La bataille des îles de Lérins de 1637 est un des combats de la guerre de Trente Ans entre la Monarchie catholique espagnole et le royaume de France.
Antécédents Dans le cadre de la guerre de Trente Ans, l'affrontement entre la Monarchie catholique espagnole et le royaume de France avait commencé en 1635 avec la bataille des Avins et la conquête des îles de Lérins, qui devaient servir de base d'opérations pour attaquer la côte de Provence. Les Espagnols ont commencé à fortifier ces îles.
Préparatifs navals français Richelieu, grand maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce de France depuis 1626, gouverneur et amiral de Bretagne depuis 1631, amiral de Provence de fait depuis 1633, gouverneur de Brouage, du Havre, de Brest, de Belle-Isle, général des galères depuis le rachat de la charge aux Gondi en 1635, avait entrepris de doter la monarchie française d'une marine royale.
Après la prise des îles de Lérins, le cardinal de Richelieu monte une flotte hétéroclite de 39 bâtiments montée de hommes et 400 canons. Cette flotte est placée sous le commandement du comte d'Harcourt, surnommé le « Cadet la Perle » parce qu'il porte une perle à son oreille gauche, conseillé par l'archevêque de Bordeaux, Henri de Sourdis (1594-1645). Cette flotte est divisée en trois escadres : l'escadre de Bretagne Escadre de Bretagne Nom du vaisseau Nom du capitaine Tonneaux Sainte-Geneviève (la) Augustin de Beaulieu 500 Perle (la) de Boisjoly 300 Cygne (le) Hercule de Conigan de Cangé 500 Saint-Michel (le) de Cou 500 Hermine (l') de Coursan 200 Saint-Louis (le) Philippe Raquin des Gouttes 1000 Magdelaine (la) Guillaume Pechpeyrou de Guitaut 300 Coq (le) chevalier de La Fayette 500 Église (l') Claude, chevalier de Miraumont 300 Licorne (la) Philippe, commandeur de Montigny 500 Fortune (la) Philippe de Longvilliers de Poincy 500 Royale (la) de Poincy 120Sainte-Marie (la) Robert, chevalier de Portenoire 200 La patache de M. de Cou Poupardin 50 La frégate de Brest Razet 120 Corail (le) Pierre Rigault 500, sous les ordres du commandeur Des Gouttes, chevalier de Malte, et qui comprend le plus gros navire de la flotte, le Saint-Louis, de tonneaux. D'Harcourt et le cardinal de Sourdis sont à son bord ; l'escadre de Guyenne Escadre de Guyenne Nom du vaisseau Nom du capitaine Tonneaux Espérance (l') chevalier d'Arrerac 200 Lion d'Or (le) de Beaulieu-Pressac 300 Lionne (la) David II de Beaulieu le jeune 200 Palmande (la) de Cazenade 200 Intendant (l') Christophe Charles d'Arpentigny 300 Renommée (la) Charles Duval de Couppeauville 300 La frégate Gasconne Mathurin Gabaret 120 Saint-Louis de Saint-Jean-de-Luz (le) Giron 500 Cardinal (le) de la Rivière d'Auray 120 Saint-Vincent (le) de La Rouillerie 300 Marguerite (la) Joseph de La Treille 200 Europe (l') Théodore de Mantin 500Ange (l') de Petonnier 200 Saint-François (le) Regnier 200 Saint-Louis de Hollande Théophile Vigier de Treillebois 300 Saint-Jean (le) Vaslin 300, sous les ordres de M. de Mantin, à bord de l'Europe, vaisseau de 500 tonneaux ; l'escadre de Normandie Escadre de Normandie Nom du vaisseau Nom du capitaine Tonneaux Marguerite (la) Georges, commandeur de Chastellux 200 Levrette (la) Charles Daniel 200 Magdelaine (la) Jacques Leroy Du Mé d'Aplemont 300 Neptune (le) Abraham Duquesne 300 Aigle (l') Havart de Sénantes 200 Griffon (le) de La Chesnaye 200 Sainte-Anne (la) de Poutrincourt 200, sous les ordres de Jacques Le Roy, dit Dumé ou Du Mé, sieur d'Aplemont (originaire du Havre ou de Guyenne, vers 1595- Curaçao, 1673)Nota : Il est le fils de Nicolas Leroy du Mé, commandant de bateau havrais, à bord de la Magdelaine, vaisseau de 300 tonneaux seulement. C'est dans cette escadre que se trouve le navire la Neptune de 200 tonneaux commandée par Abraham Duquesne, plus 6 brûlots et 14 flûtes.
Le cette flotte appareille de Belle-Isle et franchit le détroit de Gibraltar le pour se joindre aux bateaux placés sous le commandement de Jean-Louis du Mas de Castellane, baron d'Allemagne. La campagne de 1636 est infructueuse à cause des querelles incessantes entre les officiers. D'Harcourt en vient aux mains avec le cardinal de Sourdis qui de conseiller se prétend le généralissime à la mer. Sourdis se dispute avec le maréchal de Vitry (1581-1644), gouverneur de Provence, qui se veut généralissime à terre, le baron d'Allemagne avec le bailli de Forbin... Richelieu fait part de son grand déplaisir à ses commandants si stériles et chicaniers.
Après avoir hiverné, la flotte du cardinal de Sourdis appareille en . Elle porte une première attaque en Sardaigne, le , avec la prise d'Oristano, mais doit rembarquer à la suite d'une riposte espagnole Antoni Jordà i Fernández, Església i poder a la Catalunya del segle XVII, .
Préparatifs terrestres français
Pour récupérer les îles de Lérins, le gouverneur de Provence, le maréchal de Vitry, a réuni des milices sur la côte pendant que le cardinal de Richelieu envoyait la flotte française de l'Atlantique, composée de 42 navires, tandis qu'à Hyères se rassemblent les galères qui vont se concentrer ensuite à Toulon sous les ordres d'Henri d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, et d'Henri de Lorraine-Harcourt.
Les troupes françaises étaient composées par les régiments d'infanterie de Castrevieille (20 compagnies à 60 hommes, total ), La Tour (20 compagnies à 60 hommes, total ), Saint-André (douze compagnies à 60 hommes, total 720 hommes), Îles (six compagnies à 60 hommes, total 360 hommes), Clermont-Versillac, Vaillac, Roussillon, Cornousson (supprimé la même année pour renforcer le Roussillon et Castrevieille), Languedoc, Vitry et les compagnies de cavalerie de Chevau-légers du Seigneur de Vallavoire, de Boissac, de gardes de Monsieur Harcourt et le corps de la noblesse du Marquis de Janson (avec 150 hommes).
Forces espagnoles Les troupes espagnoles étaient composées par vingt compagnies ; douze à Sainte-Marguerite et huit à Saint-Honorat. Environ une centaine de cavaliers faisait partie de la garnison de Sainte-Marguerite.
La bataille Cette opération combinée navale et terrestre mobilise 39 vaisseaux, onze galères, six brûlots, douze flûtes, et une importante flotte de transport.
Sourdis, qui commande l'opération, réussit son débarquementComposition de l'escadre donnée par , mais Jean-Christian Petitfils ne donne que dix-sept vaisseaux présents… La flotte de transport était formée de 400 petites unités, dont d’étonnantes barques à fond plat, remorquées par des brigantins et transportant chacune 400 soldats. Il s’agit là de l’ancêtre de la barge de débarquement, selon .. La garnison espagnole était réduite et les Français ont attaqué avec toutes leurs forces.
Le commence le siège des îles de Lérins et le début de l'attaque des cinq forts espagnols.
Au bout d'un siège de 45 jours, ayant un problème de ravitaillement en eau potable, les Espagnols de l'île Sainte-Marguerite capitulent le et ceux de l'île Saint-Honorat le . Le cardinal de Sourdis célèbre une messe d'action de grâces avec Te Deum le .
Les drapeaux espagnols ont été saisis pour être exposés à Notre-Dame de Paris où un Te Deum a été célébré pour fêter la victoire française.
Suites En , les forces espagnoles ont assiégé le fort de Leucate. Henri de Lorraine-Harcourt a amené ses forces pour se joindre aux troupes envoyées au secours de la place sous le commandement de Charles de Schomberg. Ces forces ont remporté une victoire le lors de la bataille de Leucate mettant en déroute les troupes espagnoles.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Articles connexes Bataille des îles de Lérins (1635)
Lien externe Ministerio de Defensa. Instituto de Historia y Cultura Naval : XI - En el Mediterráneo 1635-1638
Sources
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