Peugeot Sport est le département compétition du constructeur automobile français Peugeot. Son siège social se situe comme Citroën Racing et DS Performance à Satory (Versailles), dans le pôle de compétitivité de Paris-Saclay.. Le département Peugeot Sport s'occupe également des modèles sportifs de série sous la lignée Peugeot Sport Engineered..

Présentation Il fut fondé en octobre 1981 sous le nom de Peugeot Talbot Sport, à la suite de la fusion des activités commerciales des marques Peugeot et Talbot du groupe PSA. Son premier directeur fut Jean Todt, qui le resta jusqu'au . Cette équipe a été présente dans les disciplines de rallyes (Championnat du monde des rallyes, Championnat de France des rallyes, etc.), de rallye-raid (Rallye Dakar, etc.) et de circuit (Championnat du monde des voitures de sport, 24 Heures du Mans, Championnat du monde de Formule 1, Championnat de France de Supertourisme, etc.). Elle dispose aussi d'un département client, proposant des pièces destinées à la compétition, voire des modèles complets, notamment en rallye. Le siège de Peugeot Sport déménage en 2015 à Satory pour former l'entité PSA Motorsport.

Histoire En 1981, Jean Todt se retire de la compétition en tant que copilote et se voit confier la direction sportive de Peugeot par le PDG Jean Boillot alors que l’entreprise PSA Peugeot Citroën connaît d'importantes difficultés d'image et de finances. Il met ses talents d'organisateur rigoureux et de stratège au service de la création de Peugeot Talbot Sport, entité créée pour permettre le retour à la compétition de la firme française et devient maître d’œuvre des Peugeot 205 Turbo 16, Peugeot 405 Turbo 16 et Peugeot 905.

1984–1986 : les premiers titres en rallye thumb|left|Timo Salonen champion du monde 1985. thumb|right|Juha Kankkunen champion du monde 1986. L'aventure commence en 1984, quand la Peugeot 205 Turbo 16 participe à 5 courses d'apprentissage au Championnat du monde des rallyes. Apprentissage qui se termine par 3 victoires pour le pilote Ari Vatanen et son copilote Terry Harryman. L'année 1985 est la confirmation du potentiel de la voiture. Lors de sa première saison complète, elle parvient à remporter le championnat du monde constructeurs avec Timo Salonen, qui remporte de son côté le titre pilotes. Le championnat de l'année 1986 est encore placé sous la domination des 205 : avec Juha Kankkunen qui gagne le titre pilotes, et Peugeot le titre constructeurs pour la deuxième année consécutive. Mais c'est la dernière année pour les machines du Groupe B : la FISA (Fédération Internationale du Sport Automobile) décide de supprimer cette catégorie pour 1987, à cause des accidents tragiques et fréquents, causés par des voitures aux performances déraisonnables.

1987–1990 : l'aventure rallye-raid thumb|Peugeot 205 Turbo 16 raid, vainqueur du Paris-Dakar en 1987 avec Ari Vatanen thumb|left|La Peugeot 405 Turbo 16. Privé de rallyes, Peugeot décide de s'orienter vers le rallye-raid, et principalement le Paris Dakar. En 1987, la 205 T16 « Grand Raid » adaptée aux conditions difficiles des raids gagne, aux mains de Ari Vatanen, le Paris-Dakar et le rallye des Pharaons en Égypte. En 1988, la 205 est remplacée par la Peugeot 405 Turbo 16, mais l'édition du Dakar est remportée par la 205 pilotée par Juha Kankkunen. La 405 Turbo 16 rallye-raid est un coupé dérivé de la berline 405, basée sur la mécanique de la 205 Turbo 16 et conçu en 1988 pour les rallyes-raids africains. La 405 Turbo 16, pilotée par le Finlandais Ari Vatanen, remporte le Rallye Paris-Dakar en 1989 et 1990. Mais, après avoir gagné les principaux rallyes-raid, Peugeot Sport passe le relais à Citroën Sport et sa Citroën ZX Rallye-raid et se tourne vers les courses d'endurance sur circuits.

1990–1993 : le sport-prototype et le projet 905 thumb|La Peugeot 905 de 1992. En 1988, Peugeot lance le projet 905 destiné à participer au Championnat du monde des Voitures de Sport, dont l'épreuve phare est les 24 Heures du Mans. La voiture fait ses débuts en compétition en à Montréal au Canada, et après quelques problèmes de jeunesse corrigés, elle termine deuxième du championnat 1991, avec les équipages Yannick Dalmas, Keke Rosberg et Philippe Alliot, Mauro Baldi (trois victoires : Suzuka, Magny-Cours et Mexico). En 1992, la 905 remporte le championnat du monde, avec Yannick Dalmas et Derek Warwick, et Le Mans, associé à l'Anglais Mark Blundell, et en 1993, Peugeot triomphe avec un triplé au Mans avec l'équipage « junior team » composé de Christophe Bouchut, Eric Hélary et Geoff Brabham devant les "anciens", Thierry Boutsen, Teo Fabi et Yannick Dalmas.

Juste après cette victoire. Jean Todt et Peugeot quittent la discipline pour tenter l'aventure Formule 1, chacun de leur côté, Todt rejoignant la Scuderia Ferrari, et Peugeot devenant motoriste de l'écurie McLaren Racing. Jean Todt est remplacé par Michel Schreiber, directeur des activités sportives de PSA, et Jean-Pierre Jabouille, directeur de PTSLe Monde.

1994–2000 : passage en Formule 1 thumb|left|La McLaren-Peugeot de 1994. thumb|Rubens Barrichello sur la Jordan-Peugeot de 1995. thumb|left|La Jordan-Peugeot de 1997. thumb|Jarno Trulli sur la Prost-Peugeot de 1999. En 1994, Peugeot se lance donc en Formule 1, devenant le motoriste de la prestigieuse équipe McLaren pour quatre ans. L'objectif affiché est de concurrencer les Williams-Renault, références de la discipline. Les résultats de cette première saison de collaboration sont décevants ; ni le châssis ni le moteur ne sont au niveau des meilleurs. Le V10 français, pourtant dérivé d'un moteur d'endurance, se révèle par ailleurs très peu fiable avec vingt abandons. McLaren ne remporte aucune victoire, une première depuis 1983, mais signe cependant huit podiums en seize courses et une quatrième place avec 42 points au championnat constructeurs, faisant ainsi moins bien qu'en 1993 avec le moteur Ford Cosworth. Cette déception et d'autres divergences d'opinions entre l'écurie et le motoriste, notamment concernant le deuxième pilote (McLaren engage Martin Brundle alors que Peugeot voulait embaucher Philippe Alliot), entraîneront une rupture entre les deux parties : McLaren s'associe avec Mercedes et terminera encore à la quatrième place au championnat constructeurs avec seulement deux podiums et 30 points en dix-sept courses. Peugeot devient alors fournisseur de l'écurie irlandaise Jordan.

Durant leurs trois années d'association, Jordan et Peugeot réalisent des progrès majeurs, passant du milieu de grille début 1995 avec notamment Rubens Barrichello et Eddie Irvine qui se classent respectivement deuxième et troisième juste derrière la Ferrari de Jean Alesi au Grand Prix du Canada à une victoire tutoyée à plusieurs reprises en 1997. Cette alliance irlando-française réalise cependant seulement cinq podiums en trois saisons, et termine cinquième au championnat constructeurs en 1996 et 1997.

En 1998, Peugeot s'associe avec la jeune équipe française Prost Grand Prix, qui n'est autre que l'ancienne écurie Ligier rachetée par Alain Prost. Mais cette association débute au moment où l'investissement des constructeurs (Mercedes, Ferrari, Ford, Honda et BMW) devient massif. Peugeot, qui vient de lancer son programme 206 WRC en parallèle, ne peut suivre le rythme de ses adversaires, et cette association sera très décevante, les V10 français n'étant ni compétitifs, ni fiables. La dernière saison de l'association se termine sans aucun point, une première aussi bien pour l'écurie que pour le motoriste français. Elle est également marquée par les tensions croissantes entre les deux parties, notamment au Grand Prix de France où, lassés par les critiques d'Alain Prost et Jean Alesi, les techniciens de Peugeot se mettent en grève pendant cinq minutes au début de la séance du warm-up et refusent de démarrer les moteurs. En trois saisons, l'alliance Prost-Peugeot n'aura signé qu'un seul podium, marqué seulement dix points et n'aura pas fait mieux que septième au championnat constructeurs (1999).

Fin 2000, Peugeot quitte la Formule 1 avec 14 podiums et aucune victoire en 115 Grand Prix, et revend son département F1 à Asiatech.

Statistiques Meilleur classement Championnat du Monde Constructeurs : quatrième en 1994 avec la McLaren-Peugeot Championnat du Monde Pilotes : quatrième avec Mika Häkkinen en 1994 sur la McLaren-Peugeot

14 podiums Mika Häkkinen (6 podiums, une deuxième place et cinq troisième place avec la McLaren-Peugeot) Martin Brundle (2 podiums, une deuxième place et une troisième place avec la McLaren-Peugeot) Giancarlo Fisichella (2 podiums, une deuxième place et une troisième place avec la Jordan-Peugeot) Rubens Barrichello (1 podium, une deuxième place avec la Jordan-Peugeot) Jarno Trulli (1 podium, une deuxième place avec la Prost-Peugeot) Eddie Irvine (1 podium, une troisième place avec la Jordan-Peugeot) Ralf Schumacher (1 podium, une troisième place avec la Jordan-Peugeot)

1 meilleur tour Giancarlo Fisichella avec la Jordan-Peugeot

20 tours en tête Mika Häkkinen (12) Giancarlo Fisichella (7) Rubens Barrichello (1)

1998–2005 : le retour victorieux en rallye thumb|left|Marcus Grönholm double champion du monde 2000 et 2002 avec la Peugeot 206 WRC. thumb|right|Harri Rovanperä au Rallye de Finlande 2001 au volant de la 206 WRC. thumb|Markko Märtin au volant de la 307 WRC au Rallye de Chypre 2005. En 1998, après plusieurs saisons en Championnat de France de la 306 Maxi « kit car », et sous l'impulsion du nouveau directeur de Peugeot Sport Corrado Provera, est lancé un nouveau programme de rallye mondial, avec la 206 WRC.

La 206 n'est toutefois pas éligible au règlement WRC car le modèle de série n'atteint pas la longueur minimale de 4 mètres requise (3,835 mètres pour la 206). La FIA modifie son règlement en autorisant les constructeurs à baser leurs WRC sur une série dérivée du modèle de base. Peugeot crée alors la 206 GT aux pare-chocs rallongés et l'utilise comme base d'homologation.

La 206 WRC fait ses débuts en WRC lors du Tour de Corse 1999, avec François Delecour et Gilles Panizzi comme pilotes. Les performances sont encourageantes, Delecour signe le meilleur temps dès la deuxième spéciale et occupe brièvement la tête de l'épreuve, mais les deux voitures abandonnent. Marcus Grönholm rejoint l'équipe à partir de la Grèce.

Les 206 WRC sont au départ des manches européennes de la deuxième moitié du championnat, et en Australie avec le seul Gönholm. Le Finlandais obtient les premiers points de la marque depuis son retour en Finlande, et Panizzi monte sur le premier podium en Italie. Peugeot marque onze points et est sixième du championnat des constructeurs.

En 2000, Peugeot dispute l'intégralité du championnat avec les trois mêmes équipages qu'en 1999, avec le renfort de Sebastian Lindholm en Finlande. Delecour dispute tous les rallyes, à l'exception du Kenya. Panizzi est au départ de sept manches, quatre sur asphalte et trois sur terre. Grönholm est à l'origine programmé pour les rallyes sur terre et le Monte-Carlo, mais il dispute finalement l'intégralité du championnat.

Les trois voitures abandonnent au Monte-Carlo, démarrant une "malédiction Peugeot" sur cette épreuve que le constructeur ne gagnera jamais en WRC. Grönholm remporte sa première victoire, et la première de la 206 WRC à l'épreuve suivante, en Suède, puis deux podiums au Portugal et en Argentine. À la mi-saison, il est en deuxième place du championnat, quatorze points derrière Richard Burns sur Subaru qui compte trois victoires. La fin du championnat voit le Finlandais s'imposer en Nouvelle-Zélande, en Finlande et en Australie et remporter le titre mondial à la surprise générale. Le triomphe de Peugeot est complété par les victoires de Panizzi en France et en Italie. Delecour monte sur quatre podiums consécutifs en fin de saison, mais ne remporte aucune victoire. Peugeot gagne le titre constructeurs.