L' est un attentat politique terroriste perpétré aux dernières heures du par un tireur au Métropolis, à Montréal, pendant le discours de Pauline Marois, nouvellement élue première ministre du Québec à la suite de l'élection générale québécoise de 2012.
La fusillade thumb|left|200px|Le Métropolis sur la rue Sainte-Catherine après la fusillade. Le , à , un homme armé, Richard Henry Bain, s'approche de l'entrée des artistes située à l'arrière du Métropolis, une salle de spectacles du centre-ville de Montréal où sont réunis des partisans du Parti québécois fêtant l'élection de Pauline Marois comme nouvelle première ministre du Québec le soir de l'élection générale québécoise de 2012Attentat contre le PQ : un mort, Hugo Pilon-Larose, ''La Presse, 5 septembre 2012.. À l'extérieur, le suspect tire une seule balle qui atteint deux personnes.. Denis Blanchette, un technicien de scène des Productions du Grand Bambou âgé de quarante-huit ans, meurt sur le coupFin de soirée d'élections tragique, Alexandre Lebrun, Charles Payette, 98,5 FM, 5 septembre 2012.. Dave Courage, un autre technicien de scène âgé de vingt-sept ans est hospitalisé dans un état critique. Il est opéré dans la nuit et est déclaré hors de danger le lendemain. L'arme du tireur s'est enrayée ne permettant pas à l’assassin de décharger ses ballesMétropolis - l'arme du tireur s'est enrayée après un coup de feu, Vincent Larouche, David Santerre, ''La Presse, 6 septembre 2012..
Peu après, le présumé tireur est arrêté par les policiers du Service de police de la Ville de Montréal à l'extérieur de l'édifice alors que des milliers de personnes se trouvent toujours à l'intérieur du Métropolis. Cagoulé et vêtu d'un peignoir , Holly Yan, CNN, 5 septembre 2012., le suspect menotté lance aux médias filmant son arrestation ou et Vidéo de Radio-CanadaAttentat contre le PQ : un mort, Olivier Pontbriand, La Presse, 5 septembre 2012.. L'arrestation du suspect est diffusée en direct par la télévision de Radio-Canada et du Réseau de l'information, un cadreur de la chaîne se trouvant à proximité du Métropolis ayant été alerté par une déflagration et par un incendie qui venait de prendre naissanceUn homme armé bouleverse le rassemblement de victoire du PQ, Radio-Canada, 5 septembre 2012..
Par la suite, un véhicule suspect est trouvé près du MétropolisUn périmètre de sécurité dressé autour d'un véhicule suspect, Marie-Claude Malboeuf, La Presse, 5 septembre 2012.. Une arme longue et une arme de poing de calibre sont saisis par les policiers.
À l'intérieur, le discours que donne Pauline Marois après sa victoire à l'élection est brusquement interrompu, un bruit d'abord identifié comme une grenade assourdissante. ayant été entenduÉlections Québec 2012 - Attentat lors du discours de Marois : une victime décédée, Florence Meney, Radio-Canada, 5 septembre 2012.. Bien que Pauline Marois n'ait pas été directement menacée par le tireur, elle est escortée hors de scène par un policier de la Sureté du Québec et son majordome, Jean-Marc Huot. Elle revient par la suite sur scène terminer son discours et demander aux gens de quitter la salle dans le calme. Les personnes à l'intérieur ignorent à ce moment ce qui vient de se produire , Nelson Wyatt, La Presse canadienne, 5 septembre 2012..
Un incendie, possiblement allumé par le suspect, est circonscrit à l'arrière du bâtiment près d'une des sorties de l'amphithéâtreUn attentat au rassemblement du PQ fait un mort, Mélanie Julien, Radio-Canada, 5 septembre 2012.. Des témoins rapportent avoir vu le suspect lancer une bonbonne d'accélérant dans un conteneur à proximité One person shot dead at PQ victory party, Jan Ravensburger, Christopher Curtis, Monique Muise, Charlie Fidelman, The Gazette, 5 septembre 2012..
Les enquêteurs sont, au lendemain du drame, incapables de dire si l'incident était une tentative d'assassinat contre Pauline Marois et l'enquête est confiée à la Sûreté du Québec.
Réactions thumb|right|200px|Vigile devant le Métropolis le 5 septembre 2012. À le , le Parti québécois réagit par communiqué. La première ministre élue dénonce la Réaction du Parti Québécois à la suite des événements survenus au Métropolis, site du Parti québécois, 5 septembre 2012.. Les réactions viennent aussi des adversaires politiques du PQ : la Coalition avenir Québec qualifie l'attentat d' et se dit . Québec solidaire condamne l'attaque. L'attaché de presse du chef du Parti libéral du Québec Jean Charest et l'attaché de presse du premier ministre du Canada Stephen Harper expriment aussi leur consternation.
Le matin du , le premier ministre canadien Stephen Harper se dit et qu'un exercice démocratique soit entaché par un événement violent.
Le caucus du Nouveau Parti démocratique s'ouvre à Saint-Jean de Terre-Neuve par une minute de silence en mémoire des victimes Thomas Mulcair responds to PQ party shooting death: NDP ‘in a state of shock’, Joan Bryden, La Presse canadienne, 5 septembre 2012..
Lors d'une réunion du caucus du Parti libéral du Canada à Montebello, le chef intérimaire du parti, Bob Rae, a également exprimé son désarroi devant le tragique évènement.
L'attaque suscite de vives réactions au sein de la communauté anglophone du Québec, qui dénonce la violence de ce soir d'élections et se dissocie du geste du tireur et des propos lancés par le suspect à son arrestationLa communauté anglophone se dissocie du geste de Bain, La Presse, 6 septembre 2012.. Le maire de Montréal Gérald Tremblay, dissocie également la communauté anglophone des actes attribués au suspectGérald Tremblay: Bain «n'a rien à voir» avec la communauté anglophone, Karim Benessaieh, La Presse, 5 septembre 2012..
Dans la soirée du mercredi , moins de 24 heures après la tuerie, une vigile a lieu devant le Métropolis à Montréal. Des discours en français et en anglais ont lieu pour unir les francophones et les anglophones devant cette tragédie, à la lumière des propos antifrancophones tenus par le suspectHommage aux victimes du Métropolis, Radio-Canada, 6 septembre 2012. Vigil held for election-night shooting victim, Christopher Curtis, The Gazette, 6 septembre 2012..
Déclaration controversée de Gaétan Barrette En , dans le contexte du procès de Richard Bain, une controverse éclate à la suite de propos tenus par le ministre Gaétan Barrette, membre du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Selon le ministre, la première ministre aurait été la cible d'un attentat qu'elle a elle-même provoqué : , déclare-t-il en anglais, ajoutant même : .
Les propos du ministre Barrette sont rapidement dénoncés par les partis d'opposition qui font le parallèle entre l'affirmation du ministre et les reproches irresponsables qui sont souvent adressés aux victimes de viol sous prétexte que, par leur comportement ou par leurs propos, elles se sont rendues responsables des violences physiques, sexuelles et psychologiques qu'elles ont subies de la part de leurs agresseurs. Le ministre libéral refuse de retirer ses propos et se contente d'affirmer qu'il n'a rien dit de répréhensible : .
Pour le chef par intérim du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, les paroles lancées par Gaétan Barrette sont ignobles :
Martine Ouellet, de son côté, exige la démission de Gaétan Barrette, estimant qu'il encourage la haine raciale en tenant des propos dangereux et inacceptables.
Malgré les appels au premier ministre Couillard pour qu'il rappelle son ministre à l'ordre, le chef du gouvernement évite lui aussi la question.
Le suspect
La personne appréhendée sur les lieux dans les premiers instants du est un Québécois anglophone de 61 ans « Il est malade », Daniel Renaud, Le Journal de Montréal, 5 septembre 2012., Richard Henry Bain, mais dont l'identité n'est pas immédiatement dévoilée. Il s'est exprimé en anglais et en français avec un accent anglophone... La police de Montréal indique qu'il n'est pas connu des autoritésUn attentat perturbe le discours de Pauline Marois, Métro, 5 septembre 2012., hormis une arrestation pour conduite en état d'ébriété et des infractions mineures au code de la route.
Né le , Bain n'est pas originaire de Montréal selon les policiers Suspect in fatal PQ victory rally shooting not from Montreal, CBC, 5 septembre 2012. mais il y a déjà habitéAttentat du Métropolis : portrait du principal suspect, La Presse, 5 septembre 2012. et il réside à La Conception dans les LaurentidesRichard Henry Bain: «il était fin avec tout le monde», Christiane Desjardins, La Presse, 6 septembre 2012., où, depuis sa retraite, il vend des forfaits de pêche et de randonnées équestres. Chrétien dogmatique fréquentant occasionnellement une église baptiste, Bain possédait des armes puisqu'il s'adonnait à la chasse. Il était traité pour des problèmes de santé mentale.
Procès Le suspect est hospitalisé dans la matinée du après avoir souffert d'un malaise durant son interrogatoireAttentat au Métropolis: un drame qui a fait le tour du monde, Pierre-André Normandin, La Presse, 6 septembre 2012..
Le , il comparait au Palais de justice de Montréal et se fait signifier 16 chefs d'accusation au total dont meurtre prémédité, trois tentatives de meurtre sur un collègue de Dave Courage, un autre technicien de scène et le policier Stéphane ChampagneRichard Henry Bain accusé de meurtre prémédité, Christiane Desjardins, La Presse, 6 septembre 2012., possession de matériel explosif , Phil Couvrette, , 6 septembre 2012. et possession d'arme prohibée Shooting suspect Richard Henry Bain arraigned on 16 charges, including first-degree murder, Sue Montgomery, The Gazette, 6 septembre 2012.. Bain possédait 22 armes, une seule n'était pas enregistrée. La date de la prochaine audience est fixée au Fusillade au Québec : le suspect inculpé, Le Figaro, 6 septembre 2012.. La cause est ensuite remise le , puis de nouveau le Fusillade au Métropolis - Bain veut l’aide juridique pour cause d’endettement, Le Devoir, 4 septembre 2013.. Plusieurs reports se succéderont ainsi en raison de la difficulté de l'accusé à se faire représenter par un avocatDernière chance pour Richard Bain de trouver un avocat, Le Devoir, 19 janvier 2015.. Finalement, le procès s'ouvre officiellement le au palais de justice de Montréal, après un dernier report occasionné par une opération chirurgicaleProcès de Richard Henry Bain: la sélection du jury s’amorce , Le Devoir, 6 juin 2016..
Tout au long du procès, Bain contredira systématiquement les affirmations qu'il a faites aux policiers et à la psychiatre Marie-Frédérique Allard qui le rencontre à quelques occasions. Ainsi, on ne trouve aucune trace d'anti-dépresseur dans son sang à la suite de l'attentat, alors que peu après son arrestation, il a déclaré aux policiers qu'il en avait avalé une dose massive peu avant l'attaque du Metropolis. De même, il refuse de reconnaitre les déclarations qu'il a faites par écrit à la psychiatre, à l'effet que :
son plan était de « tuer le plus de séparatistes possible » ainsi que la chef péquiste Pauline Marois et d'autres députés ; il aurait continué de tirer aussi longtemps qu'il le pouvait, si son arme semi-automatique ne s'était pas enrayée ; il voulait mettre le feu au Métropolis afin de provoquer un incendie semblable à l'incendie criminel qui, en 1972, avait fait 37 morts au café Blue Bird, à Montréal.
Confronté à ces déclarations et à plusieurs autres durant son procès, Bain répond systématiquement qu'il n'a aucun souvenir d'avoir dit ou écrit de telles choses.
Il est reconnu coupable, le ., de meurtre au deuxième degré du technicien de scène Denis Blanchette. L'homme de 65 ans est aussi déclaré coupable de trois tentatives de meurtre, notamment sur Dave Courage et sur le policier Stéphane Champagne de la Sûreté du Québec
Le , il est condamné à la prison à vie, devant passer 20 ans derrière les barreaux avant de pouvoir déposer une demande de libération conditionnelle.
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