Tanith Lee, née à Londres le et morte le , est une romancière anglaise de science-fiction féministe, ayant à son actif près de 90 romans (dont 22 publiés en France) et plus de 300 nouvelles.

En 1980, elle est la première femme à recevoir le prix British Fantasy du meilleur roman pour Le Maître de la mort. Son travail est récompensé de nombreux prix, dont le prix World Fantasy de la meilleure nouvelle en 1983 et en 1984, le prix Grand Maître du World Fantasy en 2013, et le prix Bram-Stoker dans la catégorie "Grands Maîtres" en 2014.

Elle est également l'autrice d'un livre illustré pour enfants (Animal Castle), de nombreux poèmes, et a écrit deux épisodes de la série de science-fiction de la BCC Blake's 7 (Sand and Sarcophagus).

Biographie Jeunesse Tanith Lee naît le à Londres. Ses parents sont les danseurs professionnels Bernard et Hylda Lee. Contrairement à des rumeurs persistantes, elle n'est pas la fille de Bernard Lee (l'acteur qui jouait "M" dans la série de films James Bond entre 1962 et 1979).

Tanith Lee subit du harcèlement dans l'enfance, malgré des années qu'elle décrit comme "heureuses", et doit déménager souvent à cause du métier de ses parents - An audio interview with Tanith Lee. Sa famille est pauvre, mais possède cependant une large collection de livres imprimés.

A cause d'une dyslexie tardivement diagnostiquée, Tanith Lee rencontre des difficultés pour lire et s'en dit d'abord "incapable". Son père lui apprend à lire lorsqu'elle a , et elle commence à écrire à l'âge de . Elle lit des ouvrages de weird fiction, comme Douce-Agile ou La licorne (The Silken Swift) de Theodore Sturgeon et Gabriel Ernest de Saki, et a des discussions littéraires sur les ouvrages de Hamlet et de Dracula avec ses parents.

En raison des déménagements causés par la profession de ses parents, Lee fréquente de nombreuses écoles primaires, puis la Prendergast Grammar School for Girls. Après le lycée, elle est élève au Croydon College of Art pendant un an. Elle réalise que ce n'est pas ce qu'elle veut faire, et met fin à ses études. Elle fait différents métiers, comme commis au dossier, serveuse, vendeuse et bibliothécaire adjointe.

Carrière d'écrivaine Sa première œuvre publiée est The Betrothed (1968), une nouvelle imprimée en peu d'exemplaires par une de ses connaissances. Sa première publication professionnelle est Eustace, une vignette de quatre-vingt-dix mots qu'elle publie à l'âge de , en 1968.

Cependant, Tanith Lee se met sérieusement à l'écriture avec des histoires destinées aux enfants. Son premier roman, The Dragon Hoard, publié en 1971 par Macmillan, est une œuvre de fantasy humoristique, dans laquelle une enchanteresse force un protagoniste débordé par ses quêtes à se transformer en corbeau au gré de ses envies. S'ensuit Princess Hynchatti & Some Other Surprises, une compilation d'histoires liées publiée en 1972. Companions on the Road (1975) met en scène un trio de spectres infernaux, qui tuent grâce au contrôle des Rêves et sont à la recherche d'un calice magique. Enfin, The Winter Players (1976) raconte la rédemption d'un vagabond maudit suite à la rencontre d'une jeune fille.

Différents motifs dominent ces écrits de jeunesse : un rite de passage au cours duquel un ou une jeune protagoniste se réconcilie, souvent par la métamorphose, avec sa nature extraordinaire, et s'efforce de conserver l'équilibre dans un monde qui se déchire; des paysages vivants, mais indéterminés, servant de toile de fond presque interchangeable à des drames psychiques, et enfin, une certaine indifférence à l'égard de tout règlement de comptes moralisateur, ses récits tendant à se clore sur des personnages "bons" et "méchants" s'alliant dans un partenariat délicat.

Malgré ces publications, elle essuie des refus, et continue des métiers plus alimentaires en parallèle de son travail d'écrivain.

Sa carrière décolle en 1975 lorsque la maison d'édition DAW Books USA, spécialisée dans la fantasy et la science-fiction, publie son roman de fantasy épique pour adulte La Déesse Voilée (The Birthgrave), et en fait un livre de poche grand public. Par la suite, Lee maintient une production prolifique dans le domaine de l'écriture de genre populaire. La Déesse voilée lui permet de devenir écrivaine à temps plein, et d'arrête de « faire des métiers stupides et abrutissants ».

A la fin des années 1980, elle publie trois collections d'ouvrages : Dreams of Dark and Light (1986), Women as Demons (1989) et The Forests of the Night (1989).

Durant les années 1990, sa carrière connaît des hauts et des bas, en raison des tendances changeantes des éditeurs. Des maisons d'édition célèbres refusent de publier ses œuvres plus tardives.Contains different text than other Alison Flood article., et même des maisons avec laquelle Lee travaille depuis des années refusent de considérer ses propositions. Seules quelques œuvres de Lee sont publiées à l'époque, par des éditeurs moins connus. Ces refus ne l'empêchent pas de continuer à écrire de nombreux romans et nouvelles, sans qu'elles soient publiées. Des lettres de fans vont jusqu'à demander si elle n'est pas décédée, en l'absence de nouveau livre publié. Tanith Lee essaie de changer de genre d'écriture, sans succès. Ce sont les ventes en ligne qui vont redonner un élan à sa carrière.

Vie personnelle et mort En 1987, Lee rencontre l'artiste et écrivain John Kaiine, qu'elle épouse en 1992. Ils vivent ensemble dans le sud de l'Angleterre.

Lee décède d'un cancer du sein dans son domicile de l'East Sussex le 24 May 2015.

Thèmes récurrents et genres de prédilection Tanith Lee s'inspire des dynamiques des romans d'apprentissage pour construire ses récits et ses personnages, à l'instar de La Déesse Voilée, où la protagoniste entreprend un voyage pour comprendre son identité et sa culture. La recherche d'identité dans des sociétés mouvantes sont souvent explorées, comme dans sa série de science-fiction Four-BEE, qui explore la culture de la jeunesse et la notion d'identité dans une société qui accorde une liberté totale à des adolescents éternellement jeunes, recevant après leur mort de nouveaux corps, de nouveaux genres et une nouvelle identité pour l'éternité.

Dans plusieurs de ses histoires, et notamment dans ses récits Wolfland et Lycanthia, Tanith Lee s'amuse à renverser les représentations d'icônes de la culture populaire, ici les loups-garou, en rapprochant les comportements des loups-garous des modèles sociaux et de chasse des loups sauvages, altérant ainsi le mythe pour lui conférer un aspect plus positif.

Tanith Lee s'inspire de différentes cultures, périodes historiques et mythologies. Sa fiction historique Les dieux ont soif (The Gods Are Thirsty), dont le titre fait référence au livre éponyme d'Anatole France, se déroule pendant la Révolution Française. Certains de ses ouvrages plus tardifs sont inspirés de la mythologie babylonienne (Le livre de la bête, 1988).

Son écriture prolifique s’exprime dans des genres très différents, qu'il s'agisse de la fantasy pour adulte, la fantasy pour enfants, la science-fiction, l'horreur, l'horreur gothique, la romance gothique et la fiction historique. Son cycle de cinq romans, Le Dit de la Terre-Plate, commençant par Le Maître de la Nuit et Le Maître de la Mort, est similaire en termes de portée et d'ampleur, au cycle de fantasy de Jack Vance La Terre mourante.

Style d'écriture Le style de Lee est souvent salué pour son utilisation d'une prose poétique riche et d'images saisissantes. Les critiques décrivent son style comme étrange, luxuriant, vibrant, exotique, érotique, riche, élégant, pervers et d'une beauté sombre ("weird, lush, vibrant, exotic, erotic, rich, elegant, perverse, and darkly beautiful"). La technique qu'elle utilise est très descriptive et poétique, en accord avec les thèmes qu'elle aborde dans ses récits mythiques. Elle est saluée pour sa capacité à trouver un équilibre entre son style étrange et les défis liés à l'écriture d'un monde imaginaire, mais reçoit des critiques sur son style d'écriture, pas toujours facile à appréhender pour le lecteur. Elle laisse parfois le lecteur avec des questions sans réponse.

Thèmes Les écrits de Lee proposaient souvent des interprétations non conventionnelles des contes de fées, des histoires de vampires, des mythes et du genre fantastique , ainsi que des thèmes abordant le féminisme et la sexualité. Elle est également autrice de fiction lesbienne sous le nom de plume d'Esther Garber.

Outre le féminisme et la sexualité, Lee a abordé un large éventail de thèmes dans ses récits. De 1975 à 1980, elle se lance dans l'écriture de science-fiction gothique. Son premier roman gothique, Sabella ou la pierre de sang, traite des thèmes de la solitude et de la peur.

La nouvelle la plus célèbre de Lee, Elle Est Trois, la Mort, qui explore le lien entre autodestruction et créativité, « aborde des thèmes tels que la psychose et la sexualité, l'asservissement des femmes et le pouvoir de persuasion du mythe, qui s'entremêlent tout au long du récit ». Le mythe est à nouveau présent (aux côtés de la question raciale) dans sa série littéraire Guerre de Vis, avec Seigneur des Tempêtes, Anackire et The White Serpent.

Lee a produit trois séries d'horreur originales dans les années 1990 ; la première, The Book of the Damned, aborde les thèmes du vol de corps et du métamorphisme. Les thèmes de l'homophobie, du racisme et du sexisme sont abordés dans sa série L'Opéra de Sang. Lee cycle de Vénus, quant à lui, traite de l'amour, de la perte et de la vengeance.

Son recueil Disturbed By Her Song aborde les thèmes de l'érotisme, du désespoir, de l'isolement et de la pression exercée par une société impitoyable et hostile.

Ces thèmes reviennent dans son roman de 1976, Ne mords pas le soleil, où les personnages mènent une vie très érotique et où la protagoniste est en proie au désespoir. L'érotisme refait surface dans son roman Le Maître de la Mort (série Le Dit de la Terre-Plate), qui explore les origines de l'érotisme dans l'enfance et les « conflits ultérieurs qui en découlent ». La suite de Ne mords pas le soleil, intitulée Le vin saphir, est thématiquement similaire à ses autres œuvres, en ce sens qu'elle aborde les thèmes de la mort et du renouveau, de la sexualité et de l'amour. Le thème de la reconnaissance y apparaît également , dans la mesure où les personnages sont contraints de reconnaître les autres et eux-mêmes dans un monde où la forme physique est si facilement modifiable.

Analyse de l'œuvre Selon Jeanne-A Debats son roman Ne mords pas le soleil .

Influences Tanith Lee a été influencée par de nombreux genres, notamment d'autres écrivains, la musique, le cinéma et « de petites choses » - An interview with Tanith Lee. Sa série Le Dit de la Terre-Plate s'inspire d'un jeu auquel elle jouait avec sa mère ; certaines de ses autres œuvres s'inspirent des contes de fées que sa mère lui racontait. Une grande partie de son travail puise son inspiration dans des « petites choses » plutôt que dans des sources d'inspiration majeures - An interview with Tanith Lee.

Auteurs et autrices Lee a été inspirée par les romans et dramaturgies de Graham Greene, Rebecca West, Elizabeth Bowen, Jack Vance, Fritz Leiber, Theodore Sturgeon, Angela Carter, Jane Gaskell, Charles Dickens, William Shakespeare, William Blake, Anton Tchekov, Harold Pinter, Tennessee Williams, Arthur Miller, Ibsen, August Strindberg, Ivan Tourgueniev, Ivan Bounine, James, Rosemary Sutcliff, Mary Renault, Jean Rhys, John Fowles, John le Carré, les sœurs Brontë, E.M. Forster, W. Somerset Maugham, Isabel Allende, Margaret Atwood, Ruth Rendell, Lawrence Durrell, Elroy Flecker, and Ted Hughes - Our interview with Tanith Lee. Lee considère que les écrits de Virginia Woolf et de C.S. Lewis l'ont influencée dès le plus jeune âge.

Autres sources d'influence