vignette|Aéroport Ben Gourion, Tel Aviv, Israël.|alt=|320x320px

Limmigration en Israël concerne des individus, essentiellement de confession (ou plutôt, de nationalité) juive, nés dans un autre pays et qui se sont installés en Israël après sa déclaration d'indépendance le . Parce qu'il s'agit d'un État particulier fondé sur des origines (culturelles, religieuse, politique...) définies, l'immigration en Israël ou alyah (montée), Israël possède une population d'origines et de cultures cosmopolites.

En plus de l'alya, il existe différentes formes d'immigration non-juive en Israël.

Depuis quelques années, la société israélienne est touchée par un mouvement de migration inverse, amplifiée par la guerre de Gaza.

Statistiques Les migrations juives se sont amplifiées à partir de 1948 sur ce qui est devenu l'État d'Israël.

En moins de trois ans après son indépendance, Israël a accueilli environ immigrants, pour la plupart rescapés des camps de la mort d'Europe de l'Est ou de pays arabes. En tant qu'État, Israël est le seul pays au monde à avoir accueilli autant de population en aussi peu d'années.

Près de 3,05 millions de personnes sont arrivées en Israël entre 1948 et 2008, sur une population totale de 7,766 millions d'habitants en 2011Une population totale de d'habitants en 2011 Population israélienne en 2011 selon la Banque mondiale, passée à 8,3 millions d'habitants en .

Son taux d'accroissement de la population s'élève à 1,5 % et son taux migratoire est de 2,2 migrants/1 000 environ en 2017.

Les différents groupes ethniques et nationalités du pays se répartissent comme suit (estimations de 2016) : Juif : 74,7 % 76,3 % nés en Israël (sabra) 16,2 % nés en Europe / Amérique / Océanie 4,8 % nés en Afrique 2,7 % nés en Asie Arabe : 25,2 % (principalement de confession musulmane, druze et chrétienne) faible pourcentage variable de non-classés

Plus de Israéliens vivent dans les hauteurs du Golan, territoire syrien, conquis par l'armée israélienne au (en 2022) ; environ 500 000 Israéliens sont implantés en Cisjordanie, zone annexée par le pouvoir jordanien en 1950, également conquise par l'armée en ; de plus, environ israéliens vivent à Jérusalem-Est, secteur conquis par l'armée israélienne dès le , au cours de la guerre des Six Jours .

Entre 1948 et 2008, Israël compte près de habitants supplémentaires chaque année. Cependant, cela cache des disparités à l'échelle des temps avec un maximum atteint en 1949 avec arrivées, contre seulement en 1986.

Vagues migratoires thumb|Arrivées en Israël entre 1948 et 2008.

Cette affluence migratoire n'a donc pas été continue car deux phases d'arrivées massives se distinguent : la première à la suite de la création de l'État israélien et jusqu'en 1951 ; et la seconde au début des années 1990 en lien avec le démantèlement de l'URSS. Ainsi, ces deux périodes majeures (soit six années : 1948-1951 et 1990-1991) cumulent à elles-seules 1,064 million d'arrivées (environ migrants chaque année), soit 34,9 % du total de la période 1948-2008.

En effet, au cours de cette période de 1948-2008, l'immigration vers l’État d'Israël s'est faite par vagues, et ceci avec des aires géographiques spécifiques à chacune des vagues. Les migrants sont donc d'origine très variée. Entre 1948 et 1995, quatre ensembles de pays prédominent dans les affluences : – l'URSS : 813 708 arrivées dont près de 73 % entre 1990 et 1995 (soit près de 600 000 soviétiques déplacés) ; – l'ensemble Bulgarie-Pologne-Roumanie : migrants dont 69 % entre 1948 et 1960 (soit environ arrivées) ; – le Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) : 3 arrivées dont 80 % entre 1952 et 1971 (soit près de habitants supplémentaires) ; – le bloc Irak-Iran-Syrie-Turquie : migrants dont 76 % entre 1948 et 1960 (soit environ arrivées).vignette|Localisation des communautés juives en Inde avant leur émigration en Israël.

+ Immigration vers Israël par pays (1948-1995)PaysArrivéesURSS 813 708Maghreb 345 753Roumanie 273 957Pologne 171 753Irak 130 302Iran 76 000États-Unis 71 480Turquie 61 374Yémen 51 158Éthiopie 48 624Argentine 43 990Bulgarie 42 703Égypte et Soudan 37 548Libye 35 865France 31 172Hongrie 30 316Inde 26 759Royaume-Uni 26 236République tchèque 23 984Allemagne 17 912Afrique-du-Sud 16 277Yougoslavie 10 141Syrie 10 078

centré|vignette|439x439px|Répartition des arrivées en Israël depuis 1948 en fonction du pays d'origine du migrant. (Rouge : 1940' - 1950' ; Vert : 1960' - 1970' ; Violet et Bleu : 1980' ; Orange : 1990'.) Les déplacements migratoires qu'a connu Israël concernent donc des populations juives de zones géographiques variées, et sont concentrés sur des périodes très courtes : sur la période d'étude, près des trois quarts des Juifs déplacés d'une même aire géographique affluent en moins d'une vingtaine d'années.

Immigration juive vignette|Jeune immigrant vers Israël sur le navire Ben Hecht, 1947.

Avant 1948 À la fin du et dans la première moitié du , l'affirmation de nationalismes en Europe centrale et orientale s'accompagne de mesures antisémites prises contre la minorité juive. Les massacres nazis des années 1930-1940 vont renforcer cette émigration de l'Europe vers Israël, la Terre de leurs ancêtres mythiques car malgré l'extermination des Juifs, les rescapés de la Shoah fuyant les ruines de l'antisémitisme, sont à la recherche d'une vie meilleure et libre. A la faveur de la déclaration Balfour du 2 novembre 1917, des mesures anti-juives en Allemagne notamment et de la montée de l'antisémitisme, des Juifs essentiellement européens s'installent en Palestine, sous mandat britannique, au vu de la décision de la Société des Nations en 1922. Les recensements effectués font état de cette arrivée : environ 83 000 juifs en 1922, plus de 174000 en 1931 et 553 000 environ en 1945 (enquête : " village statistics " en avril 1945).

Après 1948 Les années 1940 et 1950  vignette|Réfugiés juifs d'Irak en Israël, 1951.Les rescapés de la Shoah mais aussi des Juifs polonais, roumains, bulgares et tchécoslovaques vont émigrer en Israël jusque dans les années 1960, profitant à partir de 1950 de la Loi du Retour, base de la fondation de l’État. Celle-ci attribue la nationalité israélienne à toute personne juive. Ainsi, entre 1948 et 1951, Juifs européens, principalement citadins, rejoignent Israël.

Les années 1960 et 1970 Après 1948 et jusqu'en 1970, les pays arabes voisins d'Israël sont fortement perturbés en raison de guerres avec cet État nouvellement créé (comme celle des Six Jours en 1967), entraînant une dégradation de la situation des minorités juives mizrahi dans ces pays. Ainsi, dans ces régions, les Juifs sont soit expulsés par les dirigeants arabes, soit choisissent de partir à la quête d'une amélioration de leurs conditions de vie. De plus, de vastes opérations s'organisent comme au Yémen avec l' et en Irak avec l', pour « rapatrier » les Juifs des pays arabes vers le foyer national juif.

De plus, les pays du Maghreb connaissent aussi de violents mouvements nationalistes, entraînant leur indépendance entre 1956 et 1962 (Maroc et Tunisie puis Algérie). Au total, ce sont près de Juifs séfarades du Grand Maghreb, qui immigrent en Israël, représentant un peu moins de la moitié des retours jusqu'en 1971, et près de Juifs d'Iran, de Turquie, d'Irak, de Syrie et du Yémen, qui rejoignent Israël de 1948 à 1971.

À ces derniers, s'ajoute la migration de Juifs mizrahim indiens, causée par des pressions religieuses, mais aussi dans l'optique de se réunir en « Terre promise ».⁹

Contrairement aux Juifs ashkénazes en provenance d'Europe, les Juifs mizrahi du Moyen-Orient, d'Inde et du Maghreb connaissent en Israël des difficultés d'intégration, ayant un statut social et économique faible.

À partir de 1968, Israël subit une transformation démographique capitale, avec l'arrivée des premiers immigrants russes. En Union soviétique, les Juifs sont alors confrontés à un antisémitisme d'État aux accents conspirationnistes qui se réclame de l'antisionismeWilliam Korey, « Les racines de l’antisémitisme et son développement en Union soviétique », Pratique de l'histoire et dévoiements négationnistes, 1972, republié en 2022. qui assimile volontiers sionistes et JuifsVictor Fay, « Le problème juif en Union soviétique », Le Monde diplomatique, septembre 1967, 10-11.. Cela incite de nombreux Juifs à quitter l'URSS pour IsraëlAlexandra Goujon, « Fainberg (Sarah) – Les discriminés. L’antisémitisme soviétique après Staline. – Paris, Fayard, 2014. 416 p. Illustrations. Annexes. Bibliogr. ». Revue française de science politique, 2016/3-4, vol. 66, 2016, , sur shs.cairn.info.. Un premier pic est atteint en 1973 où soviétiques arrivent en Israël.

Les années 1980 Les années 1980 marquent une rupture dans la dynamique migratoire israélienne. En effet, il y a 43 % en moins d'immigrés en Israël entre 1980 et 1989 qu'entre 1972 et 1979. De plus, à plusieurs reprises, le bilan migratoire de la population juive devient négatif, les départs (notamment vers les États-Unis) étant plus nombreux que les arrivées.

Pour autant, un changement dans la composition des nouveaux arrivants s'amorce de par la venue de près de Juifs français et britanniques, Juifs américains entre 1980 et 2000. Le motif principal est la volonté de trouver du travail, et ceci étant d'autant plus prononcé pour les Juifs argentins qui rejoignent Israël entre 1972 et 1989. Ces derniers, victimes de crises économiques, politiques et sociales qui touchent le pays, sont attirés par Israël, qui leur garantit une aide financière.

Par ailleurs, les Juifs éthiopiens, appelés Falashas, sont nombreux à immigrer vers Israël. Au total, près de personnes quittent leur pays pour l’État israélien entre 1980 et 2006, à cause de conflits frontaliers soit avec la Somalie de 1977 à 1998, soit avec l’Érythrée de 1998 à 2000. Ces mouvements migratoires sont ponctués tout d'abord par l', qui permet la venue de plus de falashas entre et , et puis par l', menée en avec le transfert de Juifs éthiopiens. Principalement jeunes (la moitié ayant moins de 18 ans) et isolés par leur culture et leurs coutumes, ils rencontrent au début de graves problèmes d'intégration dans la société israélienne qui s'amenuisent lentement.

Les années 1990  Dans les années 1990, on assiste à une immigration massive des Juifs soviétiques. À la suite de rapprochements opérés par Mikhaïl Gorbatchev entre l'URSS et Israël, près de Juifs de l'ex-URSS immigrent vers l’État israélien, représentant 81 % des retours, entre 1990 et 1999. Mais ces mouvements ont été largement accentués par la mise en place de la Perestroïka et de la Glasnost sous le gouvernement de M. Gorbatchev (accordant plus de libertés), par la détérioration de l'économie de l'URSS et par les conflits ethniques dans les anciennes républiques.

D'origine urbaine, les immigrés se répartissent dans les grandes villes, leurs niveaux culturel et professionnel étant élevés (adultes de formation universitaire : médecin, scientifique et artiste). Il s'ensuit aussi, en lien avec la chute du communisme en URSS et en Europe, d'autres vagues d'immigration mais de plus petites ampleurs. Près de Juifs des anciennes républiques de l'URSS d'Asie centrale et Européens de l'Est rejoignent Israël, durant la première décennie après la dislocation de l'URSS. À cela s'ajoute l'arrivée de Juifs yougoslaves seulement pour l'année 1992, date de l'éclatement de la république fédérative socialiste de Yougoslavie.

Durant cette même période et en lien avec la fin de l'Apartheid en 1991, la plupart des Juifs d'Afrique du Sud migrent vers Israël.

Immigration non juive Immigration de travail