Saint-Agrève est une commune française située dans le département de l'Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le bourg central de cette commune est situé sur les pentes du mont Chiniac qui culmine à 1126 m d'altitude et ses habitants sont les Saint-AgrèvoisSite habitants.fr, page sur le nom des habitants des communes de l'Ardèche.. Géographie Situation La commune, traversée par le nord, est de ce fait située à égale distance du pôle Nord et de l'équateur terrestre (environ ).
Rattachée à la communauté de communes du Val d'Eyrieux dont le siège est situé au Cheylard, la commune de Saint-Agrève est située au nord-ouest du département de l'Ardèche, dans sa partie la plus élevée en altitude, non loin de la frontière avec le département de la Haute-Loire, à environ 60 kilomètres à l'ouest de Valence et à l'est du Puy-en-Velay.
Saint-Agrève possède une enclave au sud-est, autour du village du Pouzat, ancienne commune ayant fusionné avec Saint-Agrève en 1973.
Communes limitrophes
Saint-Agrève est limitrophe de neuf communes., dont huit sont situées dans le département de l'Ardèche et une dans le département de la Haute-Loire. Ces municipalités sont réparties géographiquement de la manière suivante :
Environnement vignette|Paysage autour de Saint-Agrève S'élevant à plus de d'altitude, le plateau de Saint-Agrève offre le paysage caractéristique d'un milieu rural de moyenne montagne, doucement vallonné. Au rythme des saisons, les paysages naturels du plateau surprennent toujours. Sur le plateau, l'élevage des vaches, des chevaux ou des moutons est le plus courant. Dans leurs pâtures, ces animaux agrémentent le paysage naturel.
Géologie Sur le plan géologique, le plateau de Saint-Agrève est une pénéplaine qui a été soulevée et érodée. Le socle est granitique : c'est le granite du Velay mélangé à diverses autres roches métamorphiques. Le plateau saint-agrèvois correspond à un morceau de vieille table cristalline qui constitue l'ossature du Massif central. En quelques endroits on peut observer des orgues basaltiques d'origine volcanique. Le relief crée un climat très contrasté selon la pente et l'exposition. En général, l'hiver est long avec des chutes de neige, pendant lesquelles souffle la burle.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Sud-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , minimale en été, maximale en automne. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Hydrographie Le territoire communal est traversé par l'Eyrieux, rivière de qui rejoint la rive droite du Rhône au niveau de la commune de La Voulte-sur-Rhône. La commune est également arrosée par le Sumène et le Douzet.
Voies de communication Voies ferrées
Voies routières Le territoire de la commune est traversé par de nombreuses routes : la route départementale 533 (RD533), ancienne route nationale qui relie Saint-Agrève à Valence dans la Drôme. les routes départementales 9, 21, 27 et 120, routes secondaires qui relient la commune aux communes environnantes.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Agrève est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (58,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (59,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57 %), prairies (26,9 %), zones agricoles hétérogènes (11,2 %), zones urbanisées (3,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,7 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Risques naturels Risques sismiques
L'ensemble du territoire de la commune de Saint-Agrève est situé en zone de sismicité (sur une échelle de 5), comme la plupart des communes situées sur le plateau et la montagne ardéchoise, mais non loin de zone de sismicité , située sans la partie orientale du département de l'ArdèchePréfecture du Rhône, page sur les risques sismiques. +Terminologie des zones sismiquesArrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - LégifranceType de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)Zone 2Sismicité faible accélération = 1,1 m/s
Autres risques
Toponymie
Histoire
Antiquité
Préhistoire Saint-Agrève a été fréquentée au moins depuis le néolithique, comme l'atteste la statue-menhir de Lichessol trouvée sur son territoire. Période gauloise Saint-Agrève est née sur le mont Chiniac, qui à l'époque se serait appelé le mont Ursin, le mont aux ours. Au seuil de l'histoire, ce n'est encore qu'un pauvre village, à peine quelques masures accrochées au flanc de la colline. La tradition rapporte qu'à l'époque des Gaulois , le pays était peuplé et exploité par la tribu des Segovellaunes, apparentée à celle des Helviens et qu'une immense forêt recouvrait le plateau.
Époque gallo romaine Arrive l'emprise du pays par les Romains. Séduits par la forte position stratégique du mont Ursin, ils y bâtissent un fort. Le mont Ursin prend le nom de Cinnacum, la ville de Cinna. Ce nom serait devenu Chinacum, qui plus tard a donné Chiniac. Ainsi protégée, la cité se développe et le plateau se garnit de petites exploitations agricoles. Des grands ports de la vallée du Rhône, plusieurs routes convergent vers Saint-Agrève pour se diriger ensuite sur le Puy et le pays vellave. Ce premier réseau routier orientera, pendant des siècles, la vie militaire et économique du village.
Antiquité Tardive et Haut Moyen-Âge vignette|L'évêque Agrève, dit Saint Agrève, patron de la paroisse, sur un vitrail de l'église La religion chrétienne se répand peu à peu en Ardèche. Les campagnes restent longtemps rebelles à la foi nouvelle et ce n'est qu'au début du qu'un évêque du Puy, nommé Agrève, évangélise le plateau de Saint-Agrève où il meurt le de l'an 602. En sa mémoire, les habitants débaptisent Chinacum pour en faire Sanctus Agrippa, Saint-Agrève.
Moyen Âge Dès le , plusieurs villes du Vivarais négocient, souvent à l'amiable, le rachat de leurs libertés avec le seigneur local ruiné par les guerres. En 1289, le vicomte de Polignac accorde aux habitants de Saint-Agrève leurs premières libertés et franchises. C'est l'origine de la communauté libre de Saint-Agrève.
Le comte rend hommage au roi , le , pour ses possessions en Vivarais, dont le château de Saint-Agrève. En 1326, il reconnaît le tenir en fief du roi Charles IV..
En 1446, Saint-Agrève connaît un regain d'activité. À la limite du plateau, cette bourgade commerçante est avant tout un important marché, une ville de foires où se rencontrent deux mondes bien différents (le plateau et le pays de pentes), aux ressources complémentaires. Les uns arrivent du Midi, chargés de sel et de vin. Les autres, venant du Velay ou du Forez, portent les produits de la montagne : planches, grains, fromages. Cet accroissement de l'activité va de pair avec une augmentation de la population, et en 1464, lors de la rédaction des « Estimes du Vivarais », le bourg compte cent deux feux, ce qui fait une des plus importantes agglomérations du Vivarais.
Époque moderne Les guerres de Religion L'événement marquant de ce est le développement des guerres religieuses. Elles affligèrent le Velay voisin de 1560 à 1596. Introduite en 1538, la « religion prétendue réformée » comme disent les catholiques de l'époque, se répand rapidement à travers le Vivarais.
En 1562, la Réforme gagne Saint-Agrève, qui devient le théâtre de sièges successifs où tour à tour, catholiques et protestants se disputent la place. Ainsi, le mois de mars 1563 voit la prise de Saint-Agrève par le comte de Tournon auquel ce succès coûte la vie. Quelques années plus tard, son fils Just et Saint Vidal, gouverneur du Velay, marchent sur Saint-Agrève à la tête de six cents chevaux, cinquante à soixante enseignes de gens de pied et douze canons. Le siège débute le . Le , la ville est prise et rasée. En 1585, l'édit de Nemours interdit le culte réformé et rallume les guerres civiles. Jacques de Chambaud, chef des protestants, prévoyant une attaque, fortifie la ville et la déclare imprenable. Le comte de Tournon, sénéchal du Puy, et Saint-Vidal assiègent Saint-Agrève avec une armée d'environ douze mille hommes et quatre canons. Le , après une résistance de huit semaines, Chambaud capitule. Saint-Agrève est rasée pour la seconde fois.
À partir du , le développement de Saint-Agrève ne se fait plus seulement sur la colline. Une rue animée s'étend entre deux places, l'activité commerciale étant concentrée dans le bourg. Le réseau routier est amélioré et Saint-Agrève, ville de foire, propose un grand nombre d'auberges et de remises, la commune devenant ainsi un relais et un entrepôt, notamment pour les muletiers et les charretiers.
Époque contemporaine En 1902, le chemin de fer fait son apparition, avec le développement du réseau départemental du Vivarais.. Cette évolution favorise les déplacements des travailleurs de la région, dont le nombre s'est accru avec la révolution industrielle, mais aussi le développement touristique de Saint-Agrève, qui devient un lieu de repli des citadins en quête de grand air. Aujourd'hui, cette ligne historique est uniquement touristique : nommée le Velay Express., elle a été remise en service et exploitée par les voies ferrées du Velay.
Seconde Guerre mondiale