Albon-d'Ardèche (ou Albon d'Ardèche ; prononcé ) est une commune française située dans le département de l'Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Cette commune rurale se situe dans la région des Boutières, à l'est du Massif central, en retrait des principales voies de communication régionales. Elle comporte le village d'Albon ainsi qu'une trentaine de lieux-dits et hameaux. Au dernier recensement de , la commune comptait appelés Albonnais et Albonnaises.
L'histoire de la commune est marquée par les troubles religieux qui l'ont touchée aux et par la construction de nombreux moulinages destinés au travail de la soie au . Depuis le déclin de l'industrie de la soie au cours du , qui a entraîné une forte baisse de la population, l'économie du village repose essentiellement sur l'artisanat, l'agriculture et le tourisme (et plus généralement sur les métiers du secteur tertiaire). Après avoir vu son nombre d'habitants divisé par quatre en un siècle, la commune compte 17 % de logements vacants en 2014. De plus, la capacité d'autofinancement de la commune est très faible malgré des taux de fiscalité locale très inférieurs à ceux des communes de même type, le revenu fiscal médian par ménage étant l'un des plus bas des communes de France.
La commune possède toutefois une richesse naturelle : un espace préservé au sein du parc naturel régional des Monts d'Ardèche avec une importante diversité animale et végétale comprenant plusieurs espèces menacées. Cette biodiversité résulte en partie de la faible urbanisation, du climat particulier qui y règne et de la variété des paysages allant de l'étage collinéen à l'étage montagnard. La commune se trouve également dans trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique différentes.
Géographie Localisation vignette|upright|alt=Schéma représentant la commune entourée des communes limitrophes.|Carte de la commune. Albon-d'Ardèche se situe dans le centre de l'Ardèche, dans l'Est du Massif central, au cœur de la région montagneuse des Boutières, dans les monts du Vivarais (au niveau du Moyen-Vivarais) et plus précisément dans la haute vallée de la Glueyre..
À vol d'oiseau, le village se situe à au nord-ouest de Privas., à au sud-ouest de Tournon-sur-Rhône. et à au nord de Largentière.. Les villages les plus proches sont ceux de Marcols-les-Eaux (), Saint-Genest-Lachamp (), Saint-Pierreville (), Saint-Christol (), Issamoulenc () et Saint-Julien-du-Gua (). La ville la plus proche est celle du Cheylard qui se trouve à à vol d'oiseau mais à par les routes départementales. Le village d'Albon se trouve dans la partie nord de la commune, à l'intersection des routes départementales 102 et 409.
Administrativement, la commune se situe dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (anciennement Rhône-Alpes), dans le département de l'Ardèche, dans l'arrondissement de Privas et dans le canton de Haut-Eyrieux. Elle faisait partie jusqu'en 2014 du canton de Saint-Pierreville, aujourd'hui disparu. Albon-d'Ardèche se situe aussi dans le parc naturel régional des Monts d'Ardèche et dans l'espace naturel sensible des Serres Boutiérots. La commune fait partie de la communauté de communes Val'Eyrieux depuis sa création en 2014 à la suite du redécoupage cantonal de 2014 ; elle faisait auparavant partie de la communauté de communes des Châtaigniers.
Hydrographie
Le territoire communal comporte une partie de la haute vallée de la Glueyre et une partie de la vallée de la Veyruègne. Ces deux cours d'eau sont des affluents et sous-affluents de l'Eyrieux, Albon-d'Ardèche fait donc partie du bassin versant du Rhône : les eaux qui coulent à Albon se jettent dans la mer Méditerranée.
En plus de la Glueyre., la commune est traversée par quatre de ses affluents référencés par le Service d'administration nationale des données et référentiels sur l'eau : la Veyruègne., le ruisseau de Crouset. (aussi appelé « ruisseau d'Alzon » ou « ruisseau des Crousets »), le ruisseau de Veyrine. et le ruisseau de Fontfreyde.. La commune est également traversée par d'autres cours d'eau plus petits et non référencés comme le ruisseau de la Goutelle, un affluent du ruisseau de Crouset.
Les cours d'eau de la vallée de la Glueyre ont un régime torrentiel de type pluvial cévenol : la commune connait des basses eaux en été et d'importantes crues en hiver pouvant faire monter le niveau de l'eau de plusieurs mètres.. Depuis le , ces crues détruisaient régulièrement les canaux et les levées qui servaient à alimenter les moulinages en eau. Une des dernières crues destructrices qu'a connue la commune est celle survenue dans la nuit du : elle ravagea les abords de la rivière, détruisant des passerelles et faisant céder la levée en amont de l'ancien moulinage de Reygnier.. La Glueyre et la Veyruègne ne sont jamais à sec durant les basses eaux de l'été contrairement à certains ruisseaux, leurs niveaux peut cependant baisser de façon importante.
Relief et géologie
La commune se situe dans la région montagneuse des Boutières, comprise dans les monts du Vivarais, à l'est du Massif central. La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 567 et Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, . (au serre de Riaille Ranc.). La grande rue du village se situe à ..
La partie nord de la commune (où se trouve le village) est composée de vallées étroites, encaissées et relativement profondes, qui ont très largement entaillé l'ancien plateau ardéchois. La partie sud de la commune est traversée par le serre de Champ Maux, une formation montagneuse de plus d'un kilomètre de large qui s'étend sur une longueur d'environ huit kilomètres entre le col des Quatre Vios à l'ouest et Saint-Pierreville à l'est. Ce massif culmine à d'altitude, son sommet étant au nord-ouest du lieu-dit de Soubeyranne. On trouve également un autre serre dans la partie nord de la commune : le serre du Pendey qui doit son nom à un lieu-dit de sa face nord. Ce serre, plus modeste que celui de Champ Maux, s'étend d'ouest en est du Rocher de Don (commune de Marcols-les-Eaux) au nord-ouest du village d'Albon. C'est sur cette formation que l'on trouve le Rocher de Bon Temps qui domine le village.
La commune est dominée au nord-ouest par le Rocher de Don (ou « Rocher du Don », culminant à ), au nord-nord-ouest par le serre de Tailac (), au nord par le col de la Faye () et par les orgues basaltiques du serre le Pal (appelé aussi « Serre de la Pal » ou « Serre la Pal », )Carte topographique 1:50000 (Lamastre). Institut Géographique National. 1981. Au sud, la commune est dominée par le Goulet de Malpertu (), au sud-ouest par le col des Quatre Vios () et au sud-est par le col de Champlot ()Carte topographique au 1:50000, (Privas), éditée par l'Institut national de l'information géographique et forestière, 1980..
La commune comporte également un ancien volcan, la Graveyre, situé au sud-ouest du territoire communal, sur la frontière avec Marcols-les-Eaux, mais le sommet () se trouve à Albon-d'Ardèche. On peut y observer un chiras sur sa face nord. La Graveyre s'est mise en place à la fin du Miocène, il y a environ d'années, dans la continuité du volcanisme du Pays des Sucs et du Velay oriental. Cette phase de dynamisme volcanique a débuté il y a environ d'années dans la Haute-Loire, avec des laves très fluides (basaltes), pour se terminer dans les Boutières, il y a environ d'années, avec des laves plus visqueuses (trachytes et phonolites) en raison d'une différenciation du magma au cours du temps : sa concentration en silice a augmenté, ce qui a eu pour conséquence d'accroître sa viscosité. Les derniers événements de cette période volcanique sont contemporains des coulées du plateau du Coiron..
Selon les cartes géologiques du Bureau de recherches géologiques et minières, la commune est essentiellement granitique., avec des couches de granite hololeucocrate hétérogène à feldspaths automorphes et de leucogranite subalcalin à biotite et cordiériteNotice de la carte géologique de Lamastre à 1/50000, , édition 1976.. On peut également observer très localement des anatexites à cordiérite et grenat dans le nord de la commune, le long de la route Notice de la carte géologique de Lamastre à 1/50000, , édition 1976..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Sud-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , minimale en été, maximale en automne. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Pierreville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communication et transports Le village d'Albon se trouve à l'intersection des routes départementales D 102, qui relie Saint-Sauveur-de-Montagut et Mézilhac, et D 409, qui relie le village à la route D 277, au niveau du lieu-dit de la Fauritte dans la commune de Saint-Christol, dans la vallée du Talaron. Le hameau de Féouzets au sud de la commune est accessible via la route D 211 qui relie le col des Quatre Vios au lieu-dit de Champlot à Saint-Pierreville. Comme il n'existe aucune route (départementale ou communale) qui permet de relier directement le village d'Albon à Féouzets en raison du relief, il est nécessaire de contourner le serre de Champ Maux par Marcols-les-Eaux ou Saint-Pierreville.
La très grande majorité des routes de la commune sont des chemins ruraux étroits et sinueux qui permettent d'accéder aux différents hameaux. Toutes ces routes présentent une fréquentation faible ou très faible. Le conseil général de l'Ardèche estime un trafic de 353 véhicules par jour pour les deux sens sur la route D 102, la plus fréquentée de la commune, avec une part négligeable de poids lourdsRecensement de la circulation en 2009, document non daté et non référencé du conseil général de l'Ardèche, ..
Depuis la mise en place, en , du Service express public de transport de l'Ardèche (le « Sept ») dans le département, la commune d'Albon n'est plus accessible par les transports en commun, mis à part les transports scolaires.. La gare voyageur la plus proche est celle de Valence-Ville, située à .