Tamines (en wallon Tamène) est une section de la commune belge de Sambreville, située en Région wallonne dans la province de Namur. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie Dans les sources médiévales, le nom Tamines apparaît sous des formes variées, que Jean Ficheret signale comme appartenant à deux grands ensembles graphiques : l’un conservant une initiale en th, l’autre l’abandonnant progressivement. Les graphies anciennes, attestées entre 1192 et 1538, montrent des fluctuations du suffixe, un dédoublement du n, l’emploi de y à la place de i, ou encore l’ajout d’un s final. Certaines variantes, telles que Thaminnes (1192), Thamines (1214–1331) ou Thamyenne (1538), se rapprochent du parler local Tamenne, ce que Ficheret interprète comme un indice de continuité phonétique.

Parallèlement, un second groupe de formes, déjà présent dès 1232, évolue vers l’orthographe moderne en éliminant l’initiale th. On y rencontre des graphies comme Tamine (1534, 1637), Tamines (1232–1647), Taminez (1497, 1538), Taminne (1772), Tamynnes (1227, 1282) ou encore le singulier Tammez (1553)’. Jean Ficheret note également une occurrence isolée de Taminnes sur Sambre en 1616. Malgré ces variations, une constante demeure : le mot ne comporte jamais qu’un seul m, et le suffixe féminin latin -ina se maintient sous les formes modernes -in(ne) ou -enne, cette dernière reflétant la prononciation wallonne.

Pour l’interprétation du nom, Ficheret cite le chanoine Roland, qui voit dans cette stabilité morphologique la trace d’un dérivé formé sur un anthroponyme germanique. Le nom du domaine franc aurait pu provenir de Tamms, devenu Tamines par évolution linguistique. Cette hypothèse est reprise par Vincent, tandis que Carnoy propose une lecture différente : Tamines pourrait signifier « prés pour la fenaison », même s’il juge plus plausible un lien avec le nom germanique Tamma.

Géographie

Situation générale Arrimée en rive gauche de Sambre, Tamines se situe à 18 km de Charleroi, 25 de Namur, et à 8 km de Fleurus et de Fosses-la-Ville, aux coordonnées GPS N 50° 26.000 E 04° 36.000. Le village est au centre du territoire communal de Sambreville, cerné par Velaine-sur-Sambre au nord, Auvelais à l'est, Falisolle au sud et Moignelée à l'ouest.

Géographie physique Tamines s’inscrit dans l’ensemble géomorphologique de la vallée de la Sambre, dont l’orientation générale suit un axe ouest‑est. Cette vallée, large de 2 à entre les rebords de ses versants, présente une profondeur moyenne de 40 à . Elle constitue une dépression notable au sein des plateaux de la Belgique centrale, entre la vallée de la Meuse et le bassin formé, en amont de Charleroi, par la confluence de la Sambre avec les vallées de l’Eau d’Heure et du Piéton.

Malgré cette configuration encaissée, la vallée n’a jamais constitué une barrière majeure à la circulation. La Sambre, navigable à l’état naturel avant sa canalisation, assurait des liaisons fluviales vers la Meuse et le Hainaut. Ses gués, nombreux et praticables, facilitaient le franchissement du cours d’eau et reliaient les plateaux situés au nord et au sud. Ces passages furent utilisés dès la préhistoire et intégrés aux réseaux routiers antiques, faisant de la vallée un axe de transit ancien.

À proximité de Tamines, plusieurs vallées affluentes prolongent la Sambre vers les régions voisines. Sur la rive droite se trouvent les vallées de la Biesme d’Oret (Aiseau) et de la Biesme de Fosses (Auvelais), tandis que la rive gauche est marquée par la vallée de l’Orneau (Jemeppe‑sur‑Sambre). Ces couloirs naturels ont servi de voies de pénétration pour les routes puis pour les infrastructures ferroviaires.

L’intégration des localités de la vallée dans un réseau de communications plus dense ne s’est véritablement affirmée qu’au , avec l’arrivée du chemin de fer, qui a facilité les échanges entre les villages riverains’.

La vallée comporte des terrasses légèrement surélevées par rapport à la plaine alluviale, à l’abri des crues. Ces espaces plats ont constitué des sites privilégiés pour l’habitat, notamment à Moignelée, Tamines, Ham-sur-Sambre, Moustier, Floreffe et Franière. Leur relative isolation, due à la rareté des chemins praticables et au faible nombre de ponts, a longtemps favorisé une certaine autonomie des communautés locales.

Les plateaux environnants offrent des sols limoneux et d’importantes surfaces boisées, ressources qui ont contribué à l’alimentation des populations et à l’établissement de relations commerciales, notamment avec Fleurus, centre agricole doté d’un marché.

La situation de Tamines sur le bassin houiller a joué un rôle déterminant dans son développement industriel. L’exploitation du charbon a structuré l’économie locale et attiré une activité soutenue. Les vallées secondaires renferment par ailleurs des bandes calcaires fournissant des matériaux de construction, des pierres à chaux et des ressources utilisées depuis longtemps. Certaines grottes de ces zones ont été occupées par des populations anciennes.

La configuration physique de la vallée, combinée aux ressources du sous‑sol, a fait de la région un espace propice aux circulations, aux implantations humaines et aux activités économiques. La maîtrise de ces voies de passage a souvent entraîné la présence de forces militaires et donné lieu à des affrontements. Les sites d’habitat y sont occupés depuis des périodes très anciennes. Au fil des siècles, l’aire d’influence de Tamines s’est étendue, principalement sous l’effet des actions humaines, qui ont amplifié les potentialités offertes par le milieu naturel.

Géologie Le sous‑sol de Tamines, tel que l’a décrit Jean Ficheret dans son étude de 1963, se manifeste clairement dans les versants de la vallée de la Sambre ainsi que dans ceux des ruisseaux du Ponciat et de la Praile. Les travaux humains tranchées routières vers Falisolle, Auvelais ou Velaine, ouvertures de chantiers, excavations de briqueteries ou forages de puits ont également mis en évidence la nature géologique locale. Les terrils issus de l’activité charbonnière en offrent une illustration supplémentaire, révélant la diversité des matériaux extraits.

Le territoire taminois repose principalement sur des formations du Primaire, auxquelles s’ajoutent, de manière plus ponctuelle, des terrains du Secondaire, tandis que des dépôts du Quaternaire recouvrent l’ensemble en surface. Le soubassement primaire est constitué de terrains houillers appartenant au bord septentrional du bassin charbonnier de la Basse‑Sambre, une structure synclinale orientée d’ouest en est et dont le fond se relève progressivement vers Namur. Les recherches menées depuis le début du , notamment celles du géologue Xavier Stainier, ont permis d’enrichir considérablement la connaissance de ce bassin, jusqu’à des profondeurs avoisinant les dans la concession de Tamines.

Le substrat houiller y apparaît fortement plissé et traversé de nombreuses failles suivant l’axe du synclinal. Il se compose d’un empilement de schistes, de grès, de psammites et de phtanites renfermant des veines de houille inclinées de manière variable et présentant une qualité anthraciteuse marquée. L’affleurement des couches dans les vallées, combiné à la faible épaisseur des terrains superficiels ailleurs, explique la découverte précoce de ces ressources par les habitants et l’ancienneté de leur exploitation. La présence d’une vingtaine de couches exploitables, d’une puissance généralement comprise entre 0,25 et , leur faible teneur en grisou et leur richesse en carbone ont fait de l’extraction du charbon l’élément central de l’activité industrielle taminoise.

Sur ces terrains primaires reposent deux zones de formations du Crétacé supérieur, rattachées à l’Assise de Herve et constituées d’argiles jaunes et de silex clairsSelon Fichefet, les débris provenant des puits de mines creusés à ces endroits contiennent des conglomérats de pâte siliceuse, teintée de brun par l’hydroxyde de fer, renfermant des silex claires de la craie ainsi que des phtanites issus du terrain houiller .. Elles se situent notamment dans le secteur des Tombes, entre l’église des Alloux et le Trou Machot, et se prolongent vers la rue de Moignelée au Baty Sainte‑Barbe. La couverture superficielle est formée par des dépôts du Quaternaire : alluvions dans la vallée de la Sambre, terrains limoneux ou dépôts fluviatiles ailleurs. L’ensemble de ces formations géologiques est répertorié sur la carte géologique, qui signale seize points d’observation de roches. Une coupe de la tranchée de Falisolle y est également associée, accompagnée de la description des couches rencontrées.

La topographie de Tamines, décrite par Jean Ficheret (1963), s’organise autour de la vallée de la Sambre, dont le relief résulte principalement de l’érosion fluviale et des aménagements humains. Les hauteurs du Tienne d’Hamion et du Bois Cheslai offrent les meilleurs points d’observation, permettant de saisir l’ensemble du paysage, structuré en trois unités : les versants, les replats et la plaine alluviale. Les replats dominent largement la superficie communale et jouent un rôle essentiel dans l’occupation humaine grâce à leur altitude modérée, leur orientation favorable et leur protection naturelle contre les inondations.

Les versants présentent des pentes marquées, culminant autour de 165 à 175 mètres, tandis que le point le plus élevé du territoire se situe près de Keumiée. Les replats, formés d’anciennes terrasses alluviales, sont recouverts de limons fertiles et de cailloutis issus de la Sambre ; ils ont longtemps abrité une nappe aquifère alimentant les puits locaux. Leur surélévation de 12 à au-dessus de la plaine alluviale les met à l’abri de l’humidité et des crues. La plaine alluviale, étendue sur environ à son maximum, a été fréquemment inondée avant les travaux hydrauliques modernes. Elle a longtemps servi de réserve de pâturages et de foin, bien que certaines zones aient été transformées en terrains marécageux par les affaissements miniers et les dépôts issus du dragage de la rivière.

L’origine de la vallée de la Sambre fait l’objet de deux interprétations. Pour Stainier (1919), elle résulte du dégagement d’un ancien sillon marin turonien et bruxellien. Libotte (1959), au contraire, y voit l’œuvre progressive d’un réseau hydrographique postérieur au retrait de la mer bruxellienne, dont l’érosion aurait façonné la vallée en plusieurs étapes, laissant notamment les replats actuels comme témoins des anciens méandres. Aux , le relief a été profondément modifié par les infrastructures ferroviaires et les dépôts miniers. L’aménagement de la gare de Tamines a entraîné le déblaiement du bord méridional des replats et la création de talus artificiels, tandis que l’ensemble des installations ferroviaires et de leurs remblais a fini par occuper près de du territoire.

La plaine alluviale de Tamines, telle que décrite par Jean Ficheret (1963), a été profondément remodelée par l’implantation progressive des infrastructures ferroviaires. De vastes remblais, élevés et étendus, structurent aujourd’hui la convergence des lignes vers Landen, Namur et Fosses, auxquels s’ajoute le raccordement entre Fosses et Moignelée. Ces aménagements ont fragmenté la plaine en six espaces de dimensions inégales, réduisant l’étendue des prairies et compliquant leur accès. Cinq ponts y ont été établis, dont deux destinés à la circulation routière et trois aux voies ferrées. L’écluse de Moignelée, située sur le territoire de Tamines, a en outre isolé les terres de la Bachère de la boucle formée par l’ancien cours de la Sambre.