Joaquín París Ricaurte, né le à Bogota et mort le à Honda, est un militaire et homme politique colombien, fils cadet du capitaine et noble espagnol et de , tous deux artisans de l'indépendance de la Colombie.

Famille

Ascendance

Descendance Joaquín París épouse à Bogota le María Dolores De la Roche Domínguez, fille de José Manuel De la Roche O'Ryan et María Josefa Domínguez Del Castillo.

Ils sont les parents de Pedro María París De la Roche, Celestino París De la Roche, Fidel París De la Roche, Virginia París De la Roche, José Manuel París De la Roche, José Vicente París De la Roche, José Joaquín París De la Roche, María Josefa París De la Roche, Mariano París De la Roche et Vicente París De la Roche.

Carrière militaire

Campagne du Sud avec Nariño

Joaquín París « ticho » rejoint l'armée le à seulement 14 ans comme officier d'infanterie. Il marcha avec les troupes du colonel Del Castillo, qui combat à Angostura de La Grita, prenant des mesures importantes qui lui valent une promotion au grade de capitaine. L'abandon de Del Castillo du commandement fait passer París sous les ordres de Simón Bolívar. Il marche avec le général Antonio Nariño en pour expulser les troupes espagnoles qui contrôlent le sud et sont commandées par le colonel Juan de Sámano. París participe aux victoires Palacé () et Calibío (), qui forcent Samano à se retirer vers Pasto, ville vers laquelle se met en marche l'armée de Nariño et où le capitaine París est blessé. Le , París reçoit du général de Nariño l'Ordre des Juanambu, médaille obtenue par ceux qui se trouvaient dans la bataille dix jours auparavant sur le site et au cours de laquelle les troupes patriotes ont vaincu mille trois cents royalistes. Les victoires de Cebollas le de Tacines le 9 du même mois mettent à contribution le jeune soldat, qui entre triomphalement à Pasto avec le général Nariño, s'attendant à une ovation de la population, mais celle-ci finit par les prendre en embuscade. Le général Nariño perd le contrôle de son cheval et est cloué sur le sol par le poids de la bête. París remarque la mésaventure de son commandant et le couvre pour l'aider à s'échapper, mais plus tard, ne trouvant pas de renforts militaires, Nariño décide de se rendre. París se rend à Popayán et se joint aux troupes du général José María Cabal, qui affronte les Espagnols à Las Vegas de Riopalo et les vainc le . De retour à Popayán, Cabal promeut París au grade de major.

Prison et exil

Lorsque les troupes de Pablo Morillo arrivent à la reconquête de la Nouvelle-Grenade et leur entrée à Bogota devient imminente, le général Cabal envoie depuis Popayan un groupe d'escorte dont fait partie París pour ramener le président José Fernández Madrid. L'équipe arrive en et repart au sud avec le président. París convainc son frère Jose Ignacio de rejoindre également le Sud avec son grade de capitaine. Les défaites des patriotes se succèdent et la situation devient ingérable, ce qui incite Fernandez à démissionner de la présidence et Cabal du commandement de l'armée en faveur du général Liborio Mejía, qui trouve comme seule sortie l'attaque des troupes espagnoles de Sámano stationnées sur la Cuchilla del Tambo. Pour ce faire, il organise un bataillon de cavalerie et deux d'infanterie, nommant à París commandant de l'un de ces derniers. Mejía attaque Sámano le et malgré le courage de ses hommes, la supériorité de l'ennemi prévaut, aboutissant à la plus douloureuse des défaites, qui anéantit pratiquement l'armée patriote. Mejía et París réussissent à s'échapper avec un petit groupe d'hommes.

París parvient à La Plata, où il trouve une base de l'armée avec 150 hommes qu'il rejoint pour attaquer le les troupes de Charles Torla, trois fois supérieures en nombre. París réussit à nouveau à sauver sa vie en étant monté sur une mule par Rafael Cuervo, Francisco Florido, Vicente Holguín et José María Pino, qui notent que le jeune officier a une blessure ouverte à l'épaule qu'il a reçue dans la bataille de Tambo. La difficulté de la fuite est mémorable : la mule et son chargement glissent dans un ravin, mais les deux sont saufs. Ils prennent ensuite un chemin sur lequel plusieurs tonnes de terre menacent de s'effondrer sur eux, puis arrivent à une rivière sans pont et tandis que l'officier tente de confectionner une embarcation pour traverser les troupes royalistes s'approchent du lieu, obligeant París à se mettre à couvert. La nuit et le matin passent, París laissent là les troupes ennemies et s'éloigne pour trouver de la nourriture, mais dès qu'il atteint le premier village il est trahi, arrêté et remis aux royalistes qui rôdaient dans la place. Ceux-ci enchaînent les détenus par paires pour rejoindre Popayán, une ville dans laquelle París et ses codétenus sont soumis au quinto de muerte, un tirage au sort au terme duquel, dans chaque groupe de cinq détenus, l'un d'entre eux, désigné par le tirage est fusillé. Il en réchappe mais il est ensuite envoyé à Santafe pour être jugé par la cour martiale, qui le condamne à seize ans de prison à Puerto Cabello. Après avoir entendu sa sentence, París demande à être autorisé à rendre visite à son père qui est supposé être dans la même prison que lui, mais se voit refuser sa demande.

En , París est emmené avec d'autres prisonniers et marche jusqu'au port de Maracaibo, où est amarrée une goélette qui les emmène en prison. En mer, ils sont attaqués par un corsaire, le , et tous les occupants sont tués, à l'exception de l'épouse d'un officier espagnol et de Paris, pour avoir été le seul prisonnier qui n'a pas demandé d'enlever ses chaînes. Le major et la femme sont abandonnés sur la première plage. Les survivants sont secourus par un Noir de passage sur un âne pour recueillir l'eau dans un ruisseau voisin, qui les conduit à un moulin où on leur indique de prendre un bateau à Curaçao, les billets étant payés avec une pièce d'or soustraite aux pirates. La jeune veuve trouve plusieurs espagnols sur l'île qui l'aident à retourner dans sa patrie, tandis que Paris endure une période de sept mois de mendicité absolue, qui s'achève finalement avec l'aide de son ami Manuel Antonio Martinez Arrubla, qui le reconnait après avoir débarqué dans l'île quelques jours plus tôt. Récupéré, il rejoint le port vénézuélien de Cumaná, où il rejoint en tant que commandant adjoint le bataillon commandé par le général Juan José Flores, sur la recommandation de don Francisco Antonio Zea, qu'il trouve là. Le , París est nommé aide de camp de l'amiral Luis Brión.

Campagne libératrice

Le général Bolívar continue à se battre pour la libération au Venezuela et ordonné la création d'une division d'avant-garde en Casanare qui a pour mission de permettre l'avancée de ses troupes en Nouvelle-Grenade. À la tête de ce corps se trouve le colonel Francisco de Paula Santander. Le major París, y dirige le recrutement des soldats, qui, après avoir été réunis en nombre suffisant, sont divisés en plusieurs bataillons, dont celui nommé Bogotá - Cazadores de Vanguardia, où trouve París en tant que commandant adjoint. Cette division est rejointe par l'armée de Bolívar le à Tame avant de commencer l'ascension de la cordillère Orientale des Andes, gagner la bataille de Paya, une action qui n'a pas fait de ravages dans les rangs des patriotes contrairement à la traversée du páramo de Pisba, qui a fait de nombreuses victimes en raison des conditions difficiles, y compris le colonel Arredondo, commandant du bataillon Bogotá, ce qui laisse son commandement entre les mains de París qui, avec ses hommes, est le premier à franchir la barrière naturelle et à entrer dans la municipalité de Socha, où avec une grande habileté il parvient à redonner à l'armée libératrice l'appui logistique nécessaire, une action qui lui vaut une grande reconnaissance.

Bolívar commence à attaquer les troupes du colonel José María Barreiro, qui contrôlent l'accès à Bogota. Les royalistes repèrent les patriotes et les affronte à Gámeza, ce qui pousse Bolivar à s'installer à Tasco, sur la rive est du río Chicamocha. De là vient la division d'avant-garde pour attaquer de nouveau, le major París se postant près de Tópaga, longeant un mur de pierre dont le général Santander s'aperçoit qu'il permet facilement à Barreiro une d'attaquer par le flanc. Aussi le général suggère l'officier de se déplacer, à quoi París répond : « Je ne me déclarerai pas défait avant que les espagnols me vainquent en combat loyal »« no me declararé derrotado antes de que los españoles me venzan en franca lid », persistant dans son emplacement et procédant à l'attaque avec une audace particulière la route de Gámeza. Dans l'action, une balle atteint la nuque de Santander, París vient au secours de son commandant, mais constate que la balle n'a pas pénétré la peau. Le courage de París ce jour-là, , fait que Bolívar le promeut au grade de lieutenant-colonel.

L'armée libératrice vainc Barreiro lors de la bataille du Pantano de Vargas, près de Paipa, et atteignent Tunja le . Dans la ville, les troupes patriotes reçoivent beaucoup de soutien en vivres, hommes, armes et uniformes. De là, elles partent pour Santafe, et sur le pont du río Teatinos, ou pont de Boyacá, livre leur ultime bataille. Un bataillon espagnol attaque le premier groupe de patriotes qui apparait à l'horizon. París tend une embuscade à ce groupe et reçoit l'ordre d'attaquer le colonel Francisco Jimenez pour traverser et prendre le contrôle du pont. Lors de sa première tentative, París tombe au sol après que son cheval ait été blessé. La scène se répète à nouveau, mais à la troisième tentative, appuyée par les bataillons Nueva Granada et Guías de Vanguardia, atteint l'objectif et remporte donc la victoire. Les Cazadores de Vanguardia continuent vers Ventaquemada à la poursuite de l'ennemi repoussé, et capturent les commandants et leur troupe. Barreiro, comptant parmi les prisonniers, est conduit à Santafé par París.

Apprenant la victoire patriote, le vice-roi espagnol Juan de Sámano s'enfuit de Santafé. L'armée libératrice entre dans Bogota sans résistance le . Le colonel Barreiro ainsi que 38 autres officiers espagnols sont exécutés à Bogota le , suivant le décret de guerre à mort.

Campagnes du Sud

De Quito, restée sous le contrôle des royalistes, des espagnols et prennent et annexent Popayán. París reçoit l'ordre de se rendre à Neiva et de là de poursuivre les troupes du colonel Calzada pour libérer le Sud. París s'est engagé auprès de María Dolores De la Roche, et demande la permission de l'épouser. À ce moment-là, il le gouverneur de Popayán, qui est l'oncle de sa future épouse, tente de ramener l'ordre et est tué dans l'action près de Buga. París, qui est resté caché à Buga, rassemble des troupes et marche vers le sud, forçant les royalistes à marcher jusqu'à Pasto. Paris, afin de vérifier la mort du gouverneur, entre dans Popayán. Là, demande à nouveau la permission de se marier, qui lui est accordée. Il abandonnant son poste de commandant du bataillon cazadores au colonel Antonio Obando, et assume le gouvernement de Neiva, pouvant enfin célébrer ses noces.

La nouvelle situation de París est de courte durée. Popayán tombe de nouveau et le gouverneur doit aller récupérer le contrôle de cette ville stratégique. Les troupes attaquent et réussissent à vaincre le colonel royaliste José María Obando. París apprend que le commandant a été blessé et a trouvé refuge à proximité. Il ordonne l'envoi d'un médecin au lieu d'une escorte qui l'aurait capturé. Obando, reconnaissant, remet à Paris un cheval lui appartenant. Paris lui envoie en cadeau une épée accompagnée d'une note lui demandant de ne pas l'utiliser contre la Patrie, à laquelle Obando répond par écrit qu'il ne l'utiliserait pas contre lui bien qu'il ait à défendre le roi. Ce geste de París incitera plus tard Obando à rejoindre l'armée de Nouvelle-Grenade.