Cet article recense les prénoms d'origine basque, ou usités au Pays basque, mais aussi en France, en Espagne et parfois en Amérique latine. Pour les articles sur les personnes portant ces prénoms, consulter la liste générée automatiquement.

Les prénoms basques sont devenus, au cours des trois ou quatre dernières décennies, un marqueur socio-culturel important et spontané d'affirmation de l'identité basque. Selon le philologue José María Satrustegi, « l'adoption du nom autochtone pour désigner le nouveau-né a progressivement reçu un accueil populaire de la part des parents partisans d'un prénom court et désireux, surtout, de nouveautés inédites ou peu connues dans les registres officiels »Histoire des prénoms par José María Satrustegi, membre de la Commission d'Onomastique de l'Académie de la langue basque (Euskaltzaindia).Euskal izendegia – Nomenclátor onomástico vasco est publié en 1972 par Euskaltzaindia, sous l'impulsion notamment du linguiste Jose Mari Satrustegi, dans un contexte de revitalisation de l'euskara visant à restaurer et normaliser les formes authentiques des prénoms basques. Le projet remonte aux années 1960 et cet ouvrage établit une liste normative de prénoms en langue basque, en fixant leur orthographe correcte et en proposant des correspondances avec les formes espagnoles et françaises, afin de faciliter leur usage dans les registres officiels et la vie administrative. Il fait l'objet de plusieurs éditions augmentées, notamment en 1977 et 1983, qui enrichissent considérablement le corpus de noms et renforcent son rôle comme référence linguistique et institutionnelle. L'ouvrage Euskal izendegia (El nomenclátor) s'inscrit ainsi dans un projet plus large de standardisation de la langue basque, et constitue un outil fondamental pour la reconnaissance, la diffusion et la légitimation des prénoms basques dans la société contemporaine.. vignette|Prénoms basques les plus populaires en 2026. (Euskal bataio-izenak). Dans ce contexte de renouveau culturel, l'Académie de la langue basque a créé en 1983 la base de données onomastique EODA (Euskal Onomastikaren Datutegia), destinée à recenser, normaliser et promouvoir les prénoms en langue basque. Cependant, cette initiative a entraîné une prolifération incontrôlée de publications non officielles, souvent dépourvues de rigueur scientifique ou linguistique. D'après l'Académie, cette situation a engendré une confusion importante et une transgression des normes juridiques et linguistiques.

Face à cette dérive, la Commission d'onomastique de l'Académie a repris l'initiative en publiant une version officielle, actualisée et normée du Diccionario de los nombres de pila – Euskal Izendegia (Dictionnaire des prénoms). Cette édition vise à corriger les erreurs antérieures, à restreindre les usages déviants ou non conformes à la structure linguistique basque, à garantir une application correcte dans les registres de l'état civil, ainsi qu'à élargir progressivement la liste des prénoms admis. L'inclusion d'un prénom dans le dictionnaire repose sur des critères stricts : authenticité historique, conformité linguistique, usage attesté, et acceptabilité sociale.

Voici une liste de prénoms basques selon l'Académie de la langue basque ()Prénoms selon la commission d'onomastique de l'Académie de la langue basque ou Euskaltzaindia..

Il existe cependant une tradition selon laquelle un même prénom est utilisé pour les deux sexes avec comme seul changement celui de la terminaison générique. Dans des cas semblables, la tendance traditionnelle a été appliquée le –a final pour caractériser le prénom féminin, comme le proposa Koldo Mitxelena.

masculin féminin masculin et féminin

Prénom : équivalent français (fr), équivalent espagnol (es)

Les prénoms d'origine basque avec une graphie française comme ou espagnole comme Pascoal ne sont pas dans cette liste. On les trouve seulement sous la graphie basque. : Amada (es) : Paskoal : Pascal (fr), (es)

Prononciation + Correspondance des sons en basque Lettre / combinaison Son basque (API) Équivalent français approximatif S [s̺] Un s sourd apico-alvéolaire, dont le timbre peut être perçu comme plus sifflant ou légèrement chuintant que le s français. Exemple : Salusti « sha-loush-ti » comme approximation auditive. X [ʃ] Comme « ch » français dans chat. Exemple: Xemein « ché-mè-ïne » Z [s̻] Proche du s français, mais produit avec la lame de la langue plutôt qu'avec sa pointe. Exemple : Zurixe → « sou-ri-ché ». I+N [ɲ] Comme le ñ espagnol ou gn. Exemple: Ermin « èr-migne », Erregina « èr-ré-gui-gna » I+Ñ [ɲ] Comme le ñ espagnol ou gn. Exemple: Iñaki « i-gna-ki » I+L [ʎ] Comme le lli dans fille lorsque l est précédé de i et suivi d'une voyelle, dans les variétés pratiquant la palatalisation automatique. Exemple: Ilargi « i-llar-gui ». Dans les autres contextes, notamment devant une consonne, il se réalise normalement [il]. Exemple: Silban « shil-bane » DD [ʎ] Comme le lli dans fille. Exemple: Maddi « mailli » LL [ʎ] Comme le lli dans fille. Exemple: Gillen « gui-llèn » TT [t] Comme un ti. Exemple: Antton « an-tiône » J [j] ou [x] ou Comme un i normalement mais parfois comme le j espagnol en Hegoalde ou le j français en Soule Exemple: Joan « yoan » / « ro-ane » / « jo-ane »

Le S et le X en basque Pourquoi le S basque peut-il ressembler au « ch » ? Le S basque peut surprendre un francophone. À l'écoute, il peut sembler plus chuintant que le « s » français et donner ainsi l'impression de se rapprocher du « ch ».

Cette particularité vient notamment de sa façon d'être prononcé. Dans de nombreuses descriptions du basque, le S correspond à une sifflante apico-alvéolaire, généralement notée [s̺]. Cela signifie que la pointe de la langue est relevée vers la région alvéolaire, située juste derrière les dents supérieures.

L'Euskaltzaindia distingue ces différentes sifflantes dans les travaux de lEHHA (Euskararen Herri Hizkeren Atlasa). Son tableau de translittération distingue notamment [s̺] et [s̻] comme réalisations phonétiques, et donne [ʃ] comme réalisation correspondant à la lettre x.

Pour un francophone, l'articulation apico-alvéolaire peut donner au S une couleur acoustique plus proche du chuintement que celle du « s » français. Selon le locuteur, la région et la manière de prononcer le son, il peut donc paraître plus ou moins proche du « ch ». Cette impression dépend toutefois de la variété et du contexte phonétique. Dans le parler basque de Markina, par exemple, le /s/ est habituellement réalisé comme un [s̺] apico-alvéolaire ; lorsqu'il est en contact avec une voyelle postérieure, la pointe de la langue peut être quelque peu rétractée, ce qui produit un effet acoustique pouvant être perçu comme proche de [ʃ]. Il ne faut toutefois pas en conclure que le S basque se prononce comme « ch ». Il s'agit de deux sons différents. La ressemblance est surtout une question de perception : un S basque peut sembler chuintant à une oreille francophone tout en restant un S sur le plan phonétique.

Différence avec le X ? Le X basque correspond au son [ʃ], c'est-à-dire au « ch » français de chat. C'est également le son que l'on retrouve dans le « sh » anglais de ship. La différence avec le S est donc importante : le X est véritablement le son « ch », tandis que le S reste une sifflante de type « s », même lorsqu'il est prononcé de façon assez chuintante.

On peut retenir simplement : S → un son proche de « s », avec une prononciation particulière au basque ; X → le son « ch ».

Le S est donc plus proche du « s » que du « ch », même si son timbre peut parfois donner une impression intermédiaire. Le X, lui, appartient clairement à la famille des sons « ch ».

La différence entre les deux sons tient notamment à la position de la langue. Pour le S basque, la pointe de la langue intervient dans une articulation située vers l'avant de la bouche. Pour le X, l'articulation se fait davantage vers l'arrière, dans la région prépalatale ou post-alvéolaire.

Cette différence peut être assez subtile pour une personne qui ne connaît pas le basque. Un S basque particulièrement chuintant peut donc être entendu comme un son proche de « ch », surtout lorsqu'on le compare au S français. Ce phénomène est notamment documenté dans certaines variétés basques, où les réalisations des sifflantes peuvent varier ou certaines oppositions peuvent s'être neutralisées.

Il faut également garder à l'esprit que la prononciation du basque peut varier selon les régions et les locuteurs. Les descriptions phonétiques ne rendent donc pas toujours compte d'une prononciation parfaitement identique partout.

En résumé : S basque [s̺] → un « s » particulier, qui peut être assez chuintant X basque [ʃ] → le « ch » français

Ainsi, S et X sont bien deux sons différents, même si la prononciation de certains S basques peut parfois donner à une oreille francophone une impression de « ch ».

Lettre Hualde, Basque Phonology EHHA, Euskaltzaindiaselon la convention detranscription de l’EHHA Beristain, JIPA Egurtzegi et al., JIPA S / s — apico-alvéolaire Série s : / — apico-alvéolaire — apico-alvéolaire X / x — prépalatale — post-alvéolaire Z / z — lamino-alvéolaire Série z : / — lamino-alvéolaire — lamino-alvéolaire

Spécificités En langue basque, certains prénoms présentent des spécificités de prononciation et possèdent parfois des équivalents dans d'autres langues, notamment en espagnol ou en français. On peut distinguer plusieurs catégories selon leur origine et leur usage.

Certains prénoms ont une forme propre au basque et peuvent donc présenter une prononciation différente de celle de leurs éventuels équivalents dans d'autres langues. C'est le cas, par exemple, de Errukiñe ou de Mairu. La prononciation basque de ces formes doit être distinguée de celle qui pourrait leur être attribuée dans une autre langue.

D'autres prénoms, bien qu'issus de la tradition basque, peuvent être soumis à l'influence phonétique de l'espagnol dans certains usages. Il convient toutefois de ne pas généraliser cette influence : la présence d'une graphie basque ne signifie pas nécessairement que la prononciation soit espagnole. De même, les différences entre les formes basques et espagnoles d'un même prénom ne constituent pas nécessairement une simple différence de prononciation, mais peuvent aussi relever de l'orthographe ou de l'adaptation du prénom à chaque langue.

Certains prénoms, quant à eux, peuvent avoir une forme et une prononciation très proches, voire identiques, dans plusieurs langues, comme Daniel. Cela dépend toutefois des règles phonétiques propres à chaque langue et ne signifie pas que tous les locuteurs les prononcent nécessairement de manière identique.

Certains prénoms issus d'autres langues ont également été intégrés au système onomastique basque et peuvent présenter une forme ou une prononciation adaptée aux particularités phonétiques du basque. Par exemple, Martin peut présenter une réalisation phonétique différente selon la langue et la variété considérées.

Enfin, d'autres prénoms sont modifiés orthographiquement pour correspondre aux conventions graphiques du basque, comme Zezilia, forme basque correspondant au prénom espagnol Cecilia. La différence entre ces formes relève notamment de l'adaptation graphique et phonétique du prénom à chaque langue.

La prononciation des prénoms en basque varie donc selon leur origine, leur forme graphique, leur intégration dans la langue et, dans certains cas, l'influence des langues environnantes. Cependant, ils conservent souvent une identité phonétique propre, reflet de la singularité de la langue basque. Dans la liste ci-dessous, les transcriptions correspondent à la prononciation basque ; elles ne doivent donc pas être interprétées comme des indications de prononciation française ou espagnole.

A-B Voir la Liste de prénoms basques A-B D