Saint-Remèze est une commune française, située dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Les habitants de cette petite commune rurale, proche des gorges de l'Ardèche, sont dénommés les Saint-Remèziens..
Géographie alt=Le village de Saint-Remèze.|vignette|gauche|Le village de Saint-Remèze. Situation et description vignette|La Dent de Rez et le col d'Eyrolle.|alt= Le village est situé dans l'extrémité sud du département de l'Ardèche, sur un plateau calcaire, à une altitude moyenne de , entre la vallée du Rhône, le massif de la Dent de Rezhttp://www.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/59F3Ed01_cle5c1a6c.pdf () et les gorges de l'Ardèche.
La commune, qui s’étend sur , est dotée d’un patrimoine environnemental varié. Autour des espaces cultivés, le plateau est couvert de bois de chênes verts, de chênes pubescents, et de garrigue, une formation végétale basse composée de plantes herbacées et de plantes parfumées ou aromatiques comme le thym, la sarriette, la lavande, et d’arbustes isolés comme le genêt scorpion, le chèvrefeuille, la clématite, dont certains assez hauts comme le genévrier cade
Dans les gorges, se retrouvent les mêmes chênaies, mais aussi des espèces plus spécifiques, comme le genévrier de Phénicie parmi les plus vieux arbres connus en France.
La faune est assez riche. Le plus gros animal et l’un des plus communs est le sanglier. On compte aussi de nombreux renards, des blaireaux et des genettes. Parmi les oiseaux, les plus emblématiques sont l'aigle de Bonelli, le circaète Jean-le-Blanc, le vautour percnoptère, le merle bleu et le guêpier, les choucas et les hirondelles des tours.
La présence des cigales d’été, du scorpion languedocien, des couleuvres de Montpellier et à échelon conforte encore son caractère méditerranéen.
Communes limitrophes
Géologie et relief
vignette|Chèvres sauvages au détour d'une route à Saint-Remèze.
Saint-Remèze est implantée sur un vaste plateau karstique qui porte le même nom que la commune et qui s’étale au pied du Serre de Barrès () et du massif de la Dent de Rez (), point culminant du sud-Ardèche. Oscillant entre , le plateau montre un modelé karstique, représenté par de nombreux lapiaz, des dizaines d'avens et de grottes. Les gorges s’enfoncent de plus de , elles témoignent d’une importante phase d’incision de la rivière, en lien avec les oscillations de la mer Méditerranée depuis d’années. Un surcreusement majeur se fait lors de la « crise de salinité messinienne ».
Hydrographie Le sud du territoire communal est longé par l'Ardèche, affluent droit du Rhône de , qui a donné son nom au département où est implanté la commune.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vallon-Pont-d'Arc à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Remèze est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (81,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (60,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (20,7 %), cultures permanentes (14 %), zones agricoles hétérogènes (3,7 %), zones urbanisées (1,1 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Lieux-dits, hameaux et écarts Briange : au nord-est. les Pastroux : au nord-est. Micalen :au nord-est. Charbonnière : à l'est. Patroux : à l'ouest.
Voies de communication et transports
Risques naturels Risques sismiques
L'ensemble du territoire de la commune de Saint-Remèze est situé en zone de sismicité (sur une échelle de 1 à 5), comme la plupart des communes situées à proximité de la vallée du Rhône, mais non loin de la zone qui correspond au plateau ardéchois.. +Terminologie des zones sismiquesArrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - LégifranceType de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)Zone 3Sismicité modérée accélération =
Autres risques
Toponymie droite|vignette|Un vitrail de l'église de Saint-Remèze : le couronnement de Clovis par Saint-Remi. Remèze (Remèsi en occitan) est la forme francisée de Rémi, en latin Rĕmĕdĭus, homonyme en français de Remi (Remigius en latin), l'évêque de Reims qui baptisa Clovis Ier en 496 et souvent confondu avec lui. Mais en occitan, il n'y a normalement pas d'ambiguïté phonétique, ce qui n'a pas empêché la même confusion (le nom de Saint-Rémy (Dordogne) est attesté Sanctus Remigius au )Chantal Tanet et Tristan Hordé, Dictionnaire des Noms de Lieux du Périgord, Éd. Fanlac, seconde édition, 2000, .
La destinée de Remigius aurait été prédite par l'ermite Montanus, qui donna son nom au village voisin de Saint-Montan.. La première mention de Saint-Remèze (877) est tirée de la Carta vetus du diocèse de Viviers, un cartulaire de l’église cathédrale de Viviers compilé au , recopié au par le chanoine Jacques de Banne.
Histoire
Préhistoire Le territoire de la commune de Saint-Remèze fut occupé très tôt comme en témoignent les nombreux vestiges préhistoriques recensés dans les grottes et avens. Les plus anciennes traces remontent au Paléolithique supérieur, entre avant notre ère.
Le Néolithique, entre avant notre ère, marqué par le développement de l’agriculture et de l’élevage, et l’utilisation de la poterie, est encore plus présent. Il concerne de nombreuses cavités qui ont pu servir de bergerie ou de lieux de stockage de l’eau mais aussi des sites de plein air. Le dolménisme est une autre facette de la fin du Néolithique et du début de l'âge du bronze. Ces monuments funéraires sont présents sur la commune avec deux exemplaires au Chanet et d’autres disséminés dans les bois de Malbosc. De petites grottes sont aussi utilisées pour accueillir des sépultures comme la grotte des Perles à Gaud..
alt=Plaque-boucle en bronze, Nécropole de Beauregard (Saint-Remèze) (collection privée).|vignette|Plaque-boucle en bronze, . Nécropole de Beauregard (Saint-Remèze) (collection privée). L'âge du fer est représenté avec la nécropole de Beauregard, qui a livré un riche mobilier, dont certains tumulus ont été réutilisés jusqu’au début du Moyen Âge. L'époque gallo-romaine est attestée par plusieurs concentrations de tegulae et objets divers permettant de supposer des habitats. Un ensemble funéraire du , sous forme d’incinérations accompagnées de dépôts de céramiques, est localisé entre la et la petite route de Patroux . Dans les Gorges, en aval de La Madeleine, la grotte de la Lampe a livré un important mobilier attribuable au Bas-Empire.
Moyen Âge et Temps Modernes Le Moyen Âge voit se développer le village autour de ce qui fut une première église. La plus ancienne mention d’une église dédiée à l’évêque Rémi remonte à 877, dans une charte de Charles-le-Chauve. Celle-ci appartient alors à l'église cathédrale de Viviers. Apparaît à côté un château attesté dès le courant du , entre les mains des Balazuc puis d’une branche du lignage des Chateauneuf-Randon., originaire du Gévaudan. Le village se dote d’une enceinte ovoïde, à l’intérieur de laquelle se blottissent le cimetière, les maisons, écuries et bergeries, le long d’étroites ruelles.
Les guerres de religion de la seconde moitié du au début du n’ont pas épargné le bourg, surtout dans la première partie du conflit. La commune de Saint-Remèze, plus souvent catholique que protestante, est le théâtre de plusieurs combats, elle est pillée et saccagée en 1580. Son église est « toute découverte », lors de la visite de l’évêque de Viviers en 1599.
Époque contemporaine La période révolutionnaire est marquée par de nombreux affrontements entre républicains et royalistes. Il faut dire que la commune, par son isolement au milieu du plateau, l'étendue de sa forêt et la multiplicité de ses grottes « semblait tout désigné pour devenir un foyer contre-révolutionnaire ». Des prêtres réfractaires vont se cacher dans les gorges et de nombreux règlements de compte ont lieu dans le village. Saint-Remèze connaît son essor au milieu du , marqué par une forte croissance démographique ( en 1866). Le village commence à s’étendre hors rempart (Rue basse et La Plaine) et plusieurs fermes et hameaux voient le jour (Patroux, Briange, Beauregard, Pastroux).
Des terrasses de culture, avec tout un maillage de murettes en pierre sèche, sont aménagées sur les versants bien exposés. La population atteint alors une certaine aisance avec, en plus de l'agriculture vivrière, l'exploitation des bois, l'élevage ovin ( à laine en 1850) et la sériciculture.