Karl Fiehler (né le à Brunswick et décédé le à Dießen am Ammersee) est un homme politique allemand membre du NSDAP et bourgmestre de Munich de 1933 à 1945.

Biographie Jeunesse Karl Fiehler est le fils du prêtre baptiste Heinrich Fiehler. Sa famille déménage à Munich en 1902. Il y fréquente la , puis suit un apprentissage commercial et travaille à partir de 1914 dans le Schleswig-Holstein en tant qu'assistant commercial. À partir de , il prend part à la Première Guerre mondiale jusqu'à ce qu'il soit blessé à une jambe en 1918. Il est décoré de la croix de fer de seconde classe. Le , il rentre dans l'administration de la ville de Munich, d'abord en tant qu'assistant au service des bons alimentaires. En , il devient fonctionnaire après avoir réussi les examens d'État. Il les avait déjà passés en sans succès.

Membre du parti nazi Dès 1920, il entre au NSDAP ; il a le numéro de membre 37. Le il fait partie des troupes d'assaut d'Hitler () qui doivent protéger le futur des attaques des communistes. Le 8 et suivant, il participe au putsch de 1923 qui se solde par un échec. Les sont interdites, mais dès 1925 ressuscitent sous la forme de la (SS). Fiehler est de son côté condamné le par le tribunal de Munich à de réclusion dans la prison de Landsberg am Lech et à une amende de pour son implication dans le putsch.

De 1924 à 1933, il est membre du conseil municipal bénévole munichois. En 1929, il publie aux éditions Eher-Verlag, les éditions du parti nazi, les principes de base de la politique communale nazie dans un livre de : . Il écrit sur ce thème d'autres publications dans les années 1930.

Fiehler est un membre du parti de la première heure. Il a donc de fait le droit d'être appelé non seulement , c'est-à-dire membre avant le , mais également , c'est-à-dire membre ayant un numéro inférieur à .

Il connaît une ascension fulgurante dans le parti. De 1927 à 1930, il est chef du groupe local du parti à Munich, et de 1935 jusqu'à la chute du troisième Reich en 1945 il est Reichsleiter, tout d'abord en tant que directeur des publications, puis en tant que responsable de la politique municipale du parti. Il fait ainsi partie du plus haut cercle de direction du NSDAP et des 20 plus proches collaborateurs d'Adolf Hitler dans le parti. Dans la SS également, il porte le numéro 91724. La carrière de Fiehler décolle rapidement : le il devient , puis le et enfin le de l'. Le il obtient le grade de et est assigné aux d'Heinrich Himmler jusqu'au .

De 1933 à 1945, il est également membre du allemand, qui n'a plus de véritable rôle à l'époque.

Bourgmestre Le , les SA occupent l'hôtel de ville de Munich et y déroulent une bannière représentant une croix gammée. Le bourgmestre de l'époque , membre du , s'accroche à son poste durant , avant de devoir . Le même jour, le ministre de l'Intérieur bavarois et de Haute-Bavière Adolf Wagner nomme provisoirement Karl Fiehler au poste de bourgmestre. Le , il est nommé officiellement bourgmestre de Munich.

À la suite de la prise de pouvoir des Nazis, comme dans toute l'Allemagne, les organisations et partis en opposition avec le NSDAP sont interdits (politique dite de Gleichschaltung (mise au pas)). L'autodafé sur la du , la poursuite des écrivains, scientifiques et artistes non , conduit à un exode de l'élite intellectuelle munichoise. Thomas Mann ne revient ainsi pas d'un voyage à l'étranger. Le , le président provisoire de la police munichoise Heinrich Himmler ouvre le camp de concentration de Dachau.

En 1933, les associations centrales communales se voient contraintes de fonder l'association unitaire , dont le président n'est autre que Fiehler. Ses locaux se trouvent dans le quartier de Berlin-Tiergarten. Le , Fiehler s'entretient avec le chancelier et ils décident d'attribuer à Munich le titre de Hauptstadt der Bewegung soit , rappelant par là que le NSDAP a fait ses débuts dans la métropole bavaroise.

Dans les années 1930, Paul Troost, le prédécesseur d'Albert Speer au poste d'architecte d'Adolf Hitler, prépare de nombreux plans de monuments pour la ville dans le style de l'architecture nazie. Un réaménagement profond de la ville est prévu. Karl Fiehler publie dans ce sens en 1937 un catalogue de photos intitulé : , soit Munich construit. Un compte-rendu factuel et imagé des constructions nationales-socialistes dans la capitale du mouvement. La ville fusionne avec les communes alentour, notamment Pasing à l'ouest, voyant son nombre d'habitants augmenter de en 1936 à en 1943. D'autres projets ne sont toutefois pas réalisés, par exemple le déménagement de la gare centrale vers Laim.

Traque des juifs à Munich La ville de Munich dirigée par Fiehler est en première ligne dans la politique de persécution des juifs. Le premier boycott antisémite est ainsi organisé par Fiehler au début de l'année 1933 et rencontre un grand succès. Ce boycott commence sous ses ordres le , alors que la date de mise en application officielle n'est que le . Les SA et SS avaient déjà commencé à agir au début de l'année en terrorisant les commerçants et en mettant 280 d'entre eux en , littéralement détention de protection, ce qu'il faut comprendre comme envoi dans les camps de concentration. Fiehler interdit, toujours en 1933 et sans aucune base légale, que les commandes de la ville soit passées auprès de sociétés non allemandes.

Les SA taguent les vitrines des magasins juifs avec des ou . D'autres vitrines sont brisées, les clients intimidés, insultés, enregistrés et parfois même photographiés par les miliciens. Munich est encore une fois précurseur dans la démolition de lieux de culte judaïques. Le ministre de la propagande Joseph Goebbels fait détruire la grande synagogue en , afin de tester la réaction de l'opinion publique . L'indifférence générale n'incite pas les nazis à la modération.

Le , les pontes du parti se réunissent à un banquet dans la grande salle de l'hôtel de ville de Munich sur invitation du bourgmestre. Le discours antisémite prononcé par Joseph Goebbels est compris comme un signal pour le déclenchement d'une chasse aux juifs pour les membres des SA et du parti présent. Lors de la nuit qui suit de nombreuses personnes sont assassinées, torturées ou blessées. C'est la Nuit de Cristal. Les bâtiments juifs, tel que les synagogues et les magasins, sont saccagés et pillés. L'administration de la ville responsable des enterrements se comporte alors également de manière antisémite en interdisant à certains chrétiens d'origine juive décédés d'être incinérés au crématorium. Ces mêmes juifs-chrétiens se voient interdire le droit d'être enterrés auprès des leurs dans les cimetières munichois, même lorsque la tombe familiale s'y trouvait depuis plusieurs générations. L'administration renvoie administrativement ces juifs-chrétiens devant les instances du culte israélite. Lors d'enterrement dans les cimetières judéo-orthodoxes, le port du talar est interdit. Johannes Zwanzger, qui devient en le meneur du , l'assistance munichoise pour les chrétiens non aryens, envoie une réclamation à Fiehler pour l'Église évangélique et luthérienne locale, sans succès.

La privation de droit des juifs est suivie lors de la Seconde Guerre mondiale par leur extermination. Le a lieu la première déportation de depuis Munich vers Riga. Afin de les tromper, on leur fait croire à une évacuation. Le train est finalement dérouté vers le ghetto de Kauen dans la ville lituanienne de Kaunas, le ghetto de Riga étant surpeuplé à ce moment-là. Dans le fort IX de Kaunas, les déportés sont fusillés peu après leur arrivée, le pour être exact, par l'Einsatzgruppe A commandé par le Walter Stahlecker.

Par la suite, 42 autres convois partent à intervalles variés de Munich et ce jusqu'en vers Kaunas, Piaski (près de Lublin) et Auschwitz ainsi que vers le ghetto des de Theresienstadt.

Après la guerre Le , les soldats américains entrent dans Munich sans combattre. La reddition de l'hôtel de ville marque la fin du nazisme dans la ville. Fiehler a alors quitté la ville bien avant sa chute. Le , avant la fin officielle de la guerre, les Américains nomment Karl Scharnagl bourgmestre de Munich ; celui-ci retrouve donc son poste après.

Après l'holocauste, il n'y a quasiment plus de population juive dans la ville. Sur les y habitant avant l'arrivée au pouvoir des nazis, ont fui à temps. Presque d'entre eux furent déportés en camps de concentration, la moitié vers Theresienstadt. Au total, seuls reviennent s'installer dans la ville.

Pour la ville, le bilan en est le suivant : sont tombés au combat, ont été tués par les bombardements, environ ont été blessés et on dénombre environ . Les fuites, les évacuations et les décès font passer le nombre d'habitants de en 1939 à en 1945. La vieille ville est détruite à 90 %, la ville dans son ensemble à environ 50 %.

Le , Fiehler comparaît devant la cour d'assise de Munich où il est reconnu comme étant un . Il est condamné à de camps de travail, à rendre un cinquième de ses biens, perd son droit de vote et est déclaré inéligible. De plus, il a une interdiction de travailler de .

Comme circonstances atténuantes, on reconnaît que Fiehler a empêché le dynamitage du pont sur l'Isar par la . Fiehler ne va pas en prison, ayant déjà passé trois ans et demi en attente de comparution.

En 1962, le tribunal administratif oblige la ville de Munich à verser sa pension de à Fiehler, poste qu'il occupait avant de devenir bourgmestre de la ville. Fiehler fait appel de la décision pour réclamer la retraite correspondant au bourgmestre de la ville. En 1963, l'appel est rejeté par la cour administrative de Bavière. En 1965, la cour administrative fédérale confirme ce jugement.

Il vit ensuite jusqu'à sa mort en 1969 retiré à Dießen am Ammersee où il travaille en tant que comptable.

Décorations

Croix de fer de , 1914 insigne des blessés noir, 1918 Croix du mérite de guerre de et , 1939 Symbole d'or du Parti nazi Ordre du sang Médaille de l'Anschluss Médaille des Sudètes décoration du NSDAP de bronze, d'argent et d'or Bague d'honneur des SS Dague d'honneur des SS

Bibliographie

Liens externes

Références

Catégorie:Dirigeant du Troisième Reich Catégorie:Député de la 3e législature du Troisième Reich Catégorie:SS-Obergruppenführer Catégorie:Membre de la société Thulé Catégorie:Reichsleiter Catégorie:Récipiendaire de 2e classe de la croix de fer Catégorie:Récipiendaire de l'insigne d'honneur en or du NSDAP Catégorie:Naissance en août 1895 Catégorie:Naissance à Brunswick (Basse-Saxe) Catégorie:Naissance dans le duché de Brunswick Catégorie:Décès en décembre 1969 Catégorie:Décès à Dießen am Ammersee Catégorie:Décès à 74 ans Catégorie:Bourgmestre de Munich