L'équipe de Belgique olympique de football, abrégée en U23, est constituée par une sélection des meilleurs joueurs belges de ou moins qui représente la Belgique dans les compétitions de football aux Jeux olympiques sous l'égide conjointe de la Royal Belgian Football Association (RBFA) et du Comité olympique et interfédéral belge (COIB).

Jusqu'à la fin des années 1970, ce sont les Diables Rouges qui défendent les couleurs du pays aux JO avant que le développement du professionnalisme ne pousse la fédération belge à créer une équipe spécifique, le Comité international olympique (CIO) n'autorisant en effet qu'aux amateurs de participer aux Jeux.

En 1992, la FIFA décide d'élargir la participation des joueurs amateurs à tous joueurs de moins de (avec la possibilité d'appeler trois joueurs de plus de ). La Belgique est depuis représentée par son équipe espoirs, qualifiée par le biais du Championnat d'Europe espoirs.

Histoire La genèse d'une équipe nationale (1900-1904)

250px|thumb|left|L'équipe belge aux Jeux de 1900 à Paris.

L'équipe de Belgique participe au premier tournoi de football aux Jeux olympiques lors de l'édition de 1900 qui se tient à Paris, en France.

L'équipe belge est formée par la Fédération athlétique universitaire belge, ancêtre de la Fédération Sportive Universitaire Belge (FSUB), il s'agit d'une équipe mixte composée de joueurs universitaires et d'une sélection issue de différents clubs. qui sera médaillée de bronze a posteriori par le Comité international olympique (CIO) d'un tournoi qui n'est pas reconnu par la FIFA1900 - Paris, sur iffhs.de..

Les débuts officiels (1904-1914)

Les joueurs étrangers n'étant plus sélectionnés, alors qu'il était habituel à l'époque que les expatriés, notamment britanniques, soient intégrés à l'équipe nationale, comme cela avait été accepté lors d'un référendum organisé en par La Vie Sportive (publication de la fédération)., le premier match reconnu comme officiel de la Belgique se tient le contre l'équipe de France qui fait également ses débuts officiels. Les deux formations s'affrontent au stade du Vivier d'Oie à Uccle, sur le terrain du Racing de Bruxelles et sous les encouragements de . Le match se termine sur une égalité (3-3). Les premiers buts belges sont inscrits par Georges Quéritet (deux fois) et Pierre-Joseph Destrebecq. Le gardien belge n'est autre qu'Alfred Verdyck, futur secrétaire général de l'Union belge de footballHubert C., op. cit., ..

250px|vignette|droite|But de Robert Coppée en finale des Jeux Olympiques de 1920.

Cette année-là, le football est encore toujours un sport de « démonstration » aux Jeux olympiques organisés à Saint-Louis aux États-Unis. Tout comme en 1900 à Paris, seules trois équipes participent au tournoi mais aucune nation européenne n'y prendra part, eu égard aux difficultés d'organisation et à l'interminable voyage nécessaire à rallier le Nouveau Monde. Il devient par contre l'un des vingt-deux sports officiels aux Jeux olympiques de Londres en 1908 mais, malgré la proximité géographique, la Belgique renonce toutefois à participer à la compétition qui se déroule par matchs à élimination directe (quarts de finale, demi-finales et finale). Quatre ans plus tard, après une inscription initiale au tournoi des Jeux de Stockholm disputé entre le et le , la Belgique déclara finalement forfait peu avant le début des rencontres..

Trois tournois olympiques dont un victorieux (1918-1930)

300px|vignette|gauche|L'équipe belge, future médaillée d'or, avant le coup d'envoi de la finale contre la Tchécoslovaquie, au Stade olympique d'Anvers le .

vignette|droite|250px|L'équipe de Belgique aux Jeux olympiques de 1928.

vignette|droite|Équipes de départ de la Finale du tournoi de football aux Jeux olympiques de 1920 Belgique-Tchécoslovaquie.|315x315px

Après la Première Guerre mondiale, le sport reprend peu à peu ses droits. Les Jeux olympiques d'été de 1920 sont organisés à Anvers, en Belgique. Dans le tournoi de football, la sélection-hôte est dispensée du premier tour. En quart de finale, emmenée par son capitaine Armand Swartenbroeks, premier Diable Rouge à dépasser les 50 caps, et Oscar Verbeeck en défense devant le gardien emblématique du Racing Club de Bruxelles, Jean De Bie, et derrière l'attaque dirigée par Louis Van Hege, buteur prolifique du Milan AC, cette première « génération dorée » élimine l'Espagne (3-1), les trois buts belges étant inscrits par Robert Coppée. En demi-finale, les Diables Rouges battent les Pays-Bas (3-0). En finale, la Belgique est opposée à la Tchécoslovaquie. Elle prend rapidement l'avance (2-0) après une demi-heure de jeu mais à cinq minutes de la mi-temps, les joueurs tchécoslovaques quittent le terrain, se plaignant d'un arbitrage favorable aux Belges. Le pays hôte est déclaré vainqueur du tournoi et son adversaire est disqualifié.. Cette médaille d'or olympique est à ce jour le seul titre majeur au palmarès de la sélection belge.

Quatre ans plus tard, lors des Jeux olympiques à Paris, la Belgique est dispensée du tour préliminaire en tant que tenante du titre. Toutefois, elle est éliminée dès les huitièmes de finale par la Suède (8-1).. En 1928 à Amsterdam, les Belges éliminent difficilement au premier tour leur voisin luxembourgeois (5-3) puis sont battus sèchement par l'Argentine en huitième de finale (6-3)..

Trois fois en Coupe du monde, jamais aux JO (1930-1948)

L'équipe de Belgique est une des quatre nations européennes à participer à la première Coupe du monde en 1930, organisée par l'Uruguay. C'est après la décision de la fédération belge de faire le déplacement que ses homologues française, roumaine et yougoslave décident également de prendre part à la compétition. Elle est éliminée au premier tour après deux défaites contre les États-Unis (0-3). et le Paraguay (0-1) ..

vignette|droite|145px|Bernard Voorhoof (en noir) face à la France, en de finale de Coupe du monde 1938.

Deux ans plus tard, les dirigeants belges n'eurent pas à résoudre le dilemme de la participation footballistique aux Jeux de Los Angeles de 1932 car il fut tout simplement décidé d'y supprimer le football qui, depuis l'organisation de la Coupe du Monde, n'avait plus guère de signification dans le cadre des Jeux. Pour des raisons budgétaires évidentes, le CIO ne pouvant se passer du football et de ses retombées financières (la popularité de ce sport sauvait systématiquement le bilan budgétaire des Jeux depuis 1920), le football olympique allait néanmoins renaître en 1936 à Berlin mais il allait s'agir d'une épreuve devenue tout à fait secondaire et à laquelle les Belges décidèrent de ne pas participer. La Belgique n'allait d'ailleurs reprendre part à cette compétition que dans le cadre des éliminatoires des Jeux de Moscou en 1980, avec une équipe spécifique d'ailleurs, la FIFA ne reconnaissant pas les matchs disputés à partir des Jeux olympiques de 1960 comme des sélections internationales.

La Seconde Guerre mondiale interrompt ensuite toutes les compétitions de football. Elles reprennent en 1945 et le CIO décide également de remettre sur pied l'organisation des Jeux olympiques à partir de 1948 après avoir été contraint d'annuler les éditions 1940 et 1944. La Belgique, à l'instar de quelques autres nations, va renoncer à participer au tournoi de football de Londres. Bien que vingt-trois équipes soient inscrites pour le tournoi, seules dix-huit y participent effectivement.

Une longue traversée du désert (1948-1978)

vignette|gauche|300px|Rik Coppens lors du match exhibition d'une équipe FIFA face au FC Barcelone au Stade olympique d'Amsterdam, le .

La FIFA avait quant à elle décidé de reprendre l'organisation de la Coupe du monde à partir de 1950. La Belgique s'inscrit aux qualifications mais déclare forfait avant de disputer son premier match.

Pas moins de 24 nations. sont inscrites pour prendre part aux Jeux olympiques de 1952 qui se déroulent dans cinq villes finnoises : Helsinki, Turku, Tampere, Kotka et Lahti.. La Belgique, ainsi que la Suisse, la Tchécoslovaquie, l'Uruguay et le Brésil, renoncent à participer à un tournoi remporté par la Hongrie, qui empoche la médaille d'or au terme d'un parcours sans faute après avoir fait découvrir au monde son fameux « Onze d'Or ».

Le pays participe ensuite aux éliminatoires de la Coupe du monde 1954 et se qualifie pour la phase finale en Suisse. Versée dans un groupe comprenant l'Angleterre et l'Italie, la Belgique parvient à décrocher un partage (4-4) face aux Anglais. et glaner ainsi son tout premier point en Coupe du monde mais se trouve néanmoins éliminée au premier tour.

Au cours de l'hiver 1956 se tient le tournoi olympique aux Jeux de Melbourne qui verra l'Union soviétique triompher. Des éliminatoires avaient été nécessaires au préalable, 28 nations s'étaient en effet inscrites.., parmi lesquelles la Belgique et les Pays-Bas ne figuraient toutefois pas.

Malgré la présence de joueurs de qualité et une génération de joueurs offensifs d'envergure, dont Rik Coppens, les Diables Rouges ne parviennent pas à se qualifier pour les trois Coupes du monde suivantes. Ayant renoncé, bien que membre fondateur de l'Union des associations européennes de football (UEFA), à participer à la première édition de la Coupe d'Europe des nations en 1960., les Belges s'inclinent dès le tour préliminaire de l'édition 1964, éliminés par la Yougoslavie, et n'arrivent pas à s'extirper des premiers éliminatoires organisés dans le cadre de l'édition 1968, devancés par la France.

Déjà à la peine avec ses professionnels, la Belgique n'avait dès lors que faire d'un tournoi olympique où l'amateurisme régnait toujours et ne correspondait plus au changement radical dans le statut du football opéré depuis quelques années. Après une parenthèse scandinave (victoire de la Suède en 1948), ce sont les équipes d'Europe de l'Est qui font main basse sur le tournoi, remportant tous les titres jusqu'en 1980 (la Hongrie en 1952, 1964, 1968, l'Union soviétique en 1956, la Yougoslavie en 1960, la Pologne en 1972, l'Allemagne de l'Est en 1976 et la Tchécoslovaquie en 1980). Cette domination sans partage des pays de l'Est ne doit rien au hasard. En effet les meilleurs joueurs des pays communistes du bloc de l'Est où le sport professionnel n'avait pas d'existence légale bénéficiaient tous du statut d'amateur, ce qui ne les empêchaient pas de participer également à la Coupe du monde et d'y briller à l'occasion. Aux Jeux olympiques, face aux vrais amateurs des autres grandes nations, ils partaient donc avec un avantage certain.

Opérant un retour timide au niveau international, la Belgique parvient ensuite à se qualifier pour le Mondial 1970 au Mexique au cours de laquelle elle remporte sa première victoire en Coupe du monde face au Salvador (3-0). avant d'être éliminée en enchaînant deux défaites. Sortant premier de son groupe en éliminatoires, le pays est désigné hôte de la phase finale de l'Euro 1972, s'inclinant en demi-finale contre la RFA (1-2) sur un doublé de Gerd Müller avant de remporter le match pour la troisième place face à la Hongrie (2-1). Après ces deux participations encourageantes à des tournois internationaux, la Belgique doit s'avouer vaincue, à chaque fois opposée à ses voisins bataves, à l'issue des tours préliminaires à la Coupe du monde 1974 et 1978 ainsi qu'en quart de finale du Championnat d'Europe 1976.

Trois participations consécutives aux éliminatoires (1978-1992)

vignette|droite|250px|Guy Thys en 1976.