vignette| régiment d'infanterie du duché de Varsovie, grenadiers et drapeau. (peinture de Jan Chełmiński).
L'Armée du duché de Varsovie fait référence aux forces militaires du duché de Varsovie. Cette armée est en grande partie basée sur les légions polonaises au service de la France sous la Révolution et l'Empire.
Elle affiche un effectif de qui sera porté jusqu'à durant les hostilités. Elle comprend des unités d'infanterie, cavalerie et artillerie. Les coutumes et traditions napoléoniennes engendrèrent quelques tensions sociales mais on leur attribue aussi une modernisation bénéfique et des réformes utiles.
Organisation 166px|vignette|droite|Sceau du ministre de la guerre du duché de Varsovie.
Le cadre de l'armée du duché de Varsovie est formé par les légionnaires des légions polonaises au service de la France. Viennent s'y ajouter les anciens membres de l'Armée du Commonwealth Polono-Lituanien qui répondent à l'appel aux armes lancé par Józef Poniatowski ainsi que la jeunesse patriotique.
En 1808, après la première période critique, et le Duché moins exposé, ceux qui demanderont à être démobilisés le seront. Au début des années 1809, puis 1812, l'armée va se développer fortement avec des vagues de recrues venues de populations polonaises installées dans des territoires sous domination étrangère et qui espèrent s'en libérer. La dernière période de recrutement important se situe à l'automne et hiver 1813 quand le Duché organisera sa propre défense après le désastre de la campagne de Russie.
À sa création, l'armée aligne (pour une population de d'habitants). La taille de cette armée entrainera une charge très lourde pour les finances du duché. Sa taille sera plusieurs fois accrue. Elle est doublée en 1809. Plusieurs régiments seront pris en solde par les FrançaisIl s'agit des , et d'infanterie, envoyés en Espagne dès 1809.. En 1812, l'armée en mettra en ligne près de , plus que l'Armée de la république des Deux Nations n'aura pu en aligner. À l'automne de 1813, l'armée reconstituée alignera près de ou , selon les sources.
On estime qu'entre ont servi dans cette armée durant sa brève existence.
À côté de l'armée du duché de Varsovie, des Polonais ont servi la France dans d'autres unités, en particulier le régiment de chevau-légers polonais de la Garde impériale et la légion de la Vistule. En complément à l'armée régulière, une garde nationale pouvait être appelée, comme cela le fût en 1809 et 1811.
Commandement Les plus connus des commandants de l'armée du duché de Varsovie sont le prince Józef Poniatowski (qui la commande pendant la plus grande partie de son existence) et Jean-Henri Dombrowski.
Un état dressé en donne la composition de l'encadrement de l'armée à cette dateÉtat du département de la guerre du duché de Varsovie, juin 1811] dans La guerre nationale de 1812, publication du Comité scientifique du Grand État-major russe, t. 3, . :
Ministre de la guerre : Józef Poniatowski, général de division et commandant en chef de l'armée État-major : Kajetan Hebdowski, Jean Bennett, Bogumil Fechner, Józef Rautenstrauch, Józef Wyszkowski, Jacques Redel, Józef Wassiliewski Généraux de division : Józef Zajączek, Jean-Henri Dombrowski, Louis Kamienecki, Michel Sokolnicki, Stanisław Fiszer, Aleksander Rożniecki Généraux de brigade : Vincent Axamitowski, Józef Niemojewski, Stanisław Wojczyński, Isidore Krasiński, Kajetan Hebdowski, Maurycy Hauke, Łukasz Biegański, Michał Grabowski, Michel Pietrowski, Henryk Ignacy Kamieński, Jean Pelletier, Stanislas Mielczynski, Antoni Paweł Sułkowski, Dominik Dziewanowski, Stanisław Florian Potocki, Kazimierz Turno, Walenty Kwaśniewski Aides de camp du roi : colonels Czesław Pakosz et Franciszek Paszkowski Adjudants-commandants : Józef Rautenstrauch (état-major général), colonels François Kosziecki (), Antoine Cedrowski (), Joseph Nowicki (), Joseph Szumlianski () Artillerie, génie et fortifications : Jean Pelletier, Pierre Bontemps, Jean-Baptiste Mallet de Grandville, Alexandre Alphonse, Leonard Jodko-Narkiewicz, André Tresczowski, Théodore Koblyanski Inspection médicale : Michel Bergonzoni, Franz Leopold Lafontaine, Bogumil Gudeit, Joseph Puchalski, Wilkoszewski
Composition vignette|Général de brigade et colonel du de lanciers. vignette|droite|Lanciers de la Vistule (à gauche) et du duché de Varsovie (à droite), par Janvier Suchodolski. vignette|droite|Reconstitution (2006) ( R.I. du duché de Varsovie) 1807 L'Armée du duché de Varsovie se compose à sa création, de 3 légionsDans la terminologie de l'époque, une "légion" est une unité regroupant infanterie, cavalerie et artillerie. regroupant les unités suivantesLes régiments sont numérotés à la file, contrairement à l'habitude française qui numérote par arme. C'est ce qui explique, par exemple, que l'unique régiment de cuirassiers porte le .. Ces légions seront ensuite renommées "divisions". légion 4 régiments d'infanterie (numérotés de 1 à 4), à deux bataillons chacun. 2 régiments de cavalerie (1 lanciers et un chasseurs à cheval, numérotés 1 et 2). 1 bataillon d'artillerie, composé de 3 batteries d'artillerie à pied (de 6 pièces, sur le modèle français), une demi-compagnie de sapeurs et une compagnie du Train. légion 4 régiments d'infanterie (numérotés de 5 à 8). 2 régiments de cavalerie (1 lanciers et un chasseurs à cheval, numérotés 3 et 4). 1 bataillon d'artillerie, aussi composé de 3 batteries d'artillerie à pied (de 6 pièces, sur le modèle français), un quart de compagnie de sapeurs et une demi-compagnie du Train. légion 4 régiments d'infanterie (numérotés de 9 à 12). 2 régiments de cavalerie (1 chasseurs à cheval et un lanciers, numérotés 5 et 6). 1 bataillon d'artillerie, toujours composé de 3 batteries d'artillerie à pied (de 6 pièces, sur le modèle français), un quart de compagnie de sapeurs et une demi-compagnie du Train. L'armée dispose en plus d'une batterie d'artillerie à cheval, levée à ses frais par le comte Wladimir Potocki. Cette compagnie aligne 4 pièces d'artillerie.
1809 En 1809, à son entrée en guerre, elle se compose des 3 divisions déjà mentionnées. Celles-ci n'aligne chacune que trois régiments d'infanterie, le quatrième servant en Espagne (les , et ). Chaque division a ses deux régiments de cavalerie, 3 compagnies d'artillerie à pied. les éléments des trois compagnies de sapeurs et des trois compagnies du Train sont réparties entre elles. Une seconde batterie d'artillerie à cheval sera levée, toujours par un particulier (dans ce cas, il s'agit de Roman Soltyk).
Après l'occupation de la Galicie, l'armée du duché de Varsovie intègre de nombreux volontaires, issus de la population et des prisonniers autrichiens d'origine polonaise, ce qui permet de créer l'Armée franco-galicienne. Armée franco-galicienne Cette armée se compose d'unités nouvellement constituées. Elle aligne 6 régiments d'infanterie et 10 régiments de cavalerie. Parmi ces derniers, il y a deux régiments de hussards et un régiment de cuirassiers à deux escadrons. À la fin des combats, ces unités rejoignent l'armée du duché de Varsovie qui aligne désormais : un régiment de cuirassiers () 10 régiments de uhlan lanciers (, , , , , , , , , ) 2 régiments de hussards ( et ) 3 régiments de chasseur à cheval (, et ) 17 régiments d'infanterie (numérotés de 1 à 17) un régiment d'artillerie à cheval (à 4 compagnies) 25 compagnies d'artillerie à pied.
1812 En 1812, elle aligne : 16 régiments de cavalerie à 4 escadrons (portés à 20 avec les 4 régiments de lanciers levés en Lituanie) 22 régiments d'infanterie à trois bataillons (5 nouveaux régiments sont levés en Lituanie). Mais trois d'entre eux sont toujours en Espagne. 1 régiment d'artillerie à pied, de 8 compagnies de campagne et 8 compagnies de place. 1 régiment d'artillerie à cheval de 2 escadrons de 2 compagnies. L'armée du duché de Varsovie dispose aussi d'un bataillon de sapeurs (5 compagnies et une de pontonniers).
Les troupes polonaises sont réparties dans diverses unités pour cette campagne. La plus grande partie se trouve dans le corps de la Grande Armée, sous le forme de 3 divisions ( à ). Dans le et dans le , on trouve à chaque fois 3 régiments d'infanterie du duché. La cavalerie est, elle aussi, dispersée entre diverses unités.
1813 En 1813, plusieurs unités de cavalerie légère sont prévues, des Krakus. Un seul régiment verra réellement le jour.
Culture, formation et durée du service
L'Armée va être au centre d'un choc des cultures entre les anciennes coutumes polonaises et les traditions démocratiques françaises. Les premières voient par exemple les tentatives de restreindre l'accès aux postes d'officier à la noblesse. Les secondes se manifestent, au travers de l'expérience des vétérans des légions polonaises, par des aspirations et motivations bien supérieures des simples soldats d'origine paysanne, en comparaison de l'armée de l'ancienne République. La fonction éducative de l'armée sera vu comme un succès majeur, bien qu'inattendu. Monika Senkowska-Gluck écrit à ce propos :
L'armée verra son efficacité accrue par son adaptation à l'organisation à la française de ses unités et l'adoption de ses règles tactiques. Globalement, la période du duché de Varsovie marque une période de modernisation de l'armée polonaise avec une nouvelle doctrine et règles comme le rédigera .
La durée des services est fixée à 6 ans, par tirage au sort parmi l'ensemble des citoyens âgés de . Aux effectifs fournis par la conscription s'ajoutent de nombreux volontaires polonais, russes et autrichiens. L'armée bénéficie de nouvelles écoles, avec une formation de trois ans, quatre pour l'Artillerie et le Génie.
Globalement, les Polonais sont considérés par les Français comme très motivés et très efficaces.
Les opérations de l'armée du duché de Varsovie vignette|Le d'infanterie à la bataille de Raszyn (1809). Peinture de J. Chelminski.
Campagne de Prusse et de Pologne (1807) À peine formée, l'armée du nouveau duché est rapidement engagée dans cette campagne. Elle participe au siège de Dantzig.
Guerre d'Espagne (1808-1814) Trois régiments d'infanterie, une batterie d'artillerie ainsi que des éléments du Train et du Génie sont envoyés en Espagne. Ils y combattront jusqu'à l'évacuation de l'Espagne et la bataille de Toulouse. Guerre de la Cinquième Coalition (1809)
Lors de la guerre austro-polonaise de 1809, l'armée polonaise commandée par Poniatowski, forte de , est opposée aux autrichiens de l'archiduc Ferdinand. Elle résiste à la bataille de Raszyn mais doit reculer et laisser prendre Varsovie.
Poniatowski lance alors son armée sur la Galicie autrichienne, où la population lui est globalement acquise, et s'empare de plusieurs villes dont Lublin, Zamość, Sandomierz et Lwów, bien que ces deux dernières soient ensuite reprises par les Autrichiens. Les Polonais doivent en outre composer avec la présence des troupes russes, hostiles à l'occupation de la Galicie par leurs « alliés ». Le , Poniatowski s'empare de Cracovie où la nouvelle de l'armistice de Znaïm, qui met fin aux affrontements, lui parvient.
Campagne de Russie (1812)
Dans le cadre de la campagne de Russie, le duché fournit près de , pour la plupart des recrues inexpérimentées ; seuls sont regroupés au sein du corps de la Grande Armée sous les ordres du prince Poniatowski, le reste étant réparti entre les autres corps.
Après avoir participé à la poursuite du corps russe de Bagration, le corps fait sa jonction avec le gros des forces napoléoniennes et est engagé successivement aux batailles de Smolensk et de la Moskova. S'ensuit la prise de Moscou et la retraite française qui voient les troupes de Poniatowski prendre part aux batailles de Winkowo et de la Bérézina. En , le prince Poniatowski, affaibli par une chute de cheval, est remplacé à la tête de son corps par le général Zajączek.