Le dépôt de Trappes est un technicentre de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) situé à de la gare de Paris-Montparnasse sur le territoire de la commune de Trappes, dans le département français des Yvelines.

Localisation Il est situé au nord des voies principales de la ligne de Paris-Montparnasse à Brest, en aval de Versailles et en amont de la gare voyageurs et du triage de Trappes.

Histoire

L'ancien dépôt de locomotivesClichés des années 1950-1960, sur la-mouette.ovh.org (consulté le )., érigé en 1935 par l'Administration des chemins de fer de l'État, détruit le , par les bombardements des AlliésRaymond Lavigne, Trappes, Mémoires d'avenir, 1997 , ., a été rebâti à l'identique entre 1945 et 1947. La solide charpente de béton armé avec remplissage de briques rouges est particulièrement typique des constructions industrielles de la première moitié du Photos du dépôt État de Trappes, sur forum-train.fr. Consulté le 6 décembre 2012..

La construction du dépôt de locomotives et de la gare de triage font de Trappes l'un des centres ferroviaires les plus importants de FranceRaymond Lavigne, Trappes, Mémoires d'avenir, 1997 , .. Il rassemble les dépôts de Versailles-Matelots, Saint-Cyr-Grande-Ceinture et Vaugirard. L’arrivée d'une main-d’œuvre d'origine provinciale, essentiellement bretonne, permet à Trappes d'augmenter sa population et de devenir une cité cheminote.

À partir de 1889, les sapeurs du du génie, de Versailles-Matelots, faisaient une partie de leur stage traction au dépôt de Trappes.. Ce stage durait six mois à la fin desquels ils faisaient des roulements sur les 140 C et sur les 141 C. Il leur arrivait de faire un trajet entre Paris et Granville sur des locomotives Pacific.

Bien que son réseau soit partiellement adapté, l'électrification de la ligne Paris - Le Mans en 1937 lui fait perdre une grande part de son importance. Les locomotives électriques sont confiées au dépôt de Montrouge ; le dépôt de Trappes perd une partie de ses activités.

Lors de sa création par l'Administration des chemins de fer de l'État, le dépôt est désigné pour assurer le stockage du combustible traction destiné à l'ensemble du réseau de l'État. À cette époque, la capacité du parc à combustibles est de .

Objectifs et missions Lors de sa construction en 1935 par le Réseau de l'État, le dépôt de Trappes répond au triple objectif suivant : soulager le dépôt vétuste et exigu de Versailles-MatelotsRaymond Lavigne, Trappes, Mémoires d'avenir, 1997 , . ; assurer le trafic du triage de Trappes, étendu à plusieurs reprises pendant l'entre-deux-guerres et notamment en 1932 ; prendre part à l'écoulement du trafic des marchandises en plein développement vers l'ouest et sur la ligne de Grande Ceinture.

Généralités vignette|L'ensemble des remises et des ateliers du dépôt de Trappes, façade ouest.

Comme beaucoup de dépôts remaniés ou construits pendant l'entre-deux-guerres, le dépôt de Trappes constitue un ensemble assez fortement structuré. L'entrée, la sortie, le remisage, le ravitaillement en combustible et l'atelier constituent chacun un sous-ensemble individualisé et très identifiable.

Les composants principaux de ce dépôt comprennent : le foyer, situé Allée du Stade. ; l'atelier pour les levages (trois postes de levage sur fosses desservis par un pont roulant de dix tonnes) et révisions intermédiaires, accolé à une remise à quatre voies intégralement sur fosses servant au lavage des machines et à leur entretien courant ; le parc à combustible de desservi par un portique surmonté par une grue et le toboggan à charbon d'un modèle typiquement « État »Photo du toboggan à charbon, sur forum-train.fr. Consulté le 8 mai 2014.. Un toboggan de construction identique existait à Rennes. Ceux du Mans et d'Argentan étaient assez similaires dans leur constructionPhotos du toboggan et de la grue à eau du dépôt d'Argentan, sur argentan.vapeur.free.fr. Consulté le 6 décembre 2012. ; le gril de remisage constitué par sept voies parallèles d'une longueur permettant de recevoir trois locomotives. Au centre de ce faisceau de voies de garage est disposée une grue hydraulique ; les voies d'entrée et de sortie, chacune au nombre de trois. Sur ces voies sont prévues une fosse mouillée d'extraction et une fosse sèche de visite (visite à l'arrivée, préparation au départ). Les voies de sortie sont surmontées par le portique à sable ; le triangle de retournement servant à l'orientation des machines, du fait de l'absence de plaque tournante. Le rayon minimal des voies de cet équipement étant de , toutes les machines du parc de la SNCF pouvaient l'emprunter, exception faite des 241 P.

Parcours d'une machine à la rentrée au dépôt Le service intérieur est composé d'agents qui sont chargés du « basculage » des feux de locomotives dans des fosses spéciales, de l'allumage des feux des locomotives froides, du nettoyage des tubes des chaudières, du lavage de ces dernières, du graissage, de la conduite des grues d'alimentation en charbon.

En venant haut-le-pied du triage où elle a conduit un train ou bien où s'est effectué un relais traction, la locomotive et son équipe se présentent à l'entrée du dépôt, auprès du poste de l'aiguilleur qui leur donne accès à l'une des trois voies du gril d'entrée dotées chacune de deux fosses.

La première, noyée, sert à basculer le feu et à extraire les boues formées tout au long du parcours au fond de la chaudière de la locomotive.

Une fois cette opération effectuée, stationnant au-dessus de la fosse de visite, l'équipe de conduite vérifie l'état de la machine (cylindres, distribution, embiellage, roues, boites d'essieux et essieux). Si la machine nécessite des réparations durant son stationnement ou bien si une opération lourde est immédiatement nécessaire, le mécanicien le consigne.

En fonction de la quantité de combustible restant et de l'immobilisation éventuellement prévue de la machine, celle-ci est ensuite dirigée vers le poste de ravitaillement en combustible (toboggan) qui comprend deux trémies de distribution (deux voies sous le toboggan) et deux postes de distribution de briquettes ou vers la voie de rentrée directe.

Au niveau du toboggan a lieu le complément en complexe dit « traitement intégral Armand » (TIA), composé acide servant à éviter la formation de tartre contenu dans les eaux d'alimentation des chaudières.

Une fois ces compléments divers effectués (charbon, briquettes, complexe TIA) la machine, en fonction des interventions prévues, est dirigée soit vers le gril de remisage soit vers l'atelier (à l'occasion d'une panne nécessitant une réparation ponctuelle ou bien dans le cadre de son entretien régulier, ou bien encore pour une intervention sur les bandages de roues (reprofilage au tour) ou la remise d'entretien courant (pour un lavage de chaudière à chaud, par exemple).

Parcours d'une machine sortant du dépôt vignette|Le bureau mouvement-feuille, lampisterie et huilerie du dépôt de Trappes. De nos jours elle sert de locaux à l'Infra.

Le service mouvement, fournit des locomotives adaptées aux exigences de l'exploitation (nature des trains à remorquer, poids et vitesse des trains), et les équipes de conduite.

À l'heure dite, il faut Aller à la feuilleLa « feuille » est un document où est portée toute la programmation des affectations du personnel roulant sur les machines. « Aller à la feuille » désigne la démarche consistant à se rendre au bureau où est tenue cette feuille, au dépôt des machines, après chaque retour, afin de connaître le prochain départ. ; l'équipe de conduite revient du foyer situé Allée du Stade et se rend au bâtiment mouvement où les instructions de la commande sur la ou les journées à effectuer lui sont communiquées et informer des particularités de service : (travaux sur voie, retards, modifications d'horaires). Le sous-chef de dépôt, ou « chef de feuille », affecte chaque jour les locomotives et les équipes à ses trains, créant ainsi ce que l'on appelle le « roulement » des locomotives et des équipes. L'équipe perçoit aussi l'huile nécessaire à la préparation de la machine et les fanaux à la lampisterie (feuille, huilerie et lampisterie partagent la même construction). La lampisterie renferme les matières d’éclairage des locomotives à vapeur et aussi une partie du graissage des locomotives.

La machine stationnée sur le gril est aiguillée vers le faisceau de départ où, tout comme à la rentrée, elle rencontre deux fosses. La première, noyée, sert au basculement du feu si cela s'avère utile et la seconde, sèche celle-là, est utilisée lors de la préparation au départ de la machine (graissages, vérifications).

Sous le portique à sable de la sablerie, qui dessert quatre voies et est situé juste après les fosses, dans le prolongement du bâtiment mouvement/lampisterie/huilerie, le remplissage de la (ou des) sablière(s) de la locomotive est complété.

Si la locomotive est orientée dans le bon sens, elle est ensuite dirigée vers la sortie du dépôt.

Dans le cas contraire, elle emprunte les voies du triangle de retournement qui l'emmènent sur une voie en impasse située en amont côté atelier du faisceau de départ, qu'elle emprunte à nouveau en prenant la voie la plus à droite de la sablerie (voie sans fosse). La suite des opérations (sortie du dépôt) est identique au cas précédent.

Les principaux éléments constitutifs du dépôt, bâtiments et équipements Pour deux à trois heures utiles en tête d'un train, une locomotive à vapeur en demande le double ou le triple en préparation, visites techniques, nettoyages de chaudières Comme le disait Jean Gillot, ancien chef de dépôt à Châlons sur Marne, auteur de nombreux livres sur le chemin de fer réelLe dépôt vapeur — Réalité et modélisme, Jean Gillot, Hors série Loco-Revue , Édition LR-Presse, avril 2010.La locomotive à vapeur — Comment ça marche ? ( et ), Jean Gillot et Jean-Paul Quatresous, Hors série Loco-Revue 24 et 25, Édition LR-Presse, décembre 2011 et mars 2012. : réduire le dépôt à la remise, c'est réduire la maison d'habitation à la chambre à coucher!

Le service général assure toutes les fonctions de gestion du personnel, mais aussi de comptabilité des combustibles, huiles et autres fournitures ou des travaux des ateliers..

Les installations de ravitaillement en combustible Le service intérieur assure la préparation et le maintien en bon état de marche des locomotives (approvisionnement en charbon, en eau, préparation du feu).

Un dépôt de locomotives à vapeur a pour missions d'assurer tout à la fois le remisage, l'entretien et le support aux machines nécessaires à l'écoulement du trafic ferroviaire. Les siennes en propre ou celles d'autres établissement relayant dans son enceinte. À ce titre les installations de ravitaillement en combustible traction (charbon et fioul lourd) sont d'une importance vitale. Elles doivent être dimensionnées en fonction des taches à assurer par le dépôt. On conçoit aisément que le parc à charbon et les installations de manutention d'un grand dépôt en tête de ligne d'une radiale importante ou dans un nœud ferroviaire conséquent seront d'une toute autre ampleur comparés à ceux d'une simple annexe traction ou d'un dépôt modeste implanté dans un centre ferroviaire de moindre importance.

À Trappes, l'ampleur des installations de ravitaillement en combustible (charbon), sans être d'une taille exceptionnelle, est notable. Ces installations comprennent essentiellement un parc à charbon divisé en alvéoles, surmonté par un portique roulant sur lequel est juché une grue, et un toboggan à deux trémies servant au ravitaillement des tenders ou des soutes à combustible des locomotives.

Le parc à charbon vignette|Usine de la Briquetterie à Somain, Compagnie des mines d'Aniche.