Les Archives municipales de Lyon sont une direction de la ville de Lyon rattachée à la direction des affaires culturelles.. Elles collectent, classent, conservent, communiquent et valorisent les archives publiques produites par la Ville de Lyon dans ses domaines de compétences, ainsi que des archives privées et iconographiques, des ouvrages et revues et de la documentation relatifs à l'histoire de Lyon. Les fonds conservés couvrent la période du Moyen Âge à nos jours. Le service propose également des activités de valorisation, sur place et en ligne : expositions, publications, ateliers et visites, conférences, podcasts, réseaux sociaux, blog, site Internet. Les Archives municipales de Lyon font partie du réseau des archives communales en France. Le bâtiment est situé des Archives à Lyon (), près de la gare de Lyon-Perrache.
Histoire La charte sapaudine, un acte fondateur Le droit de conserver les archives fait partie des droits et franchises concédés par l’archevêque de Lyon Pierre de Savoie à la Ville de Lyon le dans la charte sapaudine. « Premièrement que les citoyens de Lyon peuvent (...) détenir un coffre commun pour conserver leurs lettres, privilèges et autres instruments juridiques » (traduction de Louis Faivre d'Arcier). Parmi les autres droits et franchises, la commune de Lyon, représentée par des bourgeois, peut également élire des conseillers ou consuls pour s'administrer, lever certains impôts, organiser des gardes de nuit, prendre les armes, ou encore garder les clés et les portes de la ville.
L'original de cette charte est perdu, mais deux copies authentiques sont conservées aux Archives municipales de Lyon et aux Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon. La copie des Archives municipales de Lyon a été réalisée en 1336 sous la direction du consul Étienne de Villeneuve dans un cartulaire, qui regroupe les privilèges de la commune de Lyon et constitue le premier inventaire des Archives de Lyon. Chaque copie est authentifiée par deux notaires. Le texte de la charte est en latin, mais les rubriques (c’est-à-dire les titres des actes, écrits en rouge) sont en français.
La charte sapaudine n'est cependant pas le plus ancien document de la Ville de Lyon conservé aux Archives de Lyon. La revendication de droits par les bourgeois lyonnais débute à Lyon à la fin du , ce qui est tardif dans le contexte des chartes de franchises accordées par le pouvoir seigneurial aux communautés d'habitants depuis les années 1160. Les bourgeois lyonnais commencent à élire leurs représentants, les consuls, avant même d'en avoir le droit. Le plus ancien procès-verbal d'élection des consuls, également appelé syndicat, date ainsi de 1294.
Dans le quartier Saint-Nizier Du début du jusqu’au milieu du , les archives accompagnent l’assemblée municipale dans ses déplacements successifs. Au , elle ne possède pas encore de « maison commune ». Les archives, d’abord confiées à la garde de plusieurs conseillers, sont réunies pour être entreposées dans la chapelle Saint-Jacquême au sud-ouest de l’église Saint-Nizier, dont il ne reste plus trace.. C’est dans cette chapelle qu’ont lieu principalement les assemblées du conseil municipal et que sont prises les délibérations consulaires.
En 1424, celui-ci se dote d’une maison commune rue Longue, à l'angle de la rue de la Fromagerie sur le côté nord de l'église Saint-Nizier. Les archives n’y sont cependant transférées que quarante ans plus tard, en 1464, et de manière partielle. En 1467, une commission est nommée par la municipalité pour inventorier les archives. De vastes coffres, appelés « archebancs de bons noyer bien assaisonné et bien ovrez », sont commandés pour les conserver. Ils servent également de sièges aux élus et à l’administration. Il est décidé en 1508 d’y aménager une salle voûtée dédiée aux archives, mais à peine les travaux terminés, un incendie détruit une partie des documents conservés dans les combles dans la nuit du : aux dégâts de l'incendie, qui concernent les dossiers des procès de la ville, s'ajoutent des vols d'archives comme des rôles de tailles ou les registres de la ville concernant la Rebeyne de 1436. Provisoirement stockées chez un élu de la Ville, les archives regagnent l’hôtel de la rue Longue pour ensuite déménager en 1569, dans de mauvaises conditions, à l’hôtel de Milan rue Grenette, près de la place des Cordeliers. Elles rejoignent de nouveau la maison rue Longue en 1576, avant de gagner en 1604 l’hôtel de la Couronne, rue de la Poulaillerie (actuel musée de l’Imprimerie).
La transmission des archives dépend de ces déménagements successifs, mais aussi des événements comme les incendies ou la prise de Lyon par le baron des Adrets en 1562, qui entraînent des pertes et destructions dans les fonds. Les vols de documents sont également attestés dès le . La gestion des archives est elle aussi en cause, marquant une évolution des années 1410 à 1520 : des années 1410 à 1440, il est de pratique courante que les procureurs et secrétaires du consulat chargés des archives conservent les documents chez eux, en les mêlant parfois avec leurs documents personnels, voire en refusant de les restituer à la fin de leurs fonctions. Les conseillers tentent d'y mettre bon ordre en conservant les clés des coffres où sont rangées les archives, en réclamant les papiers dispersés et en cherchant à les classer et inventorier. Cette tâche devient primordiale entre 1450 et 1480 du fait de l'augmentation de la mise par écrit des documents, qui permet de moins recourir à la mémoire des conseillers. Des inventaires sont commandés, sans pour autant être complets ni précis. Lors de la période suivante entre 1490 et 1510, les conseillers prennent conscience de l'importance de bien conserver les documents, de mieux y accéder et de les transmettre : achat d'armoires, reliures pour remédier aux vracs, prêts de copies et non d'originaux, rédaction d'inventaires et de listes, mais aussi normalisation dans la rédaction et la présentation des documents consulaires.
A l'hôtel de ville gauche|vignette|300x300px|Salon des archives à l'hôtel de ville entre 1653 et 1860 Les archives se stabilisent enfin en déménageant en 1653 dans le nouvel hôtel de ville de Lyon de la place des Terreaux, bâti entre 1646 et 1672, sous la direction de l'architecte Simon Maupin. Une salle voûtée a été prévue pour les accueillir au 1er étage du bâtiment dans l'aile nord. Elle est protégée des incendies et des intrusions par des barreaux aux fenêtres. et par une porte blindée à double battant, faite de bois recouvert de métal et munie de trois serrures. Cette porte protège en partie les archives lors de l'incendie du , car le feu, qui s'est déclaré côté sud, se propage côté nord malgré l'aide active de la population. Des décors du salon des archives sont abîmés dans l'incendie et sa charpente est finalement abattue pour circonscrire le feu. Une partie des documents est évacuée et donc sauvegardée par deux commis secrétaires.
Durant la Révolution française, des archives concernant les titres de noblesse et de privilèges sont détruites sur le Champ de Mars dans la plaine des Brotteaux le : cela concerne notamment des portraits d'échevins et des arbres généalogiques. Le 24 pluviôse an IV (), des archives portant la trace de la féodalité sont brûlées sur la place des Terreaux. Les archives détruites restent connues grâce à l'inventaire en 23 volumes établi par Marc-Antoine Chappe dans la seconde moitié du .
Le décret du , qui réunit à la ville de Lyon La Guillotière, La Croix-Rousse et Vaise et la divise en cinq arrondissements, a plusieurs conséquences sur les Archives de Lyon : si elles deviennent compétentes pour gérer les archives des trois anciennes communes, les conseillers municipaux élus sont dans le même temps supprimés et remplacés par une commission municipale nommée. Dans les faits, le préfet du Rhône administre la ville de Lyon et en 1856, après la mort de Claude-Louis Grandperret, archiviste en chef de la Ville de Lyon, un archiviste-adjoint à celui du département, Prosper Gauthier, devient responsable des archives municipales: il s'agit de l'érudit Fortuné Rolle, qui prend en charge les archives entre 1857 et 1875 et rédige des inventaires.
Cette situation est aggravée par la restauration de l'hôtel de ville effectuée sous la direction de Tony Desjardins, afin d'adapter le bâtiment à l'arrivée de l'administration préfectorale, qui s'y installe de 1858 à 1890. Le salon des archives étant transformé en salle des banquets., les fonds d'archives sont transférés vers 1860 dans les greniers de l'hôtel de ville réaménagés pour les accueillir, mais où leur sécurité et leurs conditions de conservation sont nettement moins bonnes. Les Archives de Lyon ne retrouvent leur indépendance qu'en 1890 avec les nominations successives de Georges Guigue (1890-1910), Paul Rochex (1910-1913) et Jean Vermorel (1913-1934), mettant fin à une gestion commune qui a provoqué des mélanges avec les fonds départementaux et des soustractions.
Au Palais Saint-Jean À la suite d'une inspection de la direction des Archives de France en 1925 par l'inspecteur Alexandre Vidier, ce dernier recommande que les Archives de Lyon soient dirigées par un archiviste paléographe : ce conseil résulte d'un souhait plus large de professionnalisation des personnes chargées des archives en France. L'inspecteur souligne également les problèmes d'accès et de sécurité des documents. Ses recommandations aboutissent à une décision lourde de conséquences : les Archives de Lyon sont pour partie placées sous l'autorité de la Bibliothèque municipale de Lyon. Son directeur, Henry Joly, en devient le conservateur en 1934.
Les fonds confiés à la bibliothèque concernent les archives anciennes antérieures à 1790, ainsi qu'une partie des archives modernes jusqu'en 1870 (séries D, H et I). Ces fonds rejoignent en 1934 la bibliothèque au palais Saint-Jean, tandis que les archives modernes postérieures à 1870 restent à l'hôtel de ville jusqu'en 1974. Au départ de la bibliothèque municipale dans son nouveau bâtiment à la Part-Dieu, les fonds sont de nouveau réunis dans un même lieu.
L’emplacement du palais Saint-Jean dans la ville s’est révélé à plus d’un égard bénéfique pour la fréquentation du service par le public et la diffusion des archives. En revanche, en matière de collecte et de conservation des documents, les locaux ont atteint très tôt leur capacité de stockage et ont toujours présenté de graves inconvénients du fait de la non adaptation des magasins aux documents d’archives. Malgré l’aménagement et la conversion en magasins d’une partie de l’espace souterrain dégagé par la construction du métro de l’avenue Adolphe-Max, les Archives ont dû cesser d’accueillir les versements des services de la ville, faute de place suffisante. À ces dysfonctionnements, s’ajoutait un risque majeur d’incendie dû à la présence d’une cour intérieure transformée en silo métallique de bibliothèque depuis 1911 dénommée « la cage » et équipée de rayonnages en bois.
Aujourd’hui, à Perrache Le , le conseil municipal prenait la décision de transférer les archives de la Ville sur un nouveau site, proche de la gare de Perrache. Les Archives municipales ont ainsi ouvert leurs portes au public le dans un bâtiment entièrement restructuré qui avait été le premier centre de tri postal de « Lyon gare», construit au début du , à proximité immédiate de la gare de Perrache, par l’architecte Jean Clapot qui le réalise dans le goût classique du temps. C’est un quadrilatère organisé autour d’une cour intérieure, dont les façades sur les rues Dugas-Montbel et Gilibert sont particulièrement soignées.