La crise du Rhin de 1840 est une crise diplomatique entre le royaume de France et la Confédération germanique et se déclenche lorsque la France se met à revendiquer le Rhin pour frontière orientale, ce qui revient à revendiquer de territoire allemand, dont la majorité est sous domination prussienne.
Ces territoires avaient été sous administration française entre 1795 et 1814, puis le congrès de Vienne les avait redistribués entre les puissances allemandes. La Prusse avait récolté la part du lion avec la Rhénanie prussienne.
Contexte
La guerre d'indépendance grecque et la guerre russo-turque de 1828 et 1829 affaiblissent l'empire ottoman. Le sultan Mahmoud II refuse alors à Méhémet Ali, alors vice-roi de l'Égypte, province ottomane, de devenir également gouverneur de Syrie. Celui-ci réplique en occupant avec des troupes égyptiennes la Palestine et la Syrie en 1831 ; elles arrivent aux limites de l'Anatolie en 1832.
La France avait profité de la défaite turque en 1830 pour prendre Alger et voit dans Méhémet Ali un allié idéal et le soutient donc dans sa lutte pour se défaire de la souveraineté de Mahmoud II. L'objectif français est de faire de toute la côte nord de l'Afrique, allant jusqu'à l'isthme de Suez, une zone sous influence française.
En 1839, Méhémet Ali remporte une nouvelle victoire face au sultan. Cela conduit à la crise d'Orient de 1840. Les grandes puissances que sont le Royaume-Uni, la Russie, la Prusse et l'Autriche voient dans la préservation de l'empire ottoman une meilleure garantie de leurs intérêts. Ils signent ensemble le traité de Londres (1840) le afin de satisfaire le sultan et de faire cesser le soutien français à Méhémet Ali. Les Britanniques apportent au même moment leur soutien militaire à Constantinople contre l’Égypte.
En 1841, Ibrahim Pacha est forcé de se retirer de la Syrie et de la Palestine et de limiter son territoire à l'Égypte, qui reste sous domination ottomane officiellement, bien qu'on lui cède le droit de léguer à ses héritiers le droit de diriger le pays.
Déroulement thumb|Le Rhin, frontière Est de la France en 1806. thumb|Frontière de la Confédération germanique en 1840. En France Cette nouvelle alliance des pays vainqueurs de Napoléon en 1814 déclenche une vague de patriotisme en France. L'opinion publique est très affectée et se sent ignorée et humiliée par ce .
Afin d’apaiser le peuple, qui menace de renverser la monarchie, Adolphe Thiers détourne l'attention en ramenant le débat sur le terrain militaire et territorial. Une partie de l’opinion publique réclame une guerre pour ne plus subir les conséquences du congrès de Vienne. D'autres veulent attaquer la Grande-Bretagne, mais la plupart visent la Confédération germanique. À la crise d'Orient vient se substituer la crise du Rhin. Paris est fortifié, la Confédération est officiellement menacée, et la presse fait ses titres sur le sujet. Cependant, Thiers n'a pas l'intention d'aller à la guerre puisque le pays n'est pas prêt.
Les esprits sont préparés à une entrée en guerre. Certains intellectuels français comme Edgar Quinet et Victor Hugo (dans son journal de voyage Le Rhin) affirment leurs revendications sur la rive rhénane gauche.
En Allemagne
En réaction, une vague similaire de nationalisme se déclenche en Allemagne. Une guerre en règle a lieu entre poètes français et allemands. De nombreuses chansons se mettent à parler du Rhin, devenu le symbole du sentiment national.
Nikolaus Becker dans un de ses poèmes répète pas moins de En réponse, Alfred de Musset rédige Le Rhin allemand.
Max Schneckenburger écrit Die Wacht am Rhein, , un appel patriotique à la défense du Rhin contre les revendications françaises.
Das Lied der Deutschen, écrite par August Heinrich Hoffmann von Fallersleben le lors d'un voyage à Heligoland, est également dirigée contre la France. Son appel à l'unité allemande est aussi un moyen de contrer les agressions françaises. Il considère que la force de l'Allemagne est sous-estimée, écrivant le couplet devenu par la suite très controversé :
Désescalade Finalement, avant que les crises orientales et rhénanes ne conduisent à l'escalade, le gouvernement Thiers, dont la politique de prestige a provoqué la crise, doit démissionner. Le nouveau gouvernement, avec Guizot lui-même comme ministre des affaires étrangères, s'efforce de mener une politique de conciliation.
La Convention de Londres règle la question des détroits turcs du et met fin au conflit en fermant le Bosphore et les Dardanelles à tous les vaisseaux de guerre, ce qui limite donc la puissance russe.
Conséquences Pour l'Allemagne, la crise a de nombreuses retombées, Heinrich Heine écrit ainsi : .
D'autres conséquences de la crise sont que la Confédération germanique construit les forteresses fédérales à Mayence, Ulm et Rastatt et qu'elle demande également à la Bavière la construction d'une forteresse à Germersheim.
Voir aussi
Liens internes
Frontières naturelles de la France
Bibliographie
, en version française
Références
Originaux
Notes
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