Le Deutsche Zeitung (journal allemand en français) est un journal à tendance libérale créé le et qui parut jusqu'en . Il est destiné à être distribué dans l'ensemble de la confédération germanique, ce qui est très inhabituel pour l'époque, la confédération germanique étant constituée d'un ensemble de petits et moyens États indépendants.
Éditeur et parution La décision de fonder le est prise à une réunion de députés libéraux du pays de Bade à Durlach le . Friedrich Daniel Bassermann et Karl Mathy, fondateur des , s'occupent de la constitution d'un réseau de correspondants dans l'ensemble de la confédération germanique. Le contrat du fait de Carl Mittermaier, Georg Gottfried Gervinus, Ludwig Häusser et Mathy les rédacteurs du journal. L'historien originaire de Heidelberg Gervinus est de facto rédacteur en chef. Après son retrait, Häusser reprend ce poste.
Bassermann estime que le journal peut devenir rentable à partir d'un tirage de , ce qui est bien plus que le tirage moyen en pays de Bade à l'époque qui est au maximum de . Le premier numéro est paru à et dès la fin de 1847 les 3000 sont atteints. En 1848, le tirage atteint un maximum de .
Il paraît au départ à Heidelberg aux éditions Bassermann. Ce dernier devient également président de la commission constitutionnelle au parlement de Francfort à partir de et veut se concentrer sur ce nouveau poste. Il revend donc le journal contre à Karl Reimer, originaire de Leipzig et propriétaire des éditions Weidmann, le . Le de la même année Francfort devient le lieu de parution du journal.
Après l'échec de la révolution de mars et le discrédit des libéraux lors de la campagne pour imposer la nouvelle constitution, la parution du journal, qui a toujours été déficitaire, cesse en 1850.
Position et influence politique
Le nom du journal exprime sa position favorable à l'unité allemande.
Fondé peu avant la révolution de Mars, le journal est l'organe de direction des libéraux du pays. Il leur permet de se coordonner.
Au total du parlement de Francfort écrivent dans les pages du journal. Son contenu, ses opinions et son style sont dictés par les meneurs du mouvement libéral allemand. La plupart des rédacteurs sont originaires du sud de l'Allemagne, parmi eux on compte : Friedrich Christoph Dahlmann, Heinrich von Gagern, Theodor Reh, Friedrich Theodor Vischer ou . Par ailleurs les nombreux postes de correspondants et le conseil d'honneur du journal lient toutes les personnalités libérales modérées au journal. Hans Adolph Erdmann von Auerswald, , Georg Beseler, David Hansemann, , , Karl Wilhelm Wippermann ou Maximilian von Schwerin-Putzar sont dans ce cas.
Le journal le formule de la manière suivante dans sa première édition :
Le est surtout constitué d'intellectuels et de membres de la bourgeoisie, dite éduquée. En conséquence, il est peu porté sur les volontés révolutionnaires les plus radicales que les démocrates allemands, à l'image de Gustav Struve, Friedrich Hecker et Joseph Fickler, défendent. Il soutient au contraire les décisions prises lors de la réunion d'Heppenheim, le et le travail constitutionnel de l'assemblée nationale de Francfort. Il est très proche de la fraction casino. Son influence politique s'étend sur toute l'Allemagne, tout particulièrement parmi les classes les plus aisées. Cependant à partir de 1849 avec la radicalisation de la révolution et la campagne pour imposer la constitution de Francfort, les libéraux modérés, de plus en plus divisés, perdent en influence et ne peuvent empêcher leur défaite, le journal n'ayant que peu d'influence sur les masses.
La gauche, qui par sa radicalité s'est progressivement transformée d'allié en ennemi des libéraux, a une approche très différente de la presse, tout particulièrement après que le le ministre de l'intérieur du pays de Bade Bekk a accordé plus de liberté à celle-ci. Les radicaux écrivent de nombreux journaux de quelques pages, tirés au maximum à 2 à 3 fois par semaine. Le a par exemple un tirage de . Ils s'adaptent à leurs lecteurs, souvent peu éduqués et ayant généralement une confiance aveugle dans les journaux, en adoptant un style très simple, au contraire du , dirigé directement et de manière agressive contre leurs adversaires politiques. Le gouvernement, tous les biens, les fonctionnaires et les nobles en prennent pour leur grade, souvent sans discernement entre eux d'ailleurs et leur aliénation est explicitement souhaitée.
Le peut donc être vu comme un symbole de la division entre les libéraux modérés et les radicaux-démocrates lors de la révolution de Mars.
Bibliographie
Références
Catégorie:Presse écrite disparue en Allemagne Catégorie:Titre de presse créé en 1847