesoul dans la partie supérieure des halles de la ville, place du Champ-de-Foire. Le projet reste en suspens plusieurs années et le 9 décembre 1900, un article parait dans Le Réveil de la Haute-Saône déclarant que le musée de Vesoul sera déplacé, dès 1901, dans les halles et qu'il sera renommé « musée Gérôme ». Cependant, le projet n'aboutira finalement pas.

Vers 1900, Jean-Léon Gérôme dépose encore deux de ses œuvres au musée : les sculptures Frédéric le Grand et La Danse (Loïe Fuller). La sculpture Les Violettes de François-Raoul Larche est donnée par l'État au musée. À nouveau, Gérôme lègue à l'établissement une sculpture (Le Duc d'Aumale), un plâtre patiné brun réalisé par lui-même en 1899. Puis, c'est au tour de René Prinet de faire don de l'une de ses œuvres (Le Réfectoire de l’orphelinat de Morey, en 1902).

Les dons des autres artistes locaux Les dons de Gérôme au musée de Vesoul encouragent d'autres artistes à soutenir le musée. En 1904, le musée fait l'acquisition de César au tombeau d'Alexandre le Grand, tableau de grande dimension du peintre vésulien Gustave Courtois. L'année suivante, un Portrait de l’Abbé Joseph de Beauchamp, personnalité née à Vesoul en 1752, est déposé au musée. En 1906, trois maquettes du monument Gérôme réalisées par le sculpteur vésulien Jules Aimé Grosjean sont mises en dépôt dans les collections du musée. Madame la Générale Comte lègue une commode demi-lune du XVIIIe siècle (1908).. En 1913, les collections du musée intègrent une Tanagra de Gérôme ainsi qu'un Buste de Gérôme de Carpeaux.

De 1914 à 1944, peu d'œuvres sont acquises par le musée : on note notamment le don par l'abbaye de Montigny de la pierre tombale d'Héloïse de Joinville, en 1925, ainsi qu'un don de Madame Ardin, de son propre portrait, rêalisé par Jules-Alexis Muenier, en 1935.

1938 à 1981 : déplacement du musée dans l'hôtel de ville

Le soutien de Georges-Garret Dans les annéees 1930, le musée bénéficie de l'aide de Georges Garret qui œuvre pour les activités de l'établissement. Pharmacien, puis maire de Vesoul de 1946 à 1947, Georges Garret décide de déplacer les collections au sein de la chapelle de l'hôtel de ville, pour faire face à l'augmentation croissante du volume des collections.. C'est ainsi que le musée est transféré en 1938 dans le nouvel hôtel de ville, situé rue Paul-Morel.

vignette|left|redresse|Georges Garret, personnalité locale qui œuvra dans les activités du musée.

L'importante donation des héritiers de Gérôme En 1945, une trentaine d'œuvres de Gérôme - au moins vingt-cinq tableaux et trois sculptures - sont léguées au musée par des petits enfants de Gérôme : Jean-Léon Morot et sa sœur Aimée Dubuffe (fonds portant le nom de donation Morot-Dubuffe). Ce don inclut une importante collection de peintures de style orientaliste (L'Entrée du Christ à Jérusalem, La Fuite en Égypte, Paysage d'Orient, La Chasse au lion) ainsi que des tableaux de style divers (Loïe Fuller et Dante et Virgile aux enfers). Ce don inclut également les trois sculptures suivantes : Buste de Bellone, Omphale et L’Oracle aux serpents. Enfin, cet important lègue des héritiers de Gérôme inclut aussiune sculpture de Fernand Cormon (Le Sculpteur au travail) et un tableau de Pascal Dagnan-Bouveret (Portrait de Jean-Léon Gérôme en habit d’académicien).

En 1949, un Buste de Jean-Léon Gérôme polychromant une Tanagra du sculpteur allemand Léopold Bernstamm vient enrichir les collections (dépôt de l'État). En 1952, un autre fonds de donation, la donation Hubert-Legrand, vient offrir deux nouvelles œuvres : Vieille Femme à la pipe de Gérôme et Roses trémières de Muenier. En 1954, Georges Garret fit don au musée d'une peinture de Dagnan-Bouveret. En 1959, six tableaux de Prinet sont offerts au musée par ses héritiers, entre autres La Bibliothèque, L’Ombrelle rayée sur la plage et Les Éteules.

En 1962, un nouveau tableau de Muenier (La Leçon de clavecin) (par dépôt de l'Êtat via le fonds national d'art contemporain) arrive au musée Georges-Garret.

Ouverture de la section Archéologie En 1963, la société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, principale société savante historique du département, dépose une importante collections de stèles funéraires au musée. C'est alors que le musée qui était jusqu'à présent consacré aux beaux-arts se voit dorénavant abriter une collection « Archéologie » qui voit officiellement le jour en 1964. Cette collection d'une trentaine de stèles funéraires, provenant principalement du nord de la Haute-Saône (Corre, Luxeuil-les-Bains etc), est alors l'une des plus importantes de la région. La plupart de ces stèles ne sont cependant que des fragments plus ou moins bien conservés.

En 1969, la donation Hubert-Legrand fait don au musée de nouvelles œuvres. Cette donation comprend Portrait de Mme Dagnan de Gustave Courtois, Portrait de Gabriel Bouveret de Pascal Dagnan-Bouveret et Portrait de Bastien-Lepage d'Auguste Rodin.

En 1971, la donation Hubert-Legrand lègue à l'établissement une quinzaine de tableaux des disciples de Gérôme. Cette donation inclut un grand nombre de tableaux, notamment des peintures de portraits, de Dagnan-Bouveret : Ruelle à Alger, Hernani, Portrait de Madame Dagnan, Le Peintre et sa Femme, Le Moulin de Corre, Portrait de Mlle Anne-Marie Walter, Portrait de Jean Dagnan, Vue de Venise, Vue de Quincey... Cette donation de 1971 inclut également deux tableaux de Courtois (Portrait de Mme Dagnan et Jean Dagnan, âgé de trois ans) et un tableau de Muenier (Lever de lune à Pontcey.

Le tableau de Gérôme Les Colosses de Thèbes, Memnon et Sésostris est acheté en vente publique en 1978 par le musée. L'année suivante, deux nouveaux dons viennent enrichir les collections du musée (Buste de l’Impératrice Eugénie du sculpteur Henri-Frédéric Iselin et Phryné d'Alexandre Falguière).

Depuis 1981 : transfert dans l'ancien couvent des Ursulines

thumb|Le musée est installé dans l'ancien couvent des Ursulines depuis 1981. Depuis les années 1970, la municipalité décide de choisir un nouveau lieu pour héberger les œuvres du musée municipal, dans le but d'offrir au musée un espace plus adéquat pour y exposer les nouvelles collections et mieux accueillir le public. C'est alors que la ville jette son dévolu sur l'ancien couvent des Ursulines, un bâtiment construit entre 1680 et 1683 situé au cœur du Vieux-Vesoul. D'importantes rénovations sont alors entreprises et c'est en 1981 que le musée s'installe dans le couvent des Ursulines. L'ancien couvent est alors équipé de salles spacieuses permettant d'exposer des collections permanentes mais également des expositions temporaires. De plus, le bâtiment dispose d'une vaste cour intérieure centrale..

En 1981, le musée fait l'acquisition d'un nouveau tableau de Gérôme (Une âme emportée par un ange) donné par l'église de Frotey-lès-Vesoul, ainsi qu'un Portrait de Victor Jeanneney, le fondateur du musée de Vesoul, peint par François Ledoux-Jeanneney.

Le soutien du fonds régional d’acquisition des musées