Le pégau est un type de récipient en céramique, courant dans l’Europe méditerranéenne médiévale entre le et le . Ce terme renvoi à une poterie tournée de forme généralement ventru portant toujours une anse fixée sur le bord et appliquée à mi-panse. Le pégau est plus large que haut et le fond peut être plat ou légèrement bombé. Façonné dans une pâte réfractaire, il servait autrefois à la cuisson des aliments.

Cette forme originale dérive des pots du haut Moyen-Âge. À partir du , le pégau évolue progressivement pour devenir le toupin.

Origine À la fin du , MM. Barrière-Flavy et de Saint-Venant ont analysé différents vestiges de fouilles provenant du Midi de la France. Parmi eux, le nombre de becs et goulots de récipients de forme identique a permis à M. de Saint-Venant de les réunir dans une catégorie de vases à becs qu'il a appelé pégauLe pégau : poterie wisigothe ?.

D'une manière générale et avec de nombreuses variantes, .

M. Barrière-Flavy a noté, quant à lui, que les variantes peuvent être nombreuses, . Mais les deux érudits soulignent que l'aire de dissémination des pégaus correspond à la province languedocienne. En outre, .

Historique

Bernard Pousthomis, qui a étudié "L'apparition de la céramique médiévale glaçurée dans le sud du Tarn" explique : .

Le vocable oule, issu du latin aula, ou aulla, qui signifie « pot », « soupière » ou « marmite », se retrouve dans la langue provençale avec oulle, qui a la même significationDictionnaire de l'éducation.. Ce terme se trouve aussi dans l'ancien français avec le sens de marmite (ole) au cours du . Puis le contenant servit à désigner le contenu.

Dans le Languedoc rhodanien, à Saint-Quentin-la-Poterie, .

La décoration des pégaus, qui étaient majoritairement glaçurés, est la preuve que l'eau ou le vin était servi à table dans ce type poterie. Les fouilles ont montré que depuis la fin du et durant tout le , les poteries ne se distinguent que peu par la diversité de leurs formes, surtout en milieu rural (50 % d'oule, 50 % de pégau). De plus les fouilles d'habitations riches ou d'abbayes, montrent une proportion identique. L'exemple le plus probant est la fouille de l'Hôtel de Brion à Avignon qui a livré un important lot de céramiques glaçurées du XIV avec un pourcentage de moitié/moitié.

L'importance de la production des pégaus sur la rive droite du Rhône a été confirmée par des fouilles de sauvetage menées à Marseille, dans le quartier de Sainte-Barbe, au cours de l'année 1991. Ce site est considéré comme le premier atelier urbain ayant fabriqué de la faïence en France au . Ces ateliers ont utilisé des techniques de production ainsi que des formes typiques de la péninsule ibérique. Ce qui témoigne d'un transfert de savoir-faire, dans le port phocéen dès lors largement ouvert sur la MéditerranéeMarseille : les ateliers de potiers du et le quartier Sainte-Barbe ()).

La plus ancienne mention de ce quartier (burgus oleriorum) remonte à 1264. La superposition des fours à céramique, ainsi que leurs différents agrandissements indiquent deux phases d’utilisation pendant le . . Ils se distinguent des petits fours utilisés uniquement pour la préparation du plomb ou la glaçure à l’étain. . Ce centre de production de poterie allait perdurer jusqu'au début du , pour être abandonné et cédé à des forgeronsSainte-Barbe, cœur d'îlot, Marseille.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Aiguière Pichet Broc Carafe Cruche

Catégorie:Céramique médiévale Catégorie:Vaisselle Catégorie:Ustensile domestique médiéval Catégorie:Forme ancienne de récipient Catégorie:Science ou technique au Moyen Âge central