Ernest et Célestine est un film d'animation belgo-franco-luxembourgeois co-réalisé par Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner, sorti en 2012. Ce dessin animé en deux dimensions s'inspire de la série de livres pour la jeunesse du même nom publiée par l'auteure et illustratrice belge Gabrielle Vincent de 1981 à 2000.

Le film reçoit un très bon accueil des critiques de presse et est un succès au box-office. Il remporte en outre plusieurs distinctions, dont le César du meilleur film d'animation en 2013 et une nomination pour l'Oscar du meilleur film d'animation en 2014. L'univers du film est ensuite développé en série télévisée d'animation.

Synopsis Célestine est une jeune souris qui vit dans le monde souterrain des rongeurs, tandis que la surface est habitée par les ours. Les deux peuples ne se fréquentent pas du tout. À l'orphelinat où grandit Célestine, la vieille gardienne terrifie les enfants avec l'histoire du Grand Méchant Ours, mais Célestine n'y croit pas. Quelques années après, elle doit suivre un entraînement pour devenir dentiste, comme tous les rongeurs, mais elle n'a pas envie de devenir dentiste et préfère dessiner. Elle est tout de même envoyée pour faire la récolte des dents de lait que les oursons laissent sous leurs oreillers, et se retrouve à la surface, dans la ville des ours. Célestine doit récupérer la dent de lait d'un ourson dont le père tient la confiserie Le Roi du sucre et dont la mère vend des dents de rechange dans la boutique d'en face, La Dent dure. Mais Célestine est aperçue et poursuivie. Elle atterrit dans une poubelle où elle finit enfermée toute la nuit. Au matin, l'ours Ernest se réveille affamé, et, s'apercevant qu'il n'a plus rien à manger, quitte la maison où il vit dans un petit bois sur une colline à l'écart de la ville pour aller gagner quelques pièces en faisant l'homme-orchestre sur la place. Mais les policiers finissent par lui confisquer ses instruments. Ernest a si faim qu'il se résout à faire les poubelles, et finit par découvrir Célestine, qu'il s'apprête à manger. Mais Célestine le convainc de ne pas la manger et lui montre un moyen d'aller se rassasier chez Le Roi du sucre en passant par le soupirail de la cave. Ernest, repu, remercie Célestine, qui rentre chez elle.

Mais la souris n'a pu rapporter qu'une dent, récolte catastrophique qui lui vaut, le lendemain, les moqueries de ses camarades et un sermon de la part du chef dentiste. Célestine est renvoyée en mission avec interdiction de revenir avant d'avoir accumulé cinquante dents d'ours. De retour à la surface, la souris tombe sur Ernest, qui vient d'être découvert par le patron de la confiserie et est en train d'être embarqué par la police. Célestine saute dans le fourgon, ronge les liens d'Ernest et l'aide à fuir puis à se cacher. En échange, Ernest l'aide à dévaliser La dent dure et à rentrer chez elle avec un énorme sac de dents. Célestine tient sa vengeance contre le chef dentiste, mais son triomphe tourne court lorsqu'Ernest, qui s'est endormi dans l'orphelinat des souris, est découvert par les rongeurs terrifiés. Tous deux s'enfuient et parviennent à semer la police des rongeurs. De retour chez lui, Ernest refuse d'abord d'héberger Célestine, puis s'adoucit peu à peu en se rendant compte qu'il tient à elle. Le lendemain et les jours suivants, les deux amis vivent dans le calme et la bonne humeur loin de leurs villes respectives. Mais la radio leur apprend que la police des ours et celle des souris sont toujours à leur recherche, et leur sommeil est agité par des cauchemars. Ils camouflent le camion d'Ernest en le peignant aux couleurs de l'herbe, puis passent un hiver paisible pendant lequel Célestine guérit Ernest d'un rhume, admire les paysages d'hiver et exerce librement ses talents de peintre. Mais au printemps, quand la neige fait place à la pluie, la peinture du camouflage du camion fond et le véhicule, mal garé, redescend la colline en marche arrière jusqu'à la ville, laissant une large piste de peinture verte qui mène droit à la maison des deux amis.

Les deux polices ne tardent pas à arriver, les ours par la porte, les souris par la cave. Ernest est arrêté par les souris tandis que Célestine tente en vain une ruse pour écarter les ours et est également capturée. Mis en prison, les deux amis subissent chacun un procès où ils risquent la mort. Au-delà des vols et des dégâts divers, on leur reproche surtout de faire peur aux gens. Chacun se défend devant un public au fond pas si effrayé. Sur un mouvement brusque d'un des juges, une lampe tombe et un incendie se déclare, qui se propage bientôt aux deux palais de justice, car celui des souris est situé juste au-dessous de celui des ours. Les juges s'obstinent à continuer le procès sans comprendre le danger : tout le monde s'enfuit en les abandonnant, sauf Ernest et Célestine. Ernest emporte le juge souris pour le mettre hors de danger, tandis que Célestine parvient à persuader le juge ours d'aller se mettre à l'abri. Ayant sauvé chacun son juge, Ernest et Célestine ont fait la preuve de leur honnêteté : ils obtiennent de pouvoir se retrouver et de retourner vivre ensemble, tandis qu'ours et souris comprennent qu'ils n'ont pas à avoir peur les uns des autres. De retour dans la maison d'Ernest, les deux amis vivent paisiblement, et, un jour, ils ont l'idée de raconter leurs aventures, en les enjolivant un peu pour qu'elles ne soient pas trop effrayantes : le film s'achève lorsque Célestine commence à les dessiner.

Fiche technique

Titre : Ernest et Célestine Réalisation : Stéphane Aubier, Vincent Patar, Benjamin Renner Scénario : Daniel Pennac Musique : Vincent Courtois Paroles : Thomas Fersen Direction artistique: Zaza et Zyk Montage : Fabienne Alvarez-Giro Production : Didier Brunner, Henri Magalon, Vincent Tavier Studios de production : Les Armateurs, La Parti Production, Mélusine Productions, en coproduction avec Studiocanal, Maybe Movies, France 3 cinéma Sociétés de distribution : Studiocanal (France), Cinéart (Belgique) Budget : Exclusif : les tops et les flops du cinéma français en 2012 sur BFM TV.com, publié le , Simon Tenenbaum et Jamal Henni. Pays de production : , , Langue originale : français Format : couleur - 1,85:1 - Dolby Digital Durée : 80 minutes Dates de sortie : France : Pays-Bas : Belgique : Suisse :

Distribution Lambert Wilson : Ernest Pauline Brunner : Célestine Anne-Marie Loop : la Grise, souris gardienne de l'orphelinat Patrice Melennec : Georges, le confiseur ours Brigitte Virtudes : Lucienne, la dentiste ourse, femme de Georges Léonard Louf : Léon, le fils de Georges et Lucienne Dominique Collignon-Maurin : le chef de clinique rat Perrette Pradier : l'infirmière en chef souris Yann Le Madic : l'avocat rat d'Ernest Féodor Atkine : le juge grizzly Pierre Baton : le juge rat Vincent Grass : le chef policier ours Patrice Dozier : le chef policier rat Jacques Ciron : monsieur Rançonnet, le client ours de La dent dure

Production Le projet est lancé par le producteur Didier Brunner fin 2007 et un pilote d'animation est achevé après un an. La recherche des financements pour le film dure jusqu'en . De mi-2009 à mi-2010, l'essentiel du travail porte sur l'élaboration du storyboard. La phase de production proprement dite, consistant à réaliser l'animation, dure ensuite un an et demi, puis la post-production est plus courte.

Début du projet et choix des réalisateurs Le projet du film est à l'origine une initiative du producteur Didier Brunner : connaissant la série d'albums illustrés Ernest et Célestine depuis longtemps, il saisit l'occasion d'acquérir les droits d'adaptation audiovisuelle de la série lorsque le neveu de Gabrielle Vincent envisage de les céder pour une série animée ; Brunner opte cependant pour un film de cinéma.. En , Didier Brunner contacte Benjamin Renner pour travailler à un pilote d'animation définissant les principales orientations du projet de long métrage ; Renner est alors directeur artistiqueBenjamin Renner : "Je cherche toujours les situations inconfortables ; réalisateur, c'était parfait !", propos recueillis par Noémie Luciani dans Le Monde le 11 décembre 2012. Page consultée le 6 janvier 2013.. La réalisation de ce pilote d'animation dure environ un an.

Après son achèvement, le premier réalisateur pressenti par Didier Brunner laisse sa place et Brunner propose alors à Benjamin Renner de réaliser le film ; n'ayant encore jamais réalisé de long métrage, Renner demande à être associé à des coréalisateurs plus aguerris, qui sont les Belges Vincent Patar et Stéphane Aubier, réalisateurs de la série animée Panique au village (réalisée en animation image par image à l'aide de figurines)Entretien avec Benjamin Renner (première partie), propos recueillis par Pascal Pinteau sur le site Effets spéciaux le 13 décembre 2012. Page consultée le 6 janvier 2013.. Le film est ainsi coréalisé par trois réalisateurs : Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier« Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier, réalisateurs », propos recueillis par Domenico La Porta pour le site Cineuropa le 25 mai 2012. Page consultée le 26 décembre 2012.. La production du film proprement dit (après le pilote) commence en 2009Fiche du film sur Unifrance. Page consultée le septembre 2012.. Les trois réalisateurs se répartissent les tâches : tous trois travaillent ensemble sur le script, le storyboard et le découpage, puis Benjamin Renner s'occupe de la création graphique du film tandis que Vincent Patar et Stéphane Aubier interviennent de nouveau lors de la post-production, pour les voix, les bruitages et le mixage.

Scénario Le scénario est écrit par l'écrivain et scénariste Daniel Pennac, puis retravaillé par les trois réalisateurs en fonction des contraintes de l'animation. L'équipe du film tente d'autant plus de respecter au mieux l'univers des livres de Gabrielle Vincent que celle-ci, de son vivant, avait refusé toutes les propositions d'adaptations à l'écran, en raison du style très lisse et impersonnel du projet d'adaptation qui lui avait été proposé par un studio anglais. L'équipe prend finalement le parti d'un hommage plutôt que d'une adaptation littérale de l'univers des livres : Renner intègre à l'intrigue l'univers de Daniel Pennac, et l'histoire définitive prend davantage la forme d'une porte d'entrée à l'univers des albums que d'une transposition directe, d'où l'atmosphère un peu plus sombre du scénario du filmErnest et Célestine, trois extraits commentés par Benjamin Renner, coréalisateur, propos recueillis par Cécile Mury dans Télérama le 13 décembre 2012. Page consultée le 6 janvier 2013.. Benjamin Renner met en avant la créativité des personnages présente dans le scénario de départ proposé par Pennac et l'emploie pour renforcer la cohérence visuelle et narrative du film.

Graphismes Les graphismes du film se veulent aussi fidèles que possible à ceux des albums originaux, en particulier à l'économie de traits des dessins de Gabrielle Vincent et à l'impression de spontanéité qu'ils dégagent"Ernest & Célestine" : rencontres avec Daniel Pennac et Benjamin Renner, vidéo sur Allociné le 8 décembre 2012. Page consultée le 6 janvier 2013..