Le diadoque de Grèce (du grec ancien : / , qui signifie simplement ) ou prince royal de Grèce est l'héritier du trône de Grèce à l'époque contemporaine. Depuis 1973-1974 et l'abolition de la monarchie, il ne s'agit plus que d'une sorte de titre de courtoisie, les ne reconnaissant pas les titres de noblesse.
Depuis le traité de Londres de 1832, le titre est attribué au fils aîné du souverain ou, à défaut, au prince de sa dynastie le plus proche en degré ou, à défaut, à la princesse de sa dynastie la plus proche en degré. À partir de 1844, la constitution grecque établit en outre que le diadoque doit confesser la religion orthodoxe, ce qui n’est pas sans poser de difficulté à une époque où la dynastie royale est catholique. Depuis la mise en place de la constitution de 1952, les filles du monarque ont le pas sur leurs cousins mais viennent après leurs frères dans l’ordre de succession au trône.
Titulature Diadoque Ni la constitution grecque de 1844, ni celle de 1864, qui servent de base aux autres lois fondamentales du royaume de Grèce, ne reconnaissent les titres de noblesse. Elles interdisent au contraire aux souverains hellènes d'en conférerL'article XXXIII du texte de 1844 stipule : L'article III de la constitution de 1864 établit quant à lui : .. Dans ces conditions, l'expression renvoie davantage à une fonction (celle d'héritier du trône) qu'à un titre proprement dit.
De fait, le mot , qui vient du grec ancien () signifie simplement . C'est un déverbal du grec ancien (), qui veut lui-même dire .. À l'époque hellénistique, « diadoque » désignait ainsi les généraux successeurs d'Alexandre le Grand..
Duc de Sparte
Règles de succession
Le traité de Londres du , qui place la maison de Wittelsbach sur le trône de Grèce et pose les bases de la future monarchie hellène, établit que la couronne y est Le traité de Londres est précisé par un article d'explicitation également signé à Londres, le . Celui-ci réaffirme que la succession au trône doit se faire de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, dans la descendance légitime d'Othon ou de ses frères Luitpold et Adalbert.. En attendant la naissance d'un hypothétique prince héritier, il fait donc de Luitpold le premier diadoque (« successeur ») du tout nouveau royaume de Grèce..
La question de la succession dynastique se complique après le Coup d'État du 3 septembre 1843 et l'instauration de la constitution de 1844. En effet, la nouvelle loi fondamentale dispose, dans son article XL, que les successeurs d'Othon doivent confesser la religion orthodoxe pour pouvoir monter sur le trôneCette disposition religieuse est confirmée par le traité de Londres du .. Or, tous les Wittelsbach sont catholiques et ni Luitpold ni aucun membre de sa parentèle ne semblent prêts à abjurer leur religion pour accéder au trône de Grèce. Othon n'ayant pas d'enfant légitime, l'identité du diadoque reste donc indécise pendant plusieurs années.
La déposition d'Othon et de sa femme Amélie en 1862. résout cependant la question dynastique en proclamant la déchéance des Wittelsbach et en appelant une nouvelle dynastie sur le trône en la personne de Georges .. En 1864, une nouvelle constitution est adoptée par le royaume de Grèce. Son article XLV établit que Texte de la constitution de 1864 sur le site de la Digithèque de matériaux juridiques et politiques.
Durant presque quatre-vingt dix ans, cet article constitutionnel est interprété sous une forme quasi-salique, les Grecs n'envisageant de voir une femme monter sur le trône qu'en cas d'extinction totale des mâles de la dynastie. Il faut attendre la réforme constitutionnelle de 1952 pour que les choses évoluent. Un article explicitatif est alors ajouté au précédent. Celui-ci établit « que la couronne de Grèce échoit de préférence aux descendants de chacun des rois, selon leur ordre de naissance, la préférence étant donnée aux enfants de sexe masculin ». Depuis cette réforme, les filles du monarque ont donc préséance sur leurs cousins mâles mais viennent après leurs frères dans l'ordre de succession à la couronne.
Mariage du diadoque Aucun article constitutionnel ni aucun traité international liés aux lois de succession au trône de Grèce n'établissent de règle concernant le mariage des descendants du souverain. L'institution du mariage morganatique, d'origine allemande, n'existe pas officiellement dans le pays et aucune règle explicite n'oblige les membres de la famille royale à épouser des individus de rang similaire au leur, autrement dit des personnes issues de maisons souveraines.
Malgré tout, en Grèce comme dans les autres pays européens, les unions inégales ont longtemps été considérées comme des mésalliances. Très sourcilleuse sur les questions matrimoniales, la reine Sophie de Grèce, épouse du roi Constantin , a ainsi interdit à ses fils Georges II et Paul d'épouser des femmes qu'elle jugeait inférieures à eux en rang. Le roi Alexandre lui-même n'est parvenu à épouser une roturière qu'en secret et son épouse n'a jamais obtenu les rangs et titres de reine des Hellènes.
Tous les membres de la famille royale ayant conclu des mariages inégaux n'ont cependant pas été exclus de la succession. Dans la jeune génération, le diadoque Paul, sa sœur Alexia et son frère Nikólaos ont tous épousé des roturiers sans courir le risque d'être exclus de la famille royale.
Liste des diadoques de Grèce Maison de Wittelsbach Portrait Héritier Période Monarque Explications 70px|Luitpold, prince de Bavière Luitpold, prince de BavièreNé le à Wurtzbourg (Bavière) — Mort le à Munich (Bavière)Futur régent de Bavière (1886-1912) — () Othon Lors de l'élection au trône d'Othon , le traité de Londres de 1832 précise qu'en l'absence d'enfant légitime du roi, son frère Luitpold est reconnu héritier du trône. 60px|Succession indécise Succession indécise — () La constitution grecque de 1844. et le traité de Londres de 1852 établissent que l'héritier du trône doit professer la religion orthodoxe. Or, Luitpold et les autres membres de la maison de Wittelsbach refusent de se convertir, ce qui pose la question de la succession.. Les Wittelsbach sont définitivement déchus par un décret du Parlement daté du .. Vacance du trône
Maison de Glücksbourg Portrait Héritier Période Monarque Explications
60px|Succession indécise Succession indécise — () Georges Après l'élection de Georges en 1863, la succession au trône reste floue jusqu'à la naissance du diadoque ConstantinLa constitution de 1864 précise toutefois : .. 60px|Constantin, diadoque de Grèce Constantin, prince de Grèce et de DanemarkNé le à Athènes (Grèce) —Mort le à Palerme (Italie)Futur roi Constantin — () Premier prince à naître sur le sol grec depuis la disparition de l'Empire byzantin., il est baptisé Constantin dans l'espoir d'accomplir la prophétie qui dit qu'un basileus portant ce nom libérera Constantinople et rendra sa gloire à la Grèce... 60px|Georges, diadoque de Grèce Georges, prince de Grèce et de DanemarkNé le à Tatoï (Grèce) —Mort le à Athènes (Grèce)Futur roi Georges II — () Constantin Jugé tout aussi germanophile que son père, il est exclu de la succession par les puissances de l'Entente et par le Premier ministre Elefthérios Venizélos pendant la Première Guerre mondiale... 60px|Succession indécise Succession indécise — () Alexandre Régent Pávlos KoundouriótisRégente Olga Constantinovna de Russie Après la destitution de Constantin , la succession au trône est une nouvelle fois indécise. Alexandre ayant conclu un mariage inégal sans obtenir l'autorisation du Primat de l'Église grecque, sa fille posthume n'est pas dynaste... À la mort du roi, la couronne est proposée à son frère cadet, Paul, qui la refuse.. Après plusieurs semaines de crise institutionnelle, un référendum rend finalement la couronne à Constantin .. 60px|Georges, diadoque de Grèce Georges, prince de Grèce et de DanemarkNé le à Tatoï (Grèce) —Mort le à Athènes (Grèce)Futur roi Georges II — () Constantin Georges reprend sa place dans l'ordre de succession après la restauration de son père. 60px|Paul, diadoque de Grèce Paul, prince de Grèce et de DanemarkNé le à Tatoï (Grèce) —Mort le à Athènes (Grèce)Futur roi Paul — () Georges II Après l'abdication de son père et en l'absence d'enfant du côté de Georges II, le prince Paul devient diadoque de Grèce jusqu'à l'abolition de la monarchie.. Deuxième République hellénique 60px|Paul, diadoque de Grèce Paul, prince de Grèce et de DanemarkNé le à Tatoï (Grèce) —Mort le à Athènes (Grèce)Futur roi Paul — () Georges IIRégent Damaskinos d'AthènesGeorges II Georges II n'ayant pas d'enfant, Paul redevient diadoque quand son aîné est restauré sur le trône.. Les Alliés continuent à le reconnaître comme héritier pendant l'Occupation et la période d'incertitude institutionnelle qui suit la LibérationLe gouvernement grec en exil reste le seul reconnu par les Alliés jusqu'en 1944. Par la suite, la régence de Damaskinos d'Athènes n'amène aucun changement explicite des institutions, même si la famille royale reste en exil.. Il ne reprend cependant ses fonctions de diadoque qu'après le retour définitif de Georges II sur le trône, en 1946.. 60px|Constantin, diadoque de Grèce Constantin, prince de Grèce et de DanemarkNé le à Athènes (Grèce) —Mort le à Athènes (Grèce)Futur roi Constantin II — () Paul Devenu diadoque à l'accession au trône de Paul , il remporte une médaille d'or en voile lors des Jeux olympiques d'été de 1960.. Il est brièvement régent lors de l'agonie de son père.. 60px|Irène, diadoque de Grèce Irène, princesse de Grèce et de DanemarkNée le au Cap (Afrique du Sud) —Morte le à Madrid (Espagne) — () Constantin II La constitution de 1952 ayant réformé les règles successorales., Irène devient diadoque lors de l'accession au trône de son frèreAînée d'Irène, la princesse Sophie a dû renoncer à ses droits successoraux quand elle a épousé l'héritier du trône d'Espagne.. Cette situation inédite provoque une crise au sein de la famille royale : le prince Pierre se considère en effet mieux placé que sa cousine pour succéder à Constantin II.. 60px|Alexia, diadoque de Grèce Alexia, princesse de Grèce et de Danemark Née le à Corfou (Grèce) — () Alexia succède à sa tante à sa naissance. Elle garde le titre de diadoque jusqu'à la naissance de son frère Paul. 60px|Paul, diadoque de Grèce Paul, prince de Grèce et de Danemark Né le à Tatoï (Grèce)Dernier diadoque de Grèce — (de jure) () — (titre de courtoisie) () Constantin IIRégent Georgios ZoitakisRégent Geórgios Papadópoulos Titré diadoque à sa naissance, Paul le reste nominalement durant la Dictature des Colonels. Après l'abolition de la monarchie, il use de ce statut comme d'un titre de courtoisie. Troisième République hellénique 60px|Konstantínos Aléxios, diadoque de Grèce Konstantínos Aléxios, prince de Grèce et de Danemark Né le à New York (États-Unis) Depuis le (titre de courtoisie) () Paul II(prétendant au trône) Fils du précédent, il est reconnu par certains médias comme diadoque de Grèce à la mort de son grand-père Constantin II en 2023..Aucune source émanant de la maison royale n'est cependant disponible à ce jour pour étayer ces affirmations..
Généalogie
Légende : 20px : Roi après avoir été diadoque 20px : Roi sans avoir été diadoque 20px : Simple diadoque
Bibliographie
Articles connexes Diadoques de Grèce en philatélie Duc de Sparte Lois de succession au trône de Grèce Liste des souverains de Grèce Liste des consorts de Grèce Liste des régents de Grèce Royaume de Grèce Famille royale de Grèce
Liens externes
Notes et références
Notes
Références
* Grèce