Vincent Ganivet, né en 1976, est un artiste français.

Biographie Vincent Ganivet est un artiste français diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2001, reconnu en particulier pour ses installations monumentales jouant sur l'équilibre, qui évoquent des ossatures de cathédrales.

Démarche artistique Avant de se consacrer aux structures autoportantes, Vincent Ganivet a d'abord exploré les formes de l'aléatoire, s'intéressant aux déboires du quotidien, aux fuites, aux déchets, qu'il intègre dans une pratique artistique de l'absurde et de l'éphémère. Il transforme ainsi des phénomènes comme les dégâts des eaux, les feux d'artifice ou la simple poussière en installations poétiques, révélant la beauté cachée du banal et la poésie de l'accident.

Il garde de son expérience des chantiers un goût prononcé pour les matériaux industriels, simples et modestes, qu'il utilise dans une démarche de contre-emploi. Il détourne ainsi des éléments comme les parpaings de leur usage courant – construire des murs droits – pour ériger des formes courbes et organiques telles des arches, des roues, des voûtes, inspirées autant par l'architecture que par l'ingénierie médiévale.

La question de la mise en œuvre est au cœur de la pratique de Vincent Ganivet: il applique des techniques de construction ancestrales – pierre sèche, tracé à la chaînette, etc. – , à des blocs contemporains, assemblés sans liant ni colle. La précision du calage de chaque élément est essentielle pour assurer la stabilité des sculptures. Il tient à ce que rien ne soit dissimulé et travaille toujours sans trucage. Il revendique en même temps l'empirisme du bricolage et une certaine approche ludique de la construction.

L'œuvre de Vincent Ganivet tient du memento mori, mettant en scène une tension constante entre force et fragilité, vulgaire et délicat, monumental et précaire. Ses sculptures, bien que massives, semblent toujours au bord de l'effondrement, créant une impression de danger imminent. Cette instabilité apparente invite le spectateur à une expérience singulière, à la fois menaçante et subjuguante.

Reconnaissance Le travail de Vincent Ganivet est souvent décrit comme poétique, absurde et fascinant. Les critiques soulignent sa capacité à transformer des matériaux bruts et banals en œuvres d'art d'une grande beauté, tout en interrogeant les notions d'équilibre, de risque, l'architecture et sa perception spatiale. Son approche, qui mêle savoir-faire technique, expérimentation empirique et une certaine désinvolture face aux règles établies, lui confère une place singulière dans le paysage de l'art contemporain.

Œuvres dans l'espace public

2025 : Spathiphyllum Cratis, 1% artistique URCA, Reims (51) 2024 : Vitis Catenae,1% artistique Maison Vermorel, Villefranche-sur-Saône (69) 2021 : Caténaires, Crédit Agricole Brie-Picardie, Chessy (77) 2018 : Badaboum, 1% artistique Ecole Angela Davis La Courneuve (93) 2018 : Triple hélicoïde, Esox Lucius, Saint-Maurice (71) 2017 : Catene de containers, commande pour les 500 ans du Havre (76) 2016 : Chainettes, 1% artistique du nouveau Collège de Savenay (44) 2016 : Cosinus hyperbolique, 1% artistique INSA, Villeurbanne (69) 2015 : Entrevous, Collection Lambert, Avignon (84) 2014 : Roues, 1% artistique de la médiathèque Elsa Triolet, l’Île-Saint-Denis (93)

Expositions (sélection)

2008 : Matière à paysage, à la Galerie – Centre d'art, Noisy-le-Sec 2009 : Le Bel Accident, au Confort Moderne, Poitiers, où il réalise ses premières arches de parpaings: les caténaires  2010 : Dynasty, au Palais de Tokyo et au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, avec différentes formes d'arches 2010 : Je crois aux miracles, à la Collection Lambert, Avignon 2011 : Noli me tangere, à la galerie Yvon Lambert, Paris, avec sculptures en blocs, fontaines et fumigènes sur toiles 2011 : Lumière noire, à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe, où une sculpture monumentale s'est effondrée 2011 : Mondes inventés, ..., au MUDAM, Luxembourg 2012 : L’équilibre des contraires, au Grand Café, Saint-Nazaire 2012 : Monuments et Imaginaires, à la Forteresse de Salses, où une sculpture monumentale s'est effondrée 2014 : Au-delà de l’architecture, à Topographie de l’art, Paris 2015 : Konkret mehr Raum, à la Kunsthalle Osnabrück, Allemagne 2017 : 500 ans du Havre, au Havre 2017 : Atlas & Axis, aux Instants Chavirés, Montreuil, avec une œuvre de blocs de polystyrène, dont la démolition publique a tenu lieu de finissage 2017 : SILO, à la Chapelle du Genêteil, Château-Gontier, où l'artiste a tenté d'utiliser des pneus comme module, sans succès 2020 : Glass und Beton, au MARTA Herford, Allemagne 2020 : Milléniales, au Frac Aquitaine – MECA, Bordeaux 2021: C.18, à L'îlot Sauvage, Niort, avec une arche monumentale combinant 18 sections 2024 : Sub Sculptura, à Esox Lucius, Saint-Maurice, où l'artiste délivrait quelques-uns de ses secrets de fabrication 2025 : SILO, lors de la Biennale du design, Saint-Étienne, avec une voûte de pneus

Notes et références

Liens externes

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