La cyberguerre, guerre cybernétique () ou guerre de la toile. consiste en l'utilisation d'ordinateurs et d'Internet pour mener une guerre dans le cyberespace Cyberspace sur le site du département de la Défense des États-Unis.

Depuis le début du , le réseau Internet est devenu un lieu d'affrontement, tout objet numérique devenant une cible d'attaquants potentiels.

Le terme « cyberguerre » est cependant contesté par de nombreux observateurs, le principale argument étant son absence de létalité.

Types d'attaques Il existe plusieurs typologies d'attaques : le vandalisme : attaques visant à modifier ou défigurer des pages web, ou les attaques de déni de service. Ce type est simple à combattre et cause généralement peu de dommages ; la propagande et la désinformation : des messages politiques (ou autres) peuvent « bombarder » tout utilisateur de l'Internet ; l'espionnage politique/industriel ou la collecte de données (à l'aide de chevaux de Troie et de spywares) : des informations confidentielles qui ne sont pas correctement sécurisées peuvent être interceptées et modifiées, rendant possible l'espionnage d'un bout à l'autre du monde (voir Titan Rain et ) ; l’arrêt ou le sabotage d'équipements : les activités militaires qui mettent en œuvre des ordinateurs et des satellites permettant de coordonner des moyens de défense sont particulièrement visés par ce type d'attaques. Les ordres et les communications peuvent être interceptés ou modifiés, mettant ainsi les troupes en danger ; attaques d'infrastructures sensibles Cyberwarfare a reality in 12 months, ZDNet, 15 janvier 2004 : centrales électriques, distribution d'eau, oléoducs et pétroliers, communications et moyens de transports sont vulnérables à ce genre d'attaques.

Histoire Dans La Guerre hors limites, publié en 1999, les colonels chinois et imaginent que l'informatique deviendra l'une des armes du . La figure du soldat serait ainsi petit à petit remplacée, en partie, par des hackeurs. Cela est cohérent avec la stratégique chinoise, la Chine ayant créé un corps d'armée de affecté au cyberespace. Aujourd'hui l'armée chinoise est régulièrement accusée de vouloir attaquer les systèmes informatiques américains par le US Secretary of Defense.

En 2008 est créée en France, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) et un livre blanc de la Défense est publié. Cependant, la France reste un pays particulièrement vulnérable car selon l'ancien ministre Jean-Marie Bockel « l'ampleur de la menace » comme son caractère stratégique ont été « largement sous-estimés », alors que les attaques se comptent encore par dizaines chaque année.

Détecté en , par une société de sécurité de Biélorussie, le virus Stuxnet est issu du programme américain de cyber-attaque « Olympic Games », comme les deux autres virus Flame et DuQu. Ce programme de défense date de la fin 2006, il est le fruit d'une coopération entre la NSA américaine et l'unité 8200 israélienne. Les premières versions de Stuxnet dateraient de 2009. Il était porteur d'une mission stratégique, remplacer les frappes militaires préventives envisagées par Israël, afin de ralentir le programme nucléaire iranien, pour donner du temps aux négociations et pressions internationales sur la république islamique. Selon le Français Patrick Pailloux, directeur de l'ANSSI : Il semble que l'on a franchi le Rubicon s'agissant de « la première attaque majeure de cette nature ayant entraîné des destructions physiques affectant une infrastructure importante ». Selon l'éditeur Symantec, il s'installait dans les systèmes Scada — des ordinateurs professionnels — qui pilotent tous les systèmes automatiques (signalisation routière, métro, ascenseurs) mais ses véritables cibles étaient les centrifugeuses iraniennes de Natanz, un objectif militaire.

En 2011, les Anonymous ont contribué à la révolution tunisienne en aidant les internautes tunisiens à contrecarrer les limitations imposées par le gouvernement tunisien. Ainsi, cette forme d'action a facilité le rassemblement populaire qui, plus tard, a renversé le gouvernement de Ben Ali. Par exemple, Sofiène Chourabi, journaliste dissident, a pu réutiliser son compte Facebook après qu'il fut désactivé Tunisia's bitter cyberwar, aljazeera.com, 6 janvier 2011.

Le , le ver informatique espion DuQu est détecté par le laboratoire de sécurité de l'université de Budapest. Les premières versions de DuQu dateraient de 2008. Il présente de nombreuses similarités avec Stuxnet avec lequel il partage des modules identiques mais en plus il utilise des failles inconnues de Windows ce qui laisse supposer que ces créateurs ont eu accès au code source composant le cœur du système de Microsoft. Sa première mission était de dérober des certificats numériques afin de se faire passer pour un logiciel inoffensif et de collecter des données. Il était contrôlé à partir d'ordinateurs situés en Europe, aux Philippines et en ChineL'Ordinateur individuel, , septembre 2012, article : La cyberguerre est déclarée, .

En , est détecté le virus Flame par l'éditeur russe de logiciels de sécurité Kaspersky. Les premières versions de Flame dateraient de 2007. Il s'installait par détournement de la fonction « Windows Update » qui met à jour automatiquement le système d'exploitation Windows. Son étude a montré qu'il est l’œuvre de la même équipe informatique qui a mis au point Stuxnet et DuQu, il a aussi des modules communs avec ces derniers, mais il est plus gros et plus complexe. Plus de 60 % des machines infectées par Flame — dans les centres industriels militaires, les centrales nucléaires, les usines de traitement de l'eau — étaient situées en Iran. Son rôle était de transmettre à l'attaquant des copies de documents sensibles, des mots de passe, de prendre le contrôle des webcams, des micros et de mettre en hors service les centrifugeuses des sites nucléaires.

En 2012, un groupe d'experts internationaux, soutenu par le centre d'excellence de l'OTAN en cyberdéfenseManuel de Tallinn sur la page du CCD COE (situé à Tallinn, Estonie), a publié le premier manuel de droit applicable à la cyberguerreThe Tallinn Manual on the International Law Applicable to Cyber Warfare, la revuedepressejuridique.org, 3 septembre 2012.

En , Harold Koh, conseiller juridique du département d'État américain a livré les tout premiers éléments de la conception américaine de la cyberguerreHarold Koh: « International Law in Cyberspace », la revuedepressejuridique.org, 19 septembre 2012.

À la suite des attaques d'août, septembre et contre Aramco, RasGaz, 6 grandes banques américaines et une française, les États-Unis sont persuadés que la république islamique iranienne est responsable de ces attaques, s'en prenant à l'industrie saoudienne et à des institutions financières américaines pour se venger des attaques menées contre son propre programme nucléaire et prendre le dessus sur son puissant rival sunnite saoudien, allié des AméricainsLe Figaro du 3 novembre 2012 : La cyberguerre mondiale a déjà commencé.

En , Israël lance un programme d'entraînement visant les adolescents. Benjamin Netanyahu entend ainsi recruter les jeunes les plus brillants en vue de créer un Dôme de fer numériqueIsrael starts training teenagers to create « digital Iron Dome », The Verge..

Dans un rapport publié le , la société américaine de sécurité informatique Mandiant accuse l'unité l'Unité 61398 de l'Armée Chinoise d'être à l'origine depuis 2006 d'une vaste opération de cyber-espionnage visant à s'approprier des volumes considérables de données sensibles au sein de et organisations principalement anglo-saxonnes.

Les États-Unis mènent une cyberguerre contre la Corée du Nord afin d'affecter et de perturber son programme nucléaire. Ce type d'action est toutefois controversé : selon l'historien américain Bruce Cumings, si la Corée du Nord recourait elle aussi à ces méthodes contre les États-Unis, cela serait considéré comme un acte de guerre.

Quelques cyber-attaques À partir du , l'Estonie a subi une cyberguerre importante, par déni de services, qui s'est cependant rapidement terminée. Le pays, qui était alors un des plus dématérialisés du monde, fut entièrement paralysé. D'après le gouvernement américain , ce serait la Russie qui aurait lancé cette offensive de courte durée qui serait d'ailleurs un coup de semonce, utilisant l'importance de la « cyberdépendance » de l'Estonie. Cette attaque était une réaction des Russes à la décision du gouvernement estonien de faire déboulonner la statue du soldat soviétique jusque-là installée au cœur de la capitale Tallinn ; En , un virus d'origine israélienne s'attaqua aux systèmes de défense sol-air de la Syrie les rendant inopérants afin d'apporter aux chasseurs-bombardiers de Tsahal plus de sécurité lors de leur attaque du réacteur nucléaire syrien d'al-Kibar ; En 2008, durant la guerre d'Ossétie du Sud, l'armée géorgienne et l'armée russe se sont livrées à une guerre informatique qui s'est soldée par le piratage de plusieurs sites officiels du gouvernement géorgien dont le but était de déstabiliser psychologiquement le président Mikheil Saakachvili; sur certains sites son portrait officiel avait été remplacé par celui d'Adolf Hitler ; En 2009 des attaques en déni de service ont eu lieu contre des sites gouvernementaux, financiers, et de médias de Corée du Sud et des États-Unis. En , l'Iran a été attaqué par le ver informatique Stuxnet, dont le but était d'infecter les systèmes de la centrale nucléaire de Natanz et de la centrale nucléaire de Bouchehr. Au moins, un cinquième des centrifugeuses iraniennes ont été détruites ralentissant d'un an la mise au point de la centrale nucléaire civile énergétique iranienne. Selon Moscou, ce logiciel malveillant serait l'œuvre d'Israël et des États-Unis ; En 2011, lors des manifestations contre le militarisme japonais en Corée du Sud et en Chine, de nombreux sites internet et serveurs gouvernementaux japonais ont ainsi été attaqués, puis occupés par des pirates, ainsi que le site de Sony en Chine. Ces attaques coordonnées, menées à partir de milliers d'ordinateurs, utilisent le déni de service ; En 2011, un virus introduit dans une base aérienne du Nevada a réussi à infecter les postes de contrôle des drones américains déployés en Afghanistan ; En , la compagnie pétrolière saoudienne Aramco et la compagnie gazière qatarie RasGas sont toutes les deux visées par un virus informatique qui a entraîné la destruction des quelque d'Aramco. Selon le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta, il s'agit « probablement de l'attaque la plus destructrice que le secteur privé ait jamais vécu », estimant qu'il existe désormais un risque de « cyber-Pearl Harbor », faisant du cyber-espace « le champ de bataille du futur » ; Fin , six grandes banques américaines ont été attaquées à l'aide d'un virus par un groupe de hackers se référant au prêcheur musulman antisioniste Izz al-Din al-Qassam des années 1920 et 1930 à la suite de la sortie sur le web du film L'Innocence des musulmans. Les Américains voient l'Iran derrière ces attaques. Mi-, le même virus a attaqué une grande banque française. Selon le contre-amiral français Arnaud Coustillière, officier général de la cyberdéfense à l'état-major des armées : « C'est la première fois qu'un signal politique à visée stratégique est diffusé dans cette région du golfe (…) une arme stratégique, qui pèse dans les conflits. Les actions se développent tous azimuts. Nous entrons dans une nouvelle ère »lors d'une réunion du cercle Strategia ;