Lîle de Sein, en breton , est une île française de la mer Celtique (Atlantique nord), qui a donné son nom à la commune de l'Île-de-Sein.

Toponymie Attestations anciennes..

Sena au ; Sina au ; Insula Seidhun au ; Ille de Sayn en 1303 ; Sayn en 1375 ; Insula Sizunt au Insula Sizun en 1516 ; isle de Sayn en 1521 ; Sain en 1636 ; Sain, Cap de Siun et Cap de Sizun en 1636 ; Sain en 1719 ; Isle de Saints en 1779.

L'étymologie du toponyme Sein est discutée (). Il serait peut-être un nom théophore issu d'une divinité..

Lucien Boulain penche plutôt pour une contraction du mot Sizun, du nom du cap Sizun situé en face sur le continentLucien Boulain, Raz de Sein : diverses légendes sur la ville d'Is (françaises et bretonnes), études sur l'affaissement progressif du littoral, monographie de l'île de Sein (relation de voyage), A. de Kerangal, Quimper, 1893, .. Par exemple, la monographie du père Guillaume Le Roux consacrée au prédicateur Julien Maunoir, publiée en 1848, parle encore de « l'île de Sizun »R.P.G. Guillaume Le Roux, "Recueil des vertus et des miracles du R. P. Julien Maunoir", L. Prud'homme, Saint-Brieuc, 1848, .. Joseph Loth explique le nom du cap Sizun par le breton seiz hun « les sept sommeils », cette étymologie populaire sept prêtresses sacrées qui avaient le pouvoir de faire régner la pluie, la tempête et le beau temps.. Cette hypothèse de Sizun est cependant infirmée par les appellations plus anciennes de l'île, Sena, Sina.

Géographie Situation vignette|centre|upright=2.4|alt=Plan de la chaussée de Sein, montrant l’implantation des phares.|Plan de la chaussée de Sein, montrant l'implantation des phares. L'île de Sein est une île de Bretagne située dans le Sud-Est de la mer Celtique, à à l'ouest de la pointe du Raz dont elle est séparée par le raz de Sein.D'une superficie de , elle mesure de long sur une largeur de . Son point culminant est de (rocher du Kador), avec une altitude moyenne de . S'étendant à l'est de la chaussée de Sein dont elle constitue le point le plus élevé, elle émerge à peine du niveau de la mer et subit ainsi fréquemment des submersions marines. L'habitat y est de ce fait resserré et regroupé autour du port pour faire front aux éléments : les ruelles étroites s'entremêlent pour que s'y perdent les vents et les embruns..

Elle est située à de la pointe du Raz et à d'Audierne à vol d'oiseau.

Phares Le premier phare que l'on aperçoit en quittant Audierne pour s'engager dans le raz de Sein est celui du phare de la Vieille (Ar Groac'h). À proximité se dresse la tourelle de la Plate (également appelée Petite Vieille) et la tourelle de Men Ar C'Haz (Rocher du Chat) un peu plus à l'ouest. Vers le nord se trouve le phare du Tévennec puis à l'entrée du port de l'île se trouve le phare de Men Brial. Au nord-ouest se trouve le phare de Sein ainsi que la corne de brume du Guerveur Corne à brume (île-de-Sein), puis les maisons du bourg.À l'ouest, sur la chaussée de Sein, le phare d'Ar-Men, dénommé Ar Vered Né (le nouveau cimetière), « fait le quart ».

Description vignette|center|upright=2.4|alt=Carte de l'île|Carte de l'île. Elle s'étend sur quelque et serpente comme un S inversé dont la largeur varie de 30 à . Elle est entourée de nombreux récifs et rochers ainsi que d'un îlot, Kélaourou, situé dans le prolongement sud-est de l'île.

Climat

Transports La Compagnie maritime Penn ar Bed assure la liaison permanente du continent à l'île de Sein. La traversée dure à peu près une heure. Hors la saison estivale et vacances scolaires, une seule rotation a lieu tous les jours sauf le mercredi. Durant les vacances scolaires, le bateau assure alors la rotation aux mêmes horaires que les autres jours. Départ d'Audierne Sainte-Evette à et retour de Sein à . En cas de départ de Douarnenez : départ du quai du Rosmeur à et retour de Sein à .

La Compagnie maritime Finist'mer assure quant à elle une liaison estivale au départ d'Audierne. Durée de la traversée : .

L'île de Sein est une île sans voitureJ'arrive à faire face àà peu près tout, Le Tigre (magazine), , juillet-août 2012..

Histoire

Préhistoire Des vestiges submergés d'occupation humaine remontant au mésolithique ont été retrouvés au large de l'île de Sein, à une profondeur de qui correspond au niveau de la mer entre 5800 et . Il s'agit d'onze structures artificielles en granite, certaines semblant être des barrages à poissons, d'autres peut-être des murs de protection. La plus grande consistant en un mur d'une longueur de vieux de .. Repérées par des analyses morpho-tectoniques menées à l'aide d'un lidar, les structures ont été étudiées par des expéditions d'archéologie sous-marine entre 2022 et 2024.

Comme ailleurs en Bretagne, les hommes du néolithique ont également laissé des monuments sur l'île de Sein. Sur l'île principale, les deux menhirs classés monuments historiques, dits Les Causeurs, sont encore dressés sur la place de l'Église. Ils faisaient partie d'un ensemble qui comprenait le tumulus du Nifran. Quatre menhirs ont également été signalés (dits Beg Kae Beran, Meneiou, Délivrande). Le site de la digue du port a également révélé des vestiges de sépultures.

Époques gauloise et romaine L'appellation de « Sena », pour l'île de Sein, est attribué au géographe romain du Pomponius Mela qui écrit : . Les Gaulois appelaient ces sortes de vestales « Cenes » où « Senes » qui se vantaient de prophétiser d'évoquer les morts, ou de déchainer les vagues et les vents.

On pense que l'île fut habitée avant le druidisme gaulois puisque Sein a ses menhirs et ses dolmens. Il est possible que les Romains aient, à partir de la pointe du Van, poussé une reconnaissance, car des vestiges de l'époque romaine ont été retrouvés dans l'île.

Naufrages Les naufrages dans les parages de l'île de Sein ont été très nombreux : voici une liste, très incomplète, de quelques-uns d'entre eux :

Les insulaires ont, de 1617 à 1763, sauvé d'une perte certaine un vaisseau de ligne, une frégate, deux corvettes, un lougre, trois embarcations de commerce, dans lesquelles se trouvait un transport ramenant cinq cents hommes de troupes françaises des colonies ; cinq équipages entiers de bâtiments de guerre et de négoce, et le , sept cents hommes sur les mille cinq cents hommes d'équipage du Le Peletier, ex Séduisant, grand vaisseau de guerre venu se fracasser sur l'îlot de Tévennec à au NE de l'Île de Sein ..

Le , quatre îliens dont le recteur de l'île, réussirent à sauver en formant une chaîne humaine, encordés les uns aux autres, huit naufragés du Bellissima, brick anglais, venu se briser sur les écueils de l’île.

Le , c'est le naufrage du vapeur danois Oscarshal, qui allait de Dunkerque à Nantes, sur la chaussée de Sein :

Le , le vapeur espagnol Arratia, de Bilbao, s'échoue, perdu dans la brume, près de l'Île de Sein et disparaît quelques jours plus tardJournal La Lanterne du 27 novembre 1910, ..

Le , c'est le naufrage du paquebot anglais Egypt, de la Peninsular Oriental Company, qui faisait route de Londres vers Bombay, à la suite d'un abordage avec le vapeur Seine dans le raz de Sein par de fond, à au nord du phare d'Ar Men (). LEgypt transportait entre autres de l'or et des espèces pour une valeur de plus de de livres. L'épave fut repérée en 1926 et de grandes quantités d'or récupérées en 1930"Revue de droit maritime", juillet 1933, ..

Le Boehlen était un pétrolier est-allemand qui a sombré dans une tempête au large de l'Île de Sein le . Les nappes de pétrole ont atteint les côtes bretonnes. Le navire avait été lancé à Leningrad en 1961 et naviguait sous pavillon de la RDA ; il avait pour sister-ships le Port Briac et le Port Maria. Le , sur la route vers Rostock en provenance du Venezuela, une tempête force l'équipage à évacuer le bateau plein d'un chargement de pétrole brut,. Les canots de sauvetage se brisent le long de la coque, d'équipage sur les 32 à bord perdent la vie, et le navire coule le lendemain près des côtes bretonnes. La pollution commençant à atteindre le rivage, la décision est prise de reboucher la coque et de pomper le pétrole encore dans les cuves, grâce au navire Pétrel. Durant l'opération un soldat meurt emporté par la tempête.

vignette|left|La Veuve de lÎle de Sein (1880). En 1756, la coïncidence d'une grande marée et d'une tornade faillit dévaster l'île.

Une épidémie de choléra sévit dans l'île vers 1880. Le peintre Émile Renouf peint lors d'une visite dans l'île à cette époque son tableau La veuve de l'Île de Sein. Tandis que les coiffes traditionnelles étaient blanches avant cette épidémie, la coiffe de deuil devient alors la coiffe courante ; celle-ci est noire. Par la suite les ailes sont relevées sur le dessus de la tête. pour des questions de pratique et d'aisance. On distinguera une sénane en deuil à sa façon de porter sa coiffe : les ailes sont rabattues à l'intérieur et le nœud à l'arrière de la coiffe est défait.

En 1830, la mer envahit l'île en plein jour.

La tempête des 4 et , recouvre les terres immergées et une partie des maisons sont inondées et évacuées. L'île est pratiquement couverte par la mer.

Une inscription en breton qui se trouve dans l'église indique que lors de sa construction entre 1898 et 1901 « les hommes ont extrait la pierre de la grève et les femmes l'ont transportée sur leur tête jusqu'ici ».

En 1919, lors d'une tempête mémorable, les déferlantes recouvrent l'ensemble de l'Île L'île de Sein : la résistante.

Le un ouragan engloutit cinq bateaux de Sein et deux de Camaret.

Seconde Guerre mondiale Dès la déclaration de guerre contre l’Allemagne, environ quittent l’île, l’essentiel d’entre eux étant inscrit maritime, ils sont affectés dans la marine nationale. Cette mobilisation, immobilise environ 40 % des bateaux de pêche de l’île..

Le , Ar Zenith, qui effectue la traversée Audierne-île de Sein, embarque du Cap-Sizun qui souhaitent continuer à se battre en Grande-Bretagne et 8 chasseurs alpins qui ont ordre de rejoindre Ouessant.

Ar Zenith, est alors réquisitionné par le lieutenant Dupont pour convoyer les militaires vers Ouessant. L’équipage d'Ar Zenith se porta volontaire pour les emmener en Angleterre le .

Le , les Sénans rassemblés devant un poste de radio entendent l’Appel du 18 Juin, rediffusé sur la BBC. Deux bateaux quittent l’île le soir même avec dont La Velleda et le Rouanez ar mor, cf. .

Le , trois bateaux de pêche quittent l’île avec îliensRoanez ar Peoc'h, Maris Stella, et le Corbeau des mers, cf. ..

En tout , civils et militaires, se retrouvent en Angleterre, fin . Ils signent leurs engagement dans les Forces navales françaises libres (FNFL) du général De Gaulle.

Le , passant en revue ses premiers volontaires réunis à l’Olympia Hall de Londres, Charles de Gaulle est frappé par le nombre des Sénans présents. Il aurait prononcé cette phrase historique : « L’île de Sein est donc le quart de la France! »

Les Sénans, rejoints par les cinq hommes de l’Yvonne-Georges le , seront en tout 133 à avoir rejoint l’Angleterre. 18 d'entre eux, engagés dans les FNFL vont mourir au combat.

Les Allemands quittent l’île le , après avoir détruit le grand phare de Goulenez et la tour du Guéveur.

Un groupe de FFI de l’île, s’enrôla en dans l’armée régulière pour contenir les poches allemandes de Lorient et de St Nazaire.

Les engagés sénans de la première heure ne revirent leur île qu’à l’été 1945"Vous avez été de ceux qui au premier rang ont permis de remporter la victoire. Au moment où le but est atteint, je tiens à vous remercier amicalement, simplement, au nom de la France !" Diplôme de remerciement au quartier-maître Jean-François Milliner, signé Charles de Gaulle, le 1 septembre 1945. Cité par ..

Leur engagement a été récompensé par trois médailles qui en font la commune de France la plus titrée de la seconde guerre mondiale. Elle est la seule commune de France à avoir plus de morts militaires durant la Seconde Guerre mondiale () que durant la première ()...