Le secteur économique de l'énergie en Algérie occupe une place prédominante dans l'économie de l'Algérie, les hydrocarbures à eux seuls représentaient 47% des recettes du budget et 86 % des recettes d'exportation entre 2019 et 2023.
L'Algérie est en 2022 le de pétrole, le de gaz naturel et le exportateur de gaz naturel au monde. Les réserves de pétrole de l'Algérie se classent au mondial et celle de gaz naturel au mondial.
La production et la consommation d'énergie, y compris dans le secteur de l'électricité, sont tirées des hydrocarbures à plus de 99 %. La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie est de 12,3 % en 2019.
Cependant, l’État algérien commence à envisager des solutions alternatives en investissant dans les énergies renouvelables. Selon le Programme algérien de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique (PENREE) de 2012, l'Algérie visait une puissance installée d’origine renouvelable de d’ici 2030. Mais sept ans après ce plan, les réalisations sont modestes : le solaire n'a produit que 0,8 % de l'électricité du pays en 2021, et l'éolien 0,01 %.
Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie en Algérie Population Consom.énergieprimaire Production Exportationnette Consom.élect.* ÉmissionsGHG**tab.GHG-FC Année Millions PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 25,91 929 13,69 51,6 2000 30,77 21,21 62,0 2010 35,86 36,58 96,5 2015 39,54 57,57 131,7 2016 40,34 60,06 129,1 2017 41,14 64,81 131,7 2018 41,93 66,7 138,5 2019 42,71 71,5 143,6 variation1990-2019 +65 % +184 % +48 % +10 % +422 % +178 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre par combustion.
Le secteur des hydrocarbures représentait 47 % des recettes du budget et 86 % des recettes d'exportation entre 2019 et 2023 et 14 % du PIBLa Banque mondiale en Algérie: Présentation, Banque mondiale, 12 octobre 2024..
En 2017, les hydrocarbures représentent 60 % des recettes du budget et 98 % des recettes d'exportation. Le modèle rentier, « une malédiction », phagocyte capitaux et talents, poussant le pays à importer tout ce dont il a besoin, au point de réduire l’industrie manufacturière à 5 % du PIB. Les importations sont passées de 9 milliards de dollars en 1990 à 60 milliards en 2016, alors que les exportations, divisées par deux depuis 2014 du fait de la chute des prix du pétrole et du gaz, commence de plus à baisser en volume, faute d'investissements dans de nouveaux gisements ; le gaz de schiste ne pourra pas prendre le relais vue sa très faible rentabilité dans le SaharaLe « modèle » économique algérien à bout de souffle, Les Échos, 5 décembre 2017..
L'Algérie tire du gaz et du pétrole 98 % de ses revenus en devises et 60 % de ses recettes budgétaires en 2015 ; elle voit fondre ces ressources avec la baisse du prix du baril depuis 2014. Les recettes ne devraient plus être que de 22 milliards de dollars en 2016, contre 58 milliards en 2014. En outre, le développement des gaz de schiste aux États-Unis a réduit l’un des principaux débouchés d’exportation du pays. L’État compte réaliser quelque 20 milliards de dollars d’économies en 2016 en taillant dans les multiples subventions à la consommation, ce qui va se traduire par une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité ainsi que de ceux du gaz, de l’électricité et des carburantsEn Algérie, le tour de vis budgétaire risque de susciter une crise sociale, Les Échos, 30 décembre 2015..
Le Parlement algérien a abrogé le la fameuse loi dite « 49-51 », qui plafonnait à 49 % la participation qu'une entreprise étrangère peut détenir dans une firme algérienne. Il a aussi adopté une loi ouvrant le secteur des hydrocarbures aux multinationales. L'opérateur public Sonatrach n'avait plus seul les moyens de prospecter et de développer de nouveaux champs, mais bien des appels d'offres ne trouvaient pas preneurs tant le cadre juridique et fiscal était dissuasif pour les étrangers. Le pétrole et le gaz fournissent les deux tiers des recettes budgétaires et 95 % des entrées de devisesL'Algérie s'ouvre aux investisseurs étrangers, 17 novembre 2019..
Production d'énergie primaire + Production d'énergie primaire en Algérie par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2019 % 2019 var.2019/1990 Pétrole 61,2 50,8 53,3 48,4 % +17 % Gaz naturel 38,8 49,1 46,6 51,6 % +97 % Total fossiles 99,98 99,96 99,96 99,9 % +48 % Hydraulique 0,5 0,01 0,2 0,003 0,6 0,01 0,5 0,5 0,01 % +13 % Solaire, éolien 0,3 2,5 0,04 % ns Biomasse-déchets 0,4 0,01 2,2 0,04 2,2 0,03 0,3 0,4 0,01 % -5 % Total EnR 0,9 0,02 2,4 0,04 2,8 0,04 1,1 3,4 0,1 % +271 % Total 100 100 100 100 % +48 %Source des données : Agence internationale de l'énergie
Pétrole
L'Algérie est un pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG)Classement des pays producteurs et exportateurs de pétrole , Les fonds souverains, 22 juin 2011.
Réserves de pétrole En 2021, selon l'Agence allemande des matières premières (Deutsche Rohstoffagentur), l'Algérie avait de réserves économiquement exploitables, au mondial (0,7 % des réserves mondiales)73, plus de ressources potentiellement récupérables67. Sa production 2020 était de ( mondial, 1,4 % de la production mondiale)75 et ses exportations de , au mondial avec 1,0 % des exportations mondiales79.
+ Pétrole - réserves prouvées (millions de barils) BP Statistical Review of World Energy 2020 - 69th edition (pages 14 à 17), BP, .Années1995 2005 2014 2019Réserves prouvées
Selon certains experts, les perspectives des réserves de Sonatrach ne peuvent se comprendre en l'absence de véritables indicateurs tels que les coûts internes, le vecteur prix international et les énergies substituables face au nouveau modèle de consommation énergétique qui se dessine horizon 2020 au niveau mondialDébat sur les hydrocarbures en Algérie Abderrahmane MEBTOUL, Les Afriques, 27 août 2010. La révision répétitive de la loi sur les hydrocarbures démontre que le pays ne dispose pas d'une stratégie énergétique nationale vu l’instabilité de la juridiction pétrolière, qui verse uniquement dans le sens de l’augmentation de la production des hydrocarburesHydrocarbures : « L’Algérie ne dispose pas encore d’une stratégie d’ensemble pour l’énergie" Entretien avec le Professeur Chems Eddine Chitour, Réalisé par Camila Habib, Les Circuits de l'ECO, 24 mars 2012.
Production de pétrole En 2022, l'Algérie a produit (millions de tonnes) de pétrole, soit (millions de barils par jour), en hausse de 9,4 % en 2022, mais en recul de 5 % par rapport à 2012. Elle se classe au rang mondial avec 1,4 % de la production mondiale et au rang en Afrique derrière le Nigeria (1,6 %)15-16.
+ Production pétrolière (milliers de barils par jour)Année 2005 2010 2015 2019 2020 2021 2022Production
Consommation de pétrole En 2022, l'Algérie a consommé (exajoules) de pétrole, soit (milliers de barils par jour), en hausse de 7,9 % en 2022 et de 16 % depuis 2012. Elle représente 0,5 % de la consommation mondiale. Sa consommation absorbe 30 % de sa production20-21.
Exportations de pétrole + Pétrole - importations et exportations (PJ)Année 1990 2000 2010 2015 2016 2017 2018 2019Importations pétrole brut 14 13 14 11 10 9 9 7 Importations produits pétroliers 6 0,3 41 172 155 150 35 82Exportations pétrole brut Exportations produits pétroliers 763 957 901 948 903
L'Algérie était en 2010 au rang mondial des pays exportateurs de pétrole, avec .
Organisation du secteur La Sonatrach est le groupe pétrolier algérien chargé de la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures. Elle a été classée société en Afrique et plus grand groupe pétrolier au monde par le Petroleum Intelligence Weekly (2011)Sonatrach : premier groupement pétrolier en Afrique ,F.Abdelghani, D'après El khabar, Algeria ISP, 06 mars 2011.
L'Autorité de régulation des hydrocarbures et l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures sont deux autorités chargées, respectivement, du contrôle et de la régulation des activités dans le domaine des hydrocarbures en Algérie, et de la promotion des investissements dans la recherche et l'exploitation des hydrocarbures algériens et la délivrance des autorisations de prospection.
Pétrochimie et raffinage Le choix de la pétrochimie par l'Algérie s'impose de façon croissante comme une option majeure de politique industrielle. L'État a mis en place des mesures d'accompagnement en faveur des investisseurs dans le but de mobiliser les capitaux nécessaires pour le financement des programmes de développementLa pétrochimie algérienne ,M.Niar,Le Cap - ,Consulté le 17/07/2012.
L'ENIP filiale du groupe Sonatrach est la Société Nationale de la Pétrochimie, spécialisée dans la transformation chimique des hydrocarbures liquides ou gazeux ainsi que leurs dérivés pour la production de produits pétrochimiquesPrésentation de l'ENIP , L'ENIP Le Site Officiel,Consulté le 17/07/2012.
Le Groupe Asmidal issu de la restructuration de Sonatrach est spécialisé dans la production, la commercialisation et le développement des engrais, de l’ammoniac et dérivésPrésentation de l'ASMIDAL , L'ASMIDAL Le Site Officiel,Consulté le 17/07/2012. Une filiale de ce groupe, la Somias SPA est spécialisée dans les activités de conception, réalisation et montage de tous travaux de maintenances d'équipements et ouvrages industriels, a été privatisée. En effet, le groupe écossais John Wood Group PLC a acquis 55 % du capital de la sociétéUne filiale d’Asmidal privatisée , L'Expresion,le 09/12/2006.
L'Algérie dispose de cinq raffineries de pétrole : la raffinerie de Skikda, d'Alger, d'Arzew, d'Adrar et de Topping Condensat. Par ailleurs, la Sonatrach a acquis la raffinerie d'Augusta en Italie.
Afin d'augmenter ses capacités de raffinage, l'Algérie prévoyait en 2012 d'investir 10 milliards de dollars pour la construction de cinq nouvelles raffineries, les raffineries existantes étant vétustes ; les capacités de raffinage du pays augmenteront ainsi de 30 millions de tonnes par an, alors que les capacités étaient alors de 26 millions de tonnes par anRaffinage : l'Algérie investit 10 Mds$, Le Figaro, 06 MAI 2012. Trois de ces nouvelles raffineries seront situées dans la région des Hauts plateaux, une dans le sud et une dans la région du centre.
En , l'Algérie annonce son intention de cesser ses importations d'essence et de gasoil. En effet la rénovation de la raffinerie d'Alger, l'augmentation de productivité des raffineries existantes, ainsi que l'acquisition de la raffinerie d'Augusta en Italie, ont permis à la Sonatrach d'atteindre une autosuffisance en produits pétroliersL'Algérie ne va plus importer d’essence et de gasoil, Radio Algérienne, 26 mai 2019..
Le , Sonatrach signe un contrat de 3,7 milliards de dollars avec Tecnicas Reunidas et Samsung pour la réalisation d'une raffinerie de pétrole brut à conversion profonde d'une capacité de 5 millions de tonnes/an à Hassi-Messaoud.
Gaz naturel
+ Gaz naturel - production et exportations (PJ) Année 1990 2000 2010 2015 2016 2017 2018 2019Production Exportations % exporté 68,7 % 75,9 % 67,6 % 51,8 % 57,0 % 56,1 % 52,9 % 47,5 %
Réserves de gaz naturel Les réserves économiquement exploitables de gaz naturel en Algérie sont estimées en 2020 à ( mondial, 1,1 % des réserves mondiales)90, plus de ressources potentielles ( mondial), dont de gaz conventionnel, de gaz de schiste et de gaz de réservoir compact88. La production 2020 a été de ( mondial, avec 2,1 % de la production mondiale). Les réserves représentent donc 26,8 années de production92.
Le groupe Sonatrach annonce le 27 juin 2022 la découverte d'un « important » gisement de condensat de gaz naturel dans le champ de Hassi R'mel ; les réserves de ce gisement sont estimées entre de gaz à condensat. Sonatrach prévoit de débuter en novembre l'exploitation de ce gisement qui doit produire par jour.