Le Dumont d'Urville est un aviso colonial français de la classe Bougainville, mis en service en et démoli en .
Construction
Le Dumont d'Urville est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes Sud-Ouest de Bordeaux en . Il est lancé en et entre en service en .
Le Dumont d'Urville en chiffres
À l'instar des autres avisos de la classe Bougainville, le Dumont d'Urville est destiné à servir dans les territoires de l'Empire colonial français, souvent dans des conditions éprouvantes. D'une longueur de et d'une largeur de , il possède un tirant d'eau de . Il déplace à vitesse normale et à pleine charge. La superstructure, les ponts et la coque sont recouverts d'un blindage en acier de 5 à 6 mm d'épaisseur, offrant une protection contre les tirs d'armes légères et de mitrailleuses. En temps de paix, l'équipage du Dumont d'Urville se compose de 14 officiers et 121 marins.
Le navire est propulsé par deux moteurs diesel à deux temps six cylindres de marque Sulzer, construits sous licence, et entraînant chacun une hélice. Ces moteurs, capables de fournir une puissance totale de , permettent au Dumont d'Urville d'atteindre une vitesse de croisière de 15,5 nœuds (28,7 km/h). Son stock de mazout lui confère une autonomie de () à une vitesse de 14 nœuds (26 km/h).
L'artillerie du Dumont d'Urville se compose de trois pièces simples de 138 mm modèle 1927, les deux premières superposées à l'avant de la superstructure et la troisième située à l'arrière de celle-ci, le tout protégé par des boucliers en acier de 3 mm d'épaisseur. Le bâtiment est également équipé d'un télémètre modèle 1932 d'une hauteur de 3 m, installé sur le toit de la passerelle et assurant la transmission des données au système de conduite de tir mécanique de type aviso. Le Dumont d'Urville dispose en outre de quatre pièces antiaériennes simples de 37 mm modèle 1925 de calibre 50 et de huit mitrailleuses de 8 mm modèle 1914 en quatre affûts doubles, destinées à prémunir le navire contre le mitraillage au sol.
Carrière
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Dumont d'Urville est envoyé en Nouvelle-Calédonie pour affermir l'autorité du gouvernement de Vichy sur l'île. Le vaisseau arrive à Nouméa le . Toutefois, un croiseur de la Marine royale australienne, le , arrive lui aussi, transportant le représentant de la France libre Henri Sautot, ce qui conduit au départ du gouverneur vichyste à bord du Dumont d'Urville le ..
L'aviso colonial est ensuite incorporé aux Forces navales françaises d'Extrême-Orient. Dans la nuit du 16 au , il fait partie, avec le croiseur léger et les avisos Amiral Charner (un autre aviso colonial de la classe Bougainville), Tahure et Marne, de la petite escadre commandée par le capitaine de vaisseau Bérenger, qui surprend la flotte thaïe au mouillage à Koh Chang. Après avoir coulé deux garde-côtes cuirassés, trois torpilleurs et endommagée plusieurs autres unités, le groupe naval français regagne, indemne, sa base de Poulo Condor.
En , le Dumont d'Urville secourt les survivants du RMS Laconia torpillé par le sous-marin allemand U-156.
En 1944, son armement est modernisé : quatre pièces simples antiaériennes de Bofors Mk 1/2 sont ajoutées, ainsi que 11 pièces simples antiaériennes de 20 mm Oerlikon. Des mortiers anti-sous-marins et des grenades sous-marines sont installés. L'artillerie anti-aérienne d'origine française est débarquée.
En septembre 1946, le Dumont d'Urville transporte Hô Chi Minh et sa délégation vers l'Indochine à son retour de la conférence de Fontainebleau à la suite de l'échec des négociationsReportage de Jean Guisnel et David Korn-Brzoza, réalisé par David Korn-Brzoza Histoire des Services Secrets Français - Episode 1. Il participe au bombardement de Haïphong le .
Le Dumont d'Urville reste en service dans la marine française jusqu'en , avant d'être démoli.
Notes et références
Bibliographie
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Articles connexes
Catégorie:Classe Bougainville Catégorie:Bateau de la Marine française de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Bateau lancé en 1931 Catégorie:Navire construit à Bordeaux Catégorie:Navire démoli en 1958