vignette|Vue du porche L’hôtel de Panette est un hôtel particulier sis à Bourges, au 1 rue Henri-Ducrot (anciennement rue du Vieux-Poirier).

Il est construit en 1418 par le duc de Berry en tant qu’« hôtel des Trésoriers de la Sainte-Chapelle »Hôtel des Trésoriers de la Sainte-Chapelle. Il ne conserve de cette époque que sa façade sur rue.

Acquis par le marquis de Tristan en 1757, à la suite de la destruction de la Sainte-Chapelle, il est reconstruit, puis vendu au marquis de Panette en 1818. Loué par le gouvernement de Louis-Philippe de 1839 à 1845, il abrite l’exil du prétendant au trône d’Espagne Charles de Bourbon.

De 1418 à nos jours

L'hôtel des Trésoriers de la Sainte-Chapelle La Sainte-Chapelle de Bourges fut investie le jour de Pâques 1405 par M. Arnoul Belin, trésorier. Le portail est le seul élément conservé de l'hôtel des Trésoriers de la Sainte-Chapelle. Une inscription très effacée permettait de lire qu'Arnoul Belin, premier trésorier du Palais de Bourges, avait fait édifier en 1418 cet hôtel pour lui et les trésoriers ses successeurs. La façade d'entrée est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du .

Vente des biens de la Sainte-Chapelle en 1757 En 1757, l'hôtel des Trésoriers est acheté au plus offrant, au prix de tournois (équivalent à en 2017), par le marquis de Tristan, qui fait vraisemblablement construire un nouvel hôtel particulier, à la place du précédent, orienté plein sud.

L'acte de vente de la maison des Trésoriers date du , par le chapitre de la Sainte-Chapelle à Pierre Jean-Baptiste, marquis de Tristan, seigneur de Saint Amand, chevalier des ordres ??? de notre dame de ??? demeurant à Bourges paroisse de Saint Pierre le Poellier, au prix de .

En « conséquence des lettres et patentes du Roy données à Versailles au mois de février dernier, enregistrées à la Cour du Parlement à Paris le 26 dudit mois, ordonnant la destruction de la Sainte Chapelle de Bourges, et de vendre la maison du Sieur Trésorier dans l’état où elle se trouve, pour indemniser le chapitre d’une partie de ses frais, il a obligation d’afficher au carrefour des places publiques, que la maison à vendre sera adjugée au plus offrant. La mise à prix a été fixée à , et adjugée au sieur de Tristan à »

La maison jouxte au couchant la rue du Vieux Poirier, du côté du midi , cour et jardin qui étaient affectés aux chapelains et vicaires de ladite Sainte-Chapelle, au levant le pignon de la maison canoniale, jardin, cour, aisances et dépendances actuellement occupés par le sieur Nicou de la Gavinière, et par de ladite cure de Saint-Jean-le-Vieil. De l’autre côté la maison et le jardin de la cure et le jardin de la maison coloniale occupée par le sieur Jourdin de Bravignon, une petite ruelle entre deux.

Les propriétaires depuis 1757 Les marquis de Tristan : de 1757 à 1818 Pierre Jean-Baptiste de Tristan, capitaine de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, est le fils de Pierre-Jean (chevalier seigneur de Saint Amand, lieutenant de cavalerie au régiment de Clermont) et d'Anne Magdelaine Hertault (fille de René chevalier, seigneur de Soupize, et Jeanne Catherine Gassot), mariés le à Bourges, paroisse de Saint-Pierre-le-Puellier. Il épouse le Claire Christine Pierrette de Clugny (1733-1762), fille du baron Étienne de Nuits, conseiller au parlement de Bourgogne, et de Claire Marie Anne Gilbert des Voisins-Crapado, et sœur de Jean Étienne Bernard Clugny de Nuits, contrôleur général des finances de Louis XVI en 1776Guillaume Lévêque, Grands notables du Premier Empire : Cher, vol. 29, Guénégaud, 2010, 407 pages..

Son fils Pierre Jean, né le , mourut le .

Pierre Jean l’évangéliste Marie épousa le , dans la paroisse berruyère de Fourchaud Marie Jeanne Moreau de Chassy. Pourvue d’une dot de , elle était la fille d’Alexandre Antoine, chevalier seigneur de Souesmes, chevalier de Saint Louis, ancien major commandant les milices de Cayenne, et de défunte Hélène Meusnier. La sœur de Marie Jeanne Moreau de Chassy, Marie Elisabeth Hélène, épousa le Gabriel Gassot, vicomte de Fussy ( - ).

C'est Pierre Jean l’évangéliste Marie qui passa la plupart de sa vie dans l'hôtel particulier. Sa mère déjà veuve, décéda alors qu’il avait 6 ans. Sa destinée et celle de son frère (Jean Étienne Bernard, né le ) sont prises en main par l’oncle Jean Étienne Bernard Clugny de Nuits.

Il était en 1811 le du département. Son antique noblesse remonte au . Il fut admis au sein de la compagnie de mousquetaires de la garde royale le sur présentation de son oncle. Il fut licencié le à la suppression de son corps, muni d’un certificat « qu’il a bien servi et qu’il conserve le quart de ses appointements jusqu’à son replacement ». Coupable d’avoir engrossé une lingère orpheline dénommée Perpétue Carraud, à l’âge de 18 ans, il avait été condamné en justice à payer de « frais de gésine » en .

Dans les années 1780, il devient l’un des piliers de l’Orient de Bourges, participe ainsi aux tenues de la de la ville : Sainte Solange, fondée en 1785, dont il est surveillant. Il s’affilie également à la Minerve, le nouvel atelier dressé en 1787 par la noblesse locale. Aristocrate libéral, il n’est pas ennemi de la Révolution et n’est pas inquiété par la Terreur. Maire de Vornay, le , il devint aussi maire d’Annoix en 1806, jusqu’en 1816, destitué par le préfet ultra Villeneuve, qui ne lui pardonne pas d’avoir servi les Cent jours. Il participe le à la refonte de la loge de Sainte Solange.

Sa fille Marie Rose née à Bourges le , mourut en couches le , laissant un enfant de son union célébrée le avec le Comte d’Amboise (fils de Henri-Michel d'Amboise). Il acheta en 1793 la maison de la cure de Saint-Jean-le-Vieil au prix de , afin d'agrandir son hôtel particulier.

Le , le marquis de Tristan (62 ans) vendit son hôtel particulier au marquis de Panette, ingénieur et vérificateur du cadastre, et Mélanie de Marcillac son épouse, demeurant rue de Souretrandn quartier Bourbonnoux, au prix de ( en 2017). Le marquis de Tristan demeurait dans son château de Soupize (Vornay) et résidait rue du Vieux-Poirier, quartier d’Auron ». La vente porte sur un hôtel rue du Vieux-Poirier, ayant porte cochère et cavalière, composé des bâtiments d’habitation, caves, cuisine, cour, jardin, basse cour, «écuries et remise qui existent dans ladite basse cour, avec toutes les glaces, trumeaux, plaques de cheminée, boisures, tentures en papier. Le marquis de Tristan occupait trois chambres au étage, et une demoiselle Gallois occupait une chambre. L’hôtel jouxte au levant la place Bouland et la maison de Mr Raynal, au couchant la rue du vieux poirier, et au nord l’ancienne cure de Jean le vieux avec tous les bâtiments, cour, jardin, avec une entrée donnant sur la rue du Vieux-Poirier, et une entrée sur la place Bouland, habitée par l’abbé de Fontenay. Le marquis de Tristan a hérité de l’hôtel de son père et acquis la petite maison du sieur Gilbert, chapelier, le , qu’il avait lui-même acquise le . Les acquéreurs n'entreront dans les lieux que le jour de Noël prochain. Néanmoins, le marquis de Tristan louera un appartement aux acquéreurs de la Saint-Jean à Noël, au prix de . il restera locataire jusqu’à son décès.

Le : décès à 63 ans de Pierre François l’évangéliste Marie marquis de Tristan ancien officier de cavalerie, laissant pour seul héritier son petit-fils Georges Edmond d’Amboise (fils de Jacques Henry comte d’Amboise). Le testament olographe déposé chez Maître Vergne date du en faveur de Jeanne Gallois, la domestique préférée du marquis, mentionne un don au fils de cette servante de . Ce fils, Alexis Gallois né à Vornay le , dans les appartements de l’homme d’affaires du marquis, était certainement adultérin.

Le , le notaire dresse inventaire de l’hôtel à la suite du décès de Pierre François L’évangéliste Marie Marquis de Tristan ancien officier de cavalerie en présence de Jacques Henry comte d’Amboise (son gendre, père et tuteur de Georges Edmond d’Amboise, son petit fils mineur), et de Jeanne Gallois fille de confiance de feu monsieur le marquis de Tristan et sa légataire. On note la présence de Alexandre Marie Gassot vicomte de Fussy maire de la ville de Bourges subrogé tuteur nommé à Georges Edmond d’Amboise. Le marquis de Tristan occupait le premier étage. Sont mentionnées les pièces suivantes : à gauche de l’escalier un salon ayant vue sur cour, avec cheminée, puis un petit cabinet à côté (assez grand pour contenir commode, buffet, malle), un placard à côté de la cheminée, une antichambre, une autre chambre avec alcôve (grand lit) et cheminée, puis petit cabinet, et antichambre, puis chambre avec cheminée, un autre cabinet. Egalement présent le palier de l’escalier, donnant accès à un premier grenier, à une mansarde auprès de l’escalier, à une autre mansarde à côté, occupée par la cuisinière, puis à un autre grenier à la suite. Puis « De là nous sommes passés avec toutes les parties dans une cuisine ayant son entrée par la cour », avec cheminée, « de là sommes passés avec toutes les parties dans une remise, « de là sommes passés dans l’écurie, puis dans la chambre du domestique » : et de là sommes descendus à la cave. Le mobilier est composé de meubles d’acajou, fauteuils et chaises garni de velours d’Utrecht.

Les marquis de Panette : de 1818 à 1879 Barthélemy Gabriel Vincent de Panette était originaire de la région des Dombes. Il devint ingénieur et vérificateur du Cadastre napoléonien à la ville, et dressa un plan en 1814 connu aujourd'hui sous le nom de plan de Panette. Il acheta en 1829 le château de Contremoret, à Fussy et il est vraisemblable qu'il transforma son hôtel particulier en bien de rapport. En 1839, il réussit à louer son hôtel au gouvernement de Louis-Philippe pour abriter l'exil de Don Carlos. Il a deux enfants : Son fils, Jean François Alphonse Vincent de Panette, épouse Louise Anne Catherine de Scoraille le . Mélomane, et musicien, il acheta un violon qui devint à tel point célèbre qu'il porte aujourd'hui son nom. Sa fille, Marie Charlotte Gabrielle Mélanie de Vincent de Panette, née le à Bourges, vendra ensuite l’hôtel de Panette à la famille Pilté-Leveau.

Le : un extrait de la revue Le Mois par Alexandre Dumas : .

Le , le décès de Barthélemy Gabriel Vincent de Panette est acté le par un partage entre Mélanie de Marcillac, épouse Vincent de Panette, demeurant 1 rue du Vieux-Poirier, et son fils Jean François Alphonse Vincent de Panette, demeurant 11 rue de l’Arsenal, notaire Paultre. On trouve de nombreuses valeurs mobilières et immobilières : Contremoret ; la terre de Montpensier à Saint-Georges-sur-Moulon ; un hôtel en partie habité par de Panette, et autres locataires composé de divers bâtiments d’habitation élevés sur caves, avec greniers au-dessus, jardin, basse cour, et autres aisances ; une petite maison attenant à l’hôtel formant autrefois la cure de Saint-Jean-le-Vieil ayant une entrée sur la rue du Vieux-Poirier et une autre sur la place Bouland composée de bâtiments d’habitation, cour, jardin. Cet hôtel et cette maison ont été acquis auprès du marquis de Tristan au prix de . Il possède aussi une maison faisant l’angle de la rue de la Cage-Verte et du Vieux-Poirier, achetée à Joseph Grace, rentier, et Marie Garnier le , au prix de de rente viagère annuelle, pleins propriétaires le , et une autre maison et dépendances au 3 rue de la Cage-Verte, à côté de l’autre, acquises auprès de Philippe Barraud et Rose Gerré au prix de le .

Le , décès de Mélanie de Marcillac, épouse Vincent de Panette, au 1 rue du Vieux-Poirier.

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Le meurt Jean François Alphonse Vincent de Panette, devenu marquis au décès de son père. C’est lui qui acheta le violon. Le est dressé un acte de notoriété à défaut d’inventaire à la suite de son décès.

La famille Pilté-Jouslin : de 1879 à 1948 thumb|La salle à manger en 2011. thumb|Ancienne chambre de Don Carlos en 2011. thumb|Ancien salon aux fresques en 2011.