La ligne B du métro de Rennes, ou ligne b selon la graphie officielle, est une ligne de métro située dans le département d'Ille-et-Vilaine en Bretagne. Elle traverse les communes de Saint-Jacques-de-la-Lande, Rennes et Cesson-Sévigné du sud-ouest au nord-est, en reliant les stations Saint-Jacques - Gaîté et Cesson - Viasilva.
D'une longueur totale de , dont accessibles au public et en souterrain, elle dessert quinze stations. À sa mise en service, le matériel roulant est exclusivement composé de Cityval, une évolution du véhicule automatique léger, utilisé pour la première fois.
L'idée de cette seconde ligne émerge dès les années 1980, avant même l'ouverture de la ligne A. Elle s'inscrit dans une stratégie visant à désengorger le réseau de transport en commun et à fluidifier la circulation en centre-ville. Les travaux débutent en 2014 et, comme pour la première ligne, sont marqués par des incidents liés au tunnelier (effondrements, fissures, pannes de l'engin). Le chantier s'achève en majeure partie en 2018. Une longue période d'essais commence alors, qui devait initialement aboutir à la mise en service en 2020. Toutefois, la pandémie de Covid-19 puis des problèmes de mise au point des rames entraînent un retard de deux ans. La ligne est finalement inaugurée et ouverte au public le .
Dès sa mise en service, elle rencontre un vif succès et atteint, en 2025, voyages par jour et 25,4 millions de voyages sur la même année. Cependant, entre fin 2023 et début 2024, elle subit deux pannes majeures à deux mois d'intervalle, qui entraînent un arrêt total de six mois.
Histoire
Chronologie Années 1980-1990 : premières études sur la mise en place d'une seconde ligne de transport en commun en site propre (TCSP). : choix du métro comme mode de transport et définition du tracé global de la ligne. : adoption du tracé définitif. : sélection de la technologie Neoval. : déclaration d'utilité publique du projet. : début des travaux de construction. : début du chantier pour le tunnelier Élaine. : lancement de la construction du viaduc. : réception de la première rame du métro. : pose de la voie au garage-atelier. : premiers essais. : achèvement de la construction du viaduc. : fin des opérations du tunnelier Élaine. : début des essais au garage-atelier. : installation de la voie sur la ligne. Fin : premiers essais sur la ligne, en mode manuel. Automne : essais sur l'intégralité de la ligne, cette fois en mode automatique. : début de la marche à blanc, après plusieurs années de report dus à la pandémie de Covid-19 et à des problèmes sur les rames. : inauguration officielle et mise en service commerciale de la ligne. : un incendie électrique détruit le poste de redressement du garage-atelier, entraînant une fermeture de la ligne jusqu'au suivant. : interruption du trafic jusqu'au , en raison de la rupture de l'écrou de pivot d'un bogie.
Naissance de la ligne vignette|gauche|Le tracé de la (en vert) selon les études effectuées vers 1995.|alt=Le tracé de la (en vert) selon les études effectuées vers 1995. vignette|350px|Tracé géographiquement exact de la ligne B.|alt=Tracé géographiquement exact de la ligne B.
Dès les années 1980, l'idée d'une seconde ligne de transport en commun en site propre était évoquée dans les documents du projet de la première ligne remis par Matra, et bien que le mode de transport n'ait pas encore été choisi, la ligne y apparaissait comme « ligne du VAL »..
Elle est évoquée comme une branche du tracé en « tau » de l'étude de la SOFRETU de 1989., finalement abandonnée en 1990 lors du choix du tracé de la première ligne.
Lors des élections municipales de 1995, l'idée réapparait comme une ligne à part entière avec un tracé qui devait contourner le centre-ville par le boulevard de la Duchesse Anne et croisant la première ligne à la station Charles de Gaulle sans desservir la place de la République et la gare.. La fréquentation attendue n'était que de quotidien.
La seconde ligne revient à nouveau sur la table lors de la campagne des élections municipales de 2001, étant évoquée par le maire de Rennes de l'époque, Edmond Hervé..
Le , Rennes Métropole lance les études d'opportunité et de faisabilité sur l'extension de son réseau de transport en commun en site propre (TCSP)... En , c'est au tour de l'étude d'opportunité de débuter, accompagnée dès le d'une concertation ; ces mêmes études s'achèvent en et permettent de déterminer les axes et modes de transport des nouvelles lignes (Ligne B, prolongement de la ligne A et axe est-ouest). En , la seconde ligne est décrite par Le Monde comme faisant et ..
L'étude de faisabilité a comparé quatre tracés. : scénario 1 : tracé de base ; scénario 2 : tracé de base + station au mail François-Mitterrand ; scénario 3 : tracé de base + desserte du quartier Saint-Hélier + desserte de Maurepas à trois stations ; scénario 4 : tracé de base + desserte du quartier Saint-Hélier + desserte de Maurepas à deux stations.
Le dernier point est l'implantation du garage-atelier où quatre sites ont été étudiés : La Maltière au sud-ouest, sur une parcelle au sud du parc des Gayeulles, sur une parcelle du campus de Beaulieu le long de l'avenue du Professeur Charles Foulon et à l'est des Champs-Blancs en pleine zone agricole.. Les sites à Beaulieu et aux Gayeulles ont rapidement été écartés puis le site des Champs-Blancs a lui aussi été abandonné car il gênait le projet d'urbanisation du secteur, ne laissant que le site de la Maltière entre la rocade et le site militaire du Quartier Commandant Stéphan.
Le , après deux années d'études comparatives avec d'autres modes de transport dont le tramway, le mode de transport et le tracé sont définis et le choix du métro est entériné : le tracé retenu est le scénario 1 amendé par la desserte de Maurepas du scénario 4...
Le tramway a été à nouveau écarté car les mêmes problématiques concernant la desserte de la gare et l'étroitesse des rues du centre-ville se présentaient à nouveau, en particulier dans l'hypothèse d'une double correspondance à Gares et Sainte-Anne. Le , une seconde concertation accompagnant cette fois ci les études de faisabilité est lancée. En 2006, la SEMTCAR est choisie pour être le maître d'œuvre de cette seconde ligne.
En , le dossier d'aide à la décision qui est une synthèse des études d'opportunité et de faisabilité est soumis aux élus de Rennes Métropole. En , le bilan de la concertation liée aux études de faisabilité est approuvé à l'issue de la seconde phase lancée en par Rennes Métropole et permet de figer l'intégralité du tracé, sauf à Beaulieu - Université et à Atalante où divers scénarios sont étudiés en parcours aérien, les riverains demandant quant à eux l'étude d'un tracé souterrain, certains scénarios proposant un passage en plein milieu du quartier des Longs-Champs..
Cityval, une première mondiale vignette|La rame exposée au salon InnoTrans à Berlin en 2018.|alt=Photo de la rame numéro 55 exposée en extérieur lors de l'édition 2018 du sallon InnoTrans à Berlin.
En 2008, la métropole engage une nouvelle phase de concertation en lien avec la phase d'études opérationnelles avec une démarche spécifique liée au tracé nord-est ; le , une étude de cadrage de génie civil est menée. Le , l'appel d'offres mondial pour le choix du matériel roulant est lancé pour une durée de deux ans.. Entre octobre et , trois réunions ont lieu avec les entreprises et riverains du secteur Beaulieu-Champs Blancs pour définir le tracé de la ligne dans ce secteur avant la présentation publique de ; l'association « Vivre aux Longs-Champs » s'oppose au tracé aérien en cœur de quartier en affirmant qu' tandis que Guy Jouhier, vice-président de Rennes Métropole délégué aux Transports rappelle que .. Le collectif va notamment signifier son mécontentement par une manifestation organisée au sein de l'hôtel de Rennes Métropole..
Des carottages sont menés en 2008 puis en 2010 afin de scruter la composition des sols..
Les trois tracés spécifiquement étudiés. : variante « transports métropolitain » dessinée par les services techniques de Rennes Métropole et la SEMTCAR : tracé à moindre coût au sud du quartier des Longs-Champs avec tronçon en viaduc, contournant le quartier des Longs-Champs par l'avenue des Buttes-de-Coësmes contrairement aux premiers tracés de 2007. ; variante « aménagement urbain » dessinée par l'architecte Dominique Brard : variante du tracé précédent prenant mieux en compte les aménagements urbains à l'horizon 2040 en passant au nord de la rue du Chêne-Germain. ; variante « habitants » dessinée par les riverains : reprise du tracé de 2007 en cœur de quartier mais entièrement souterrain au lieu du viaduc..
Le tracé définitif est arrêté le notamment par le choix du tracé dit « métropolitain » au nord-est.., pour un coût total estimé à d'euros HT (valeur 2010)..
Le , le bilan de la concertation préalable est approuvé par Rennes Métropole. En , le Cityval, version du Neoval destinée au transport urbain, est retenu pour la ligne B, ce qui fait de la ligne B la première ligne au monde à faire appel au Neoval... Le Cityval l'a emporté face au VAL du même constructeur équipant déjà la ligne A et au matériel construit par Bombardier Transport pour le SkyTrain de Vancouver tandis qu'Alstom et AnsaldoBreda n'ont pas donné suite et Hyundai Rotem et Mitsubishi n'ont pas répondu. Le maître d'œuvre est désigné fin 2010..
Le nom de sept stations a été modifié par rapport au plan de nommage initial à la suite de la décision du conseil d'agglomération de Rennes Métropole du . :
Mermoz devient Saint-Jacques - Gaîté Puits Mauger devient Colombier Emmanuel Mounier - Gros-Chêne devient Gros-Chêne Le Gast devient Les Gayeulles Chateaubriand devient Joliot-Curie (puis rebaptisée Joliot-Curie - Châteaubriand en 2017) Belle Fontaine devient Atalante Champs Blancs devient Cesson - Viasilva
L'enquête publique a lieu du au .. Le , l'avant-projet est validé par Rennes Métropole.
Le , la commission d'enquête émet un avis favorable sur le projet, ouvrant ainsi la voie à la déclaration d'utilité publique par le préfet qui est prononcée le .. Deux réserves sont émises, dont une préconisant le prolongement de la tranchée couverte jusqu'en amont de la station Beaulieu - Université.. Rennes Métropole annonce dans les semaines qui suivent adopter ces recommandations et déplacer le début de la section aérienne, initialement située rue Mirabeau, et construire le tunnel au niveau des secteurs du Gast et des Gayeulles au tunnelier plutôt qu'en tranché couverte, ajoutant 10 millions d'euros au coût total de la ligne..
En , la cession de plusieurs terrains militaires à Rennes Métropole est actée ; ces terrains correspondent au garage-atelier et à la station La Courrouze..
En , l'association Muse dépose un recours devant le tribunal administratif de Rennes pour faire annuler la déclaration d'utilité publique et le choix du tracé aérien dans le quartier des Longs-Champs en pointant selon eux et les .. Le recours a été rejeté en première instance en puis devant la cour administrative d'appel de Nantes en .
Le contrat définitif avec Siemens pour la fourniture des rames et des systèmes et automatismes liés d'une valeur de 178 millions d'euros, est signé le ..
Début du chantier vignette|gauche|Maquette du tunnelier.|alt=Maquette du tunnelier. vignette|En 2013, l'îlot du « Chat qui pêche », en référence au bar du rez-de-chaussée, est détruit pour permettre la construction d'un accès de Saint-Germain.|alt=Un engin de chantier, derrière des palissades métalliques, procède à la destruction d'un bâtiment. vignette|La construction du métro et le passage du tunnelier nécessite de renforcer les sols via l'injection de micropieux, comme ici à côté du musée des Beaux-Arts en 2016.|alt=La construction du métro et le passage du tunnelier nécessite de renforcer les sols via l'injection de micropieux, comme ici à côté du musée des Beaux-Arts en 2016.