Labbaye Notre-Dame de Faverney est un édifice protégé des monuments historiques situé à Faverney, en Haute-Saône. Elle a accueilli un monastère de moniales bénédictines entre 747 et 1132, puis un monastère de moines bénédictins de la Chaise-Dieu de 1137 à 1789. Les premières traces de l'abbaye remontent au . D'obédience bénédictine, elle fut donnée aux moines de La Chaise-Dieu en 1132. L'abbaye subit plusieurs campagnes de reconstructions, notamment aux . Certains bâtiments du sont l'œuvre de l'architecte Vincent Duchesne. Vendu comme bien national en 1789, et en partie démantelée, elle subit des campagnes de reconstructions aux . De 1911 à 1967, elle fut le siège du séminaire de Philosophie.

L'église est classée au titre des monuments historiques depuis 1846, tandis que les bâtiments de l'ancienne abbaye sont inscrits depuis 1996. Elle est érigée en basilique par le pape Pie X en 1912.

Localisation Sur les bords de la Lanterne, affluent de la Saône elle est située au milieu du bourg de Faverney à au nord-ouest de Vesoul, chef-lieu du département de la Haute-Saône, dans le canton de Port sur Saône , en région Bourgogne-Franche-Comté.

Histoire Les moniales C'est en 722, que Saint Widrad (Wideradus en latin), fondateur et deuxième abbé de l'abbaye Saint-Pierre de Flavigny, fonde pour une de ses sœurs ce monastère en ce lieu et pour une autre prénommée Décie, l'abbaye Saint-Andoche de Saulieu.

Certains ont voulu voir dans Goidila la première abbesse, la sœur du fondateurGérard Moyse, Les origines du monachisme dans le diocèse de Besançon , second article CXXXXI, deuxième livraison, juillet décembre 1973, Bibliothèque de l'École des Chartes, publié par la Société de l'École des Chartes, -393.. Cette communauté de femmes fut bien fondée d'après les actes au Nécologe précédent la Chronique de Hugues de Flavigny au et les Acta Bertarii et Ataleni de Flaverney-Bleurville dont l'auteur est inconnu., mais rien n'autorise à croire que cette Goidila fut la sœur de « Wideradus », car elle n'apparaît qu'à la fin du , alors que lui est décédé le . C'est par cette Chronique que nous connaissons les liens qui unissent l'abbaye de Flavigny à celle de Faverney sans pour autant en préciser le degré. Wideradus ou Waré, ce seigneur bourguignon fondateur de l'abbaye étant devenu entre-temps, abbé laïc de l'abbaye Saint-Pierre de Flavigny.

Les Acta Bertarii et Ataleni texte hagiographique des environs du nous apprend que sous le règne du roi des Francs Pépin le Bref, le ces deux personnages : Berthaire et Athalein devinrent des martyrs. Se rendant en pèlerinage, à Rome ils furent détournés de leur itinéraire par Agenulfe qui les entraîna chez Servat. C'est le lendemain que leurs corps sans têtes furent découverts en bordure du chemin menant de Menoux au village de La Rosière, à une distance d'un peu plus de de l'abbaye. Un pêcheur de Bourguignon-lès-Conflans, village voisin, repêcha dans ses filets les têtes des deux martyrs au milieu de la rivière la Lanterne. L'abbesse de Faverney dite aussi Gude, accourue avec quelques religieuses pour transporter les reliques dans leur couvent, mais les corps refusaient d'être déplacés. À cet endroit nommé par la suite Saint Berthaire sur la commune de Saint-Rémy, l'abbesse fit élever une chapelle.

Au cours du , les corps de Berthaire et d'Athalein furent transportés à Bleurville (Vosges, canton de Monthureux-sur-Saône), village situé à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Faverney. Ces reliques seront à l'origine de la fondation d'une abbaye bénédictine placée sous le patronage de saint Maur et des martyrs Berthaire (ou Bathaire) et Athalein.

L'abbaye de Faverney était connue au temps de la reine Brunehaut, car c'est près de ce lieu qu'elle fit occire le patrice Velfe. Il n'y a que peu d'informations sur cette époque, sinon que cette abbaye était en 817 parmi les plus imposées du royaume de l'empereur du Saint-Empire Louis le Pieux, et qu'elle comprenait outre les religieuses, une communauté d'hommes dépendant de l'abbaye de Luxeuil.

Dans le traité d'Aix-la-Chapelle en 832, ce monastère est compris parmi ceux fournissant au roi des soldats et des subsides. Elle passe ensuite sous la coupe du roi de Bavière Louis le Germanique, dans le partage des États du roi d'Italie . Le roi des Francs Louis IV d'Outremer, la donna à Adalard et Adile son épouse à la condition qu'à son décès elle recouvre sa première liberté.

Au , l'abbaye est abandonnée par les religieuses. L'archevêque Anseric la donna en 1132 à l'abbé de La Chaise-Dieu qui y plaça des religieux bénédictins venant de son couventAbbé Hugues du Tems, op. cit, ..

Les moines Installés le , les quatorze moines et leur abbé : Bernard, relèvent l'abbaye de ses ruines.

Une association de prières est formée entre les abbayes de Clairefontaine, Faverney, Cherlieu et La Chaise-Dieu au Morey, Notice, ; Mantelet, Histoire, ; Bullet, Manuscrit, , d'après Dom Bebin ; Besson, Mémoire, ; Dom Grappin, Mémoires, ..

En 1260, l'abbé-baron Pierre III confirme que les habitants étaient des hommes libres et ceux-ci reconnaissaient dans le même document être :« Qu'ils étaient les hommes de l'abbé et du monastère de Faverney, ses levants manants et couchants et que ces derniers avaient sur eux toute justice, haute et basse, tout droit de coercition, de juridiction et de châtiment, celui de confisquer leurs biens et de les frapper d'amende et de peine, taillables envers lesdits abbés et couvent comme ils l'ont été jusqu'alors. » L'abbé reconnut quelque temps plus tard que les habitants de Faverney étaient de tout temps des hommes libres, ainsi que tous ceux du ressort de l'abbaye. Abolissant ainsi la mainmorte sur toute l'étendue de la juridiction de l'abbaye.

À partir de 1439 et pendant cinquante ans vont se succéder avec les abbés de Faverney, les bandes anglaises d'écorcheurs et la politique du roi de France la décadence progressive de l'abbaye. Puis par trois fois l'abbaye connaîtra les affres de la soldatesque, avec en 1474, la descente des aventuriers lorrains, suisses et alsaciens sous les ordres de Jean IV de Chalon, seigneur d'Arlay et du chef des Alsaciens révoltés : Nicolas de Diesbach contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire et d'autre part le roi de France Louis XI. Puis en 1478 de nouveau les troupes de Louis XI venues pour se venger des princes ayant pris le parti de Marie de Bourgogne. L'abbaye y vit camper dans ses murs 1500 soldats dauphinois. Sept moines survécurent à ce massacre.

En 1486, il ne reste que quatre religieux dans l'abbaye pratiquement en ruines. Puis en 1569, des troupes de soldats sèment à nouveau la désolation dans la région, pillant et incendiant les églises avec la bénédiction des princes protestants. Faverney sera comprise dans ce lot deux ans après le départ de l'abbé Charles Perrenot de Granvelle.

Le Miracle

La Réforme En 1613, ce sont les bénédictins de la Congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe qui viendront pour restaurer la règle dans le monastère et le quitteront chassés par la Révolution française.

La Révolution Pendant la Révolution française, les religieux sont chassés de l'abbaye. Les bâtiments sont transformés en prison, puis en hospice militaire et revendus par lots à des particuliers.

Du Madame Garret rachète à la fin du une partie des locaux, puis la totalité. Elle consacre son temps et son argent à restaurer l'édifice dès 1896 dont les travaux seront achevés pour le du Miracle. L'abbaye deviendra par la suite une école de dentellières, pour jeunes filles. Puis une distillerie où sera fabriquée une liqueur au nom évocateur de La Sancta. Après la fermeture du séminaire de Vesoul en 1906, Madame Garret fait don et met à ces religieux des grands bâtiments conventuels. Le grand séminaire de Faverney ouvre ses portes en 1911 et les fermera 56 ans plus tard en 1967.

L'église abbatiale est classée au titre des monuments historiques depuis 1846, tandis que les bâtiments de l'ancienne abbaye sont inscrits depuis 1996.

Architecture Église abbatiale vignette|gauche|L'entrée de l'église. vignette|Mise au tombeau, dans l'église abbatiale.

Cette église orientée, le chevet au Levant est un sanctuaire marial à répit. Les parties actuellement visibles furent construites sous les abbatiats de : Bernard, Pierre , Lambert et Guichard. Elle connut des transformations à travers les âges. La nef et les bas-côtés de style roman, construction probable du , reprise en grande partie au et le chœur de style gothique.

Son plafond était à l'origine lambrissé ou à charpente apparente avec un étage de fenêtres ébrasées en plein cintre. Sur sa façade, fut dressé au un porche, épaulé de contreforts qui subira des restaurations au cours des et . Elle prit sa forme et ses dimensions actuelles, lors des travaux réalisés à la fin du et au début du . Elle reçut l'adjonction à cette époque à l'Est de chaque croisillon, d'une chapelle rectangulaire. Le chœur fut agrandi et se termine par une abside polygonale. Les ouvertures romanes d'origine furent masquées par le couvrement du vaisseau sur croisées d'ogives.

Elle fut pillée en 1569 et en 1595, ainsi qu'à la Révolution. Elle est devenue paroissiale en 1803 et fut érigée en basilique mineure en 1912. Cette église est .

La nef vignette|La nef de l'église.

D'une longueur de pour une largeur de , elle s'élève à une hauteur de , les bas-côtés ont une largeur de pour une hauteur de . Sur le bas-côté droit en entrant par le portail principal, se trouve un grand Christ en bois de chêne qui fut endommagé à la Révolution et restauré deux siècles plus tard, en 1911.

Sur le pilier séparant la de la du côté droit de l'entrée se trouve une inscription sculptée : « Ci-gist frère Jean de Valeroy qui trépassa le XIX d'avril l'an CCCLV Dieu ay son...»Valeroy, hameau entre Bougnon et Villers-sur-Port, à proximité de Port-sur-Saône..

Sur le , séparant la septième travée du transept, sur le côté droit de l'entrée, se trouve une statue de saint Joseph, polychrome et dorée, datée du sur sa gauche une statue de la Vierge à l'Enfant datée du en bois polychrome et doré, posée sur un socle en cul de poule. Dans la même travée, sur le côté opposé face à la statue de la Vierge, se trouve une statue en bois doré du représentant saint François Xavier et à côté saint Vincent en bois polychrome et doré, également du .

À hauteur de la sur le bas-côté gauche de la nef, en remontant vers le chœur, s'ouvre une chapelle sous le vocable de saint Jean. Elle renferme un autel-tombeau en marbre et stuc du .

Les arcades en plein cintre ont une hauteur de dont les piliers sont alternativement ronds, octogonaux ou carrés sans bases ni chapiteaux, ceux qui sont ronds ont la particularité de posséder, dans leur partie haute, un anneau saillant qui supporte la corbeille à angles chanfreinés sur laquelle reposent les cintres. La nef avait à l'origine une charpente apparente qui reposait sur la corniche intérieure et au-dessus de chaque arcade se trouvait une fenêtre cintrée à du sol.

Les bas-côtés ou collatéraux, étaient jadis éclairés par des fenêtres cintrées de la même dimension que celles de la nef. Une est encore visible du côté du collatéral droit à côté du porche.

Le transept Développe une longueur de . Dans sa partie gauche en direction du sanctuaire, juste après la chapelle Saint-Jean se trouve un enfeu surbaissé contenant le tombeau du sieur de Bouligney que firent faire ses filles en 1329. Le chanfrein porte l'inscription de la sépulture de Marguerite de Gésincourt, épouse d'Étienne de Gévigney, décédée en 1330. Aux côtés de cette inscription, les armoiries des Maisons de Bougey et d'Oiselay. Sur la gauche de l'enfeu une inscription pour la sépulture de Jeanne de Mont-Saint-Léger, trépassée en l'an 1467.