L'époque amérindienne et espagnole La culture locale des Mound Builders, décrite par Hernando de Soto en 1540, a complètement disparu en 1560.

Le conflit entre l'Espagne et l'Angleterre commence en 1670, lorsque les Britanniques fondent la colonie de Caroline, dans la Caroline du Sud actuelle. À peu près un siècle plus tôt, les huguenots avaient essayé d'installer une colonie en Floride française, Charlesfort et fort Caroline, et les Espagnols avaient fondé les provinces missionnaires de Guale et Mocama sur la côte de la région. Après des décennies de combats, les habitants, aidés par les Amérindiens, détruisent le système des missions durant les invasions de 1702 et 1704. Après cette date, l'Espagne ne contrôle plus que St. Augustine et Pensacola; mais la Floride subit aussi des raids par la suite. La côte de Géorgie est donc occupée par les Amérindiens jusqu'à ce que la région soit dépeuplée au cours de la Guerre des Yamasse, en 1715-1716, après laquelle on y vit la possibilité d'ouvrir une colonie britannique, seulement concrétisée en 1733. La guerre de Yamasee thumb|Les Catawba de Caroline sont l'une des tribus ayant participé à la guerre de Yamasee, à l'issue de laquelle la victoire des Blancs les enhardit à descendre vers le sud. thumb|left|Le général James Edward Oglethorpe est envoyé créer une zone tampon entre les Caroline et les positions espagnoles et françaises. La guerre de Yamasee de 1715-1717 entre les indiens et les habitants de la Caroline est le premier signe d'émigration vers la Géorgie, encore déserte. Cette guerre oppose les colons britanniques de la colonie de Caroline du Sud à différentes tribus amérindiennes dont les Yamasee, les Muscogee, les Cherokees, les Chicachas, les Catawba, les Apalaches, les , les Yuchis, certains Shawnees, les Congarees, les , les Pee Dee, les Cape Fear, les Cheraw, et d'autres encore.

Le fort de Savannah fondé en 1733 par un "Trustee" thumb|left|190px|Savannah en 1734. Une petite communauté d'origine suisse a tenté de s'installer au bord du fleuve Savannah en 1732 à Purrysburg, mais elle est devenue une ville fantôme. Lui succède un groupe de "trustee" idéalistes menés par James Oglethorpe qui crée cette colonie en 1732, liée à l'Independent Presbyterian Church, d'origine écossaise. Pour servir de glacis avec forts français et espagnols au sud, le Fort de Savannah est érigé en 1733Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis, Paris, Albin Michel, 1994, pour accueillir des emprisonnés en Angleterre pour detteFernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, tome 3 : Le temps du monde, Paris, Armand Colin, LGF-Le Livre de Poche, , 1993, . Juste à côté, la colonie écossaise de Darien (Géorgie) d'origine presbytérienne, est fondée en janvier 1736 par 177 Écossais des Highlands (hommes, femmes et enfants) recrutés en tant que colons-soldats par le général James Oglethorpe. Elle tire son nom de la tentative échouée trente ans plus tôt, appelée Projet Darién, qui vit périr entre 1698 et 1700 la quasi-totalité des s'étant installés dans l'isthme de Panama, face au Rendez-vous de l'île d'Or, où les pirates se réunissaient chaque année pour gagner le Pacifique par les rivières avec les Indiens Kunas. L'argent englouti dans ce projet échafaudé depuis quinze ans par Sir William Paterson, négociant parlementaire whig, représentait un écossais.

Son nom est un hommage au Roi de Grande-BretagneClaude Fohlen, Les Pères de la Révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, , .

Le groupe de "trustee" idéalistes menés par James Oglethorpe qui crée cette colonie en 1732 établit un règlement interdisant l'esclavage. Le texte réserve le territoire aux personnes emprisonnées pour dettes. Elles n'ont que le droit d'exploiter pour leur compte, sans les posséder, des lots de 45 âcres chacun. L'importation d'alcool y est interdit.

L'intense commerce avec les Creeks pour les peaux de daim L’accroissement de la population européenne à partir du milieu du XVIIIe siècle met de la pression sur les tribus amérindiennes et en 1760 elle est trois fois plus importante en Géorgie qu’en Floride, ce qui amène les Amérindiens à dénoncer la cupidité des Blancs dans l’accaparement de terres.

Les tribus des Amérindiens pratiquaient le troc avec les Blancs, rendu complexe quand le volume des échanges a fait monter les prix. Les tentatives britanniques de réglementer ou même d’éliminer la monnaie de papier dans les colonies ont aggravé les problèmes, en raison de la pénurie de monnaie métallique qui a perduré jusqu'à la découverte d'or en Géorgie dans les années 1820.

Les Creeks, du sud et de l’ouest de la Géorgie, peuple le plus important de la confédération amérindienne, furent avant la Guerre d'indépendance très impliqués dans le commerce avec la ville d'Augusta, où près d’un million de peaux de daims ont transité au cours du .

Ceux de l’aval sont proches des Espagnols en Floride tandis que ceux du nord demandent aux Français de bâtir un fort sur la rivière Alabama. Les Choctaws sont les meilleurs alliés des Français mais une de leurs tribus a choisi le camp des Anglais.

L'autorisation d'acheter des esclaves en 1750 Un referendum de 1735 a d'abord interdit l'esclavage. Mais les récoltes expérimentales de vin et d'olive échouent et après six ans, certains demandent à pouvoir acheter des terres et des esclaves, mais ne l'obtiennent pas, l'esclavage n'étant finalement autorisé qu'en 1750 deux ans avant l'échéance du retour de la colonie à la Couronne"The Making of the American South: A Short History, 1500–1877", par J. William Harris, en janvier 2006. Editions Blacwell Publishing .

Une partie des trustee abandonne deux ans avant l'échéance de 1750. Ces premiers presbytériens écossais de Darien (Géorgie), étaient parvenus en 1735 à faire voter une loi interdisant l'esclavage. Mais en 1750, lors d'un nouveau scrutin, ils perdent face à une population grossie de colons de la Caroline. Dans le quart de siècle qui suit, la population noire passe de 500 à .

Le Roi en profite alors pour céder les bonnes terres à des planteurs de Caroline qui y transplantent des esclaves, et le sentiment des Blancs sur l'esclavage y reste mitigé comme en Virginie. En 1775, la Géorgie compte quelque habitants. thumb|Fort King George, premier lieu de la future ville de Darien, où un referendum de 1735 a d'abord interdit l'esclavage. thumb|Fort King George. La Géorgie importa de nombreux esclaves de différentes ethnies africaines pour ses plantations de riz puis de coton. Christianisés et rebaptisés, les esclaves de même ethnie seront séparés, ce qui va faciliter la pénétration de la langue anglaise.

Entre 1765 et 1769, des terres sont offertes à treize colons sur les îles de Cumberland, qui deviendront des plantations de coton jouant un rôle historique dans le développement de cette culture aux États-Unis.

Il a fallu attendre 1765 pour que la population blanche atteigne personnes et 1775 pour le seuil de personnes..

La guerre d'indépendance américaine

thumb|right|340px|Plan du siège de Savannah. L'attaque française, menée en collaboration avec les Américains est un lourd échec. (Carte américaine de 1874, d'après un plan d'époque, Université de Géorgie) Par la suite, la Géorgie devient l'une des treize colonies à se révolter contre les Britanniques durant la Guerre d'indépendance américaine. Elle est le quatrième État de l'Union le .

La Georgie commence à se peupler entre 1750 et 1780, période d'expansion démographique dans les autres colonies de la Nouvelle-Angleterre"Les Américains", par André Kaspi et cette tendance va accélérer lorsque arriveront en masse les esclaves noirs. À partir de 1790 ont lieu les premiers recensements par ville et par états, au moment d'une polémique nationale sur l'opportunité d'étendre la colonisation à l'ouest. Il est alors décidé que le seuil de habitants doit être atteint avant de créer un nouvel État. Malgré sa petite population, le Georgie sera admise dans l'Union. En 1790, l'Amérique blanche est encore très rurale, car les cinq premières agglomérations ne représentent que habitants, soit seulement 5,5 % de la population, mais la Georgie a déjà la ville de Savannah. Au moment de la Guerre d'indépendance américaine, la Georgie est encore marginale mais la région est le théâtre de conflits militaires, en particulier le Siège de Savannah. La ville a dans un premier temps été capturée par le corps expéditionnaire britannique du lieutenant-colonel Archibald Campbell. La tentative franco-américaine de reprise de Savannah, du au , culmine en intensité le , lorsque échoue un assaut majeur contre les Britanniques, ceux-ci conservant le contrôle de la Géorgie jusqu'en 1782. Trois mille cinq cents hommes de troupes françaises dont ceux du corps expéditionnaire des Chasseurs volontaires de Saint-Domingue avec le lieutenant Jean-Baptiste Bernard de Vaublanc, une légion de plus de 500 gens de couleur de Saint-Domingue, combattirent du côté franco-américain lors du siège, conduits par le comte d'Estaing et le général Lincoln. Les troupes américaines comptaient six cents combattants des troupes continentales et trois cent cinquante de la milice de Charleston. Année Population en 1750source "Historical statistics of the United states", page 1168Population en 1780Position en 1780Virginie en 1780Pennsylvanie en 1780Caroline du Nord en 1780Massachusetts en 1780Maryland en 1780 Connecticut en 1780New York en 1780Caroline du Sud en 1780New Jersey en 1780Rhode Island en 1780 New Hampshire en 1780Géorgie en 1780 Maine 0 habitant en 1780 Vermont0 habitant en 1780Delaware en 1780Kentucky0 habitant en 1780Tennessee0 habitant en 1780

La loi de 1793 interdisant d'importer des esclaves La part de la population noire chute de 45,2 % à 36,1 % en Géorgie pendant la guerre d'indépendance, des noirs en profitant pour s'échapper. En 1790, les noirs ne sont que au total et en 1793 l'assemblée fait passer une loi prohibant leur importation, mais il faut attendre 1798 pour qu'elle puisse prendre effet avec le vote d'une constitution de l'État. La loi est ignorée par les planteurs, car dès la fin des années 1790, les plantations de coton, inexistantes jusque-là, explosent, grâce à la machine à trier inventée par Eli Whitney en 1793 sur la plantation de Savannah River. Dès 1800, l'État compte esclaves. L'ère de la grande production cotonnière thumb|left|Photo de la machine d'Eli Whitney, au "Whitney Museum. La production de coton a été multipliée par 20 entre 1791 et 1801 en Géorgie ., passant de 2 à 48 millions de livres ., grâce à une nouvelle variété cultivée sur l'île de Sapelo, le Sea Island cotton et à l'invention de la machine à égrener le coton par Eli Whitney en 1793.

Whitney met au point une machine à trier les fibres de coton des semences, dans le comté de Chatham, le long du fleuve Savannah. Les planteurs de coton, d'abord installés sur l'île de Sapelo et dans l'archipel de Beaufort en Caroline du Sud vont migrer au cours des années 1790 et 1800 en remontant le fleuve Savannah vers la ville d'Augusta et la rivière Ocmulgee vers le fort Benjamin Hawkins, du nom du colonel Benjamin Hawkins (1754-1816), construit en 1806 pour tenir en respect indiens creek sur un site urbain qui devient en 1823 la ville de Macon, nommée d'après l'homme d'État de Caroline du Sud Nathaniel Macon.

Le nombre d'esclaves double à nouveau dans la décennie des années 1800 pour atteindre en 1810 .. Près de d'entre eux sont importés d'Afrique au cours de cette période, puis d'autres des plantations de la Chesapeake, en Virginie.

Les esclaves sont en 1820 et en 1840 puis en 1860, sur de grandes exploitations dont le propriétaire est souvent absent.

Année179018001810182018401860 Esclaves en Géorgie

La guerre de 1812 thumb|right|235px|Le Savannah Terminal à New York City en 1893