La prise de Bologne, le , constitue l'une des dernières batailles de la campagne d’Italie et la dernière du Deuxième corps polonais, avec la victoire de ce dernier et des armées alliées qui le flanquaient, la armée américaine et la armée britannique.

Contexte

Cette bataille doit être replacée dans un contexte politique et géostratégique pour la Pologne. L'armée polonaise de l'Ouest, et particulièrement le deuxième corps, ont assisté avec consternation et amertume à l’écrasement du soulèvement de Varsovie. Par ailleurs, un bras de fer oppose le Gouvernement polonais en exil et le général Anders au Premier ministre britannique Winston Churchill. Pour les Polonais, l’enjeu est vital : il s’agit de rentrer victorieux dans un pays libre aux frontières reconnues.

Le général Anders a détaillé ce moment dans ses mémoires :

Les conversations de Yalta, du 4 au , qui avaient, après celles de Téhéran, été gardées rigoureusement secrètes, furent portées à la connaissance d’Anders le . Après en avoir référé au Premier ministre Mikolajczyk, le général Anders écrit au commandant de la britannique, le général McCreery :

Le général obtient de se rendre à Londres pour conférer avec son gouvernement et s’entretenir directement avec Churchill. L’entretien, tenu le , est houleux :

Le , le président de la République, Wladyslaw Raczkiewicz, confia à Anders le poste de Commandant suprême par intérim. Le général Bohusz-Szyszko lui succède à la tête du Deuxième corps.

Mais les commandants américain et britannique, les généraux Richard McCreery et Mark Wayne Clark et le maréchal Harold Alexander exigèrent d’Anders le maintien des troupes polonaises, car les Alliés ne disposaient d’aucune troupe pour les remplacer. Anders finit par céder.

Plan et forces en présence

L’offensive des Alliés en Italie inaugurait la campagne pour la vallée du Pô. Le plan du général Clark, commandant du d’armées américain, consistait à déborder, par les deux ailes, les forces allemandes dont le gros était disposé à l’est de Bologne.

La armée britannique devait avancer en direction de Ferrare, par Argenta, en partant du cours inférieur de la rivière Senio.

La armée américaine, venant du Sud de Bologne, contournerait la ville par l’ouest, en avançant dans la direction de Vérone.

Le corps polonais devait, conjointement avec son voisin de droite, le britannique, assurer l’essentiel de l’assaut sur la ville. Le est à cette occasion renforcé de deux brigades d’infanterie, de deux régiments d’artillerie lourde et d’un bataillon de commandos, récemment créés.

De plus, pour ces opérations, les unités britanniques suivantes faisaient partie du corps polonais : blindée britannique ; une fraction de la brigade de sapeurs d’assaut ; motorisée de Gurkhas ; 14/ régiment de hussards ; une partie du de lanciers ; quatre régiments d’artillerie.

L’une des divisions polonaises est la d’infanterie des Confins (Kresowa), dont les effectifs sont constitués de Polonais originaires des Kresy, les parties orientales de la Pologne attribuées à Yalta à la Russie soviétique.

Les forces alliées sont opposées aux unités allemandes suivantes : d'infanterie ; Panzerdivision (du Panzer Corps) ; parachutiste (déjà adversaire des Polonais à Monte Cassino) ; parachutiste.

Le défi pour les forces polonaises consistait à franchir successivement trois rivières bordées de remblais fortifiés par les Allemands.

La bataille L’offensive débuta le à 4 h. par un bombardement aérien et un barrage d’artillerie de 400 canons tirant sur les positions allemandes. Un incident se produisit au cours de ce bombardement : des avions américains larguèrent, par erreur, leurs bombes sur des unités d'assaut polonaises prêtes à l'attaque.

Une attaque fut lancée le soir du même jour. Les Américains et les Britanniques engageaient les flancs allemands, tandis que les Polonais fonçaient vers la ville.

Le , les forces polonaises repoussaient les Allemands au-delà de la rivière Senio. Les lance-flammes du type Crocodile, montés sur des chars et pouvant cracher une formidable colonne de feu à plus de , jouèrent un grand rôle lorsqu'il fallut se frayer un chemin à travers les hauts remblais bordant la rivière.

Du 12 au , les forces polonaises combattirent les Allemands sur la rivière Santerno, et s’emparèrent d’Imola.

Du 15 au , la rivière Sillaro et le furent le théâtre de combats entre les troupes polonaises de la des Confins et la demi-brigade de Gurkhas et la parachutiste allemande.

Le commandant de la britannique donna ordre le aux Polonais de continuer leur poussée vers Bologne à partir de l’est. Selon les plans initiaux, la ville devait être prise par la américaine avançant du sud. Le , les forces polonaises se retrouvèrent face à un adversaire déjà connu, la parachutiste allemande, division d'élite qui avait défendu le Monte Cassino. Les combats furent acharnés, les Allemands étant « farcis de fusées et d'armes anti-chars Faustpatrone ». Les pertes polonaises en chars furent élevées. Mais une tête de pont permit une percée de la blindée polonaise qui brisa la résistance allemande.

Dans la nuit du , un groupe d'assaut polonais approchant de Bologne fut à nouveau la cible de tirs fratricides de l'artillerie américaine, convaincue qu'il ne pouvait y avoir à cet endroit que des troupes allemandes en retraite.

Le , un bataillon de la de chasseurs des Carpates de la d’infanterie des Carpates, venant de l’est, pénétra dans la ville. Ne combattaient plus alors dans la ville que quelques unités allemandes isolées. À les Polonais avaient sécurisé la ville, arborant les couleurs polonaises sur l’hôtel de ville et la tour Asinelli, la plus haute tour de Bologne. La population accueillit les Polonais en libérateurs. À , les chars américains pénétrèrent dans la ville suivis par les unités de partisans italiens du groupe de combat Friuli du général , entré par la Porta Maggiore.

Les lendemains Au cours de cette bataille, le Deuxième corps polonais perdit 234 tués et sur un effectif engagé de .

Ce fut la dernière bataille de cette grande unité, qui fut retirée du front le . Les troupes américaines et britanniques terminèrent l’encerclement des forces allemandes au nord de la rivière Reno et la indienne franchit le Pô.

Les forces allemandes en Italie du Nord capitulèrent le .

Bibliographie . .

Notes et références Note

Références

Voir aussi Articles connexes Campagne d'Italie (Seconde Guerre mondiale) Trahison de l'Ouest Offensive de printemps 1945 en Italie

Catégorie:Bataille ou opération de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Front de l'Ouest de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Histoire de l'Italie au XXe siècle Catégorie:Histoire de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Bataille impliquant la Pologne Catégorie:1945 en Italie Catégorie:Bataille de 1945 Catégorie:Avril 1945 Catégorie:Histoire de Bologne