Luniversité de Paris (également connue comme nouvelle université de Paris) fut recréée en 1896 comme regroupement de la faculté des sciences, de la faculté des lettres, de la faculté de droit, de la faculté de médecine, de la faculté de théologie protestante et de l’École supérieure de pharmacie. Elle fut dissoute fin 1970 pour laisser place à treize universités indépendantes.

Histoire Le conseil général des facultés de Paris thumb|200px|La Sorbonne, siège de l’université de Paris, de la faculté des sciences et de la faculté des lettres, jusqu'en 1970. thumb|200px|La faculté de droit et des sciences économiques. thumb|200px|La faculté de médecine.

À la suite du décret du concernant l'administration et la gestion des fonds provenant des legs, dons et subventions acceptés par les facultés et écoles d'enseignement supérieur et du décret du concernant l'organisation des facultés, un conseil général des facultés est institué dans chaque académie. Aussi, le bâtiment de la Sorbonne est-il restructuré sur la même période et jusqu'en 1902..

Le premier conseil général des facultés de Paris est constitué, à la suite des élections de , de : président : Octave Gréard, recteur de l'académie ; vice-président : Jules-Auguste Béclard, doyen de la faculté de médecine ; secrétaire : Ernest Lavisse, délégué de la faculté des lettres ; les doyens Frédéric Lichtenberger, (théologie protestante), Charles Beudant (droit), Jules Jamin (sciences), Auguste Himly (lettres) et le directeur Gaspard Adolphe Chatin (pharmacie) ; les délégués élus : théologie protestante : Louis-Auguste Sabatier et Ariste Viguié ; droit : Claude Bufnoir et Joseph Émile Labbé ; médecine : Paul Brouardel et Sigismond Jaccoud ; sciences : Charles Hermite et Edmond Hébert ; lettres : Ernest Lavisse et Paul Janet ; pharmacie : Alphonse Milne-Edwards.

Le conseil se réunit pour la première fois le puis de manière mensuelle.

Le doyen de la faculté des sciences Jules Jamin meurt peu après la première séance. C'est à cette occasion que le conseil général se prononce pour la première fois sur la nomination d'un doyen. Il classe lors de sa séance du Edmond Hébert en première ligne devant Louis Joseph Troost, proposition identique à celle de l'assemblée de la faculté. Le conseil général va ensuite traiter durant plusieurs séances des questions disciplinaires liées aux troubles qui agitent l'école supérieure de pharmacie durant le printemps de l'année 1886. Chatin va finalement démissionner et être remplacé par Gustave Planchon en juillet. Edmond Colmet de Santerre devient doyen de la faculté de droit en 1887 et est élu vice président du conseil général après la mort de Béclard. Paul Brouardel succède à Bécard comme doyen.

Les élections suivantes ont lieu en avec les résultats suivants : théologie : Louis-Auguste Sabatier (7 voix/7) et Ariste Viguié (6/7) ; droit : Claude Bufnoir (28/31) et Joseph Émile Labbé (19) (Charles Beudant 11, M. Glasson 2) ; médecine : Sigismond Jaccoud (25/26) et Odilon Lannelongue (23/23) ; sciences : Gaston Darboux (22/24) et Charles Friedel (18/24) ; lettres : Benjamin-Constant Martha (37/39) et Ernest Lavisse (34/39) (Lenient 3, Girard 2) ; Pharmacie : Alphonse Milne-Edwards (11/13). Labbé donne ensuite sa démission pour raison de santé.

1890 : création de la nouvelle université de Paris La loi du donnant la personnalité civile aux corps formés par la réunion de plusieurs facultés d’une académie et celle du . donnant le nom d’université aux corps de facultés, la nouvelle université de Paris fut créée en 1896 comme groupement de la faculté des sciences, de la faculté des lettres, de la faculté de droit, de la faculté de médecine, de la faculté de théologie protestante (créée en 1877, transformée en faculté libre en 1905) et de l’École supérieure de pharmacie. Elle fut inaugurée le par le président de la République Félix Faure..

1895 : création de l'Institut de chimie et de l'Institut du radium

thumb|left|250px|L'institut de chimie appliquée.

À l'initiative de Charles Friedel, professeur de chimie organique à la faculté des sciences, un laboratoire de chimie pratique et industrielle avait été créé par la loi de finance du pour l'instruction scientifique des chimistes se destinant à l'industrieB. Trémillon, Chimie Paris a 100 ans, Actualités Chimiques, août-sept. 1996.

Ce laboratoire d'enseignement avait été logé 3 rue Michelet dans les baraquements qu'occupaient l'ancien laboratoire de recherche de Friedel (créé pour Charles Wurtz, prédécesseur de Friedel, et Joseph Riban qui y donnait depuis 1887 un cours complémentaire d'analyse chimique) et qui avaient été libérés par la construction de nouveaux laboratoires dans le cadre de la reconstruction de la Sorbonne. Ce laboratoire d'enseignement ouvre le . Il deviendra l'École nationale supérieure de chimie de Paris en 1948Décret du 27 mars 1948 relatif à l’école nationale supérieure de chimie Paris.

Dix années plus tard, à la suite de négociations entre Louis Liard, président du conseil de l'université, Bienvenu Martin, ministre, et J. de Selves, préfet de la Seine, la loi du attribue, sur le budget du ministère de l'Instruction publique, une subvention de francs pour l'acquisition par l'université de Paris de terrains, entre la rue d'Ulm et la rue Saint-Jacques, pour la construction d'un institut de chimie dépendant de la faculté des sciences pour y transférer les missions du laboratoire d'enseignement créé par Friedel (une partie de cette subvention est issue de la vente d'un terrain au de la rue d'Ulm).

Le projet, dont le cout est évalué à 3 millions de francs, s'inscrit dans le cadre de l'agrandissement de la Sorbonne (propriété de la ville de Paris), prévu par la convention du . La convention du convient que les frais de construction de l'institut de chimie seront répartis à parts égales entre l’État et la ville de Paris et que la ville est chargée de l'opération, la direction des travaux étant confiée à l'architecte de la Sorbonne Henri-Paul Nénot.

Le terrain choisi est acheté à la congrégation des dames de Saint-Michel. Sur ce même terrain est également décidé en 1906 la construction de l'Institut océanographique, fondation du prince Albert de Monaco reconnue d'utilité publique.

Le une chaire de chimie appliquée est fondée conjointement par l'université de Paris, l'industriel Solvay, l'avocat conseil Hulin et Georges Pascalis, président de la chambre syndicale des produits chimiques et de la société chimique de France (par transformation d'un cours complémentaire créé en 1899). Camille Chabrié, directeur des études à l'institut de chimie appliquée et chargé du cours complémentaire en est nommé le titulaire.

Ce n'est qu'en 1921 que les nouveaux bâtiments de l'Institut de chimie appliquée sont inaugurés. Les vieux bâtiments de la rue Michelet laisseront place à la construction de l'institut d'art et d'archéologie.

En 1909, l'institut du radium est créé conjointement par l'université de Paris et l'institut Pasteur.

1900 : réunion de l’École normale supérieure à l'université de Paris

Le décret du , rédigé par le ministre Chaumié, réforme l'organisation et les missions de l’École normale supérieure en l'intégrant dans l'université de ParisDécret du ..

Le directeur et le sous-directeur deviennent membres du conseil de l'université de Paris, et, suivant leur ordre, dans le conseil et l'assemblée de la faculté des sciences ou des lettres. Le conseil de l'université participe, avec la section permanente du conseil supérieur de l'instruction publique aux présentations pour la nomination des directeur et sous-directeur. Les emplois permanents de maître de conférences de l'école sont supprimés et leurs enseignements sont dès lors confiés par le ministre pour une durée déterminée à des professeurs, chargés de cours et maîtres de conférences des facultés. Les maîtres de conférences alors en poste à l'école sont intégrés au corps enseignant des facultés des sciences et des lettres.

C'est ainsi que sont créés par l'État le , à la suite de la loi de finances du , trois chaires à la faculté des sciences (calcul différentiel et intégral pour Jules Tannery, application de l'analyse à l'algèbre pour Louis Raffy, et zoologie pour Frédéric Houssay), et six chaires à la faculté des lettres (histoire grecque, histoire romaine, histoire de la civilisation et des institutions du Moyen Âge, histoire politique et diplomatique des temps modernes, langues et littératures grecques et grammaire des langues classiques anciennes).

1910 : croissance du nombre d'étudiants Dès les années 1910, de nouveaux bâtiments sont construits (Institut de géographie, Institut d'art et d'archéologie)Christian Hottin, « La formation du quartier Latin », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris..., , spécialement .. Si en 1930, l’université de Paris compte , elle en compte 61 400 en 1965. Aussi la part de femmes passe t-elle de 11 % en 1897 à 22 % en 1965.. Cette croissance est poussée par l'arrivée d'étudiants étrangers, logés dans la Cité universitaire internationale de Paris. La très forte croissance des effectifs oblige les différentes facultés à investir de nouveaux sites :

la faculté des sciences de Paris quitte progressivement la Sorbonne pour le campus d’Orsay puis pour celui de Jussieu ; une partie des enseignements de la faculté des lettres de Paris est transférée sur le campus Censier et à Nanterre ; les enseignements de gestion s'installent sur le centre universitaire Dauphine.

1960 : mai 68 et après, l'université éclatée Embrasement de l'université de Paris

Le centre universitaire expérimental de Vincennes, qui deviendra l'université de Paris 8-Vincennes à Saint-Denis, est créé en 1968 sous le pilotage du dernier doyen de la faculté des lettres de l'Université de Paris, Raymond Las Vergnas.

L'École nationale des langues orientales vivantes (ENLOV) obtient en 1968 son rattachement à l'Université de Paris sous le nom de Centre universitaire des langues orientales vivantes (CULOV). Elle recevra en 1971 le statut d'établissement public à caractère scientifique et culturel rattaché (jusqu'en 1984) à l’université Paris-III, sous le nom d'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Démembrement de l'université de Paris vignette|537x537px Après les événements de mai 1968 et pour diverses raisons, une réforme profonde de l'enseignement supérieur sembla nécessaire. La loi Faure visait à cela. Elle invitait les professeurs à se répartir comme ils l'entendaient au sein d'unités d'enseignement et de recherche, disciplinaires, qui seraient ensuite réunies en de nouveaux établissements.

En raison des rivalités encore toutes chaudes issues du mouvement de mai, les regroupements furent politiquement très marqués, au départ du moins.

Le , l’université de Paris fut ainsi démembrée et cessa à nouveau d'exister à la suite de l'annonce du ministre Olivier Guichard, le .. Treize universités autonomes, théoriquement pluridisciplinaires, lui succédèrent.

l’Université Paris I - Panthéon-Sorbonne ; l’Université Paris II - Panthéon-Assas ; l’Université Paris III - Sorbonne Nouvelle ; l’Université Paris IV - Paris-Sorbonne (fusionnée avec Paris VI - Pierre-et-Marie-Curie : Sorbonne Université) ; l’Université Paris V - René-Descartes (fusionnée avec Paris VII - Denis-Diderot : Université Paris-Cité) ; l’Université Paris VI - Pierre-et-Marie-Curie (fusionnée avec Paris IV - Paris-Sorbonne : Sorbonne Université) ; l’Université Paris VII - Denis-Diderot (fusionnée avec Paris V - René-Descartes : Université Paris-Cité) ; l’Université Paris VIII - Vincennes puis Vincennes-Saint-Denis ; l’Université Paris IX - Paris-Dauphine membre de l'Université PSL (2020) ; l’Université Paris X - Paris-Nanterre puis Paris Ouest Nanterre La Défense (2008) puis de nouveau Paris-Nanterre (2016) ; l’Université Paris XI - Paris-Sud puis Université Paris-Saclay (2020) ;