Monthermé est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.
En , Monthermé est choisi pour représenter la région Grand Est lors du concours « Le Village Préféré des Français » présenté par Stéphane Bern sur France 3., terminant à la place lors de l'émission du ..
Géographie Localisation Située dans le massif de l'Ardenne, la commune de Monthermé s'est développée de part et d'autre d'un méandre de la Meuse et d'un de ses principaux affluents, la Semoy.
Elle se trouve dans l'aire d'attraction de Charleville-Mézières ainsi que dans sa zone d'emploi, et est la ville-centre de son unité urbaine ainsi que de son bassin de vie.
Communes limitrophes
Géologie et relief vignette|redresse|gauche|Poudingue de Fépin au lieu-dit de la Roche aux Corpias.
L'altitude minimale de la ville se situe au niveau de la mairie : et le maximum sur le plateau des « Hauts-Buttés » : .. Sa surface est de >L
Sur le plan géologique, Monthermé se situe en limite du Cambrien et du Dévonien, marqué dans cette partie de l'Ardenne par un conglomérat, relique d'un cordon littoral appelé le poudingue de Fépin. On peut observer celui-ci au lieu-dit de la Roche aux Corpias.
Hydrographie
La commune est dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse.
Elle est drainée par la Meuse, le canal de l'Est Branche-Nord, la Semoy, le ruisseau de la Faligee, le ruisseau des Manises, le ruisseau de Hutin, le ruisseau la Lyre et le ruisseau de la Pilette..
La Meuse, d'une longueur de dans sa partie française, est un fleuve européen qui prend sa source en France, dans la commune du Châtelet-sur-Meuse, à d'altitude, et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas. Elle traverse la commune sur une longueur d'environ , formant un méandre enserrant le quartier des Écaillettes, constituant un site remarquable dénommé la « boucle de Monthermé ».
Le canal de l'Est Branche-Nord, d'une longueur de , est un chenal et un cours d'eau naturel navigable qui relie Givet à Troussey, où il rejoint le canal de la Marne au Rhin. Il se superpose, dans la commune, à la Meuse sur une longueur d'environ .
La Semoy, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Arlon et se jette dans la Meuse sur la commune, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Charleville-Mézières à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Milieux naturels et biodiversité Monthermé fait partie du parc naturel régional des Ardennes depuis sa création en Création du PNR des Ardennes.
Les Marais des Hauts-Buttés, situés à une altitude de sont une clairière de constituée d'une lande tourbeuse humide. Les conditions écologiques particulières de l'endroit, sol acide, climat froid et humide donnent un intérêt botanique et hydrique du lieu..
Urbanisme Typologie Au , Monthermé est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle fait partie de l'unité urbaine de Monthermé, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Charleville-Mézières, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (85,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (86,4 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (84,9 %), zones agricoles hétérogènes (3,6 %), prairies (3,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3 %), zones urbanisées (2,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,9 %), zones humides intérieures (0,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,5 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Hameaux vignette|Barrage et rapides à Phade. Les Hauts-Buttés. Les Bas-Buttés. les Woiries. Phade.
Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2016 et de en 2011..
Parmi ces logements, 80,6 % étaient des résidences principales, 3,9 % des résidences secondaires et 15,5 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 73,6 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 25,5 % des appartements.
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Monthermé en 2022 en comparaison avec celle des Ardennes et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (3,9 %) supérieure à celle du département (3,9 %) mais inférieure à celle de la France entière (9,7 %).
+ Le logement à Monthermé en 2022. Typologie Monthermé. Ardennes. France entière. Résidences principales (en %)80,684,682,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)3,93,99,7 Logements vacants (en %)15,511,58
Voies de communication et transports Monthermé est traversée par la RD 1, reliant par la vallée de la Meuse Charleville-Mézières à Givet, et qui est sa principale voie de communication.
L'ancienne route nationale 389 (actuelle RD 989), qui franchit la Meuse par le Pont de Monthermé, relie par le plateau Charleville-Mézières à Vireux-Wallerand où elle rejoint la RD 1, via Monthermé et Hargnies La RD 31, rejoint depuis Monthermé la frontière belge, par la vallée de la Semoy française, via Thilay et Hautes-Rivières.
La gare de Monthermé, située sur la ligne de Soissons à Givet, est desservie par des trains circulant entre les gares de Charleville-Mézières et Givet, via Revin.
La voie navigable Meuse (ancien canal de l'Est) emprunte le lit de la Meuse, voie navigable pour péniches et bateaux de plaisance qui peuvent bénéficier de son port..
Un quai pour le port a été réalisé sur la rive gauche de la Meuse. Il permet d'accoster sur ; labellisé « port exemplaire », il devrait contribuer à l'essor du tourisme fluvial.
Le , les ports de plaisance de Monthermé obtiennent le Pavillon Bleu..
Risques naturels et technologiques
La commune est classée en zone de sismicité 2, correspondant à une sismicité faible..
Toponymie La plus ancienne mention écrite connue date de 1141 dans le cartulaire de Laval Dieu dans laquelle on peut lire « ». En 1264 on trouve en vieux français « de Monthermeis ». Monthermé devient courant dès le .
L'origine du nom de Monthermé, comme nous pouvons le lire en latin dans les anciennes chartes de l'abbaye de Laval Dieu est composé des mots mons et hermerius qui a pour origine un mot celtique hermes qui signifie « un lieu boisé qui n'appartient à personne ». Le mont hermes situé sur la rive gauche de la Meuse, ainsi nommé par les premiers habitants. Certains ont suggéré pour origine le Mont Ermel, nom emprunté au saint vénéré à Vireux. Mais le mot latin hermelius nous éloigne de hermerius qui se trouve dans tous les anciens écrits..
Histoire Moyen Âge Au , Ithier dit le Dévot, fonde plusieurs abbayes sur ses terres et notamment en 1128, à Monthermé l'abbaye de Laval Dieu destinée à des chanoines réguliers de l'ordre de Prémontré sous le vocable de saint Remi au lieu-dit la Bouche de Semoy. Laval Dieu vient du latin Vallis Dei, la Vallée de Dieu.
C'est également de cette époque que sont datés les éléments les plus anciens de l'église Saint-Léger, paroisse du bourg.
Monthermé a vécu de l'exploitation de la forêt ainsi que de l'ardoise. Au Moyen Âge se pratique l'« essartage », défrichement pour mise en culture.
À partir du , diverses carrières et ardoisières sont exploitées employant une nombreuse main d'œuvre. Bénéficiant du trafic fluvial, exploitées pendant près de huit siècles elles sont fermées dans les années 1930/1940.
Temps modernes Monthermé, qui fait partie de la châtellenie de Château Regnault, entre successivement dans la maison de Flandre, la maison de Bourgogne, de Guise puis de Conti laquelle la cède à Louis XIII en 1629.
Le voit apparaître les « boutiques » de forgerons, néanmoins l'exploitation forestière reste très active. L'année 1749 voit apparaître une verrerie à proximité de l'abbaye de Laval-Dieu qui reste active jusqu'en 1846..
Monthermé vit de l'exploitation de la forêt ainsi que de plusieurs ardoisières. L'année 1749 voit apparaître une verrerie à proximité de l'abbaye de Laval Dieu.
Époque contemporaine Le , apporte la révolution industrielle et l'apparition de la métallurgie.
En 1852, un auteur décrit Monthermé :
Le chemin de fer est installé dans la vallée dès 1862 avec la mise en service de la section Nouzonville à Givet de la ligne de Soissons à Givet et la création de la gare de Monthermé, qui permettent le développement rapide des échanges et l'essor des entreprises. Les courts embranchements des lignes de Monthermé à Laval-Dieu et à Phade assure la desserte des sites industriels qui y sont implantés. Les « boutiques » sont remplacées par les usines : fonderie, emboutissage, estampage et tôlerie. Néanmoins, les conditions de travail sont dures et les salaires bas.