Des élections générales britanniques ont lieu le pour élire la du Parlement du Royaume-Uni.
En dépit des sondages, qui annonçaient un nouveau parlement minoritaire comme lors des élections précédentes, les conservateurs du Premier ministre David Cameron emportent la majorité absolue des avec 330 élus. Leurs partenaires de coalition, les Libéraux-démocrates, subissent une cuisante défaite et sont réduits à huit députés.
Le chef de l'opposition, Ed Miliband, conduit le Parti travailliste à sa pire défaite depuis 1987. Les travaillistes sont notamment défaits en Écosse au profit du SNP, qui remporte 56 des écossais. UKIP réussit une percée en voix, sans réussir à les transformer en sièges.
Au lendemain des élections, le chef du Parti travailliste, Ed Miliband, ainsi que celui des Libéraux-démocrates Nick Clegg démissionnent.
Des élections locales ont lieu le même jour en Angleterre.
Organisation Mode de scrutin L'accord de coalition entre le Parti conservateur et les Libéraux-démocrates prévoyait un référendum sur le mode de scrutin de la Chambre des communes. Celui-ci est organisé le mais les électeurs rejettent à 67,9 % le vote alternatif qui leur était proposé. Dès lors, les élections de 2015 se tiennent de nouveau au scrutin uninominal majoritaire à un tour : dans chacune des circonscriptions est élu le candidat qui arrive en tête.
Découpage électoral Le Parliamentary Voting System and Constituencies Act 2011 prévoyait un redécoupage électoral et la baisse du nombre de députés de 650 à 600, conformément à une promesse électorale du Parti conservateur. Toutefois, la loi a été amendée en 2013 et le redécoupage des circonscriptions n'interviendra, au mieux, qu'en 2018. En réalité les élections anticipées de 2017, se tiendront encore avec l'ancien découpage. Ainsi, les élections de 2015 se tiennent dans les mêmes 650 circonscriptions que les élections de 2010.
Calendrier
Traditionnellement, le Premier ministre pouvait demander au monarque de dissoudre la Chambre des communes à tout moment, ce qui permettait au parti au pouvoir de choisir la date du scrutin.
L'adoption en 2011 du a mis fin à cette pratique. Désormais, les élections générales ont lieu le premier jeudi de mai cinq ans après les précédentes élections. Le Parlement est automatiquement dissous ouvrés avant cette date. Une dissolution et des élections anticipées ne peuvent avoir lieu que si le gouvernement perd la confiance de la chambre.
Ainsi, en 2015, le Parlement est dissous le et les élections générales ont lieu le jeudi . Les bureaux de vote sont ouverts de à . Le dépouillement devrait être terminé dans la journée du .
Le nouveau Parlement doit siéger le , jour où il élira son président. Le discours du Trône est prévu le . Après quelques jours de débat, un vote a lieu sur le discours du Trône : il est généralement perçu comme un vote sur le gouvernement (bien qu'il ne s'agisse pas explicitement d'un vote de confiance selon le ).
Pendant la formation du gouvernement, le gouvernement sortant reste en fonction pour gérer les affaires courantes.
Campagne Partis politiques Parti Sièges 2010 SortantsConservateurs 306 303Travaillistes 258 257LibDems 57 56DUP 8 8SNP 6 6Sinn Féin 5 5 Indépendants 1 3Plaid Cymru 3 3SDLP 3 3UKIP0 2Alliance 1 1Verts 1 1Respect0 1 Speaker 1 1 Total650650 Majorité +83 +75 La Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord ont des systèmes de partis distincts. Au , le registre de la Commission électorale comptait 428 partis politiques enregistrés en Grande-Bretagne et 36 en Irlande du Nord.
Le paysage politique britannique a longtemps été qualifié de bipartite : les partis conservateur et travailliste sont les deux principaux partis depuis les années 1930 et tous les Premiers ministres depuis sont issus de leur rang. L'un de ces deux partis a obtenu une majorité absolue des sièges à chaque élection sauf en 1974 et 2010. Toutefois, depuis plusieurs années, on observe que le poids des deux grands partis diminue au profit de partis plus petits.
Parti conservateur
Le Parti conservateur est arrivé en tête lors des élections de 2010, sans toutefois remporter de majorité. Son chef, David Cameron, est devenu Premier ministre à la faveur d'une coalition avec les Libéraux-démocrates.
Devenu chef des conservateurs en 2005, David Cameron a tenté de faire adopter à son parti des positions plus progressistes à travers son projet de . Depuis 2010, le gouvernement de coalition a ainsi légalisé le mariage homosexuel ou augmenté l'aide au développement.
Toutefois, les conservateurs au pouvoir ont mis l'accent sur la réduction du déficit public, qui a fait suite à la crise économique, notamment en coupant dans les budgets sociaux. La mise en place de la — un impôt sur les logements possédant une chambre vacante — est notamment très controversée. Sous la pression du UKIP, Cameron a par ailleurs durci ses positions en matière d'immigration et d'aides sociales.
Dans les derniers mois du mandat, le gouvernement bénéficie d'un taux de croissance en hausse et David Cameron appelle les électeurs à le réélire pour qu'il puisse . Parmi les promesses du programme conservateur, figure le doublement du remboursement des garderies d'enfant, l'ouverture de nouvelles , le durcissement des conditions de grève, l'élargissement du leur logement pour les locataires de logements sociaux et des baisses d'impôts. Les conservateurs veulent également poursuivre la politique d'austérité en diminuant de de livres les dépenses dans les budgets sociaux.
N'ayant pas réussi à faire adopter une loi sur la question dans le précédent Parlement, les conservateurs promettent de tenir d'ici 2017 un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne. Ils souhaitent par ailleurs , demander le rapatriement de certains pouvoirs de Bruxelles et mettre fin à l'application de la Convention européenne des droits de l'homme au Royaume-Uni.
Enfin, les conservateurs font campagne en soulignant que la possibilité d'un parlement minoritaire pourrait ouvrir la porte à une alliance entre les travaillistes et les nationalistes écossais du SNP, ce qui serait selon eux une .
Parti travailliste
Le Parti travailliste est dans l'opposition depuis 2010, après avoir occupé le pouvoir pendant sous les Premiers ministres Tony Blair et Gordon Brown.
Ed Miliband a été élu chef du Parti travailliste et chef de l'opposition après la défaite de 2010. Considéré comme plus à gauche que les autres prétendants à la chefferie, le leadership de Miliband a été plusieurs fois critiqué.
Les travaillistes critiquent certaines mesures du gouvernement (comme la ) et le fait que le regain de croissance n'empêche pas la multiplication des travailleurs précaires, notamment ceux qui disposent d'un . Toutefois, accusés par les conservateurs d'être à l'origine du déficit lors de leur précédent passage au gouvernement, le Parti travailliste compte d'ici la fin de la législature s'il est élu. Cette promesse, justifiée par le souci d'apparaitre , est critiquée par le SNP et les verts ainsi que certains économistes qui souhaiteraient que les travaillistes s'engagent pour une relance keynesienne de l'économie.
Dans le programme travailliste, figurent également l'augmentation du salaire minimum, la création d'un service national de garde d'enfants, l'augmentation des impôts pour les plus riches, le gel des tarifs des trains et de l'énergie, le recrutement de plus de supplémentaires dans le National Health Service, le remplacement de la Chambre des lords par un sénat. Néanmoins, le journaliste Owen Jones observe que « si M. Miliband était parvenu au pouvoir, le Royaume-Uni aurait continué à afficher le taux d’imposition des sociétés le plus bas du G7 et, pour la première fois, les travaillistes se seraient engagés à réduire les dépenses publiques chaque année au cours de leur mandat. » Face au UKIP et à la ligne plus dure du Parti conservateur sur l'immigration et l'Union européenne, le Parti travailliste veut limiter l'accès des immigrés aux prestations sociales et promet que tout transfert de pouvoir à l'Union européenne n'aurait lieu que par référendum.
Libéraux-démocrates Les Libéraux-démocrates, ou les partis qui les ont précédés, sont depuis les années 1930 le troisième parti britannique. En 2010, ils ont fait le choix de participer à un gouvernement de coalition avec les conservateurs et leur chef, Nick Clegg, est devenu vice-premier ministre.
Toutefois, la participation des Libéraux-démocrates au gouvernement Cameron leur a attiré de nombreuses critiques notamment en raison du fait que ses ministres aient accepté la politique d'austérité des conservateurs mais surtout pour les promesses faites en 2010 et sur lesquels les Libéraux-démocrates sont revenus. C'est notamment le cas de la promesse de ne pas augmenter les frais d'inscription des universités alors qu'en le gouvernement autorise ces dernières à facturer jusqu'à l'année aux étudiants. Par ailleurs, les réformes prônées par les Libéraux-démocrates dans l'accord de coalition avec les conservateurs n'ont pas pu être menées à bout. C'est notamment le cas de la réforme du mode de scrutin (rejetée par référendum) ou de la réforme de la Chambre des lords (rejetée par les députés conservateurs).
Ainsi, dès le début de la campagne les Libéraux-démocrates apparaissent très affaiblis.
UKIP Le est un parti eurosceptique et anti-immigration dont le chef est Nigel Farage.
Le UKIP est arrivé quatrième lors du dernier scrutin mais sans remporter aucun siège. Depuis, il a gagné en popularité, remportant deux élections partielles et arrivant même en tête lors des élections européennes de 2014.
SNP Le Scottish National Party est un parti nationaliste qui ne se présente qu'en Écosse.
Il a remporté les élections écossaises de 2011 et a connu un gain de popularité à la suite du référendum sur l'indépendance de l'Écosse. Il est le principal concurrent des travaillistes en Écosse, les sondages prédisant qu'il pourrait gagner une majorité voire tous les sièges écossais de la Chambre des communes.
Autres partis Parmi les autres partis : les Verts sont divisés en trois partis régionaux : Angleterre et pays de Galles, Écosse et Irlande du Nord. Ils ont remporté leur premier siège au Parlement en 2010 et avant l'élection de 2015, certains sondages indiquent qu'ils pourraient surpasser les Libéraux-démocrates. le Plaid Cymru est un parti régionaliste du pays de Galles. Il a remporté trois sièges lors des dernières élections. Respect (gauche) qui a remporté un siège à la suite d'une élection partielle. le British National Party (extrême droite) qui a déjà fait élire des députés européens mais n'a jamais gagné de sièges à la Chambre des communes.
Partis nord-irlandais La plupart des partis d'Irlande du Nord existe sur les bases communautaires du conflit nord-irlandais : le Democratic Unionist Party (protestant unioniste) a remporté le plus de sièges lors des élections générales de 2010 et des élections nord-irlandaises de 2011. le Sinn Féin (nationaliste républicain) est arrivé en tête du scrutin en 2010 mais a remporté moins de sièges que le DUP. Il est arrivé en tête en Irlande du Nord lors des élections européennes de 2014. Les députés élus du Sinn Féin ne siègent pas à la Chambre des communes britannique, car ils refusent de prêter le serment requis. le SDLP (nationaliste, centre-gauche) a remporté trois sièges en 2010. Il est proche du Parti travailliste et ses députés suivent généralement les consignes de vote des travaillistes. l'Ulster Unionist Party (protestant unioniste) est proche du Parti conservateur avec qui il présente des candidats communs à la Chambre des communes. l'Alliance est le principal parti non communautaire d'Irlande du Nord. Il a remporté un siège en 2010.
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