Sévigny-Waleppe (prononcé ) est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est, à la limite entre les départements des Ardennes et de l'Aisne.

Géographie

Situation Sévigny-Waleppe se trouve à la limite ouest du département des Ardennes, dans une pointe qui pénètre dans le département de l'Aisne, au carrefour des routes départementales D 37 et D 2. Elle est distante de 17 kilomètres de Château-Porcien (Ardennes), 13 kilomètres de Montcornet (Aisne), 29 kilomètres de Rethel (Ardennes), 43 kilomètres de Reims (Marne), 40 kilomètres de Laon (Aisne) et 70 kilomètres de Charleville-Mézières (Ardennes). Le village s'étend au cœur d'un vallon, adossé à une butte boisée communément appelée par le gens du pays "La Montagne" ou "Garenne".

Géologie et climat Le village est situé à la frontière de quatre régions naturelles qui sont l'Ardenne schisteux et gréseux au nord, la Lorraine jurassique à l'est, la Champagne crétacée au sud et la Picardie limoneuse, appelée Thiérache, à l'ouest. La superficie de 2411 hectares n'est donc pas homogène, puisqu'on y trouve une partie craie, une partie limon battant, une partie argile et une partie terre franche. L'altitude varie entre 95 mètres (mairie) et 155 mètres (château d'eau). La région est sous la double influence du climat continental et du climat océanique. Des étés ensoleillés succèdent à des hivers qui peuvent être rigoureux. Les vents dominants en provenance du sud-ouest apportent pluies et parfois tempêtes.

Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine du confluent de l'Oise (inclus) à l'embouchure » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ruisseau des Barres et le Fond de Sénicourt..

Le ruisseau des Barres, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Fraillicourt et se jette dans l'Aisne à Asfeld, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Sévigny-Waleppe.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Banogne-Recouvrance à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Sévigny-Waleppe est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Reims, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (94,3 %), zones agricoles hétérogènes (3,8 %), zones urbanisées (1,8 %), forêts (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Sévigny-Waleppe est constituée du village principal, Sévigny, et d'un hameau, Waleppe, situé à 2,3 km plus au nord-est.

Le nom de Sévigny est attesté sous les formes Seveigni en 1252, Savigneyo avant 1312. Ce toponyme est issu de l'anthroponyme roman Sabinus..

Le nom du village subit des modifications inhérentes à l'histoire. Certains actes anciens mentionnent le nom de Sévigny en Thiérache. Jusqu'à la Révolution, seul, le nom de Sévigny apparaît. Ce n'est qu'à partir de la Révolution que le village prit le nom complet de Sévigny-Waleppe. Le rôle politique pris par Waleppe, qui était l'écart le plus peuplé, fut certainement déterminant dans l'appellation finale.

L'orthographe de Waleppe a pris des formes différentes. Charles Samaran propose une origine germanique, signifiant ruisseau de l'étang qui, latinisée, donne Walapia.

Histoire

Antiquité et haut Moyen Âge La région a été occupée par le peuple des Rèmes, par les Romains (conquête de la Gaule par Jules César (51 av. J.-C.)) puis, plusieurs siècles plus tard, a fait l'objet d'invasions germaniques. Parmi les voies romaines qui l'ont sillonnée, l'une relie Reims (capitale de la Gaule belgique) à Bavay (fondation romaine dans le nord), et passe à Nizy-le-Comte, et remonte vers le Nord à quelques kilomètres à l'ouest de Sévigny. Un cimetière mérovingien est découvert à Waleppe en 1881/1882, dont il semble qu'on ne puisse plus trouver la moindre trace maintenant. Cette nécropole contenant entre 300 et 400 squelettes des deux sexes, accompagnés d'objets et de bijoux (la plupart ont été acquis par le musée Saint-Remi de Reims), montre qu'il ne s'agit pas des restes d'un champ de bataille, mais bien des sépultures d'une colonie d'habitants fixés dans ce lieu à l'époque mérovingienne. Le pays rémois et le Soissonnais sont à maintes reprises, du fait de leur position intermédiaire, l’objet de luttes entre les différents royaumes mérovingiens des descendants de Clovis, pour la prééminence des possessions territoriales, et une des hypothèses est de situer dans le lieu-dit Le Bois du Fays des combats entre Austrasiens et Neustriens.

Moyen Âge Ces zones boisées sont défrichées au , notamment par l'action des moines cisterciens. L'Abbaye de la Valroy est édifiée à proximité du village. En 1337, Édouard III d'Angleterre prétend à la couronne de France contre l’avis des grands du royaume. C’est le début de la guerre de Cent Ans. Sévigny est le théâtre d’une bataille en 1359, relatée par plusieurs chroniqueurs dont Jean Froissart. La bataille est un carnage au bénéfice du capitaine Hennequin, commandant les Anglais, nettement supérieurs en nombre. Le comte de Roucy, qui possède également la terre de Sévigny, blessé, est emmené prisonnier dans son château de Sissonne

Époque moderne et contemporaine Sévigny subit au les ravages de des guerres de religion. Le bourg est incendié en 1576. Le curé et quatre-vingt paroissiens, réfugiés dans l’église, périssent dans les flammes. L'église est reconstruite, et son caractère défensif renforcé, avec sa tour-porche construite non pas devant la nef, mais au-dessus de cette nef, flanquée de deux poivrières en encorbellement et soutenue par des contreforts.

Les conflits du sont marqués par la présence de troupes étrangères sur le territoire de la commune. Dès février 1814, à la fin des guerres napoléoniennes Sévigny subit une occupation. En septembre puis en octobre 1870, Sévigny est à nouveau occupée par des unités diverses (uhlans, fantassins, lanciers, ainsi que la présence des princes du Wurtemberg et de Hohenlohe et leur état-major). En 1914, après la bataille de la Marne, le front se stabilise à 25 km environ au sud de la commune. Les Allemands installent un hôpital de campagne sur la place du village. Des soldats français, blessés et faits prisonniers y ont été soignés. Sévigny sert également de base de repos et de réserve pour les troupes allemandes. Une ligne de défense allemande, appelée « ligne Hundling » (la Hundling-Stellung, tranchées, casemates, barbelés), passait par le village de Saint-Quentin-le-Petit à 2,4 kilomètres au sud de Sévigny. Sévigny compte, durant ce conflit, quinze habitants tués comme soldats ainsi que deux victimes civilesMorts pendant la première guerre.

Le village situé à cinquante kilomètres de la Belgique est particulièrement marqué par la Seconde Guerre mondiale, tant au moment de l’invasion allemande que pendant l’occupation. Le 10 mai 1940, se déclenche la Bataille de France à travers la Belgique, la Hollande et le Luxembourg, puis vers Sedan. Le 15 mai 1940, la plupart des habitants évacuent le village et tentent de gagner la Vendée. Le 16 mai 1940, le deuxième bataillon du des pionniers coloniaux fait halte dans le parc du château pour y prendre un repas. Il ne reste plus au village qu’une vingtaine d’habitants lorsque vers 14 heures 30 apparaissent les premiers véhicules allemands. Un combat se déclenche Les victimes sont inhumées rapidement dans une fosse commune, puis environ dix-huit mois plus tard, en 1941 dans un cimetière militaire aménagé dans une allée de tilleuls du village. À la fin des années 1950, ce cimetière est supprimé et les corps inhumés transférés dans un cimetière national. Le village a environ quarante hommes mobilisés parmi ses habitants, et plusieurs d’entre eux passent plusieurs années derrière les barbelés. Certains sont morts sur le champ de bataille ou en déportationMort sur le champ de bataille.

Politique et administration Rattachements administratifs Le lieu est considéré à la limite du Rethélois et du Porcien. Cette contrée (Le Porcien) tire son nom (Portus, Portien puis Porcien) d'un port établi là où la voie romaine de Reims à Cologne franchissait l'Aisne.

Sous l'Ancien Régime, Sévigny-Waleppe fait partie de la généralité de Châlons. Pour l’Église, la paroisse était rattachée au diocèse de Reims (mais elle était située à la limite de ce diocèse et du diocèse de Laon), et au doyenné de Saint-Germainmont.