Ecce homo est une peinture murale réalisée par Elías García Martínez entre la fin du et le début du , dans l'église du de Borja, en Aragon. L’œuvre initialement de faible valeur artistique est restaurée de manière hasardeuse en 2012 par une octogénaire du village, Cecilia Giménez, ce qui engendre un emballement médiatique international et donne une certaine notoriété à la peinture. L'intérêt touristique pour l'œuvre dégradée est tel que l'église met en place un droit d'entrée pour la voir.

Histoire Ecce homo est une peinture murale réalisée par Elías García Martínez à la fin du ou au début du , dans l'église du sanctuaire de la Miséricorde de Borja dans la province de Saragosse en Espagne. L'œuvre suivant le thème de l'Ecce Homo a été offerte au village par l'artiste qui avait l'habitude d'y passer ses vacances. Le peintre indique sous la toile : « Ceci est le résultat de deux heures de dévotion à la Vierge de la Miséricorde ».

L'œuvre, décrite comme de modeste valeur artistique (« Escaso valor » / « little artistic importance »), acquiert une notoriété au niveau mondial quand Cecilia Giménez, une octogénaire du village, entreprend de son propre chef (selon les autorités locales) un travail de restauration en 2012.

Tentative de restauration de l’œuvre

Le tableau, soumis à l'humidité, se détériorait. Lors de la tentative de restaurer l’œuvre, alors qu'elle avait déjà restauré la tunique, Cecilia Giménez perd complètement le contrôle de la situation lorsqu’elle s’attaque à la restauration du visage du Christ. Le résultat est décrit par un correspondant de BBC Europe comme ressemblant à une . Par raillerie, certains internautes ont rebaptisé l'œuvre Ecce Mono (« Voici le Singe », mono signifiant « singe » en espagnol).

Outre les nombreux articles de presse, les internautes s'emparent du phénomène en proposant de nombreuses interprétations du , qui est en passe de devenir une icône populaire. Plusieurs pétitions sont lancées pour la conservation de la nouvelle version, dont une qui recueille plus de en quelques jours. Le cinéaste Alex de la Iglesia prend parti pour cette nouvelle version sur son compte Twitter, la décrivant comme une . Pour l'écrivain espagnol , les ont transformé le statut de la toile, qui est passé d'œuvre à celui .

Deux restauratrices d'art, Incarnation Ripollès et Mercedes Nunez ont, après expertise, jugé l'œuvre de Elías García Martínez « récupérable ».

Succès touristique L'intérêt des touristes pour la peinture était tel que l'église a commencé à faire payer pour voir la fresque. Dans l'année qui a suivi l'échec de la restauration, l'activité touristique a généré et plus de pour une association caritative localeDetenido Florencio Garcés, el cura de Borja: abusos sexuales y robo de 210.000 euros. En la Iglesia de esta localidad zaragozana se encuentra el famoso 'Eccehomo' restaurado por Cecilia Giménez. 30 November 2013. http://www.lavozlibre.com/noticias/ampliar/845989/florencio-garces-el-cura-de-borja-abusos-sexuales-y-robo-de-210000-euros accessed 30 Nov 2013..

En 2016, le nombre de touristes visitant la ville est passé de . En plus de dépenser de l'argent dans les entreprises locales, les visiteurs ont fait don de à l'église. L'argent a été utilisé pour employer d'autres préposés à l'église et pour financer une maison de retraiteBotched restoration has visitors flooding to sleepy Spanish village. Euro Weekly News, Spain. 17 March 2016. http://www.euroweeklynews.com/3.0.15/news/on-euro-weekly-news/spain-news-in-english/137587-botched-restoration-has-visitors-flooding-to-sleepy-spanish-village accessed 1 April 2016. Le , un centre d'interprétation dédié à l'œuvre a été ouvert à BorjaEl eccehomo de Borja ya tiene quien lo explique. Se inaugura el Centro de Interpretación centrado en la pintura retocada en 2012 por la restauradora aficionada Cecilia Giménez. Aitor Bengoa. El Pais 16 MAR 2016. http://cultura.elpais.com/cultura/2016/03/16/actualidad/1458155898_147342.html accessed 5 April 2016.

Droits d'auteur Dans le but de collecter des fonds pour restaurer correctement l'œuvre, la visite de la peinture est devenue payante depuis mi-. Cecilia Giménez engage alors des avocats pour toucher une redevance sur ces visites. Son avocat indique qu'elle souhaite sa part des bénéfices pour aider les organismes caritatifs de dystrophie musculaire, parce que son fils souffre de la maladie. En , un accord signé entre Cecilia Giménez et la fondation municipale gérant le sanctuaire, attribue 49 % des droits d'auteur à l'octogénaire, le reste revenant à la fondation. L'ensemble des droits d'auteurs touchés par la fondation d'une part et par Giménez d'autre part sont reversés à des œuvres caritatives. Giménez meurt fin . , les héritiers d'Elías García Martínez ne désirent pas participer à l'accord de répartition des droits.

Dans la culture Le mémorable ratage de la restauration de l’Ecce Homo par Cecilia Giménez en 2012 a donné lieu à de nombreuses références dans la culture populaire.

Dans le film d'animation espagnol Sacrées Momies (Mummies, 2023) de Juan Jesús García Galocha, une scène fait un clin d’œil humoristique à cette restauration ratée, en la citant parmi d'autres « dommages » infligés aux œuvres d'art par la modernité.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Vandalisme d'œuvre d'art

Liens externes

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