L'abbaye de Varennes située dans la commune française de Fougerolles dans l'Indre, est une abbaye créée au , sur l'emplacement d'une installation antérieure des disciples de saint Benoît du qui a été détruite.
C'est en 1148, que le prince Ebbes II de Déols, de la Maison de La Châtre, sixième fils de Raoul II, dit le Chauve et le Grand, prince de Déols, fait venir des moines de l'abbaye de Vauluisant pour fonder un monastère affilié à l'ordre cistercien. Érigée en abbaye royale par Henri II Plantagenêt en 1155, elle connaît deux siècles de prospérité. Elle reçoit des dons en argent, terres et bétail, des forêts, et des avantages, comme la franchise d'impôt, accordée par Ythier de Magnac en 1276. Guillaume III de Chauvigny, en 1294, leur concède une exemption d'impôt sur certaines terres. Un inventaire, dressé sur demande de Philippe VI de Valois en 1333 montre que les revenus de Varennes et de l'abbaye de Noirlac étaient équivalents.
À partir de la deuxième moitié du , l'abbaye évolue vers une exploitation agricole qui doit fournir un revenu aux abbés commendataires. Bientôt, les religieux ne sont plus assez nombreux, et ils font appel à des ouvriers agricoles ou donnent des terres en fermage.
Aux , sa situation se dégrade plutôt en comparaison avec les abbayes voisines. Ainsi, ses revenus ne sont plus que la moitié de ceux de l'abbaye de Noirlac.
Son histoire se termine à la Révolution, où l'abbaye est transformée en exploitation agricole et le cloître est démoli.
Depuis 1980, l'ensemble est en cours de restauration par ses actuels propriétaires. L'abbaye, où a vécu et est morte la photographe Jenny de Vasson (1872-1920) a reçu le label Maisons des Illustres.
Construction Le plan du monastère est strictement conforme à l'architecture cistercienne : l'église est orientée est-ouest, la salle capitulaire et le dortoir s'inscrivent dans le prolongement du côté sud du transept, la chaufferie et le réfectoire sont construits au sud, en parallèle avec l'église, et le dortoir des convers ferme, à l'ouest, l'espace carré réservé au cloître. Au centre se trouve un puits qu alimentait sans doute une fontaine. Il ne reste pas de trace des autres bâtiments, notamment l'hôtellerie ou porterie.
L'église est construite dans la deuxième moitié du . Elle présentait une nef flanquée de collatéraux supprimés au . À la même époque, la nef fut raccourcie à l'ouest. Le réfectoire date du . Les bâtiments des convers sont également du ; ils ont été modifiés au .
Historique vignette|gauche|alt=Maison abbatiale.|Maison abbatiale.
Des travaux importants ont été réalisés à la fin du , à l'occasion de la nomination de François de Castagnères qui est exilé à Varennes. La maison abbatiale a été édifiée à partir de 1698. Au , certains bâtiments ont été remaniés, le transept et le chevet de l'église abattus. Il ne reste plus que la nef, aujourd'hui.
À la Révolution, la municipalité de Fougerolles prend possession de l'abbaye en 1790 ; celle-ci ne comprenait plus que deux moines ; les bâtiments conventuels sont partagés en deux lots et vendus comme biens nationaux. Le cloître est démoli. Les archives du monastère n’ont pas été transférées, lors de la Révolution, au chef-lieu du district, comme c’était l’usage, mais ont été conservées sur place sous scellés, ce qui a entraîné leur destruction. La séparation en deux propriétés distinctes s’étant perpétuée jusqu’à nos jours.
thumb|right|upright 1.50|La moisson, devant l'ancienne église abbatiale, photographie de Jenny de Vasson, vers 1905.
En 1901, Paulin Girard de Vasson (1839-1923) s’installe à Varennes avec son épouse Nannecy et leur fille Jenny, qui va y réaliser l’essentiel de son œuvre photographique. Paulin Girard de Vasson est le fils d’un procureur du Roi à La Châtre, puis à Châteauroux. Comme son père, il est de convictions républicaines et s’engage dans la magistrature : après avoir été substitut du procureur impérial à Cosne-sur-Loire, il est nommé procureur à Châteauroux, puis à La Châtre. À Varennes, ils y reçoivent de nombreux artistes du Berry tels le poète Maurice Rollinat, le sculpteur Ernest Nivet et les peintres Fernand Maillaud et Bernard Naudin.
À la fin du , l'abbaye a bénéficié de deux arrêtés de protection au titre des monuments historiques. L'inscription du porte principalement sur les vestiges du cloître et le réfectoireEn plus de ces deux éléments, la notice mérimée précise les éléments suivants comme inscrits: « puits du cloître, vestiges du chauffoir, bâtiment des convers ainsi que l'appentis accolé au pignon sud, les deux granges, les murs et murets de clôture, sol des parcelles correspondant à l'emprise de l'abbaye », alors que le classement du concerne principalement l'église et la maison de l'abbéEn plus de ces deux éléments, la notice mérimée précise les éléments suivants comme classés: « puits dans la cour de la maison de l'abbé, bâtiment des communs, sol des parcelles A 688 à 691, 693, 694, ainsi que les murs et murets existant sur ces parcelles ».
Description
Abbés On connaît une liste partielle des abbésPanneaux explicatifs dans l'église abbatiale. Les premiers sont des abbés réguliers, élus par les moines, les suivants des abbés commendataires qui s'intéressent à l'abbaye principalement pour l'honneur et les revenus qu'elle peut leur rapporter.
Abbés réguliers connus Les abbés réguliers sont élus par les moines réunis en chapitre pour diriger l'abbaye. La liste suivante est lacunaire.
Abbés commendataires Les abbés commendataires sont souvent des personnages importants récompensés, ou au contraire exilés sur les abbayes.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Site de l'abbaye de Varennes
Varennes Varennes Varennes Varennes Varennes Catégorie:Fondation en 1148 Varennes Varennes Catégorie:Monument historique dans l'Indre Catégorie:Monument historique inscrit en 1993 Catégorie:Monument historique classé en 1994 Catégorie:Label Maisons des Illustres