Jacques-François Begouën, comte Begouën (Petit-Goâve à Saint-Domingue, - Gruchet-le-Valasse, ) est un négociant, armateur, négrier, planteur esclavagiste et homme politique français.

Il est très impliqué dans le commerce triangulaire et l'esclavagisme.

Biographie Vie privée Jacques-François Begouën est né en 1743 à Petit-Goâve, dans l'île de Saint-Domingue (actuelle Haïti). Il est le fils de Guillaume Claude Vincent Begouën, négociant au Havre, et de Marie Berger, et le petit-neveu de M. Begouën de Meaux, originaire du Poitou, qui est venu fonder une importante maison d'armement au Havre en 1725. Il fut élevé en France par son oncle qui lui donne la direction de la Maison Begouën en 1772.

Il est le père de André Begouën-Demeaux, maire du Havre de 1821 à 1830, démissionnaire à la révolution de Juillet, le grand-père de Pierre Arthur Foäche et l'arrière grand-père de Henri Begouën.

Les papiers personnels de Jacques-François Begouën sont conservés aux Archives nationales sous la cote 442AP.

Vie publique Il développe parallèlement à son activité de négociant et armateur négrier au Havre, diverses fonctions. Il fut nommé en 1764 procureur de Roi au grenier à sel du Havre, puis pourvu en 1785 de l'office anoblissantIl fallait deux générations de possesseurs de la charge pour être anobli (François Bluche et Pierre Durye, L'anoblissement par charges avant 1789, ICC, 1998, page 72). de secrétaire du roi en la Chancellerie près le Parlement de Normandie. En 1775, il défend à Versailles un projet d'agrandissement du port du Havre.

Par la suite il se déclare avec modération pour les principes de la Révolution, est élu, le , député du Tiers état aux États généraux pour le bailliage de Caux, et se fait remarquer à l'Assemblée dans plusieurs discussions spéciales sur des questions commerciales, coloniales et financières. Il assiste au serment du jeu de paume ().

Son modérantisme le rend suspect en 1793 ; il est incarcéré, avec plusieurs habitants du Havre, au château de Nointot, près de Bolbec.

Rendu à la liberté après le 9 thermidor, il ne s'occupe, sous le Directoire, que de son commerce ; mais il accepte de Bonaparte, après le 18 brumaire, divers titres et dignités.

Nommé conseiller d'État, le 3 floréal an XI, chevalier de la Légion d'honneur, le 9 vendémiaire au XII, et commandeur du même ordre, le 25 prairial, il est fait en outre (1808) chevalier et comte de l'Empire. 

Il est le premier président de la Chambre de commerce et d'industrie du Havre entre 1802 et 1814 avant d'être remplacé par Michel Delaroche.

Begouën signe l'avis du conseil d'État portant que le comte Frochot, préfet du département de la Seine, avait dans la conspiration de Malet, en 1812. Cette attitude ne l'empêche pas de se prononcer deux ans plus tard, le , pour la déchéance de Napoléon.

Rallié aux Bourbons, il refuse, dit-on, lors du retour de l'île d'Elbe, de se rendre aux instances de l'empereur qui le pressait de rentrer au Conseil d'État.

Il ne revient aux affaires qu'après les Cent-jours, comme conseiller d'État, membre de la section de la marine et des colonies, puis comme président (1816) du collège électoral de la Seine-Inférieure, qui le nomme député, le . Bégouën siège au centre.

En 1818, il est chargé, comme conseiller d'État, de défendre à la Chambre des pairs le projet de loi sur la Banque de France, qui est adopté.

Admis à la retraite et au titre de conseiller d'État honoraire en 1820, il se retire dans sa propriété du château du Valasse, près du Havre, où il passe les dernières années de sa vie. centré|vignette|312x312px|Château du Valasse, dernière demeure de Jacques-François Begouën.

Activité de négoce et traite négrière

Jacques-François Bégouën, à la tête d’une maison florissante faisant commerce avec l’Afrique et les Iles, est la figure emblématique du lobby négrier havrais et du club Massiac. Après avoir été délégué par le négoce havrais lors des conférences tenues par le ministre Sartine en 1775, il est le rédacteur des cahiers de doléances des armateurs et négociants du Havre, puis député à la Constituante. Nommé au Comité des colonies en , il joue un rôle décisif dans l’adoption du décret du , qui assure, en excluant les colonies de la Constitution, la pratique de la traite et le maintien de l’esclavage.

Il possédait également deux habitations agricoles à Saint-Domingue (actuelle Haïti). En 1826, il reçoit même une indemnité de , pour compenser le préjudice causé par la perte des deux propriétés qu'il y possédait, et qu'il a perdues à la suite des révoltes des esclaves ayant mené à l'indépendance de l'ancienne colonie en 1804.

Famille vignette|Portrait de son épouse Jeanne Mahieu, peinte par Alexander Roslin (Maison de l'armateur, Le Havre).Il épouse, le , Jeanne Mahieu, fille de Pierre-Louis Mahieu et de Jeanne Huré. Ils ont dix enfants : André Begouën-Demeaux, comte Begouën ( - ) épouse Louise Flore Foäche ( - ), dont descendance ; Henriette Begouën ( - ) épouse Martin Foäche ( - ), dont descendance ; Maxime Begouën ( - ), célibataire, sans enfants ; Victor Begouën ( - ), célibataire, sans enfants ; Françoise Fanny Begouën ( - ) épouse Jules Foäche ( - ), sans descendance ; Caroline Begouën ( - ), célibataire, sans enfants ; Paul Begouën, comte Begouën ( - ) épouse Napoline de Caffarelli ( - ), dont descendance ; Julie Begouën ( - ) épouse Louis-Augustin de Graveron ( - ), dont descendance ; Alexandrine Adine Begouën ( - ) épouse Charles Arthur Foäche ( - ), dont descendance ; Charles Begouën, Begouën ( - ) épouse Caroline de Simard de Pitray ( - ), dont descendance ;

Distinctions Décorations

Hommages Son nom a été donné à une rue du quartier Félix-Faure au Havre, par le maire Jules Ancel, lui-même petit-fils de négrier.

Depuis le , un panneau explicatif posé par la mairie à la demande de l'association Mémoires & Partages rappelle les liens entre la famille Begouën et l'esclavage.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , , Article Begoüen Anne Fitte, J. F. Begouen-Demeaux, un négociant négrier à la Constituante, mém. Maîtrise dir. Marcel Dorigny, 1995, Univ. Paris VIII Vincennes. Articles connexes Traite négrière au Havre Famille Begouën Liste des familles subsistantes de la noblesse française (A à K) Liste des familles françaises anoblies et/ou titrées au XIXe siècle Liste des titres de comtes de la noblesse française

Liens externes

Fiche sur le site de l'Assemblée nationale Fonds Begouën-Demeaux ()

Catégorie:Naissance en décembre 1743 Catégorie:Naissance à Petit-Goâve Catégorie:Décès en octobre 1831 Catégorie:Décès dans la Seine-Inférieure Catégorie:Décès à 87 ans Catégorie:Armateur au Havre Catégorie:Négociant français du XVIIIe siècle Catégorie:Conseiller d'État français Catégorie:Député français du tiers état en 1789-1791 Catégorie:Député de la Restauration Catégorie:Député de la Seine-Maritime Catégorie:Chevalier de l'Empire Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1804 Catégorie:Négociant français du XIXe siècle Catégorie:Propriétaire à Saint-Domingue Catégorie:Famille Begouën