La cote Argus est la marque déposéeLa marque a été enregistrée le () par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) après que celui-ci a reconnu au terme l’acquisition du caractère distinctif par l’usage dans le secteur automobile. sous laquelle l’hebdomadaire L'argus publie, sur le marché français, sa cote de référence des véhicules d'occasion à destination des professionnels et du grand public. Publiée pratiquement sans interruption depuis la première parution de l’hebdomadaire en 1927, sous la rubrique « La COTE officielle L’Argus », la cote Argus fut longtemps la seule cote automobile disponible en FranceDans L'automobile – Marchés/Acteurs/Stratégies, dirigé par Audrey Puig, Paris, Elenbi Éditeur, 2004, Claude Barreau écrit : » ; en 1997, Le Particulier, Grand Dossier « L'Automobile », explique que .. Elle sert notamment de référence aux professionnels du secteur automobile (constructeurs, distributeurs, marchands), aux professions réglementées (notaires, avocats, huissiers, expert-comptables ), à l’administration (fisc, police, justice, douanes) ainsi qu’à certains métiers spécifiques comme celui d’assureur. Accessible sur Minitel de 1985 à 2012, la cote de L’Argus est disponible sur Internet depuis 1998 et sur application mobile depuis 2011.
Histoire Origine Fondé en 1927 par Paul Rousseau, le journal L'argus de l’automobile et des locomotionsLe journal s’appelait à l’origine L’Argus de l’automobile et des locomotions. Depuis le premier numéro toutefois le titre mis en avant en Une est L’Argus, écrit en italique. En 2007, lorsque L’Argus lance une nouvelle formule composée de deux versions du magazine, l’un à destination du grand public (vendu en kiosque) et l’autre des professionnels (vendu par abonnement), les termes « et des locomotions » disparaissent. Les termes « de l’automobile » disparaissent à leur tour en 2010, consacrant dans les faits ce que le Dictionnaire de l’Académie française avait déjà constaté au début des années 1990. comprend dès son premier numéro un tableau des cours des voitures d’occasion. Le nom du journal fait référence à Argus, nom latin du géant de la mythologie grecque Argos, lequel reçut l’épithète de Panoptès (celui qui voit tout), car il possédait cent yeux. Paul Rousseau révélait ainsi la ligne éditoriale de son journal, dont l’ambition serait de tout observer, tout connaître de sa spécialité pour mieux le délivrer à ses lecteurs.
Désireux de contribuer au développement de l’automobile individuelle en France, Paul Rousseau s’intéresse dès l’origine au marché de seconde main. pour différents sont ainsi publiés, qui valent pour des véhicules dits de « type courant », c’est-à-dire justifiant d’un bon état général et d’une usure correspondant à une utilisation normale. Une rubrique consacrée à l’actualité du marché de seconde main apporte un éclairage sur les valeurs publiées chaque semaine.
Fournies au départ par l’organisme Bureau Veritas sous le nom de « cours officiel Autoveritas », les cotes automobiles sont réalisées par les techniciens de L’Argus à partir de 1931 et paraissent alors sous le nom de « cours officiel de L’Argus ». Elles se complètent cette année-là de valorisations pour les véhicules industriels et utilitaires, ainsi que pour les deux-roues motorisés.
Développement Lors de la Seconde Guerre mondiale, les conséquences du conflit vont apporter une nouvelle exposition à la cote de L’Argus. La période bouleverse le marché de l’automobile et pose en outre la question de l’indemnisation des véhicules réquisitionnés. Pour remédier à ces problèmes, les autorités vont s’appuyer sur les cotes publiées dans l’hebdomadaire, leur apportant dès lors une notoriété inattendue.
Ainsi, dans plusieurs textes officiels du régime de Vichy, la cote Argus va être prise comme référence pour déterminer, d’une part, le prix maximum auquel peut se vendre un véhicule d’occasion et, d’autre part, la valeur de l’indemnisation des véhicules réquisitionnés. En 1941, le Bulletin officiel des services des prix (circulaire du ) annonce une règle nouvelle limitant les prix de l’occasion, qui ne peuvent plus désormais . Bien que ne le citant pas explicitement, cette circulaire se réfère aux prix donnés par L’Argus, tout comme l’arrêté du , qui instaure un .
Le , alors qu’a débuté le Gouvernement provisoire de la République française et que la question de la Libération suppose la restitution ou l’indemnisation des véhicules réquisitionnés, un arrêté, publié dans le Journal Officiel du , fait explicitement référence à la cote de l’hebdomadaire. Intitulé , il stipule à l’article que . L’arrêté prend pour base la dernière cote établie, celle du , la parution de l’hebdomadaire ayant été interrompue de à .
Soutenu par la démocratisation de l’automobile et le renouvellement du parc dès la fin des années 1950, le marché de l’occasion explose à partir des années 1960. Durant la période des Trente Glorieuses, le nombre de transactions de véhicules d’occasion représente une à deux fois celui des transactions de véhicules neufs.
S’adaptant à cette croissance du marché, L'Argus perfectionne sa cote durant toute la période. Dans le numéro anniversaire du , Jacques Loste, directeur-rédacteur en chef et propriétaire du journal depuis le décès de Paul Rousseau en 1941, rappellera ainsi que la . L’évolution majeure est la présentation de la page-affiche à partir de 1963. Il s’agit de la compilation d’une série de critères indiquant les éléments d'appréciation habituellement observés lors d'une vente à l'amiable : état standard, valeur de reprise, âge et cours-moyen, kilométrage, remise à l'état standard, équipements, garantie L’Argus estime que ces éléments doivent être considérés lors d’une vente basée sur un de ses cours-moyens, afin d’aboutir à un accord amiable, c'est-à-dire d’opérer une transaction satisfaisant les deux parties. Publiée régulièrement en grand format afin qu’elle puisse être placardée chez les garagistes et les concessionnaires, la page-affiche ne cessera plus d’accompagner les cotes Argus. Les critères, détaillés davantage au fil du temps, sont aujourd’hui réunis sous le nom de « Conditions générales de L’Argus ».
Par ailleurs, avec le développement de la motorisation au cours de la période des Trente Glorieuses, L’Argus diversifie les types de véhicules cotés : tracteurs agricoles (1950), moissonneuses-batteuses (1955), tracteurs routiers (1959), caravanes et autocars (1967), avions (1968), semi-remorques et remorques (1970). De plus, les véhicules utilitaires légers (1969) et les camions tous-terrains (1970) sont désormais valorisés dans des rubriques spéciales.
Dans ce contexte, la cote Argus sert de référence à la plupart des transactions d’achat/vente. Sa notoriété fait qu’Uderzo et Goscinny inventent un personnage y faisant référence dans Astérix et Cléopâtre, qui paraît pour la première fois en 1963 : Pacotéalargus, membre de la protection rapprochée de Jules César. Les assureurs l’utilisent pour décider de l’opportunité de financer les réparations rendues nécessaires par un accident ou pour fixer le prix auquel racheter le véhicule qu'ils jugent non réparable. En 1979, René Monory, alors ministre de l’Économie, répond à une question d’un parlementaire, Jean-Pierre Delalande, député de l’Oise, concernant la : le ministre rappelle d’abord que la cote et il indique que la référence à la cote du journal comme base de calcul constitue Cité dans L’Argus du ..
Alors que L’Argus publiait environ moyens en 1962, ce sont plus de moyens (autre appellation utilisé par l’hebdomadaire pour sa cote) qui paraissent chaque semaine en 1977.
Minitel et Internet La cote Argus poursuit son essor dans les années 1980, comme en témoigne cet extrait du numéro du de France-Soir, citant Alain Gérard pour la société Ford, à propos de la cote Argus : Les formules qui se répandent dans les publicités du constructeur Fiat cette même année font écho à ces proposL’Argus parle de ces opérations « Argus + » du constructeur Fiat dans son édition du .. L’hebdomadaire est spécialement cité dans la du Dictionnaire de l’Académie française, dont le premier tome paraît en 1992Le mot « argus » n’apparaissait pas dans la du dictionnaire, publiée en 1932-1935, bien qu’il fasse partie de la , parue en 1878. La du Dictionnaire de l’Académie française le réintègre en lui reconnaissant un nouveau sens relatif à une publication spécialisée.. Pour illustrer le nouveau sens reconnu au terme « argus » de Deux sens nouveaux enrichissent la définition du terme « argus » dans la de 1992, par rapport à la définition présente dans l’édition de 1878. Le premier sens accepté par l’Académie française se rapporte aux publications spécialisées : . Le second sens se rapporte, sans le nommer, à L’argus de la presse : , le dictionnaire propose : , validant ainsi la notoriété de la cote Argus et l’expression reprise depuis la fin des années 1980 par les publicités des constructeurs, s’agissant d’une voiture reprise ou vendue .
Dès 1985, L’Argus figure parmi les premières entreprises à proposer un service télématique par Minitel, le 3615 ARGUS pour les particuliers et le 3617 ARGOS pour les professionnels. Une évolution qui donne un nouvel essor à la cote Argus, puisqu’elle permet de mettre à disposition des utilisateurs l’ensemble des cotations devenu trop volumineux pour être imprimé dans sa totalité sur le papier. L’interactivité du Minitel va également permettre de gagner en précision et en pertinence, en autorisant la détermination d’une cote personnalisée en fonction des caractéristiques de chaque voiture : kilométrage précis, date de mise en circulation au mois près, options, etc. Ce service atteint son apogée à la fin des années 1990, comptabilisant jusqu’à mensuelles.
Une décennie après l’arrivée du Minitel, L’Argus fait figure de pionnier de l’Internet en France en y préparant son entrée dès 1996, devançant un grand nombre de titres de presse. Le site est accessible à partir du à l’adresse argusauto.com, jour de la parution du numéro célébrant les du journal, puis les cotes sont mises en ligne en 1998. Depuis l’époque du lancement de la cote Argus sur Minitel, le parc automobile français a vieilliMarianne Becel, « Le parc automobile en France », Les Notes Bleues de Bercy, 16-., notamment parce que les véhicules ont une qualité et une durée de vie qui s'améliorent. Les ménages sont toutefois de plus en plus équipés . À la faveur du ralentissement économique du début de la décennie, de nouveaux modes de consommations sont apparus : les consommateurs font la chasse à la meilleure offre ou au « discount »Jean-Jacques Chanaron et Yannick Lung, Économie de l'automobile, Paris, éd. La Découverte, 1995., et trouvent dans le marché de l’occasion une alternative intéressante ; Internet est par ailleurs un espace qui favorise grandement la recherche de véhicules et d’offres.
À partir de 2002, l’usage du Minitel pour la consultation des cotes commence à diminuer, au profit des cotes consultables sur le site Internet de L’Argus. Le basculement des utilisateurs du Minitel vers le site se réalise de façon progressive jusqu’en 2011 où le nombre de connexions annuelles n’est que de , contre plus de en 2010. La période Minitel s’achève le , date à laquelle France Télécom ferme définitivement ce service.
En 2012, ce sont les cotes de près de combinés aux années de cotations qui sont disponibles sur la nouvelle adresse largus.fr, l’hebdomadaire en publiant quant à lui toujours plus de chaque semaine.
Utilisation de la cote Argus La cote Argus sert comme base de négociation pour : les (concessionnaires, garagistes…), qui s’appuient sur la cote Argus lorsqu’ils effectuent une reprise de véhicule à un particulier : ils définissent une valeur de rachat en fonction de la cote en l’ajustant et la corrigeant généralement à la baisse en fonction des frais professionnels à prévoir sur le véhicule, et du prix auquel ils espèrent le revendre, selon le canal de revente ;