Le Schneeberg désigne une montagne gréseuse du massif des Vosges, la plus septentrionale des Vosges gréseuses dépassant largement d'altitude. Ce sommet en fin d'une longue ligne de crête résistante à l'érosion glaciaire et post-glaciaire en grès triasique est situé dans le Grand Est dans le département du Bas-Rhin, à plus d'un kilomètre à l'est du vallon de Windsbourg formant la limite avec la Moselle. Elle culmine à d'altitude au Schneeberg et à au Baerenberg.

Toponymie . Le vieux dialecte alémanique d'Alsace l'a transformé en Schneeberg. . Il s'agit d'une montagne repère qui se découpe à l'horizon des bas plateaux au sud-est de DaboArthur Benoît, Le Schneeberg et le comté de Dabo en 1778 : étude sur les montagnards vosgiens par un professeur allemand, Noiriel-Barth, 1878, 36 p. ou au sud de Saverne. , pour ainsi dire tranchée et décidée une fois pour toutes.

La racine indo-européenne apparaît aussi dans l'allemand schneiden au sens de « couper, ciseler, trancher ». Le substantif Die Schneide désigne parfois encore la crête, le massif découpé. Il s'agit de la première montagne véritable, avec des crêtes imposantes et des vallées profondes que le voyageur du nord rencontre. Mentionnons l'étymologie populaire alsacienne invoquant la neige (Schnee) ou le verbe « neiger » (schneien).

Géographie Comme l'écrit le marcheur et géographe Zimmermann, le Schneeberg représente un point d'aboutissement du massif vosgien, celui de sa ligne faîtière. Ce massif englobe logiquement les hauts plateaux à l'ouest du Donon, les plateaux de la région de Dabo dépassant encore par endroits d'altitude et le piémont proche du Schneeberg avec la haute vallée de la Mossig et la forêt de l'Oedenwald. Mais l'au-delà nordique aux caractéristiques altimétriques différentes ressort, selon cet auteur, des Vosges savernoises et des Vosges du Nord.

La montagne peut être décrite par une sorte d'enclume renversée par terre, avec comme pied le Baerenberg à d'altitude et un plateau dissymétrique, étalé du Schneeberg au nord-ouest au Umwurf culminant en deux endroits à et à d'altitude au sud-est.

Le sommet du Schneeberg à deux heures de marche du village de Wangenbourg est accessible par le GR53. La table panoramique offre une vue remarquable vers les plateaux savernois et l'Alsace du Nord. La montagne domine au nord la commune de Wangenbourg-Engenthal, fusion communale organisée le Historique des fusions des communes pour rassembler les derniers habitants. Le flanc méridional du massif domine les hautes collines en terrains volcaniquesSciences géologiques (mémoire), , Université Louis Pasteur de Strasbourg, Institut de géologie, Service de la carte géologique d'Alsace et de Lorraine, Centre national de la recherche scientifique (France), 1955, page 84 : « (…) coulée rhyolitique principale de la cascade de Nideck. (…) A la base, se trouve une brèche de produits provenant d'explosions violentes : fragments de roches volcaniques anciennes, anté-permiennes, brisées (…) » du NideckMémoires du Bureau de recherches géologiques et minières, Volume 128, Éditions Technip, 1989, page 211, sous-partie C3.10 : « La série permienne du Nideck, épaisse de 200 à 300 m a la particularité d'être essentiellement volcanique. » et la vallée de la Hasel.

Situé à proximité d'autres montagnes plus élevées, le Schneeberg est le massif qui garde la neige le plus longtemps. Au cours du , des traces de neige demeuraient même pendant la période estivale.

Histoire Le LottelfelsJean-Louis Dugas de Beaulieu, Le Comté de Dagsbourg, aujourd'hui Dabo, Archéologie et histoire, Le Normant, Paris, 1858, , p. 278-279 est l'autre nom de la « pierre branlante » au sommet du Schneeberg, pierre d'ordalie mérovingienne selon la légende. Le coupable devait faire acquiescer la grande pierre qui pouvait vaciller si l'accusé(e) s'allongeait de tout son long. Le jugement était imposé en particulier aux femmes soupçonnées d'adultère.

Avant le , les sommets avec nombreux vallons formaient encore une vaste chaume bordée de pentes raides forestières. Plus au sud-est dans la vallée principale, la commune de WangenbourgRevue d'Alsace de Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, éditée par la Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Colmar, page 525 : « Après la mort de Gauthier de Dicka, l'abbesse d'Andlau, Elisabeth de Geroldseck, donna Wangenbourg en fief au chevalier Jean de Wangen (28 août 1387) » est héritière des communautés agropastorales dépendantes de l'abbaye d'AndlauDictionnaire géographique, historique et politique de l'Alsace, Volume 1, Levrault, 1787, 596 pages, page 179 : « (...) au sujet des fiefs relevans de l'abbaye : ces fiefs sont la ville et la vallée d'Andlau, le village de Birckvald, celui de Wangenbourg avec son château et anciennement celui de Dabo avec ses dépendances. ». Haut et Bas Engenthal étaient sous le contrôle des comtes de DaboDagobert Fischer, Le démembrement du comté de Dabo, étude historique, éditions Le Roux, 1868, puis de Linange. Un reboisementAgnès Acker, Encyclopédie de l'Alsace, Volume 5, Éditions Publitotal, 1983, 7896 pages, page 3097 : « Au-delà, les Vosges du Nord sont couvertes de hêtraies mélangées, parfois de chênes et localement de pins sylvestres (Wangenbourg). Ces grès à basse altitude sont très labiles et fortement menacés par les enrésinements (pin, épicéa ). »Gustave Huffel, Les débuts de l’Enseignement Forestier en France par Bernard Lorentz, 1825-1830, 1929 ; tout le chapitre XIX se rapporte à la transformation des futaies jardinées. « C'est à lui que nous devons le reboisement de nos pentes méridionales (…) sur le territoire des communes d'Engenthal et de Wangenbourg (…). » intensif a été opéré dès le début du , le Pin de Wangenbourg, belle espèce d'arbre résineux des versants ensoleillés qui atteint une quarantaine de mètres de hauteur, en témoigne. Il s'agit d'un pin sylvestre d'origine baltique, d'abord acclimaté sous l'Empire avant 1810 en forêt de Haguenau<ref>Jacques Valade, sous la dir. de Michel Arbez,Les ressources génétiques forestières en France, Éditeur scientifique, INRA : BRG, Paris, 1987 , page 174 : « (…) créations de 30 ha de vergers à graines de clones de pin sylvestre des provenances Haguenau autochtone, Hanau (France) et Taborz (Pologne) dans les départements du Lot et du Tarn en 1987 ».</ref>, mais qui a ensuite servi à reboiser Revue forestière française, École nationale du génie rural, des eaux et des forêts (France), École nationale des eaux et forêts (France), France, Ministère de l'agriculture et du développement rural, Ministère de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation, édité par l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, Nancy, 1965 ; M. Chenal, ingénieur principal à Epinal-Nord, expose avec beaucoup de précision le problème du pin sylvestre dans la basse montagne vosgienne : « Entre la hêtraie de basse montagne en cours d'enrésinement facile et les sapinières de montagne à haute productivité (…) Ancienne forêt de pin sylvestre qui recouvrait les Vosges et dont subsistent trois îlots : deux en Alsace : Wangenbourg et (…) » les chaumes que l'autorité forestière avait laissé en fricheGustave Huffel, Le comté de Dabo dans les Basses-Vosges, ses forêts, ses droits d’usage forestiers, étude historique, forestière et juridique, Société d’impressions typographiques, 1924, 285 p..

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Dans la culture vignette|Théophile Schuler, Schneeberg.

Théophile Schuler a créé une œuvre artistique représentant le Schneeberg, mettant en scène un agencement de rochers plats disposés en strates, sur un fond de ciel nuageux, avec en premier plan une zone herbeuseSchneeberg (Titre inscrit), Ministère de la culture..

Bibliographie Cartes IGN anciennes et récentes. Xavier Rochel, Gestion forestière et paysages dans les Vosges d’après les registres de martelages du , thèse de doctorat N.R. en géographie, du , Université de Nancy, 604 pages. Marie-José Laperche-Fournel, La représentation du massif vosgien (1670-1870) : entre réalité et imaginaire'', L'Harmattan, Paris, 2013.

Références

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