L'enceinte gallo-romaine de Nantes est une muraille entourant la ville de Portus Namnetum (aujourd'hui Nantes, en France), de l'époque de la Gaule romaine jusqu'au Haut Moyen Âge, et dont il ne reste que des vestiges.

Historique

Lors des invasions barbares dans les années 270, la ville de Portus Namnetum limitée à l'actuel quartier Bouffay, est sans défense. La première muraille est construite après 276, à en juger par des bornes milliaires faisant partie de ses fondations, qui portent le nom de l'empereur TaciteInscriptions référencées CIL 17-02, 00389 = et CIL 17-02, 00390 = qui n'a régné que durant cette année. L'édification de la muraille est vraisemblablement achevée par l'empereur ProbusRené Sanquer, « Nantes antique », dans Histoire de Nantes, dir. Paul Bois (1977), ..

L'enceinte parvient à mettre la ville à l'abri des invasions au cours de l'antiquité tardive, mais au , elle ne suffit pas à repousser les attaques des Normands, qui pillent la ville et font brûler la cathédrale romaineNoël-Yves Tonnerre, « Le haut Moyen Âge », dans Bois, Histoire de Nantes, .. Les murs endommagés sont refaits au cours du , l'évêque Foucher au début de ce siècle fait abattre la muraille à l'est de la cathédrale pour l'agrandir., et il fait construire un rempart à l'est du quartier entourant l'édifice, mais cette fortification est à nouveau détruite par les Normands. Vers 940, Alain Barbe-Torte fait élever en hâte un rempart de terre..

Au , de nouveaux murs sont construits par Guy de Thouars et son beau-fils Pierre Mauclerc, duc de Bretagne. À cette époque, une grande partie de l'enceinte romaine est démolie, mais les parties s'étendant le long de l'Erdre et de la Loire restent plus ou moins intactes jusqu'à l'époque moderne, quand la population commence à s'accroître au-delà des limites des murailles anciennes et médiévales. Certains tronçons survivent jusqu'au .

Étendue

La muraille, longue de et couvrant , est l'une des plus grandes enceintes de toute la Gaule. Elle s'étend du château des ducs de Bretagne actuel, au nord vers la cathédrale et la porte Saint-Pierre, puis a l'ouest jusqu'à la rue Saint-Léonard, le long des rues des Cordeliers et Garde-Dieu actuelles, où elle forme le mur nord de l'église du couvent des Cordeliers lors du Moyen Âge tardif. Elle tourne au sud le long de Saint-Léonard et l'ancien cours de l'Erdre, jusqu'au bout de la Loire vers l'église Sainte-Croix et la place du Bouffay actuelles, où sont construits le château du Bouffay et tour du Bouffay au Moyen Âge. D'ici, elle suit la rive de la Loire et prend fin au château. Sur chaque angle (c'est-à-dire au site du château présent, à la porte Saint-Pierre, à Saint-Léonard, et au Bouffay) se dresse une tour circulaire et des tours semi-circulaires d'un diamètre de , ainsi que beaucoup d'autres portes et poternes, sont construites tout au long de son parcoursSanquer, ..

Construction

La construction des parements extérieurs est typique du Bas-Empire romain. Comme l'explique Marcel Giraud-Mangin :

Ce style de construction peut se voir dans tout l'ancien Empire romain, de Londres à Constantinople. Un autre exemple à Nantes se trouve dans l'un des murs de la chapelle Saint-Étienne, qui date de la même époque.

Les fondations de l'enceinte et les premières trois ou quatre assises de pierres sont irrégulières, des moellons rugueux ; évidemment cette partie est sous le sol. Les couches des pierres équarries ont une hauteur de (à Saint-Pierre) ou (au couvent des Cordeliers), et celles des briques 16,5 et respectivement. Les parements intérieurs, en revanche, ne disposent pas de cette composition, ne se composant que des moellons rugueux et rarement des briquesLouis de Laigue, « Nantes à l'époque gallo-romaine (suite) », Annales de Bretagne 33, no. 2 (1918), . (https://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1918_num_33_2_1487).

L'épaisseur de la muraille varie légèrement de (Saint-Pierre) à (couvent). La hauteur varie un peu plus, de 7,5 à Mangin, ..

Vestiges

Au , quelques vestiges de l'enceinte sont visibles au niveau de la place du Bouffay et à l'intérieur d'immeubles de la rue Prémion et de la rue Saint-Léonard, mais ils ont disparu depuisAdrien Blanchet, Les enceintes romaines de la Gaule, Paris, 1907, . (https://archive.org/stream/lesenceintesrom01blangoog). De même, une autre partie, découverte en 1910 rue de l'Écluse (actuelle rue des Trois-Croissants), n'existe plusDe Laigue, ..

De nos jours, il ne reste que les deux vestiges mentionnés au-dessus : cours Saint-Pierre et porte Saint-Pierre (à côté de la cathédrale), ainsi que dans le couvent des Cordeliers (à proximité de l'école Saint-Pierre), et enfin un vestige dans le Musée d'histoire de Nantes au château des ducs. Le tronçon près de la porte Saint-Pierre est fouillé en 1910-1911 ; il ne reste que de sa hauteur, la muraille médiévale ayant été construite par-dessusDe Laigue, ..

La partie la plus grande et la mieux conservée se trouve dans la cour de l'école primaire Saint-Pierre (située au 9 rue du Refuge). Cette relique a une hauteur de et une longueur de Sanquer, .. Au cours du Moyen Âge, deux passages voûtés avec escaliers sont creusés à travers l'enceinte, dans l'un desquels est construite une petite chapelleDe Laigue, ..

Cette dernière, à l'intérieur de l'école, est classée monument historique par arrêté du ..

Galerie de photos

Voir aussi

Bibliographie .

Articles connexes Couvent des Cordeliers de Nantes Porte Saint-Pierre Liste des monuments historiques de Nantes Enceinte médiévale de Nantes Histoire de Nantes Condevincum Patrimoine architectural de Nantes

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Enceinte de Nantes Nantes Catégorie:Monument historique classé en 1926