Cette page présente par ordre alphabétique les termes spécifiques à l’exploration des cavernes, pour la spéléologie, la préhistoire ou les sciences de la Terre. La terminologie de l’exploration souterraine est souvent composée d’analogies et peut présenter un caractère imprécis pour certains mots, par exemple les termes « salle » ou « puits » correspondent à des espaces indéfinis s’ils ne sont pas précisés et décrits. Voir aussi : Spéléologie (techniques) : pour le vocabulaire ayant trait à la progression sous terre, aux matériels employés et aux techniques mises en œuvre ; Vocabulaire de l’escalade et de l’alpinisme : pour les techniques ayant trait à la progression sur roche ; Spéléothème : pour une plus ample nomenclature des formes de concrétions ; Plongée souterraine : pour d’autres termes spécialisés en lien avec la plongée ; Topographie spéléologique : pour la topographie souterraine, les outils utilisés et les techniques topographiques.
Les techniques de progression évoluant rapidement, nous ne mentionnons les dispositifs que s’ils peuvent se trouver dans la littérature classique.
A agrès tout dispositif fixé à la roche permettant de progresser verticalement, principalement composé de cordes et d’échelles souples, à l’exception des treuils. anneau à vaches sorte d’anneau se fermant par une bague à vis, pouvant remplacer un mousqueton dans une attache fixe ou servir de maillon rapide. Ils sont très résistants mais ils ont pour inconvénient de nécessiter une clé plate lorsqu'ils sont oxydés ou qu’ils ont forcé. anneau italien ou maillon italien petit anneau à ouverture en double biseau, uniquement destiné à la fixation d’échelles souples. Ils vont toujours par double paire pour des raisons de sécurité. aven terme occitan, aven Armand, aven d’Orgnac, voir gouffre.
B baïonnette (en -) progression présentant deux ou plusieurs virages contraires successifs. Une chatière en baïonnette est particulièrement difficile et aventureuse lors du premier franchissement. béquet ou bitoniau saillie de la roche permettant l’appui ou l’amarrage d’agrès. Ces mots sont corrects en français. boîte à lettres (en -) pour une chatière ou une étroiture, non seulement l'orifice est surbaissé, mais l'entrée se trouve en hauteur, même médiocre, cette disposition est un sévère handicap pour y pénétrer. bouillon émergence non pénétrable temporaire formant un geyser pouvant atteindre de hauteur à Delut. Également les Bouillons (résurgence) à Lavincourt. Pour les sources de la Touvre (Charente) on trouve le bouillant, ces noms avec leurs variantes régionales sont répandus. boyau longue galerie relativement étroite et basse, malcommode. brise-roche procédé pour fracturer la roche afin d’élargir les passages, soit par pétardage, soit par coins ou ciment expansif, lorsque le marteau-piqueur ne suffit plus.
C cairn amas de pierre réalisé par des explorateurs pour servir de point de repère. calbombe ou calebombe lampe à acétylène, éclairage principal couramment employé en spéléologie jusqu'à ce qu’il soit peu à peu détrôné par l’éclairage électrique à diodes, plus léger et qui offre des durées d’utilisation acceptables. calcite concrétion ou dépôt de carbonate naturel de calcium, généralement cristallisé et de couleur blanche ou ocrée. casque il n’y a pas de spéléologie, même modeste, sans casque, il est devenu emblématique de l’activité souterraine. Principalement, le casque porte l’éclairage frontal électrique, acétylène ou combiné. Le casque portant toujours la jugulaire, protège des chutes de pierres, de matériel ou des chocs en cas de glissade ou de chute, la moindre progression provoque des chocs à la tête avec des aspérités qu’il est difficile de distinguer et d’éviter. Les casques sont désormais en matière synthétique et doivent comporter une coiffe à lanières pour l’aération. Souvent, sous la coiffe se loge une couverture de survie pliée. caverne cavité souterraine ayant, d’une façon ou d’une autre, un rapport avec l’Homme. Une caverne peut être naturelle ou anthropique, elle peut être une grotte que l’Homme a considérée, par exemple pour receler des animaux ou des légendes. cavernement globalement, c’est la formation d’une caverne ; plus spécialement, c’est un indice de l’intensité du développement des cavités dans une roche ou un massif. Exemple : le cavernement des laves de Hawaï. cavernicole animal ou végétal vivant sous terre. Il existe une nomenclature précise selon que les êtres vivants se trouvent exclusivement ou occasionnellement dedans ou ne vivent qu’à l’ombre près des entrées, voir , troglobie, trogloxène, troglophile. cavité tout type de vide souterrain naturel ou anthropique. CDS + en France, Comité départemental de spéléologie, instance départementale de la Fédération française de spéléologie. Le CDS 46 représente le Lot, le CDS 24 la Dordogne, le CDS 64 les Pyrénées-Atlantiques. Il n’est pas nécessaire que le département soit karstique pour qu’il y ait un CDS organisé. chatière passage difficile très étroit et surbaissé, qui ne peut être franchi qu’en rampant. On peut parler de chatière descendante, remontante ou en baïonnette en boîte à lettres, etc. cheminée conduit vertical remontant, généralement peu large. choux-fleurs concrétions en pelotons crépus se développant par plaques sur les parois, rappelant la forme et la couleur du chou-fleur. Outre son intérêt ornemental, les galeries et les passages « dans les choux-fleurs » sont redoutés car ils sont abrasifs pour qui ne mettent pas de gants ou de genouillères. cloche se dit d’un profil de puits ou de rotonde évasé vers le bas. ◊ Un puits en cloche. Une cloche dans un plafond est une forme une coupole. Dans un cours d’eau souterrain une cloche noyée est susceptible de retenir de l’air ou un gaz. cluzeau nom des souterrains refuges taillés dans la roche, parfois en paroi. Beaucoup de cluzeaux proviennent de parties de grottes retaillées. colonne stalagmitique stalactite ayant rejoint la stalagmite et formant une colonne ou un pilier stalagmitique continu du sol au plafond, spéléothème. concrétion agrégation de matières qui se solidifient, souvent en se cristallisant. Sous terre, c’est la calcite et l’aragonite qu’on retrouve le plus souvent sous diverses formes, décrites en spéléothèmes. Cependant d’autres minéraux peuvent concrétionner, le gypse en particulier. conduite forcée galerie en tube pouvant se mettre en charge, l’eau occupe tout le volume avec un débit puissant. coordonnées les coordonnées géographiques ou locales permettent de mémoriser les emplacements des objets spéléologiques. Les coordonnées locales se réfèrent à un point donné du système observé, par exemple l’entrée d’une grotte, s’y rattache alors la topographie de la cavité ou de l’ensemble des cavités ; exemple : la cote – 32 m. Les coordonnées géographiques permettent un repérage sur carte et l’établissement de fichiers. La tradition veut qu’on utilise en France les coordonnées Lambert I, II, III et IV, car elles sont compatibles avec la cartographie actuelle (croisillons de la grille kilométrique sur les cartes de l’IGN du 1/25000). Cependant, le relevé peut se faire en coordonnées du GPS dans le système WGS 84 en degrés, la conversion se fait directement ou ultérieurement avec une grande précision. À l’étranger, on doit connaître les systèmes de projection des cartographies nationales pour le transfert sur fond de carte local, à défaut, retenir le point WGS 84 qui est universel. cordelette corde synthétique de faible diamètre (<) ne pouvant pas être homologuée relativement aux normes européennesLes cordes de spéléologie de diamètre 8 mm répondent à la norme EN 564 L et sont réservées aux très bons techniciens de l'équipement. cordelle corde synthétique de diamètre inférieur à . coups de gouge terme courant pour désigner une morphologie en creux (cupules ou vagues d’érosion) sur les parois de certaines galeries parcourues par un cours d’eau souterrain, actif ou fossile. Cette morphologie pariétale caractéristique des calcaires à grain régulier peut se trouver aussi sur la glace. Les cupules semblent se former par des micro-turbulences dans le film d’eau en contact avec la roche (cavitation). Leur taille varie selon la vitesse du courantCurl a proposé en 1966 des abaques montrant une relation linéaire entre la vitesse de l'eau et la longueur des coups de gouge. Source : Rane L. Curl, Scallops and flutes, Cave Research Group Great Britain, Trans. 7, 1966, pp. 121 à 160, leur asymétrie indique le sens d’écoulement, l’abrupt du creux de la cupule se trouve vers l’amont. La thèse de l’action chimique de l’eau acide est privilégiée par rapport à l’action mécanique. La combinaison des deux effets est certaine, en particulier dans les grottes naturellement riches en gaz carbonique et humique qui se dissolvent dans le film d’eau de condensation, préparant ainsi un enlèvement mécanique lors des crues avec des eaux chargées. Cependant il convient d’être encore prudent, des études sont en cours. CPDS + nom ou en France, Comité pluri-départemental de spéléologie, instance départementale de la Fédération française de spéléologie appuyée sur plusieurs départements à la place de CDS. Le CPDS Alsace représente le Bas-Rhin (67) et le Haut-Rhin (68). crevasse à moins d’un glacier souterrain, il n’y a pas de crevasses dans le karst, le terme crevasse, souvent employé dans les médias, est impropre en spéléologie qui dispose d’assez de termes précis pour désigner un creux dans la roche. Il est réservé à la glace et tous les creux temporaires. En général, on en parle faussement pour les accidents dans des gouffres qui n'ont pas été sécurisés, en station de ski par exemple. CSR + lettre en France, Comité de spéléologie régional, instance régionale de la Fédération française de spéléologie. Le CSR L représente le Grand Est, le CSR O l’Occitanie, le CSR C l’Auvergne-Rhône-Alpes.
D désobstruction ou désob travail permettant d’ouvrir un passage existant ou supposé vers une cavité. Le passage peut être simplement colmaté par des alluvions, des dépôts de calcite, des éboulis ou être naturellement trop étroit. Pour entreprendre un tel travail il faut en premier lieu disposer d’indices suffisants, par exemple la situation par rapport à une cavité connue ou la présence de courant d’air. En théorie, la désobstruction est l’enlèvement d’obstructions, alluvions, rocailles, concrétions dans les rapports spécialisés on peut trouver le terme de forcement, lorsqu'il s’agit d’élargir un passage en attaquant la roche en place. deuille ou dœuille dans le Toulois, source abondante et pérenne alimentée par un ruisseau souterrain. Deuille au Renard, deuille de Crézilles, deuille d’Ochey Voir doux. déviation (ou dév) lors de la pose d’une corde dans un puits, le spéléologue qui équipe doit veiller à ce que la corde ne touche pas la roche en place. Au cas où cela arrive, il convient alors de mettre en place un amarrage intermédiaire (voir fractionnement) ou une déviation. Dans ce cas la corde est écartée de la roche par une cordelle et un mousqueton, le tout étant appelé le déviateur. La corde n’est pas « fractionnée » et reste d’un trait sans nœud. À la descente comme à la montée, le passage d’une déviation se fait en ôtant le déviateur pour le positionner respectivement au-dessus ou en dessous du spéléologue et ne nécessite pas de se longer et d’ôter ses appareils de progression comme c’est le cas du passage d’un fractionnement. diaclase fracture naturelle entre une ou plusieurs limites de strates ; généralement, une diaclase est à peu près verticale. Pour permettre le passage il faut que l’eau l’ait élargie, car une diaclase est une faille sans déplacement. Par assimilation, les spéléologues parlent de diaclase pour toute galerie rectiligne bien plus haute que large.